C'est à lire sur le site du Figaro.fr et c'est plutôt bien fait ! Nous n'avons, en effet, relevé qu'une seule erreur (une coquille?): Rouen est qualifié de futur "siège régional" de la Normandie alors qu'il fallait dire "préfecture régionale". En revanche, le journaliste parisien du Figaro a compris qu'il était inutile et inexact de parler de "capitale" régionale...


 

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2015/10/19/25001-20151019ARTFIG00006-le-scan-des-regions-la-normandie-reunifiee.php

Le Scan des régions : la Normandie réunifiée

LE SCAN POLITIQUE/ECO - Deux fois par semaine d'ici au premier tour des régionales, Le Figaro.fr se penche sur le profil politique et économique d'une des 13 nouvelles grandes régions. Ce lundi : la Normandie.

LE FOCUS POLITIQUE:

C'est probablement la région dans laquelle la réforme territoriale était la plus naturelle: le 1er janvier 2016, la Normandie sera réunifiée. Les compétences seront réparties entre les chefs-lieux des actuelles Haute et Basse-Normandie: selon les propositions du gouvernement, qui doivent encore être validées par la nouvelle assemblée régionale, Rouen accueillera le siège de la région ainsi que les services liés à l'environnement, à l'économie et aux finances ; Caen héritera des directions de l'agriculture et des affaires culturelles, et conservera le rectorat.

Depuis 2010, les deux régions sont présidées par des socialistes, qui sont parvenus à s'entendre sur une candidature unique, portée par Nicolas Mayer-Rossignol, président sortant du conseil régional de Haute-Normandie, qui a succédé en 2013 à Alain Le Vern. S'il a reçu le soutien du PRG, cet ingénieur rouennais de 38 ans adoubé par Laurent Fabius part en revanche sans les écologistes et le PCF, qui présenteront leurs propres listes. Il compte cependant sur un rassemblement des forces de gauche dans l'entre-deux-tours, grâce au soutien déjà acquis des écologistes.

Nicolas Mayer-Rossignol.

Une condition sine qua none pour espérer l'emporter face à Hervé Morin. Le président du Nouveau centre, l'une des trois têtes de listes obtenues par l'UDI dans le cadre de l'accord avec les Républicains, espère faire basculer la nouvelle région. Le député centriste a axé son discours sur une «Normandie conquérante» et économiquement dynamique et souhaite profiter de la fusion pour faire des économies en limitant le nombre de fonctionnaires de l'administration régionale. Il assure avoir mis en veille ses ambitions nationales pour se consacrer au local, mais ses adversaires n'hésitent pas à lui rappeler sa démission, en 2010, de son siège de conseiller régional. «C'est au-dessus de mes forces», avait expliqué celui qui était également maire d'Épaignes (Eure) ministre de la Défense.

Hervé Morin.

 

Face à ces deux prétendants, le jeune président du groupe FN au conseil régional de Haute-Normandie Nicolas Bay compte tirer son épingle du jeu. Surfant sur une progression constante dans la région - près de 30% aux européennes - le député européen et secrétaire général du parti de Marine Le Pen fait campagne autour des emplois menacés dans la région et du soutien à l'agriculture et à la ruralité.

Autres thèmes centraux de cette campagne des régionales en Normandie: le choix du siège du conseil régional, qui continue à faire débat, le chantier de la ligne ferroviaire Paris-Normandie, qui doit débuter en 2025, mais aussi l'EPR de Flamanville, dont la facture ne cesse de s'alourdir.


» LE FOCUS ÉCO:

D'après une étude de l'iFRAP sur les économies possibles dans les nouvelles régions, à paraître cette semaine, la Normandie pourrait économiser 231,8 millions d'euros sur les dépenses de fonctionnement en alignant ses dépenses sur celles de la région française la plus performante. Mais pour l'instant, ce n'est pas au programme. La fusion représentera d'abord un surcoût, le temps de tout réorganiser.

Quel est l'enjeu économique de la fusion à ne pas rater? «Reconstituer des filières de manière intelligente et massive afin de convaincre les entreprises, hors de la région, de s'installer en Normandie pour compléter l'offre», explique Marie-Joëlle Thenoz, consultante pour le secteur public chez Kurt Salmon. Pour cette dernière, les deux régions sont complémentaires et le potentiel en terme d'attractivité et de développement économique est énorme. La Normandie est une marque connue dans le monde sans distinction entre la haute et la basse.

Traditionnellement, l'économie normande est agricole. Aujourd'hui, la Haute-Normandie est plutôt industrielle et la Basse-Normandie, agro-industrielle. «La Haute-Normandie comprend quelques grosses entreprises (Matmut, Ferrero, Soget, Gemalto) tandis que la Basse-Normandie possède un riche tissu de PME qui fonctionne bien», indique Pierre Granier, directeur régional du pôle étude et aménagement territorial de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Normandie.

