Samedi 26 septembre 2015 à 11heures, effort exceptionnel et salutaire du service public de la télé en Normandie: sur les antennes de France 3 Haute et Basse Normandie, était diffusée l'émission politique "la voix est libre" animée par Philippe Goudé avec les représentants du club de la presse normande (dixit la brève parue dans Ouest France nous annonçant l'événement: nous sommes heureux d'apprendre qu'il existe enfin!) se propose d'analyser le début de la première campagne électorale normande de l'Histoire...

Cette émission était d'autant plus méritoire qu'il est de bon ton de dire que les élections régionales, tout le monde s'en fout ! A l'instar de l'humeur du chroniqueur politique de la matinale de France Culture le 16 septembre dernier:

http://www.normandie-actu.fr/vu-sur-le-web-les-elections-regionales-en-normandie-ca-interesse-quelquun_156024/

Bien que la Normandie, la seule fusion régionale qui ait un tant soit peu de sens est devenue le laboratoire de la réforme régionale en France: sujet passionnant mais qui ne passionne pas les journalistes pourtant enclins, non sans raison, à se plaindre du vide abyssal de la vie politique française! Pour une fois qu'il se passe quelque chose, du côté de la Normandie, pourquoi en faire si peu de cas? Néanmoins, à nouveau sur l'antenne de France Culture, le cas normand était le "choix de la rédaction" proposé le lundi 28 septembre 2015 à quelques semaines du premier tour des élections régionales. Mieux vaut tard que jamais !

http://www.franceculture.fr/emission-le-choix-de-la-redaction-les-elections-regionales-a-l-epreuve-de-la-fusion-des-regions-l-ex

Les élections régionales à l'épreuve de la fusion des régions. L'exemple de la Normandie

28.09.2015 - 07:35

La réunification de la Normandie, il en est question depuis 50 ans et c'était pour beaucoup une évidence, si bien que le nom de la nouvelle région est déjà tout trouvé.


La bataille entre Caen et Rouen

Une bataille qui s'est même jouée au plus haut niveau entre Laurent Fabius le Rouennais et le Cherbourgeois Bernard Cazeneuve.Mais ce regroupement a créé une véritable compétition entre Rouen, ville phare de la Haute-Normandie, plus riche et industrialisée, et Caen, fierté d'une Basse-Normandie plus pauvre et plus rurale.

Finalement, en juillet, le gouvernement a nommé Rouen capitale provisoire.

C'est donc là que siègeront la préfecture de région, les services économiques, ceux de de l'urbanisme et de  la cohésion sociale.

Caen conserve l'agence régionale de santé (ARS), le rectorat et les affaires culturelles.

Voilà pour les services déconcentrés de l'Etat.

Répartition des services déconcentrés de l'Etat entre Caen et Rouen © Radio France

 

Et le conseil régional ?

Les 102 conseillers régionaux siègeront eux à Caen. C'est en fait la loi qui le décide, et plus précisément un amendement - clairement anti Rouen - d'Alain Tourret, député radical de gauche du Calvados.
Il prévoit que la préfecture et le conseil régional ne peuvent pas être dans la même ville, sauf si une majorité des 3/5 du conseil régional, bien difficile à obtenir, le décide.

 

La question des doublons

Avec cette fusion, c'est aussi la question des doublons qui va se poser.

Nicolas Mayer-Rossignol, président du conseil régional de Haute-Normandie et tête de liste PS-PRG aux régionales, refuse de faire des économies sur le dos des services publics.

"Nous propons de garder des services publics renforcés en maintenant des services publics régionaux à Caen et à Rouen. Ce qui n'empêche pas de faire des économies, par exemple nous achetons ensemble (en Haute et Basse Normandie) l'électricité dans les lycées et donc nous faisons des économies d'échelle."

 

Mais pour Hervé Morin, tête de liste UDI-Les Républicains, une restructuration sera nécessaire.

"Il y aura réduction des effectifs. Nous avons 500 fonctionnaires de plus que la Bretagne et aux Pays de la Loire, comparable en terme démographique. Nous avons une obligation : consacrer tous les moyens aux services économiques de la région. Une réorganisation est indispensable."

 

Trouver une répartition équilibrée

Au -delà de ce clivage, tous s'accordent sur la nécessité d'une répartition équilibrée.

Edouard Philippe, maire du Havre, est l'un des seuls députés de droite (Les Républicains) a avoir voté pour la réforme territoriale car elle prévoyait la fusion de la Normandie. Pour lui, il faut imaginer une facon de travailler qui joue sur la complémentarité des territoires.

"Essayons d'inventer quelque chose à partir des spécificités de chaque territoire. Par exemple, le Havre ce sont 35.000 emplois liés à l'activité industrialo-portuaire. Développons au Havre ce pour quoi la ville est la plus légitime. Sur le domaine écomonique et industriel, il me semble que la légitimité havraise est complète. "

 

Un futur conflit entre la Métropole et la Région ?

 

N'oublier personne d'accord, mais du fait de la création de la métropole Rouen Normandie en janvier dernier

Jean-Léonce Dupont, président UDI du conseil départemental du Calvados, prophétise une nouvelle bataille.

"Je sens venir à moyen long terme un conflit réel entre les métropoles et les régions. Cela peut être sur les données budgétaires, sur des différences de vision, des volontés de développement qui ne soient pas en adéquation."

Les compétences sont suffisamment bien définies par la loi pour éviter ces conflits répondent les socialistes.

Reste qu'une telle bataille se joue déjà, à mots couverts, entre la future métropole du Grand Paris et la région Ile-de-France.

 

 


 

Le Club de la Presse Normande invité de La Voix Est Libre du samedi 26 septembre 2015

Avec Stéphanie Séjourné rédactrice en chef adjointe Ouest-France, Etienne Banzet Directeur Fil Fax Normandie, Franck Weil Rabaud Rédacteur en Chef France Bleu Haute-Normandie et Thierry Rabillet Rédacteur en Chef Paris Normandie

  • Par Jonathan Pasque
  • Publié le 25/09/2015 | 16:10 , mis à jour le 25/09/2015 | 16:10

Plus l’échéance se rapproche plus la tension monte de part et d’autre de la frontière entre les 2 Normandies qui seront, quel que soit le résultat des élections régionales de décembre, réunies. Même si les opposants au projet se font de moins en moins entendre, de part et d’autre de l’échiquier politique chacun a conscience que le scrutin ne sera pas une fin en soi. Il permettra néanmoins à une nouvelle équipe de travailler, avec des difficultés certaines, sur une nouvelle échelle, avec de nouvelles compétences et l’obligation de n’oublier aucun territoire au risque, sinon, d’aller à l’encontre du but recherché à travers cette réforme, l’une des plus importantes de la 5ème République en terme d’aménagement du territoire.

Nos invités du jour, tous des journalistes de terrain en ont parfaitement conscience et vivent au quotidien une campagne électorale inédite et parfois surprenante.

Pour revoir l'émission:

La video de cette émission demeure toujours indisponible sur le site de France 3 (on a fouillé sur le "pluzz" qui est aussi bien rangé qu'une meule de foin !)

Pourquoi cette censure?