Mais certainement pas dans les pages de Ouest-France, car certains propos du Ministre de l'Intérieur pourrait heurter les âmes sensibles de qui vous savez !

Bernard Cazeneuve sur Paris-Normandie ça donne ça... et nous on adore !


 

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve défend à Cherbourg l’idée d’une Grande Normandie forte et rassemblée

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve défend à Cherbourg l’idée d’une Grande Normandie forte et rassemblée

En visite hier à Cherbourg, dont il fut le maire, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve se prête aux questions des journalistes sur la question de la future Normandie. Mais quelle Normandie ? Avec Rouen comme chef-lieu provisoire ? Caen comme siège de la future assemblée régionale ? Et un préfet « haut-normand » préfigurateur de cette Normandie dont la simple nomination est déjà considérée comme partisane...

Alors monsieur le ministre : agacé ? «Non, ni agacé ni tendu!, répond-il d’une voix calme et affirmative. Ça fait vingt ans que je suis mobilisé sur le sujet: le Grand Cherbourg et la Grande Normandie. Parce que je pensais que c’était des chemins de modernisation de notre territoire... Je me suis beaucoup mobilisé sur ce sujet, face à des interlocuteurs qui étaient très réticents, de droite et de gauche d’ailleurs à l’époque. Lorsque je suis venu au gouvernement, j’ai eu la possibilité de faire cette Grande Normandie. C’est le texte que j’ai porté au Parlement qui a permis de le faire.»

Ne pas entretenir la division

Quelle Normandie demain ? Évoquant la qualité industrielle, agroalimentaire, culturelle, portuaire, touristique de la Normandie, Bernard Cazeneuve se montre autocritique. «Il faudrait que nous soyons bourrés de complexes pour ne pas se rendre compte de ce que sont nos atouts. En Normandie, il y a ce trait de caractère que j’ai vécu quand j’étais à Cherbourg: plus ses atouts sont grands, plus ses complexes s’expriment. Mais pour valoriser nos atouts, il ne faut pas entretenir la division.» Alors s’agissant des trésors de la Normandie, maritimes notamment, le ministre n’entend pas «que ce monopole soit laissé à la Bretagne... Je préconise qu’on ait des stratégies bretonnes plutôt que normandes dans le comportement politique, c’est-à-dire tous ensemble plutôt que d’abord chez soi, c’est une condition de la réussite de notre projet.»

Bernard Cazeneuve s’affranchit au passage de toute pression, répétant qu’il ne sera plus candidat à des élections en Basse-Normandie et en Normandie. «Par conséquent, ce que je veux faire, c’est réussir un projet que j’ai porté pendant vingt ans. Je n’ai pas d’autres ambitions. Et je peux me permettre de ne pas avoir une approche politicienne de ce sujet. Et par conséquent, je peux me permettre de ne pas être agacé, de ne pas chercher des clivages, des divisions, de les surmonter pour trouver la bonne solution.»

Le ministre de l’Intérieur assure qu’il «parle avec tout le monde» : le maire UMP de Caen jeudi dernier, le maire PS de Rouen lundi. Surtout, il a «donné des instructions aux préfets de répartir, suivant un parfait équilibre, les administrations territoriales de l’État entre Caen et Rouen. Chacun peut faire les commentaires qu’il veut: comme c’est de moi que dépend la décision à la fin (en liaison avec le premier Ministre), ce que je dis sera ce qui adviendra.»

Revenant sur la répartition des administrations territoriales de l’État, Bernard Cazeneuve souffle qu’il a bien sa petite idée. «Mais si je l’explique, on m’expliquera en retour que je vais agir tout seul. Les élus vont s’exprimer, les présidents de collectivités, les syndicats également... Je pourrais croiser ce que je pense souhaitable avec ce que les autres pensent souhaitable. Et c’est ce point d’équilibre qu’il faudra trouver.»

Et puisqu’il est question de faire des économies, la mutualisation des services (informatique, ressources humaines...) sera conduite en concertation, assure le ministre. «On n’a pas besoin d’organiser un grand déménagement de la fonction publique territoriale, en martyrisant tout le monde mentalement, alors que cette fusion est une opportunité pour réussir des économies.»

Sans faire référence directement aux critiques émises par les présidents des cinq conseils départementaux (tous de droite), le ministre pense «qu’on se rendra compte qu’il y a ceux qui cherchent systématiquement des divisions pour affaiblir, et ceux qui cherchent à faire réussir un projet». Et qu’il n’est pas question «de se laisser aller à une stratégie qui repose sur le fait qu’une phrase = une polémique.»

Marc BRAUN

m.braun@presse-normande.com

Les maires de Rouen et de Caen à Beauvau

Avant une réunion de concertation prévue à Rouen le 22 mai 2015, Yvon Robert, le maire de la capitale haut-normande, sera reçu lundi par le ministre de l’Intérieur, place Beauvau.

Le maire PS de Rouen, Yvon Robert, sera reçu lundi par Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la concertation sur la future Normandie. Cette rencontre entre le ministre et le maire de Rouen intervient quelques jours après une autre réunion, qui avait lieu jeudi matin, mais cette fois-ci entre Bernard Cazeneuve et Joël Bruneau, le maire UMP de Caen et président de l’agglomération Caen-la-Mer.

«Cet entretien, explique le cabinet du ministre, a été l’occasion de confirmer au maire de Caen la volonté de l’État de réussir la réforme en cours, en organisant, dans l’intérêt de la Normandie une répartition équilibrée des administrations entre les deux villes de la nouvelle région fusionnée, Caen et Rouen. Jusqu’à cet été, précise le ministère, les préfets préfigurateurs conduiront en effet, à la demande du gouvernement, toutes les consultations nécessaires avec les collectivités locales, les services de l’État, les organisations syndicales, pour élaborer un projet d’organisation des administrations de l’État dans les futures régions. Le plus parfait équilibre devra présider à cette démarche. Dans cette phase de concertation qui s’ouvre, les collectivités territoriales prendront toute leur part. Cette concertation se poursuivra jusqu’à l’été 2016, la loi du 16janvier 2015 ayant établi que le chef-lieu définitif serait fixé avant le 1eroctobre 2016, après avis du conseil régional élu en décembre2015. Cette concertation sera bien entendu menée avec les élus de toutes sensibilités.»

«Constructif»

«Si nous voulons réussir cette réforme, il est déterminant que les habitants de la Basse-Normandie comme leurs homologues de Haute-Normandie ne se sentent pas floués. Il faut donc une implantation des services équilibrée entre les territoires», souligne Joël Bruneau, qui estime que l’entretien avec Bernard Cazeneuve a été «constructif». Le maire de Caen dit avoir «apprécié l’écoute du ministre et leur volonté partagée de proposer une organisation équilibrée des services de l’État dans la nouvelle région».

ST. S.

s.siret@presse-normande.com

« Pas de subterfuge » prévient Hervé Morin

En lice pour les élections régionales en Normandie, Hervé Morin est un fervent partisan du travail en réseau : préfecture à Rouen, conseil régional à Caen et Conseil économique et social au Havre. «Nous pouvons bâtir un territoire équilibré et moderne», souligne le député UDI de l’Eure qui redoute, néanmoins, que les élus socialistes conservent le siège officiel de la Région à Rouen, laquelle tiendrait alors ses seules séances plénières à Caen... «Les choses doivent être claires, pas de subterfuge baroque, explique Hervé Morin. On ne va pas refaire le coup de Bruxelles et Strasbourg.»