On ne devrait plus poser la question: "êtes-vous pour ou contre l'unité de la Normandie ?". Et on pourra faire hélas le pari qu'on trouvera plus d'opinions sceptiques voire négatives à l'encontre de l'idée d'unité normande chez les lecteurs habitués à lire le quotidien ligéro-breton Ouest France que chez les lecteurs du quotidien Paris-Normandie. Pour preuve, avec les exemples qui suivent puisque le journaliste de Ouest France ose encore poser la question...

Il serait judicieux de faire une vaste étude d'opinion sur la question du reflet régional normand, en croisant l'opinion plus ou moins positive sur la Normandie et la question: "quel journal lisez-vous?"

Les deux exemples suivants montrent, une fois de plus, que Paris-Normandie a une approche plus "pro-active" de la Normandie et de son unité que Ouest-France qui promène en ce moment son défaitisme normand dans un supplément spécial réservé aux seuls lecteurs de la Seine Maritime et de l'Eure qui seront ravis d'apprendre que "Dieppe est plus tourné vers la Picardie" et que les gens d'Avranches vont à Rennes pour trouver un spécialiste...

MORALITE: VOUS AVEZ LE CHOIX !

1) Avec Ouest France: vous aurez droit aux dernières nouvelles du clochemerle normand... La parole est donnée en priorité à des gens qui n'ont jamais été des chauds partisans de l'unité normande quand il fallait réellement défendre cette belle idée ! Dans les pages du grand quotidien régional ligéro-breton la pédagogie du projet normand passe toujours après la polémique quand elle ne doit pas passer sous les fourches caudines du normano-sceptique de service ! Et il a fallu attendre la fin du mois de mai 2015 pour avoir enfin une série d'articles de fond sur les enjeux normands... Et encore ! Ouest France continue de faire un inutile distinguo entre Haut et Bas Normands alors que nous allons vers l'unification de l'espace régional normand...

Jean_L_once_Zitrone

2) Avec Paris Normandie: depuis plusieurs mois, on peut constater avec objectivité un réel effort de présentation, de pédagogie sur les grands enjeux normands. Certes, sur le sujet sensible de la capitale, le journaliste de Paris Normandie peut parfois s'abandonner à certains réflexes aussi localistes qu'un journaliste bas-normand travaillant dans un quotidien régional breton, mais il faut admettre que les articles proposés par Paris Normandie sur la Normandie sont généralement plus longs, plus fouillés et sont, d'une manière générale, plus "pro-actifs" sur la Normandie que ceux de Ouest France... On a l'impression qu'on aime davantage la Normandie sa diversité et son unité à la rédaction rouennaise de Paris Normandie qu'à la rédaction... rennaise de Ouest France qui garde un oeil vigilant sur sa rédaction "régionale" caennaise: on se demande bien pourquoi !

La preuve encore avec ce bel article très intelligent et bien informé à lire ce 8 juin 2015 dans Paris-Normandie sur l'avenir du coeur de la Normandie: on est loin des obsessions de Ouest France qui veut toujours nous enfermer dans le périmètre de sa zone de diffusion: l'espace vécu normand va renaître et c'est désormais à Ouest France de s'adapter (alors que cela fut trop longtemps le contraire !)


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3367193/actualites+politique/le-cur-d-une-region#.VXWSvEajbK8

Normandie 2016 : Pont-L’Evêque et Pont-Audemer ont leur mot à dire

Normandie 2016 : Pont-L’Evêque et Pont-Audemer ont leur mot à dire

 

Pont-l’Évêque dans le Calvados et Pont-Audemer dans l’Eure. L’une mise résolument sur le tourisme et le commerce de proximité, l’autre y ajoute quelques jolis traits industriels. Loin du tannage du cuir version XVIIIe siècle, Pont-Audemer oscille entre construction électrique et électronique (Gemalto), plasturgie et caoutchouc (Bischof Undklein), construction aéronautique (Aircelle), bâtiment et travaux publics (Blard) ou encore papiers techniques (Ahlstrom Specialties).

Point de cela au cœur du Calvados, si ce n’est justement le Calvados magnifié par l’entreprise du cru « Père Magloire ». Le musée est certes incontournable, mais les amateurs songent plutôt aux cinq chais répartis entre Pont-l’Evêque et Sainte-Foy de Montgommery, abritant plus de 2 500 fûts de chêne et 350 foudres. À moins de leur préférer ceux des Dubreuil, Drouin, Bunel et Boulard tout proches.

