Après la colère agricole, il est une autre colère sourde qui pourrait éclater à l'automne prochain à quelques semaines des prochaines élections régionales et notamment dans ces néo-régions fusionnées qui ne ressemblent pas encore à grand chose... sauf en Normandie ! (Nous ne le répéterons jamais assez !)

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Manuel Valls dans l'usine à gaz de la réforme territoriale...

 

Cette colère inquiète vient des personnels des administrations de l'Etat sises dans les villes ci-devant capitales régionales de plein exercice qui n'ont pas été choisies comme "chef lieu provisoire" ayant à leur tête un préfet de région "préfigurateur" de la future organisation des services de l'Etat déconcentré dans les futures régions concernées.

Faute d'avoir fait la pédagogie nécessaire, tout le monde ne lit pas l'Etoile de Normandie et les journalistes de la presse quotidienne régionale ne font rien pour nous aider (bien au contraire !), peu de gens dans ce pays abruti par deux siècles de centralisme parisianiste et jacobin, comprennent que la notion de "capitale régionale" à la "grand papa" va disparaître au profit de son éclatement dans le cadre de réseaux urbains métropolitains régionaux...

Les mobilités ne concerneront que quelques hauts fonctionnaires qui ont le privilège de prendre le café avec Monsieur le préfet ou Monsieur le président de région, c'est à dire vous et moi...

Puisqu'il s'agira de croiser dans une organisation "multi-sites" pôles directifs et antennes, sachant que grâce à l'amendement du député normand Alain Tourret, il sera possible qu'une ville puisse abriter la préfecture régionale (le fameux "chef lieu" que tous les crétins prennent pour la future "capitale") et qu'une autre abrite le conseil régional (exécutif et/ ou lieu de réunion de l'assemblée dans un ou plusieurs hôtels de région)

D'où l'idée que nous défendons ici sans relâche d'un FEDERALISME URBAIN dont la Normandie est la région école, la région pilote... Grâce notamment aux réflexions engagées sur ce thème depuis 2010 par le collectif des Quinze géographes universitaires normands.

C'est la raison pour laquelle le Premier ministre Manuel Valls est allé la défendre à ... Amiens ! Et non à Caen et ce pour deux évidentes raisons politiciennes:

1) Ne pas trop touiller un clochemerle normand déjà bien onctueux qui risquerait d'indisposer plus encore Laurent Fabius et ses créatures: Michel Onfray ne manquerait pas sa cible (tout comme nous d'ailleurs !)

2) Venir faire une grosse opération de déminage dans les milieux administratifs d'Amiens au coeur de cette Picardie qui balance entre satisfaction d'une réunification historique (la Picardie va jusque dans le Calaisis et le Boulonnais) et inquiétude de disparaître noyée entre Lille et Paris mais qui surtout, menace de se donner massivement à une certaine Marine LE PEN qui est tête de liste officielle pour les prochaines élections régionales dans la future région Nord Picardie, avec l'intention de faire de cette région un "laboratoire régional du Front National"...

Le pompier (pyromane ?) Manuel Valls est donc parti éteindre l'incendie...


 

Valls en opération déminage face à la fronde des neuf capitales régionales déchues

http://www.lesechos.fr/journal20150730/lec1_france/021232247811-valls-en-operation-deminage-face-a-la-fronde-des-neuf-capitales-regionales-dechues-1140879.php?dux4U8SALxhQCShV.99#

Valls opération déminage face fronde capitales régionales déchues

Valls en opération déminage face à la fronde des neuf capitales régionales déchues

Le Premier ministre est ce jeudi en Picardie pour apaiser les craintes.
Certaines directions régionales ne devraient pas déménager.
Seuls quelques hauts fonctionnaires rejoindront les 7 nouveaux chefs-lieux.

Les décrets de désignation des chefs-lieux des nouvelles super régions sont prêts. Lille, Lyon, Bordeaux, Dijon, Toulouse, Strasbourg et Rouen sont les grands vainqueurs de la fusion des régions qu'un Conseil des ministres entérinera vendredi. Leur désignation définitive interviendra dans un an, après les élections régionales. Mais, dès ce jeudi, c'est vers les neuf futures ex-capitales régionales que Manuel Valls se tournera lors d'un déplacement à Amiens. Le chef-lieu de l'actuelle Picardie est devenu le centre de la rébellion contre la baisse d'influence et les menaces sur l'emploi public local que la perte du statut de capitale régionale laisse présager. Une semaine après le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini, qui promettait qu'il n'y aurait aucun perdant dans ces fusions, Manuel Valls tentera d'éteindre ces neuf mèches dangereuses dans le vent de défiance déjà fort soufflé par les maires en raison de la baisse des dotations de l'Etat.

