A l'occasion de cette nouvelle édition des journées européennes du patrimoine (19 et 20 septembre 2015) qui fait craindre à ceux qui défendent et promeuvent le patrimoine historique et architectural le reste de l'année la belle opération de com pour nous faire oublier qu'en ce début de second millénaire, jamais le patrimoine humain à nous légué n'a été aussi menacé (il n'y a pas que les djihadistes de Daesh... le vandalisme édilitaire et municipal se porte aussi très bien en France !), l'Etoile de Normandie rappelle que les cinq départements normands, à commencer par celui du Calvados, font partie des territoires français les plus richement dotés en sites et monuments classés MH, malgré les destructions massives de 1944.

Sise au centre ou presque de la Normandie, nous voudrions présenter l'abbaye de Saint Pierre sur Dives, l'une des plus belles et imposantes de notre prestigieux duché et qui reste, du fait de son éloignement des circuits officiels, relativement ignorée des touristes. Consciente de la qualité exceptionnelle de ce patrimoine historique, architectural et culturel, la municipalité de Saint Pierre sur Dives a entrepris depuis 2013 un ambitieux programme de restauration et de réhabilitation des bâtiments conventuels datant des XVII et XVIIIe siècles qui vont abriter les services culturels et administratifs de l'intercommunalité de Saint Pierre sur Dives: bibliothèque-médiatèque; auditorium- théâtre; salle d'exposition; office du tourisme et services administratifs de l'intercommunalité seront abrités autour du cloître et à l'ombre de la grandiose abbatiale qui a, depuis peu, retrouvé son célèbre pavage de céramiques médiévales...

Ce samedi 19 septembre devait être inauguré l'auditorium placé dans l'une des ailes restaurées des bâtiments en attendant les autres tranches de restauration dont la conclusion sera la restitution des galeries du cloître du XVIIe siècle.

L'abbaye de Saint Pierre sur Dives, insérée dans le tissu urbain d'une ville qui a été épargnée par les bombes de 1944 (sauf la halle du XIVe siècle qui a brûlée mais qui a été restaurée à l'identique... A gauche de l'abbatiale aussi imposante qu'une cathédrale, les magnifiques bâtiments conventuels qui font l'objet d'une restauration intégrale...

Vue de la cour intérieure du cloître dans son état actuel: ne subsite que la galerie longeant l'église. La galerie de droite médiocre réalisation des années 1950 sera déposée. Le projet prévoit la restitution du cloître dans son état des XVII et XVIIIe siècles à condition de trouver les financements nécessaires...

  • Ci-après, quelques belles images prises sur le site de l'architecte conseil du projet de restauration, Guillaume Clément:

http://www.gclement.fr/projet/saint-pierre-sur-dives-14-

 

Eglise. Intérieur de la tour lanterne.

Vue en contre plongée de la tour lanterne de l'abbatiale: une architecture typiquement normande !

Eglise. Relevé.

Plongée vertigineuse depuis la galerie haute de la tour lanterne: dans la première travée du choeur, au sol, l'emplacement du pavage avant sa pose (2011)

Bâtiments abbatiaux. Ancienne façade sur jardins.

L'état actuel des bâtiments conventuels avant restauration: l'ordonnance des façades d'origine a été troublée par la privatisation des lieux: le projet consiste à restituer les modénatures d'origine et à redonner son unité à l'architecture.

façade sur jardin. Etat actuel et hypothèse de restitution.

Le projet de restauration: la façade sud va retrouver toute son unité monumentale...

Abbaye. Hypothèse de restitution à la fin du XVIII° siècle.

Le projet de restauration complet et définitif...


 

  • Voir l'article du Pays d'Auge:

http://www.leveildelisieux.fr/2013/06/19/55-millions-deuros-pour-les-batiments-abbatiaux/


Pour en savoir plus:

http://www.mairie-saint-pierre-sur-dives.fr/Patrimoine.aspx

La construction de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives s’est déroulée sur sept siècles, entre le XIe et le XVIIIe siècle. Si l’organisation générale des bâtiments a peu évolué dans le temps, leur style architectural par contre a connu des évolutions importantes. L’église abbatiale(1) et les bâtiments conventuels(2) conjuguent ces trois styles : roman, gothique et classique.
Nous fêtons en 2011 son millénaire, de nombreuses manifestations se sont déroulées tout au long de l'année.

