RENAISSANCE DU FEDERALISME NORMAND

Caen cause normand, Mémorial de Caen, mardi 28 avril 2015

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Compte rendu proposé par l'Etoile de Normandie à l'aide de l'édition du Bonhomme Liberté en date du 30/04/15: enfin un compte rendu exhaustif et objectif de cet évenément !

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« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au Monde »

Albert Camus

Dans le grand hall du Mémorial de Caen, avec un avion de la RAF au- dessus des têtes et une large image de la chute du Mur de Berlin au fond de la salle, quelques 1500 personnes se sont pressées pour entendre parler de Caen en Normandie ou de Normandie, tout simplement. Comme quoi, l’avenir de la Normandie intéresse les Normands et que cela mériterait un minimum de respect… (Message à Ouest France).

Nous craignons une montée en puissance du « clochemerle » toujours agité entre Caen et Rouen par certains médias peu bienveillants avec le principe de l’unité normande (ou plus simplement, pour faire un « bad buzz » sur le dos de la Normandie et des Normands) : il n’en fut rien ! Au contraire, consigne a été donnée de présenter tous les atouts et atours de Caen dans la future « Grande » Normandie (expression maladroite alors que « Normandie » suffit !) sans faire de comparaisons désobligeantes avec Rouen et la « Haute » Normandie. Il y en eut quelque unes chez certains acteurs locaux appelés à témoigner : on n’efface pas en quelques semaines les conséquences néfastes de plus de 40 années de division d’un espace vécu régional normand autrefois commun. Devant le Mur de Berlin, les murs de méfiance, de défiance, d’ignorance voire de bêtise qui sont encore dans la tête des Normands doivent désormais tomber !

En effet, il faudra bien finir par faire taire ce bégaiement :

« J’étais le seul Bas-Normand, euh… pardon ! Le seul Normand à Stanford…» ou encore: « la Basse-Normandie, la Normandie est fière… »

Cette soirée a donc contribué à sa façon à entamer le travail d’une réunification des esprits en faisant avancer la prise de conscience que Caen n’est pas en concurrence frontale avec Rouen et qu’une fierté ambitieuse « normande » sera plus efficace qu’une modestie un brin défaitiste « bas-normande ».

On regrettera simplement et c’est très important pour la suite à donner à la belle dynamique lancée par cette soirée, que des acteurs ou responsables politiques venus de Haute Normandie n’aient pas été invités pour expliquer que contrairement à ce que l’on peut parfois lire dans Ouest-France, le léopard haut-normand n’a pas d’appétit particulier pour son frère bas-normand : les léopards normands vont enfin pouvoir faire une course de relai solidaire et non pas un match de catch !

Ainsi, on pourrait suggérer au député-maire du Havre Edouard PHILIPPE d’organiser la suite :

LE HAVRE CAUSE NORMAND (en terrain neutre…) avec des témoins Havrais mais aussi venus de Caen et de Rouen, histoire que tout le monde soit d’accord sur le cap à tenir dans la future grande esnèque normande…

La réunion était politiquement consensuelle et animé par le Picard Henri SANNIER, le journaliste de FR3 qui avait débuté sa carrière à FR3 « Normandie Caen » (comme on devrait à nouveau le dire) et qui a donné heureusement dans la sobriété malgré quelques tentations pour faire repartir le match nul entre Caen et Rouen (le commentateur sportif voulant reprendre ses droits naturels...).

Tous les élus de gauche comme de droite Caennais et Bas-Normands étaient présents au premier rang, entre autres :

Joël Bruneau (maire de Caen et puissance invitante) ; Jean-Marie Giraud (ancien maire et fondateur du Mémorial) ; Philippe Duron (ancien maire de Caen) ; Yves Gouasdoué (député-maire de Flers) ; Jean-Léonce Dupont (président du Calvados) ; Laurent Beauvais (président du conseil régional de Basse-Normandie) ; Philippe Augier (maire de Deauville et conseiller régional) ; Rodolphe Thomas (maire d’Hérouville St Clair) ; Sophie Gaugain (maire de Dozulé et conseillère régionale) ; Yannick Soubien (conseiller régional de l’Orne) et l’ensemble des conseillers municipaux de la Ville de Caen.