Quoi qu’il en soit, les deux villes profitent d’un atout majeur : leur desserte routière avec un axe de poids constitué par l’autoroute A 13. Plutôt facile d’y converger, d’opter pour une halte ciblée : commerce, tourisme, emploi... Point commun, elles misent résolument sur le commerce local, avec une ferveur étonnante. À Pont-l’Évêque comme à Pont-Audemer, ne pas briguer un prix serait une hérésie, presque une faute professionnelle. Charcutiers et bouchers sont rois, boulangers et pâtissiers rivalisent, sans oublier les primeurs. À l’heure où la Normandie se dessine au plan politique et administratif, ces Normands ont compris depuis longtemps que pour attirer puis garder les clients, il ne faut que du bon, et un accueil en conséquence. À Pont-Audemer d’ailleurs, on a remis la zone bleue au goût du jour, avec une durée de stationnement limitée à 1 h 30. Il faut le fameux disque évidemment, mais au moins c’est gratuit.

Le commerce en fer de lance

Tout de même, au pays du Pont-l’Évêque, la ville ne comptait pas de commerçant fromager. Certes, les fromages du cru sont bien relayés par les charcutiers et primeurs locaux, l’appellation d’origine protégée (AOP) des artisans producteurs largement mise en avant. Mais il aura fallu qu’une jeune Bernayenne fasse une incursion en Basse-Normandie pour corriger l’erreur de casting. La Fromagerie d’Annabelle, rue Hamelin, sourit aux visiteurs, y compris de passage. «On a quitté l’autoroute rien que pour acheter du Pont-l’Évêque, affirment deux amis rentrant d’un périple deauvillais. On savait qu’on en trouverait ici, au lait cru, et d’origine contrôlée.»

Pont-Audemer n’est pas en reste côté spécialités, entre mirliton et saucisse ! Le premier s’affiche au rayon pâtisserie. Constitué d’une pâte à cigarette roulée, garnie d’une mousse pralinée et fermée aux deux extrémités par du chocolat noir, il existe depuis 1340. Le second est fait de porc mariné dans le pommeau et agrémenté de champignons des bois. Voilà pour la bonne bouche. Du cuir au végétal, des chausseurs maroquiniers aux fleuristes en passant par l’art de la table ou la torréfaction maison à la Brûlerie de la Risle, Pont-Audemer déroule un patchwork complet, à même de contenter une population hétéroclite, avec des niveaux de vie disparates.

Pont-L’Évêque mise sur une clientèle manifestement plus aisée, prête à faire une halte avant de filer vers les plages bas-normandes. «De toute façon, on n’a pas le choix, glisse Michel Lepaisant, président de l’association des commerçants de Pont-L’Évêque. Si on ne maintient pas la qualité, voire même le haut de gamme, les touristes ne resteront pas. Les belles demeures à colombage, les trois rivières locales et le fromage ne suffisent pas. Alors on multiplie les animations commerciales - une vingtaine par an -, on maintient un cinéma, on s’entraide aussi.» Les commerçants deviennent des relais touristiques, leurs clients aussi.

Au cœur de la droguerie Legrand, véritable caverne d’Ali Baba du centre bourg, la visite des lieux vaut autant qu’un achat. Et pas question de repartir sans une autre adresse : par exemple celle de la quincaillerie Chapuis, autre trésor de la ville où se perdre. «On est là depuis 1920, sourit Jean-Charles Legrand. J’ai du monde toute la semaine, pas seulement le week-end et pas seulement des touristes. Les agriculteurs viennent ici pour des produits liés au traitement des métaux, de bois, aux soins de leurs mains. On les suit, on se bat, on a des prix corrects.» Cela dit, nombre de clients sont parisiens, ont acheté des résidences secondaires. «La banlieue de Pont-L’Évêque, c’est Paris!», s’amuse le commerçant.

Une obsession: l’attractivité

Le bouche-à-oreille joue à plein. «J’ai autant des ouvriers de chantier que des touristes goûtant aux tripes maison», assure la patronne de la Pomme d’Or en centre-ville, Paulette Macé. Et les prix sont doux. Rien à voir avec Deauville et la Côte fleurie. «Surtout, entre restaurateurs, on sait s’entraider, souffle la restauratrice. Ça compte dans une ville qui veut continuer d’attirer.»

Attirer, c’est l’obsession de Pont-Audemer qui parvient d’ailleurs à gagner des habitants. Entre activité commerciale, offre touristique remarquable (ruelles et impasses moyenâgeuses, maisons à pans de bois se mirant dans les eaux de la Risle, lavoirs et anciens séchoirs des tanneurs), Pont-Audemer figure parmi les cinq villes de France - avec Épinal, Metz, Perpignan et Vannes - à posséder la plus haute distinction pour les deux labels « Villes internet » (5 arobases) et « Villes fleuries » (4 fleurs).

