Non sans complaisance, le journaliste de Ouest- France, toujours très adroit pour faire un bon papier sur les clichés les plus éculés et les plus ringards qui chargent notre Normandie, cette vieille province qui a le tort d'être trop proche de Paris, nous propose de découvrir, en cette soirée dominicale trop bruyante consacrée à la défaite de la musique, un objet musical pour le moins saugrenu...

L'hymne de Beuvron en Auge sur l'air de "Caen Caen"... (cancanons, ricanons en effet !)

L'ironie d'Heula à la rescousse...

http://www.ouest-france.fr/caen-caen-revisite-pour-devenir-lhymne-de-la-commune-3456476

« Caen Caen » revisité pour devenir l'hymne de la commune

L'histoire

L'hymne de la Foire de Caen, des années 60, a donné l'idée à Philippe David de le transposer pour Beuvron-en-Auge. « Caen Caen », la marche des années 1960, avait été demandée par Michel Vermughen, alors commissaire général de la Foire, à André Dalibert, acteur et chanteur, originaire de la Manche, qui faisait la promotion de la Foire de Caen.

La musique est signée Etienne Lorin, un Ornais, fondateur de l'orchestre d'accordéon de Paris qui a composé tous les principaux succès de Bourvil.

Philippe David, à l'origine de cette initiative raconte la suite : « Lors de l'émission Les plus beaux villages de France, en 2014, cet hymne a été joué à l'accordéon par Michel Vannier, le musicien local. Après des recherches, je me suis aperçu qu'il n'y avait aucune trace de cette marche, qui avait vu le jour, par la volonté de trois amis, lors d'un repas amical à Beuvron. Seul Michel Vannier en était la mémoire vivante, l'ayant joué à plusieurs reprises, à la foire et aussi lors de l'inhumation de Michel Vermughen ».

Quatre couplets et un refrain

L'idée a fait son chemin. Philippe David a demandé à Roger Loubet, ce Toulousain qui réside à Beuvron depuis une trentaine d'années, de faire une adaptation de la musique. Roger Loubet a écrit des arrangements pour tout le show-biz : Mike Brant, Michel Sardou, Mort Schumann, Johnny Hallyday, Charles Aznavour etc. Aidés de Michel Vannier, ils ont écrit musique et paroles.

Cela patoise un peu. Le premier couplet présente un cadre idyllique :

« Il est un pays béni du ciel, protégé par les dieux. Où des gens heureux profitent d'un théâtre merveilleux. Dans le calme et la verdure poussent pommiers et poiriers. Les chevaux dans la nature sont en pleine liberté. Dans ce pays de cocagne, il fait bon se prélasser. Venez dans notre campagne y musarder ».

Et le refrain est une invitation :

« Venez venez voir notre village, ses beaux manoirs, ses colombages, en dégustant du cidre doux et la teurgoule de chez nous. Mais où, me direz-vous se trouve ce bijou ? C'est à Beuvron-en-Auge, Beuvron en pays d'Auge ».

Trois autres couplets ventent les charmes de ce village si particulier.

« Pour boucler la boucle, ajoute Philippe David, j'ai retrouvé, lors d'une émission sur France 2, consacrée à Bourvil, Michel, le fils d'Etienne Lorin, musicien de renom, retraité en Dordogne. Avec qui, nous devrions sortir un CD ».


 

Pour lors, à notre connaissance, la Normandie dispose au moins de deux chansons qui sont considérées comme des hymnes: celle écrite en 1895 par Alfred Rossel, le célèbre "Su la Mé' devenu l'hymne officieux du Cotentin et de Cherbourg et surtout celle écrite en 1834 par le Rouennais Frédéric Bérat le célèbre "J'irai revoir ma Normandie" qui est considéré comme notre hymne régional... Tant en Normandie qu'à Jersey mais aussi au Canada, un hymne existentiel parfois surnommé "la Marseillaise des sentiments" qui est connu dans le Monde entier !

  • Pour tout savoir sur la petite histoire de cette grande chanson, lire la passionnante étude suivante:

http://jumieges.free.fr/j-irai-revoir-ma-Normandie.html

  • "Su la mé " attribué à Alfred ROSSEL (dédiée au grand patoisant Louis Beuve)

http://www.christian-leroy.fr/sulame.htm

  • Voir surtout:

http://magene.pagesperso-orange.fr/rossel.html

Refrain

Quand je sis sus le rivage
Byin tranquille, êt’ous coum mei ?
J’pense es syins qui sount en viage,
En viage ou louan sus la mé
En viage ou louan, en viage ou louan sus la mé

La mé, ch’est vraiment superbe,
Et j’aime Byin quand i fait biâo
L’étaè sous nous cllos en herbe
La vei s’endormin un miot.

Mais quand o’s’fâche la vilaine,
Et qu’no-z-entend, dé t’cheu nous,
La gross’voué de la sirêne,
No-z-en a quasiment pouâ.

Refrain

J’aim’byin, dans les jouors de fête,
Quand les batiâos sount à quai,
A l’abri de la tempête
A Chidbouorg coume au Bequet ;
Ch’est lo qu’i sount muus, sans doute,
Des treis couleus pavouésaès ;
Mais, dé nyit, dans la déroute ;
Hélos ! Qu’i sont esposaès.

Refrain

Quand o sâot’ par sus la digue,
D’qui qu’o fait trembller les bllos,
Qu’à l’auncre, l’vaisseau fatigue,
Ah ! Veir’, jé pense es mat’lots !
Réverront-i lus villages,
Et pourront-i ratterri ?
J’avouns d’si mâovais parages
De Barflleu jusqu’à Gouory !

Refrain

J’ai Déeus fis dans la mareinne,
Déeus forts et hardis gaillards
L’eun révyint dé Cochincheinne,
L’aôtre dé Madagascar.
I Rentrent, lus corvaèe faite,
D’y pensaer, no n’en vit pus
Mais que j’pllains, sans les connaître,
Cheus qui sont restaès lo-bas ! 

Refrain

  • Lire enfin l'article excellent de Patrimoine Normand consacré à Alfred Rossel:

http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-31037.html