Les fusions de communes rurales vont se multiplier, notamment en Normandie qui concentre encore 25% des quelques 36700 communes françaises héritières directes du réseau paroissial datant de l'époque de Louis XVI... Il faut dire que l'Etat qui n'a plus autant d'argent qu'avant va sérieusement limiter la dotation globale de fonctionnement auprès des collectivités territoriales et favoriser financièrement les communes qui veulent fusionner dans le cadre des intercommunalités elles-mêmes élargies (le fameux seuil de 15000 habitants âprement débattu lors du débat sur la loi NOTRe).

Ces fusions de communes qui sont nécessaires pour accéder via la mutualisation aux services qui n'est plus possible d'assurer lorsqu'on est une petite commune rurale isolée ont des conséquences parfois inattendues et que les élus locaux auraient bien tort de sous-estimer:

Par exemple, quel sera le futur nom de la nouvelle commune fusionnée?

Par un pragmatisme éclairé par une bonne culture générale et une bonne connaissance de l'histoire locale et régionale, certains choix sont réussis:

On citera par exemple: Tinchebray qui devient "Tinchebray-Bocage" ou encore La Haye du Puits qui devient "La Haye en Cotentin" pour ne pas être confondu avec La Haye-Pesnel (dans l'Avranchin). On peut citer enfin, l'exemple historique d'Isigny Le Buat, première "commune canton" de France avec près de 40 années d'existence dans le Sud Manche.

Dans tous ces cas, les élus ont fait le choix sage de respecter le nom historique de la commune principale associé au nom historique du pays local

On peut aussi faire le choix de ne pas choisir: c'est le choix à la normande, fait à Cherbourg fusionnant avec Octeville pour donner: "Cherbourg-Octeville"que personne n'utilise car tout le monde dit "Cherbourg", l'égalité entre la grosse commune centre et la commune périphérique maintenue dans les deux noms accolés n'est qu'une fiction et il est certain que cette situation ne va pas durer puisqu'on parle de plus en plus d'un "Grand Cherbourg" fusionné au coeur de l'actuelle communauté urbaine...

Ou alors, on peut faire le choix stupide de s'en remettre à un... logiciel qui va pondre, forcément, une coccigrue étymologique qui fachera tout le monde comme actuellement du côté de Sainte Marie du Mont avec une polémique qui enfle désormais sur les réseaux sociaux jusqu'aux Etats-Unis où des associations de vétérans du DDay 1944 craignent de voir disparaître le nom glorieux de "Sainte Marie du Mont" au profit de l'insipide "Montmerville". Le maire de Sainte Marie a beau expliquer que les noms historiques des communes fusionnées vont demeurer à côté du nouveau nom officiel, mais rien n'y fait! Les habitants sont furieux car on n'efface pas impunément avec un ordinateur 600 ans d'histoire normande et 70 ans de souvenirs avec les Libérateurs américains !

On aimerait d'ailleurs entendre sur cette polémique très "identitaire" l'avis de l'écrivain Gilles Perrault qui habite depuis des années la commune d'Utah-Beach (ça fait trop américain tout de même...)

La réaction salutaire de Gilles PERRAULT qui désire que le nom historique et glorieux de "Sainte Marie du Mont " demeure:

http://www.ouest-france.fr/sainte-marie-du-mont-lecrivain-gilles-perrault-en-avocat-de-poids-3697190

Cette polémique fait aussi penser à la question qui se pose désormais aux familles quant à la transmission du nom aux enfants: la liberté a été accordée depuis 2005 de transmettre le nom que l'on veut à son enfant (celui du père, celui de la mère ou les deux accolés) mais dix ans plus tard, on constate que 95% des familles continuent de transmettre que le seul nom du père... par habitude et surtout par commodité !


 

  • Lire l'article de Ouest-France:

http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/574/reader/reader.html?t=1442334578241#!preferred/1/package/574/pub/575/page/9