Surtout, entre collégiens, lycéens, employés, ouvriers, professionnels se pressant sur les zones d’activités, 25 000 personnes débarquent quotidiennement à Pont-Audemer. Nichée au cœur de neuf communautés de communes à cheval sur le Calvados et l’Eure, la ville veut s’affirmer comme un maillon fort d’un territoire incluant Honfleur, Pont-l’Évêque, Cormeilles et Quillebeuf.

Marc BRAUN

m.braun@presse-normande.com

Pont-l’Évêque en chiffres
4432 habitants (+1,3% depuis 2006)
1984 ménages
2355 logements dont 82,1% en résidences principales
1992 ménages fiscaux dont 56,8% imposables
2861 emplois dont 87,7% salariés
Taux d’activité des 15 à 64 ans: 79,2%
580 établissements comptabilisés dont 5,2% dans l’industrie, 8,8% dans la construction, 71,4% dans le commerce, les transports et les services divers

« Affirmer notre centralité... »

Yves Deshayes, 64 ans, est le maire de Pont-L’Évêque (sans étiquette mais proche de la droite) depuis les élections de 2014. La ville est située à mi-chemin entre Deauville et Lisieux.

 

Du lycée agricole d’Yvetot à la mairie de Pont-L’Évêque, vous êtes Normand de fait!

« J’ai baigné dans un environnement rural avant de diriger pendant quarante ans l’hippodrome de Deauville. J’ai été élu durant 25 ans à Saint-Étienne-la-Thillaye, petit village du pays d’Auge, à 5 km de Pont-l’Évêque et 10 km de Deauville. J’ai toujours eu en tête l’attractivité de la région, le goût du patrimoine, que j’ai porté aussi au conseil général du Calvados. Alors Pont-L’Évêque, c’est un cheminement naturel pour moi. Et ici, au niveau du patrimoine, du bâti, de la gastronomie, je suis servi. Tout est exceptionnel, non seulement à préserver mais à mettre en avant. Alors oui, je suis Normand, sans aucun doute. »

Comment appréhendez-vous la grande Normandie aujourd’hui?

« Au début, j’étais plutôt méfiant, réticent. Je parle en mon nom personnel, pas en tant que maire. J’avais un peu peur de la grande région. Par rapport aux grandes villes comme Rouen, Le Havre ou Caen, on n’est pas dans la même cour. Ma première crainte, en tant que maire cette fois, c’est d’être le parent pauvre de l’unification, de n’être que le côté campagne, sympathique certes, mais qui peut vite devenir réducteur si la ruralité ne trouve pas son axe de développement. »

Vous avez changé d’avis?

« Oui. Mais j’attends qu’il y ait une répartition équitable des richesses, qu’on ne soit pas oublié. Si l’image forte, remarquable, de notre commerce de proximité, la richesse de notre patrimoine peut contribuer à bâtir un atout supplémentaire pour la Normandie, il faut qu’on fasse partie de la carte de visite, et qu’on nous visite surtout ! »

Quelle carte pouvez-vous jouer justement?

« Au risque de faire sourire, je me suis aperçu que Pont-l’Évêque pouvait affirmer sa centralité, montrer qu’elle est géographiquement au cœur de la Normandie. Avec l’autoroute A 13, on n’est pas les plus mal placés. L’échangeur est là. Mais pour ne pas devenir une annexe de Deauville, il faut insister sur nos offres, jouer à plein la carte des produits locaux, des commerces de qualité, des animations commerciales et nous avons une association particulièrement dynamique. Nous misons aussi sur l’entretien du bâti, sur des espaces verts conséquents, un fleurissement poussé qui nous vaut un « 3 fleurs » des villes fleuries. »

Le tourisme n’est pas tout. Quelle place pour les entreprises?

« Nous avons une zone d’activités, avec quelques PME très intéressantes comme Tipiak dans l’agroalimentaire. Mais le fait est que nous n’avons plus de réserves foncières. À part un lotissement d’habitations en construction, nous n’avons plus de possibilités. En cause les zones inondables dues à la confluence de trois rivières : la Calonne, la Touques et l’Yvie. »

Comment bien se positionner alors dans la grande Normandie?

« Je suis d’origine bas-normande et formé en Haute-Normandie. Je pense qu’on n’a pas su se vendre. Il faut qu’on s’y attelle, qu’on ne se repose pas sur nos acquis. Il faut qu’on agisse plus comme des Bretons fiers de leur territoire, qu’on le revendique. »

L’incontournable de Pont-L’Évêque

Le Pont-l’Évêque, subtil et crémeux

Le Pont-l’Évêque est un fromage au lait de vache à pâte molle et à croûte lavée. Son originalité lui vient de sa forme : un carré d’environ 11 cm de côté et 3 cm d’épaisseur. Il doit contenir au moins 45 % de matière grasse. Sa croûte, assez lisse, varie du jaune d’or à l’orangé. Sa pâte doit être tendre, ni trop sèche, ni trop coulante. Onctueuse, légèrement salée, elle révèle des goûts subtils et raffinés. On retrouve la finesse d’arômes crémeux et fruités, comme la noisette. À Pont-L’Évêque, on le trouve chez les charcutiers, traiteurs, primeurs et aussi, depuis un an, à la Fromagerie d’Annabelle, jeune femme originaire de Bernay.