Région industrielle

Le secteur automobile compte 22.000 emplois directs avec la présence de grands constructeurs nationaux tels que Renault, Renault Trucks, PSA Peugeot-Citroën. Il représente 15 % de la production automobile française, selon la CCI de Normandie. Quant à la filière aéronautique, principalement composée de PME/PMI, de fournisseurs et sous-traitants, son chiffre d'affaires atteint plus de 2 milliards, le secteur ayant recruté plus de 2000 personnes en cinq ans. La région est aussi leader dans la construction de nacelles de moteurs et inverseurs de poussée des Airbus ainsi que des radars de contrôle. Snecma fait partie des entreprises emblématiques dans le domaine. DCNS, leader mondial du naval de défense, est aussi un groupe phare dans la région. Côté agroalimentaire, la Normandie est reconnue pour sa production de fromages, ses pommes à cidre et son lin. Un total de 25.000 salariés travaillent dans les industries agroalimentaires.

Le Mont Saint-Michel est un des sites incontournables de la Normandie

 

Énergie et tourisme

La nouvelle région normande est aussi très présente dans le secteur de l'énergie. Elle est leader dans le raffinage de pétrole (ExxonMobil et Total) avec 34 % de la production nationale et 33 % des emplois salariés nationaux. Elle comporte trois centrales nucléaires à Flamanville, Paluel et Penly ainsi qu'une usine de retraitement (Areva). Elle livre 6 % de la production nationale d'électricité éolienne avec 57 parcs en activité. De nombreux projets sont en cours notamment le développement des EMR (Énergies Marines Renouvelables) ou les trois parcs éoliens offshore totalisant plus de quatre milliards d'euros d'investissement permettant la création d'une filière économique performante (parc des Deux Côtes au Tréport, parc de Fécamp, parc de Courseulles-sur-mer). Une nouvelle ligne ferroviaire rapide, Paris-Normandie, est actuellement en phase d'analyse.

De plus, la nouvelle région normande possède deux grands ports internationaux: Rouen, premier port céréalier européen et Le Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs. Pour Port 2000 au Havre, le projet est de doubler le trafic des conteneurs.

Enfin la Normandie est une des destinations préférées des Français. Chaque année, elle accueille 18 millions de visites dont 73 % de Français. Les sites incontournables? Le Mont Saint-Michel, les falaises d'Etretat, la Tapisserie de Bayeux, le Mémorial de la Paix à Caen, la maison de Monet, les plages du débarquement, et bien d'autres églises, abbayes et châteaux grandioses.


 

La Normandie, troisième région en ligne de mire du Front National?

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/regionales-le-fn-en-arbitre-du-scrutin-en-normandie-pour-le-monde-832829.html

Régionales : le FN en arbitre du scrutin en Normandie pour le Monde

Dans une enquête publiée aujourd'hui, le quotidien de référence voit le Front National en arbitre du scrutin régional normand en décembre prochain. Les campagnes feraient la différence et pourraient faire basculer l'élection.

Marine Le Pen en Normandie le 21 juin dernier. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

"M. Morin craint de subir une forte déperdition de voix dans un électorat structurellement acquis à la droite. Là se trouve la clé du scrutin pour le favori, qui espère obtenir 34 % des voix au premier tour, et repousser ainsi le FN au moins 8 points derrière lui" (dixit Le Monde)


Le Monde, dans son enquête publiée ce lundi en partenariat avec les éditions régionales du 19/20 de France 3, voit dans le Front National le faiseur du président de la région normande, réunifiée dans les urnes en décembre prochain. Pour le quotidien de référence, le parti de Marine Le Pen déjà bien implanté dans les anciens bastions ouvriers de la banlieue de Rouen ou de Dieppe, pourrait faire la différence en particulier dans les terres rurales marquées par la crise agricole sur la rive gauche de la Seine. Le FN pourrait, pour le Monde, renforcer ses positions sur les terres du Bessin ou du Perche et sur le littoral normand, profondément marqué par la lente agonie de la pêche et l'opposition affichée aux parcs éoliens et aux projets liés aux énergies renouvelables.

Le parti socialiste, actuellement à la tête des deux exécutifs normands, tablerait lui sur l'éparpillement des voix de droite, avec le maintien du FN au second tour. " Le scénario rêvé ? Faire le plein en Seine-Maritime – en tirant profit de la capacité des réseaux Fabius à mobiliser l’électorat traditionnel du PS – et profiter de bons reports de voix des écologistes pour l’emporter de justesse au second tour face à une droite et une extrême droite qui se neutraliseraient." écrit Alexandre Lemarié.


En d'autres termes, les socialistes tableraient sur la mobilisation de leur électorat dans ses bastions du département le plus peuplé de la grande région Normandie. Seulement les deux derniers scrutins, municipales et départementales, ont été marqués par une abstention record dans les bastions électoraux de la gauche. En décembre prochain, avec un mode de scrutin proportionnel mais avec une forte prime majoritaire à la liste arrivant en tête, les abstentionnistes pourraient eux aussi avoir les clés de la région et par leur absence à gauche faire la différence.


 

Commentaire de Florestan:

Les Normands sincèrement attachés à l'avenir de leur région ne doivent pas s'abstenir aux premières élections générales normandes de l'Histoire: ils doivent se souvenir que la Normandie n'est pas BLEUE MARINE mais ROUGE et OR !