The construction of the abbey of St Pierre-sur-Dives took place over seven centuries (from the eleventh to the eighteenth century). Whilst the general layout of the buildings did not change much over time, their architectural style underwent major transformations and additions.
The abbey church and its conventual buildings combine three styles from different periods: Romanesque, Gothic and Classical. In 2011 we celebrated the abbey’s millennium.

  • La tour Saint Michel de style roman, vestige de l’église du XIIe siècle,  ne servit jamais de clocher, 
    les moines l’utilisaient comme pigeonnier et comme donjon en période troublée. La flèche est du XIIIe siècle.
  • The south tower, called the tour St Michel, in the Romanesque style, is a vestige of the twelfth century church and was never used as a bell-tower. The monks used it as a dovecote and, in troubled eras, as a keep and a look-out tower. The spire dates from the thirteenth century.
  • La tour nord (fin du XIIIe siècle), de style gothique se distingue par les proportions imposantes
    de ses baies flamboyantes. La partie centrale (XIIIe) reliant les deux tours comporte une porte en bois
    à deux vantaux posée en 1719.
  • The north tower (late thirteenth century) is notable for its imposing proportions and bays in the Flamboyant Gothic style.
    The central section (also thirteenth century), between the two towers, contains the great two-leaved wooden door, installed much later in 1719.
  • La tour lanterne s’élève sur deux étages de baies justifiant son nom par la lumière qu’elle apporte à l’édifice. Elle fut restaurée plusieurs fois au cours des siècles.
  • The lantern towerrises with two upper stages of open bays which give the tower its name on account of the light which they bring to the building. Over the centuries it has been restored many times.
  • Le chœur à deux étages est remarquable par ses dimensions. 
    Il comprend deux travées droites et une abside à cinq pans ou rayonnent cinq chapelles.
  • The choir on two stages is also remarkable for its size. It comprises two straight bays and a five-sided apse with five projecting chapels.

A quelques pas de l’entrée principale, une ligne oblique est tracée du sud au nord de l’abbatiale, c’est la méridienne. Dans une plaque de cuivre remplaçant un des carreaux, est percé un trou, le «gnomon ». il laisse passer les rayons solaires qui, à midi, éclairent selon l’époque, tel ou tel signe zodiacal creusé de part et d’autre de la méridienne.

A few steps inside the main entrance, an oblique line has been drawn from the south to the north; this is the meridian. In a copper plate which has replaced one of the glass panes, a hole has been bored, the “gnomon” – this allows the ingress of a sun-beam which at midday, according to the period of the year, will illuminate this or that sign of the zodiac engraved on either side of the meridian.

En 1011, à la mort de Guillaume d’Eu, son épouse, Lesceline décide d’installer une communauté de moniales en son fief de l’Epinay. Peu de temps après, les religieuses quittent Saint-Pierre-sur-Dives laissant la place à un groupe de moines bénédictins venus de Rouen, sous la conduite de l’abbé Aynard (1046-1080).
Ce dernier fit élever une église dédiée à la Vierge Marie et consacrée en 1067 par l’Archevêque de Rouen, en présence de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et Roi d’Angleterre.
L’église est incendiée en 1106 au cours de la guerre fratricide entre les héritiers de Guillaume. Elle est reconstruite sous l’égide de l’abbé Haimon (1143-1148) qui développe l’abbaye tant sur le plan spirituel que temporel. En effet, les moines ont contribué à la croissance économique du bourg et de ses alentours. Ils ont instauré le marché, construit la halle et donné naissance à l’industrie du cuir qui a perduré jusque dans les années 1980.
L’abbaye, après une période de déclin, connaît une renaissance spirituelle et matérielle au XVII siècle avec l’installation de moines mauristes.
Mais les événements liés à la Révolution française provoquent l’extinction de la communauté religieuse et la vente des bâtiments conventuels en tant que biens nationaux. L’église abbatiale est transformée en église paroissiale. Depuis une quarantaine d’années, la commune a mené une politique de rachat de ces bâtiments. Ils sont aujourd’hui l’objet d’une importante campagne de restauration et de réhabilitation qui doit aboutir d’ici quatre ans.   