Mais il y avait aussi et surtout des personnalités caennaises et des acteurs locaux importants du territoire caennais ou régional « bas » normand:

Le philosophe et animateur de l’Université populaire de Caen, Michel Onfray ; Jean Callewaert président du CESER de Basse Normandie ; Pascal Buléon le géographe de l’université de Caen (membre du collectif des Quinze et président de la MRSH Caen) ; Luc Eydoux , le fondateur du festival des « Boréales » qui aura un rayonnement normand dès l’année prochaine (Mais de quoi se plaint-il celui-là ?) ; le professeur Pierre Formstecher responsable caennais du « canceropôle » qui organise la coopération intelligente et fructueuse entre les CHU de Caen, Rouen, Amiens et Lille. Ainsi que: Gilles Bidamant, le PDG de Brittany Ferries qui a rappelé que la liaison Ouistreham –Portsmouth était la seconde liaison transmanche par le trafic ; l’Indien Alahari Navin, chercheur au GANIL qui a souligné le rayonnement et l’importance internationale de cet équipement de recherche fondamentale  et enfin Luc Sénécal, le patron des « Tricots Saint James » … « Dans la Manche, à proximité du Mont Saint Michel » a-t-il pris soin de préciser tout en affirmant clairement que s'il y avait une région française qui a la légitimité de promouvoir une marque identitaire de qualité, c'est bien la Normandie, bien plus que la Bretagne !


 

Lire ci-après, le compte rendu tout à fait complet et objectif proposé par l'hebdomadaire caennais Le Bonhomme Liberté:

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Le grand moment de la soirée fut le plaidoyer de Michel Onfray pour le fédéralisme normand et un "parlement des idées" depuis la patrie de Charlotte Corday pour rompre avec le "logiciel jacobin". Le philosophe a en profité pour brosser un rapide portrait de "l'Athènes normande" et de Caen comme berceau intellectuel du fédéralisme girondin, une histoire occultée comme d'ailleurs une large partie de l'histoire de la ville prisonnière du surplomb de 1944. Le philosophe a plaidé aussi pour l'organisation d'une "Normandy Pride" pour faire renaître la fierté normande:  "A Caen, il n'y a même pas une statue de Guillaume le Conquérant mais on a celle de Du Guesclin... un Breton". Cette idée est d'ailleurs aussi celle portée par nos amis de la "Fête des Normands"... 

Mais parmi les témoignages d'acteurs régionaux, il y avait aussi, hélas, celui de Servanne Desmoulins-Hémery, conservatrice des objets d'art de l'Orne, qui assume son manque de vision régionale normande (justifiée par l'indifférence ou l'ignorance de la Haute Normandie?) alors que l'extraordinaire richesse du patrimoine architectural, artistique et culturel normand est par sa contemplation ancienne (depuis deux siècles) à l'origine de l'identité normande contemporaine... Impression d'un contre sens total !

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Du côté des institutionnels, c'est Jean Callewaert le président du CESER BN (et véritable Mentor du maire de Caen qui a parfaitement réussi cette opération de promotion caennaise et normande) qui a eu la formule profonde et frappante pour résumer le problème de la capitale normande. Tandis que Pascal Buléon, le géographe caennais du collectif des Quinze rappelait tout l'intérêt rare et précieux d'avoir trois grandes villes régionales au lieu d'une seule... Enfin, Yves Gouasdoué, le député-maire de Flers a rappelé, avec intelligence et conviction, tout l'intérêt de connecter le réseau des villes moyennes normandes à la tête métropolitaine normande.

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Du côté des acteurs économiques, on fera le constat d'un double paradoxe:

Le potentiel extraordinaire de l'évidence normande synonyme de notoriété internationale et de qualité est déjà mis en oeuvre. Mais en Normandie, personne ou presque n'est au courant de ce qui se fait ! La division normande pendant près de 50 ans a renforcé l'individualisme et le localisme des acteurs normands qu'on résumera par la boutade suivante, entendue dans la soirée dans la bouche d'un chef d'entreprise "Bas" Normand: "Rouen connais pas ! Quand je traverse la Seine, c'est pour aller à Paris !"

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Le Breton Gilles Bidamant, président de la Brittany Ferries a reconnu l'importance de la ligne normande transmanche Ouistreham- Portsmouth, la seconde ligne de ferry après Calais: la liaison sentimentale et patrimoniale entre l'Angleterre et la Normandie justifie cet important trafic qui permet à une compagnie maritime bretonne de survivre financièrement grâce à la Normandie et aux marins et employés Normands qui sont en conflit social depuis quelques semaines avec leur direction: détail qui n'a pas retenu l'attention de Gilles Bidamant, bien évidemment !