Un rapport des inspections générales de l'administration en mai dernier rappelait que, à Châlons-en-Champagne, les postes liés à la région occupent plus de 10 % de la fonction publique. Selon ce document, 10.700 fonctionnaires risquent de changer d'affectation géographique ou fonctionnelle. Le préfet du Limousin avait aussi chiffré à 900 le nombre de fonctionnaires susceptibles de rejoindre Bordeaux. A Montpellier, 1.562 personnes sont concernées. Dans chaque préfecture figurent les Direccte (économie), les Dreale (environnement, aménagement, etc.), les Draaf (agriculture), des Drac (culture), etc.

Organisation multisite

Voilà pourquoi le scénario envisagé au printemps d'une concentration des pouvoirs et des effectifs dans les futures superpréfectures, dispositif offrant le plus d'économies, a été retoqué par le gouvernement au profit d'une organisation multisite. En déplacement dans plusieurs capitales, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, aurait promis un équilibre au fonctionnaire près entre les régions fusionnées.

Au final, seules quelques poignées de hauts fonctionnaires devraient bouger vers les nouveaux préfets pour les doter d'états-majors de proximité. Certaines directions régionales devraient même rester en place quand la région d'origine le justifie. Châlons-en-Champagne conserverait ainsi la direction de l'agriculture grâce à la puissance de son pôle de recherche. L'Etat jouerait aussi sur les agences régionales de santé (ARS) et les rectorats pour préserver les équilibres. Autre levier, les conseils économiques sociaux et environnementaux (Ceser), les chambres régionales des comptes (CRC) ou Pôle emploi. Epinal pourrait conserver sa CRC, Nancy son ARS. Même chose pour Caen. Enfin, l'Etat en profite également pour réorganiser les commandements militaires. Metz va par exemple récupérer celui du Grand Est.

Les délibérations des conseils régionaux sur la désignation des futurs chefs-lieux n'ont pas donné lieu à une fronde généralisée selon une source ministérielle. Seules trois régions ont marqué leur scepticisme. Les élus picards ont clairement voté contre Lille, de même que le Languedoc-Roussillon contre Toulouse. Mais les Francs-Comtois se sont contentés d'un avis réservé contre Dijon. Comme François Hollande devant la presse lundi, les ministères concernés trouvent que «la réforme ne se passe pas si mal ».

Matthieu Quiret, Les Echos

Commentaire de Florestan:

Nous nous félicitons que le Gouvernement ait préféré consulter l'Etoile de Normandie plutôt que Ouest France ou Paris Normandie...
C'est donc la solution que nous avons ici toujours vaillamment défendue qui l'emporte, à savoir, celle d'une organisation "multi-sites" ou d'une capitale régionale "fédérative" normande distribuée selon le profil de chaque ville et dont l'organisation pourrait être la suivante:
  • ROUEN Métropole, chef-lieu préfecture régionale avec les principales directions stratégiques régionales et le cabinet du préfet de région. Siège de la Cour Régionale des Compte. Siège d'une partie de l'administration du conseil régional (site de la Caserne Jeanne d'Arc) lieu de réunion de l'assemblée régionale. Sièges sociaux des grandes entreprises normandes ou des directions régionales normandes de grands groupes.
  • CAEN Technopole, siège de l'exécutif régional (cabinet du président de région) avec les principales directions du Conseil régional (site de l'abbaye aux Dames) lieu de réunion de l'assemblée régionale. Siège de l'Agence Régionale de la Santé voire de la future DRAC Normandie et de la future Académie- Rectorat (d'ici 2018) et direction fédérale des trois universités normandes (2016). Siège de la Chambre régionale d'Agriculture.
  • LE HAVRE Port international, siège de la Chambre régionale de commerce et d'industrie, de la direction régionale des douanes et des affaires maritimes, siège d'HAROPA.

Une fois de plus, la Normandie risque d'être la seule région à vraiment tirer son épingle du jeu, tant cette organisation fédérale urbaine fait l'objet de réflexions, d'études mais aussi de débats depuis près de quarante ans en Normandie : Jean-François Gravier, lui-même, dans un article de la "revue française" de décembre...  1972, proposait déjà une capitale régionale normande en réseau de villes CAEN- ROUEN- LE HAVRE...

En revanche, il n'est pas certain que cette nouvelle organisation fédérale urbaine puisse s'appliquer aussi bien ailleurs, notamment dans de grands machins régionaux qui n'auront jamais la légitimité séculaire et prestigieuse d'une "province-région" telle que la Normandie !

On pensera, entre autres, à la situation toujours chaotique de la future région "Grand Est" étendue des confins Est de la banlieue parisienne à la frontière allemande: le terme d'usine à gaz, dans ce cas, conviendra parfaitement !