In 1011, upon the death of Guillaume d’Eu, his wife, the Countess Lesceline decided to install a community of Benedictine nuns at her fief of Epinay. These were soon replaced by Benedictine monks from Rouen led by Abbot Aynard (1046 – 1080).
The abbot built a church dedicated to the Virgin Mary and consecrated by the Archbishop of Rouen in the presence of William the Conqueror, Duke of Normandy and King of England.
The church was burnt down in 1106 during the fratricidal wars between William’s heirs. It was rebuilt by Abbot Haimon (1143 – 1148) who developed the abbey both spiritually and materially. The monks contributed greatly to the town’s economic expansion. They set up the market, built the market-hall, and implanted the tanning industry, which persisted here until the 1980s.
After a period of decline, the abbey saw a renaissance, spiritual and material, in the seventeenth century with the arrival of monks of the order of St Maur. However, the revolution caused the extinction of the religious community and required the seizure by the state of the conventual buildings and their subsequent sale. The abbey was re-designated a parish church.
In the past forty years, the town has pursued the policy of acquiring these buildings. They are currently undergoing major works of restoration and refurbishment which should be completed within four years.

Monasticon Gallicanum visible à la Mairie

Découverte d’un décor mural de la fin du XVIIIe siècle

Dans le cadre des travaux de réhabilitation des bâtiments conventuels de l’Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, a été mis à jour un décor mural datant de la fin du XVIIIe siècle, début du XIXe siècle.

Ces peintures, bien que naïves, sont un témoignage rare de la période révolutionnaire et d’une étape de la vie de l’abbaye.

Elles se présentent sous la forme d’une frise de 0,95 m de hauteur et se situent sur les murs d’une pièce de l’entresol à l’extrémité Est de l’aile Sud.

Il y a également deux grands personnages, un homme et une femme qui se font face et brandissent chacun dans leurs mains une bouteille et un verre.

Selon les conclusions de Jean Desloges, ancien conservateur du patrimoine, la pièce devait servir d’estaminet à la période révolutionnaire, après la vente des bâtiments conventuels en biens nationaux.

La municipalité de Saint-Pierre-sur-Dives, consciente de la valeur de ces peintures, et désireuse de les préserver, s'est cependant montrée fidèle à son engagement d'économie. Une solution a donc été trouvée, couvrant les frais ainsi occasionnés : la plus longue frise sera donc déposée en plusieurs fragments et transférée sur 12 tableaux qui seront ensuite exposés dans les bâtiments rénovés.

Les décors situés sur les murs extérieurs du futur auditorium seront conservés et restaurés sur place afin de les mettre en valeur.

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Le Pavement/Ornamental Tiling

Un pavement exceptionnel a été reposé fin 2011 dans le choeur de l'abbatiale
Joyau de l’ornementation du XIIIème siècle, cet ouvrage se compose de carreaux de terre cuite émaillée, pour la plupart incrustés de motifs de couleur blanche sur fond rouge et inversement. La rosace de 3 mètres de diamètre se compose de 9 cercles alternant figures d’animaux fantastiques et fleurs de lys.

An exceptional floor of ornamental tiling was re-laid in the choir of the abbey in 2011
A beautiful feature of thirteenth century decor: enameled terra cotta tiles, mostly decorated with white motifs on a red background and vice versa; the rose which is three metres in diameter, comprises nine circles alternating figures of mythical beasts and fleur-de-lys.

http://www.mairie-saint-pierre-sur-dives.fr/iso_album/pavement1.gif     http://www.mairie-saint-pierre-sur-dives.fr/iso_album/pavement2.gif

   
  • Période et horaires d’ouverture 2012 :
    de 9 h 00 à 18 h 00 tous les jours en dehors des offices religieux.