Le changement climatique a un impact direct sur le milieu marin: on s'inquiète plus facilement de l'élévation du niveau de la mer et de la montée de la hauteur moyenne de la houle qui fragilise encore plus le trait de côte en Basse Normandie et le pied des falaises cauchoises en Haute Normandie. Mais on parle beaucoup moins du phénomène non moins inquiétant de l'acidification ou du réchauffement des eaux marines à force d'absorber le CO2 en trop... Cette acidification fragilise les animaux marins qui ont une carapace calcaire telles que les huitres, les bulots et les coquilles Saint Jacques. Tandis que le réchauffement va boulveverser la géographie des espèces pêchées...

Pour la coquille et le bulot, fleurons gastronomiques du patrimoine maritime normand, les experts parlent, à terme, de ... disparition des côtes normandes !


 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/06/10/rechauffement-climatique-coquilles-st-jacques-et-bulots-menaces-de-disparition-743995.html

Réchauffement climatique : Coquilles St Jacques et bulots menacés de disparition

Selon les scientifiques, les océans connaîtront "un changement important" de la biodiversité, même si le réchauffement climatique reste inférieur à 2 degrés. D'après leur étude, les coquilles Saint-Jacques et les bulots pourraient disparaître,au profit d'autres espèces comme l'anchois et la sardine.

Pêche à la coquille Saint-Jacques, le 18 décembre 2014 © AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU

Etude conduite par le CNRS 
Une étude menée par une équipe internationale conduite par le CNRS vient d'être publiée dans la revue Nature Climate Change. "Si le réchauffement climatique n'est pas maîtrisé rapidement, il provoquera une réorganisation massive de la biodiversité marine à l'échelle planétaire", avertissent les chercheurs, à six mois de la conférence de Paris sur le climat, qui tentera de parvenir à un accord pour contenir le réchauffement à 2 degrés.

Nos enfants mangeront-ils encore des coquilles St-Jacques et des bulots ? 

Même si la température de l'air n'augmente que de deux degrés  : "Nous nous attendons à une diminution assez importante de la coquille Saint-Jacques, du bulot, des laminaires, des morues", note le scientifique Grégory Beaugrand, bioclimatologue au laboratoire d’océanologie et de géosciences du CNRS, l’un des auteurs de l'étude. "Et ces espèces qui sont plutôt tempérées-froides ou tempérées vont être remplacées par des espèces chaudes comme l'anchois, la sardine..."

Reportage Aurelia Chopin et Frederico Nicotra

Intervenants
- Grégory Beaugrand, Bioclimatologue, directeur de recherche CNRS
- Hubert Baty, pêcheur professionnel à Marseille