Le député PS Chritophe Bouillon de la Seine-Maritime (circonscription de Barentin) bouillonne depuis quelques semaines à l'encontre des projets de tracés proposés par SNCF Réseaux pour la fameuse sortie dans le plateau cauchois du futur tunnel ferroviaire sous fluvial devant relier la nouvelle gare de Rouen rive gauche à la rive droite de la Seine: la nouvelle ligne doit sortir de terre du côté de Maromme avant de cavaler jusqu'à Yvetot en direction du Havre.

Le député et désormais tous les élus locaux du secteur ainsi que de nombreux citoyens montent dès 2015 au créneau contre un projet qui n'est pas prévu avant 2028 ou 2030: on n'est jamais trop prudent et on a vu ces quarante dernières années ce que nous a valu en Normandie un excès de prudence voire de méfiance: voilà une belle qualité normande au coeur même de l'identité normande avec la lucidité et qui est bien précieuse mais il ne faudrait pas non plus en abuser! Et savoir l'utiliser avec discernement!

La crainte qui risque de passer pour une crainte de type "nimbyste" (de NIMBY: Not In My Back Yard, pas au fond de mon jardin) pourrait être fondée: artificialiser et bouleverser une nouvelle fois des terres agricoles après le lourd chantier de l'A150 (ça promet du côté du Contournement autoroutier de Rouen...), inutilité du projet (34 km de ligne nouvelle entre la gare St Sever et Yvetot) alors que l'amélioration de la ligne existante pourrait suffir sachant que le gain en vitesse ferroviaire serait faible.

Justement! c'est sur ce dernier point que l'on pourrait arrêter le train de la constestation dans la gare de triage d'un vrai débat public afin de refaire partir le projet d'un bon train !

En effet, cet argumentaire pavé de précautions comme l'enfer peut être aussi pavé de bonnes intentions, s'en prend à la LNPN (Ligne Nouvelle Paris Normandie) comme s'il s'agissait d'un projet de TGV de plus!

Non Messieurs! Le Pays de Caux qui voyait filer les Pacific à vapeur à 130km/h vers les paquebots du Havre jusque dans les années 1960 ne verra jamais de TGV lancé à plus de 350km/h en vitesse commerciale car ce serait tout simplement absurde !

C'est la raison pour laquelle la LNPN NE SERA PAS UNE LIGNE AU GABARIT TGV mais une création nouvelle pour un nouveau type de train qui existe partout en Europe sauf en France (on se demande bien pourquoi !):

Un intercités EXPRESS pour une grande vitesse de proximité roulant à 250 km/h c'est à dire 50% plus vite qu'un train Corail à bout de souffle et 50% de moins qu'un TGV qui n'aurait pas le temps d'aller assez vite entre Paris et Le Havre. Les travaux de terrassement à envisager (ballast, assiette et rayons de courbure de la ligne) seront moins "impactants" que s'il s'agissait de balafrer le paysage cauchois d'une ligne TGV classique.

Cette grande vitesse de proximité n'existe pas en France: il faut l'inventer, notamment en Normandie. Et ce n'est pas qu'une question d'ingénieurs. C'est aussi une question d'ingéniérie citoyenne pour faire vivre enfin une maîtrise d'usage démocratique, chose encore perçue comme étrange en France alors que c'est chose courante ailleurs en Europe comme aux Pays Bas où l'on est capable de piloter entièrement par cette ingéniérie collective dans le cadre d'un véritable débat public rassemblant tous les acteurs concernés la modernisation et l'extension du premier port européen (Rotterdam / Maasvlakte 2)

Le député Christophe Bouillon qui a beau jeu de dire qu'il est pour la LNPN mais pas à n'importe qui devrait plutôt s'employer à faire voter une loi ou un amendement visant à rendre la procédure du débat public prescriptive pour éviter le blocage de projets mal conçus ou trop parfaits au départ (ce qui revient au même) faute d'avoir intégré suffisamment la maîtrise d'usage qui face aux maîtrises d'oeuvre et d'ouvrage reste négligée jusqu'au moment où des CRS et des zadistes la font tristement vivre au début du journal TV de 20heures (on pensera ici à la mémoire de Rémi Fraysse mort pour rien sur le chantier d'un barrage qui finalement ne servira à rien)

La LNPN va -t-elle prendre définitivement le Bouillon? Telle est la question! Mais il semble, qu'à la lecture de ce qui suit, ce soit la démocratie elle-même qui prenne aussi le bouillon!

Une mauvaise maîtrise de la maîtrise d'usage ne fait pas un bon projet! Il semble que les ingénieurs technocrates de l'Etat français jacobin aient oublié cette évidence!


