Passer d'ici 2019 de la SNCF à la SNCF serait-ce devenue la solution la plus réaliste pour l'avenir?

De la Société Nationale des Chemins de Fer Français, société publique depuis 1936 à une Société Normande des Chemins de Fer de droit privé ou para-public (une Délégation de Service Public ?) évoluant dans le cadre d'une mise en concurrence de divers opérateurs sur le réseau... Voilà où nous en sommes ! La privatisation partielle du service ferroviaire régional normand est envisagée comme solution pour que les usagers Normands oubliés derrière la banlieue parisienne depuis la fin de la prospérité des Trente Glorieuses et des Turbotrains (1990) soient à nouveau respectés !

La gare de triage de Sotteville-les-Rouen: triste symbole de la catastrophe ferroviaire normande ! (malgré de récentes annonces pour en faire le grand dépôt d'entretien de la future région normande: encore du bla-bla-bla?)

Mais s'il n'y avait que la lancinante question ferroviaire !

Peu à peu, l'ensemble des décideurs régionaux normands (élus, chefs d'entreprises, milieux consulaires, milieux logistiques et portuaires) prennent conscience de l'abîme... dans lequel a sombré la Normandie toute entière depuis 40 ou 50 années en matière d'infrastructures de transport, le retard accumulé en terme d'investissement, de modernisation ou d'achèvement des réseaux: cette conscience s'affirme enfin au niveau régional car avec la perspective de l'unité normande dans six mois, les borgnes ouvrent enfin les deux yeux !

Clochemerle aéroportuaire, autoroutes sur payées et sur payantes, enclavement routier des bocages intérieurs, inachèvement du contournement Ouest de la région parisienne via la Normandie, absence de vrai périphérique à Rouen, RN 12 ou 31 en déshérence, norias de camions entre Rouen et Chartres ou Orléans ou en amont des grands ports de la Seine, vétusté des écluses sur la Seine, des lignes ferroviaires, du matériel roulant, inadaptation et incohérence des services de transports en commun au niveau départemental ou inter-urbain (songeons à la misère du service minimum entre Caen et Rouen ou Le Havre alors qu'on nous parle de "capitale fédérative") malgré l'activisme et la créativité des conseils régionaux normands (incapables de se coordonner davantage d'ailleurs...) pour moderniser les TER avec des solutions innovantes en matière de billettique... Jolie cautère sur une demie jambe de bois !

Le vertige de se voir comme suspendu au dessus d'un abîme ou la montée d'angoisse devant la catastrophe majeure à venir (ne parlons surtout pas de malheur) réveillent enfin nos responsables normands notamment du côté du Havre: le lancement programmé et apparemment irréversible du projet de Canal Seine Nord Europe afin de brancher directement dans quelques années la région parisienne sur les grands ports belge et hollandais concurrents directs des grands ports normands de la vallée de la Seine a mis le feu aux poudres...

Tout le monde comprend que la future région normande, après 40 années de misères ferroviaires, routières, autoroutières, aéroportuaires ou fluviales risque la paralysie et une sérieuse panne en terme de compétitivité vis-à-vis d'autres régions plus modernes et surtout mieux organisées, sans parler de la mise en concurrence frontale des ports normands avec Anvers ou Rotterdam pour l'accès pourtant si privilégié, si évident, avec la région parisienne: quand on ne se méfie plus des évidences alors que les somnambules de la division normande nous ont emmenés ainsi si près du gouffre, le cauchemar n'est plus très loin !

Le cauchemar du réveil et du retour aux dures réalités...

 

  • Intercités : la commission Duron va prôner la mise en concurrence
La commission Duron, qui doit rendre son rapport le 26 mai 2015, va, selon nos informations, proposer d'expérimenter la mise en concurrence des trains d'équilibre du territoire (TET), certains services de trains de jour sous forme de DSP, et les trains de nuit en open access. Cette position constitue un vrai revirement. Les membres de la commission Duron sont allés puiser leur inspiration en Angleterre afin de sortir le modèle français de la crise.
Lire aussi dans Paris Normandie:
  • Hervé Morin de passage à Caen, se penche sur le clochemerle aéroportuaire normand: Caen-Carpiquet / Deauville- Saint Gatien mais aussi l'ancienne base aérienne 105 d'Evreux qui pourrait accueillir du fret (exporter à l'étranger les produits frais normands?)

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  • Ne pas oublier aussi le dossier aussi lourd que celui de la division normande elle-même, à savoir la pétaudière rouennaise en matière de gestion des trafics de transports au risque d'impacter gravement la compétivité de la place portuaire rouennaise !  Rouen cumule en effet tous les inconvénients (enclavement, absence de véritable périphérique, trombose ferroviaire, réflexion limitée des élus qui ne jurent que par le marketing territorial pour bobos cultureux) alors que la métropole normande a le précieux privilège d'être encore une grande ville portuaire et maritime ! Hélas, le Christian qui déraille (encore !!!) ne nous aide pas à penser les solutions pérennes pour sortir du conflit d'usage permanent: le vrai sujet c'est que l'achèvement du contournement autoroutier de Rouen n'est pas financé dans le cadre du CPIER Vallée de la Seine. Quant à la SNCF elle préfère gérer son cimetière ferroviaire de Sotteville plutôt que de maintenir son offre et ses positions pour la desserte fret du port de Rouen !

 

  • Christian Hérail n'est donc pas un bon lobbyiste normand et passe trop de temps à se plaindre !

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  • Inquiétude traditionnelle des milieux maritimes normands vis-à-vis de l'inculture crasse en matière portuaire du côté du gros village rural portant le doux nom bucolique de Paris sur Seine (bientôt Paris sur l'Escaut? Envers et contre tout !!!)
Les réalités maritimes... vues depuis les ministères parisiens !
  • Lire enfin le cri d'alarme de Didier PATTE président du Mouvement Normand:

 

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Commentaire de Florestan:

Rappel de quelques chiffres édifiants:

Part estimée de l'Etat dans le CPIER Vallée de la Seine (2015 /2020): 826 millions

Crédits fléchés pour la LNPN: 20 millions par an (2015 /2020)

Apport de l'Etat pour la région Bretagne (2015 /2020): 2 MILLIARDS

Coût total estimé de la LNPN: autour de 6 milliards

Coût total estimé du Lyon- Turin: 50 MILLIARDS

Coût total estimé du Canal Seine Nord Europe: autour de 5 milliards

Coût total estimé pour la remise à niveau fluviale, ferroviaire et logistique de la vallée de la Seine et son ouverture vers l'Est:  autour de 200 millions

Coût total estimé pour l'EPR de Flamanville qui ne sera probablement jamais mis en service: 9 MILLIARDS !!!

 

Qui a dit que l'Etat n'avait plus un rond au point de ne plus pouvoir gaspiller le moindre centime en Normandie?