« Au carrefour des grandes villes... »

Maire PS de Pont-Audemer, Michel Leroux, 64 ans, conduit un second mandat après avoir été longtemps directeur général des services de la ville. Pont-Audemer fait partie du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande.

À quelques kilomètres de l’A 13, la ville semble bien située pour se développer. Est-ce le cas?

« Sur la carte, on est effectivement pas mal situés. En venant de Rouen, en sortant de l’A 13, vous êtes à une dizaine de kilomètres de Pont-Audemer. Encore fallait-il améliorer l’accès constitué par la côte de Corneville, particulièrement accidentogène. De lourds travaux sont engagés par le conseil départemental. Mais à Pont-Audemer, ce qui nous intéresse au plus haut point, ce serait un accès à l’A 13 par la vallée. Du centre-ville à l’autoroute, il n’y a que trois kilomètres. Sauf qu’il faut construire un échangeur. C’est un enjeu essentiel, pour la population, pour l’économie. Et je vais continuer de me battre pour ça. »

Qu’attendez-vous de cet échangeur?

« Un meilleur accès notamment pour tous ceux qui viennent travailler à Pont-Audemer ; nous avons 7 600 emplois sur la commune. Et puis beaucoup de gens partent le matin vers Honfleur pour travailler, qui n’ont pas les moyens d’habiter dans ce secteur. Ensuite, cet échangeur permettrait un meilleur accès pour ceux qui fréquentent collèges et lycées de la ville. Nous sommes au cœur d’une zone de chalandise de 50 000 habitants, et 25 000 personnes viennent sur Pont-Audemer tous les jours. »

Vous aussi, vous revendiquez une forme de centralité?

« On ne la revendique pas, c’est un fait, conforté par les études de l’Insee. Sauf qu’avec un taux de chômage de 10,7 % sur le bassin d’emploi, il faut qu’on soit très vigilant malgré un tissu d’entreprises conséquent. L’enjeu, c’est de conserver notre attractivité pour que les entreprises se développent, de la mettre en avant au plan du commerce local, du tourisme, des équipements sportifs et culturels. Nombre de gens viennent ici tout en habitant à plusieurs dizaines de kilomètres. »

Vous êtes proche mais loin en même temps?

« On est au carrefour des grandes villes que sont Rouen, Caen et Le Havre. Mais il faut une vision du territoire pour grandir dans la nouvelle Normandie. Je suis pour la préservation des équilibres. La Normandie, dans ce contexte, est une opportunité pour que l’Eure se positionne différemment. J’ai confiance, cette Normandie a existé avant de disparaître au profit d’intérêts particuliers. »

Quelle est votre lecture géographique alors?

« Elle est la même que celle des entreprises à qui il faut une aire urbaine dynamique, des voies d’accès conséquentes, des commerces, des services... Un des enjeux, de Honfleur à Bourg-Achard, c’est de réfléchir au développement économique, aux infrastructures. Nos concitoyens attendent autre chose qu’une guerre des sièges entre les villes majeures... La fusion des deux régions normandes va positionner les territoires de la rive sud de la Seine, dont nous faisons partie, au cœur du nouvel ensemble régional. Il sera la charnière entre la vallée de la Seine pour la Haute-Normandie, l’agglomération caennaise et la Côte Fleurie pour la Basse-Normandie. »

L’incontournable de Pont-Audemer

Une balade pour remonter le temps

Cette balade propose de découvrir douze lieux inscrits dans une démarche de réaménagement urbain, qu’ils soient des réalisations architecturales construites ou des projets en cours. Ces places, lieux publics ou logements, ont tous la particularité de répondre à des exigences architecturales : le développement durable, la prise en compte du patrimoine existant, et la valorisation du cadre de vie. Hôtels particuliers, marchés, places, navigation sur la Risle s’offrent aux visiteurs. Il est aussi possible de télécharger gratuitement depuis un smartphone le fichier contenant le tracé du circuit du patrimoine.

 


 

Commentaire de Florestan:

Le journalisme est la seule profession intellectuelle qui s'autorise le droit de travailler avec ses préjugés... Dans les rédactions, on appelle ça "un angle". Dont act ! Dans ce cas, nous choisissons Paris Normandie dont le préjugé normand a au moins le mérite d'être positif !