Enfin, il est amusant de noter, là encore, le poids des grands barons socialistes dans cette affaire et les arbitrages que cela implique:

Laurent Fabius a encore perdu la main alors qu'il a tenté tout le printemps 2015 de peser en faveur de super préfectures capitales régionales concentrées dans les métropoles, on pensera bien-sûr à Rouen... On pensera aussi non sans rire aux palinodies d'un François Rebsamen désirant quitter son portefeuille de ministre du chômage pour tenter de devenir "duc de Bourgogne" dans sa bonne ville de Dijon qui a été choisie comme "chef lieu" provisoire de la Bourgogne-Franche Comté:

Il se pourrait donc que la moutarde monte encore au nez de beaucoup, dans le Nord, dans l'Est mais aussi du côté du Languedoc-Roussillon où le clochemerle "occitan" vaut bien un clochemerle normand: là-bas, c'est une vraie corrida entre Toulouse et Montpellier à comparer à nos duels normands à fleurets mouchetés !

Vendredi 31 juillet 2015: FIN OFFICIELLE DU CLOCHERMERLE NORMAND et VIVENT LES VACANCES!

 

Bien entendu, la rédaction de Paris-Normandie donne dans le jacobinisme le plus crétin quant aux titres des articles qui suivent mais ils sont obligés de tenir compte de la réalité: la "capitale" TOUTAROUEN n'aura pas lieu !

  • Dans le genre chauvin crétin:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3743820/newsletters/le-jour-ou-rouen-est-devenue-capitale#.VbtxDPmD3v0

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3748295/breves+normandie/lille-rouen-dijon-capitales-regionales-neuf-postes-de-prefets-supprimes#.Vbt50_mD3v0

 

  • Dans le genre cuistre maladroit:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3748042/breves+normandie/normandie-2016--la-boulette-de-l-elysee-sur-la-taille-des-villes-#.VbtzffmD3v0

 

  • Mais surtout, dans le genre triomphaliste... modeste (parce qu'il faut bien répéter ce que dit l'Agence France Presse):

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3748004/breves+normandie/normandie-2016--rouen-capitale-mais-plusieurs-directions-installees-a-caen#.Vbt1q_mD3v0

ROUEN (NORMANDIE). Rouen a été désignée ce vendredi matin capitale de la nouvelle Normandie. La décision a été rendue publique à l’issue du conseil des ministres et vient mettre un terme à un processus de concertation engagé au printemps dernier pour désigner les capitales des sept nouvelles régions.

« Le gouvernement arrête aujourd’hui la liste de ces chefs-lieux provisoires. Ce sont les villes les plus peuplées des nouvelles régions : Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Rouen et Toulouse », indique le communiqué de l’Elysée. Mais si on suit à la lettre ce communiqué, LeHavre aurait dû devenir la capitale de la nouvelle Normandie puisque la ville portuaire est, de loin, la plus peuplée de Haute et de Basse-Normandie.

(commentaire de Florestan: le stagiaire de la rédaction de Paris Normandie n'a rien compris au film !)

Pour l’heure, le choix des capitales est encore « provisoire ». « Les chefs-lieux définitifs seront fixés avant le 1er octobre 2016, après avis des conseils régionaux issus du renouvellement de la fin 2015 », indique le compte rendu du conseil des ministres.

Les changements dans le détail:

- Les académies : « Dans les neuf régions comprenant plusieurs académies - c’est le cas de la Normandie avec deux académies, celles de Rouen et de Caen - le recteur de région académique présidera un comité régional académique où siégeront les autres recteurs de région ». En Normandie, le recteur de région sera installé à Caen et aura autorité sur le recteur de Rouen.

- Les agences régionales de santé : la future ARS de Normandie sera installée à Caen.

- Un tiers des sièges des directions régionales sera implanté hors du chef-lieu « afin de prendre en compte les spécificités de chaque territoire », indique l’Elysée. En Normandie, le siège de la Direction régionale de l’alimentation et de la forêt, celui de la Direction régionale des affaires culturelle et celui de la Direction régionale de l’Insee seront à Caen.

- Dès l’an prochain, il y aura dans chaque région un seul préfet de région, un seul recteur de région, un seul directeur général d’ARS et un seul directeur régional « pour chaque réseau ministériel ». Les réseaux ministériels auront jusqu’à fin 2018 pour se mettre en place.

- Pôle emploi, l’Agence de l’environnement (Ademe), l’Agence des services et de paiement (ASP), la Caisse des dépôts et consignations et la Banque publique d’investissement devront « rapidement » prendre en compte la nouvelle carte régionale.

 

LE CHAUVINISME LOCALISTE JACOBIN EST MORT...

VIVE LE FEDERALISME URBAIN NORMAND !!!