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/4251075/projet-lnpn--le-depute-christophe-bouillon-s-apprete-a-lancer-une-petition#.Vi6nkyubLv3

Projet LNPN : le député Christophe Bouillon s’apprête à lancer une pétition

Publié le 16/10/2015
Projet LNPN : le député Christophe Bouillon s’apprête à lancer une pétition

ROUEN (NORMANDIE). Le député PS Christophe Bouillon, élu de la circonscription de Barentin, est vent debout. Non pas contre le projet de Ligne nouvelle Paris-Normandie, dont il est convaincu de l’utilité pour mieux desservir la région, mais contre le projet envisagé entre Rouen et Yvetot. Projet, qui, selon lui, reviendrait à diviser à nouveau un territoire qui a déjà payé un lourd tribut à la construction de la nouvelle autoroute A150. Christophe Bouillon plaide pour une utilisation de la ligne ferroviaire existante sur ce territoire. Jeudi prochain, entouré de nombreux maires de la 5e circonscription de la Seine-Maritime, il lancera depuis la mairie de Fréville, une pétition intitulée « LNPN oui, mais à pas à n’importe quel prix ».

En novembre 2014, il était intervenu à l’Assemblée nationale sur ce thème. Dans un courrier qu’il adresse ce vendredi au secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, Christophe Bouillon rappelle qu’il y a un an, il avait attiré l’attention du gouvernement « sur l’un des volets de ce projet, celui d’un nouveau tronçon ferroviaire entre Rouen et Yvetot. Il me semble possible d’en éviter la réalisation sans compromettre les objectifs de régularité, de fréquence et de rapidité de la LNPN, auxquels je souscris pleinement. En effet, le très haut niveau d’investissement autant que les lourdes incidences environnementales, industrielles, agricoles, humaines sont disproportionnés au regard du faible gain de temps escompté sur ces 34 km. Sur une distance aussi courte et dans un espace pour partie très urbanisé, les trains ne pourront pas, quoiqu’il arrive, prendre de vitesse ». « Vous m’aviez alors répondu que le choix entre, d’une part, l’implantation d’une section nouvelle entre Rouen et Yvetot et, d’autre part, la réutilisation des voies existantes, serait effectué à la lumière d’une importante phase de concertation permettant à chacun de s’exprimer, de donner son opinion, de défendre les enjeux du territoire. Vous aviez souligné que la Commission nationale du débat public et le comité de pilotage du projet avaient validé un dispositif de concertation permettant l’expression du plus grand nombre et l’association des collectivités locales aux différentes étapes du processus, invitant chacun à y prendre part », ajoute le député dans son courrier au ministre.

Selon Christophe Bouillon, cette phase de concertation serait particulièrement mal engagée. « Le 28 septembre dernier, rappelle-t-il au ministre, s’est tenue à Rouen, une réunion de concertation destinée aux élus. Or l’invitation n’est pas parvenue à l’ensemble des maires potentiellement concernés. Les conseillers départementaux ont été oubliés et moi-même, je n’ai pas été convié. Néanmoins, je m’y suis rendu. J’ai fait des remarques et posé des questions laissées, pour une large part, sans réponse à ce jour. Par ailleurs, il avait été indiqué que les documents diffusés lors de cette réunion seraient adressés par voie électronique aux élus qui en feraient la demande. J’ai demandé à en disposer. D’autres élus ont fait de même. Malgré plusieurs relances, aucun de nous ne les a reçus ».

Hier jeudi 15 octobre, le député de la Seine-Maritime s’est rendu à une réunion publique de concertation organisée à Rouen en présence de plus de 400 personnes. Une réunion au « caractère particulièrement étonnant », selon l’élu. « Alors qu’elle était annoncée comme une réunion publique, par voie de presse, le public a été empêché de parler, de s’exprimer, de poser des questions. La seule manière de participer à la concertation était de laisser des questions ou des commentaires sur des post-it en les collant sur une carte ! J’ai moi-même souhaité prendre la parole à la fin de l’exposé introductif de SNCF Réseau : on m’en a empêché. D’autres élus, maires de commune potentiellement impactée par le tracé, souhaitaient attirer l’attention sur tel ou tel aspect de leur territoire : on les a renvoyés vers les post-it ! Je considère que les élus de la République, mais aussi les habitants curieux ou inquiets de cette infrastructure nouvelle, méritent une autre considération. La confiscation de la parole ne fait que nourrir les doutes, les interrogations et le sentiment que la concertation n’est qu’une étape obligée d’un tracé déjà décidé », indique Christophe Bouillon dans le courrier qu’il a adressé ce vendredi à Alain Vidalies.


La pétition a finalement été lancée. Les ingénieurs en démocratie sont d'une nullité crasse en France!

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-119629-ligne-nouvelle-paris-normandie-les-cauchois-inquiets.html