Il a été aussi question de l'aéroport de Caen-Carpiquet, le premier, et de loin, aéroport de Normandie: Marylin Haizé-Hagron l'a défendu fièrement car le clochemerle terrestre se conjugue aussi à un clochemerle aérien entre Caen et Deauville alors que ces deux plate-formes aériennes ne sont pas en concurrence frontale directe. Il n'a pas été esquissé de solutions de la part de la directrice générale de l'aéroport de Carpiquet et nous aurions bien aimé lui parler à la fin de la soirée pour lui suggérer la création d'un GIP aéroports de Normandie à l'instar de ce qui a été fait avec succès pour les ports normands (PNA et HAROPA)...

Précisons aussi que la Reine d'Angleterre accueillie le 6 juin 2014 à Caen l'était aussi en tant que... duchesse de Normandie !

Quant à la présentation faite du Crédit Agricole de Normandie faite par Nicole Gourmelon, cela frisait la malhonnêteté intellectuelle puisque ce vocable de Crédit Agricole de Normandie ne concerne que la Basse-Normandie (avec plus de 700000 comptes ouverts, soit quasiment un "bas"Normand sur deux). Après une question d'Henri Sannier, Nicole Gourmelon a admis qu'il y avait aussi un Crédit Agricole Normandie Seine avec lequel il faudra bien collaborer davantage car il y a déjà et depuis longtemps une seule Chambre régionale d'agriculture de Normandie (à Caen) et que la concurrence, à savoir la Caisse d'Epargne a choisi, non succès depuis 2008, d'anticiper l'unité normande...

Enfin, nous sommes désolés pour ce Caennais pionnier de l'usage du numérique, son truc ne marchera jamais en Normandie où l'on est très sourcilleux sur la question de la souveraineté individuelle: ne dit-on pas "Sire de seï" dans le Cotentin? Pas sûr que ça plaise aux gourous transhumanistes de Google !

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"Une pépite que l'on ne connaît pas assez!" Voilà une formule qui peut s'appliquer à la Normandie toute entière et notamment à la place caennaise, place de recherche scientifique et d'innovations de niveau mondial (le GANIL): Caen, l'Athènes normande sera, sans contestation possible, la technopole de la future Normandie. Le clochemerle Caenno-Rouennais n'intéresse pas les chercheurs qui sont habitués à coopérer, ainsi du côté des CHU de Caen, Rouen, Amiens et Lille...

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Enfin, pour finir, la conclusion pesée au trébuchet de Joël BRUNEAU, le maire de Caen (UMP) qui propose un mode d'emploi concret et politique pour la mise en oeuvre d'un fédéralisme normand avec la mise en oeuvre d'une capitale "fédérative" Caen- Rouen- Le Havre: la malédiction de la division et du jacobinisme (cela revient au même) pourrait s'éloigner enfin de la terre normande !

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Pour terminer, un mot tout de même sur les dessins faits en direct pour animer la soirée par le caricaturiste de Ouest France, Emmanuel CHAUNU:

On dira avec honnêteté que malgré quelques dérapages clochemerlesques (le Ringard de l'Ouest ne dormait que d'un oeil... comme un certain Laurent Fabius), il fut plutôt bon !

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Il a même été capable d'autodérision en se figurant tout petit sous une toise avec la mention: trop "bas" !

On retiendra pour nous deux dessins:

L'un, moral, montrant une allégorie féminine de la Ville de Caen allitée au CHU pour un cancer avec un médecin montrant une image IRM des bombardements de 1944 avec la mention: "vous revenez de loin !"

Un clochemerle entre trois villes normandes rescapées de la tragédie de 1944 c'est indigne, c'est indécent !

L'autre, plus politique, montrant le visage de Laurent Fabius sous la forme de la célèbre capsule surprise jaune contenue dans les oeufs en chocolat de la marque Kinder dont le siège pour la France est à Rouen (premier port européen pour l'importation des fèves de cacao pour ceux qui ne le saurait pas) avec la mention:"méfiez-vous des surprises Fabius !"

Le lendemain, on apprenait, en effet, par un communiqué de la préfecture de Haute-Normandie l'existence du projet de décret faisant de Rouen le chef-lieu provisoire de la Normandie: un rédacteur en chef de Ouest-France Caen en a même perdu son sang-froid et son latin !

Pour nous c'est le signal donné par l'Etat pour mettre enfin en oeuvre le FEDERALISME NORMAND !

AU TRAVAIL !