Le triste bilan de la division régionale normande depuis 1972 ne sera pas fait ailleurs que sur l'Etoile de Normandie, pour d'évidentes raisons politiques mais aussi à cause d'un certain manque de curiosité intellectuelle pour le fait régional normand...

Si on avait clairement sous le nez ce bilan de la division régionale normande, cela éviterait à certains de confondre causes et conséquences quant aux urgences et aux défis que l'unité normande enfin retrouvée va devoir relever.

Parmi ces défis, la panne de l'ascenseur social normand depuis la fin des années heureuses et prospères des années 1960 - 1980 directement issues de la Reconstruction de l'Après Guerre: tant qu'il y avait du boulot dans les usines de l'économie fordienne normande on ne voyait pas les défauts diribitoires d'une Normandie démolie en 1944 et reconstruite, modernisée dans la division régionale et la subordination en tant qu'espace servant de la région parisienne.

Faute d'avoir su ou pu organiser une métropolisation régionale attractive entre Caen, Rouen et Le Havre pour fixer l'avenir en Normandie en offrant un avenir aux jeunes normands les plus talentueux, la Normandie est passée à côté du formidable effort de démocratisation du diplôme que l'on peut observer dans les régions de l'Ouest français depuis la fin des années 1970. La crise industrielle normande continue des années 1990- 2000 a détruit le voile d'illusion de prospérité et révélée que la carte normande de l'échec scolaire et de la déqualification sociale est restée inchangée entre 1970 et 2015 !

  • Relire, pour mémoire, les deux billets suivants publiés sur l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2014/07/03/30183319.html

http://normandie.canalblog.com/archives/2013/04/11/26904963.html

 

Voilà qui explique fort bien pourquoi un fils d'ouvrier rural breton a aujourd'hui plus de chance d'être un cadre supérieur que le fils d'un ouvrier rural normand!


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/4406193/newsletters/mobilite-sociale--la-normandie-joue-le-milieu-de-tableau

Mobilité sociale : la Normandie joue le milieu de tableau

Mobilité sociale : la Normandie joue le milieu de tableau

Un petit Normand né d’un père ouvrier aura-t-il les mêmes chances d’emprunter l’ascenseur social qu’un petit Parisien de même extraction ? Au travers une étude, France Stratégie apporte des réponses claires sur les chances de « mobilité ascendante » des enfants d’ouvriers et d’employés. Le constat, bien que subodoré au doigt mouillé, est cette fois-ci scientifiquement vérifié. Et les chances d’ascension sociales peuvent varier du simple au double.

La part du diplôme

À Paris, la notion de mobilité ascendante atteint 47 % contre 24,7 % dans l’Indre ou dans la Creuse. Cette mobilité se mesure par la proportion d’individus de père ouvrier ou employé se déclarant cadres et professions intellectuelles supérieures ou professions intermédiaires.

Et la Normandie ? Pour les enfants nés de 1965 à 1979, la région joue plutôt en milieu de tableau avec un petit bonus malgré tout pour l’Orne (30,8 %) devant la Seine-Maritime et l’Eure (30,6 %). Mais sur la génération précédente, les enfants nés de 1950 à 1964, la mobilité ascendante était plus forte dans la Manche (24,8 %) que dans les quatre autres départements. Sur cette génération-là, c’est l’Eure qui refermait la marche (19,4 %).

Pour les auteurs de l’étude, la mobilité ascendante est «fortement liée à l’éducation, en particulier à l’obtention d’un diplôme du supérieur». Démonstration par les chiffres : dans l’Eure, la mobilité ascendante pour les enfants d’ouvriers nés de 1950 à 1965 était de 19,4 %. Pour ces enfants-là, la proportion obtenant un diplôme du supérieur était de 7,3 %. Pour la génération suivante (1965-1979), la proportion d’enfants diplômés du supérieur atteignait 20,9 %. Conséquence : un enfant sur trois issu de milieu ouvrier avait pris l’ascenseur social dans l’Eure.

«Augmenter les chances de mobilité ascendante dans les territoires défavorisés suppose donc une démocratisation réelle de l’accès à l’enseignement supérieur là où celui-ci est le plus difficile», souligne Clément Dherbécourt, l’auteur de l’étude intitulé La géographie de l’ascension sociale. C’est ce constat qui avait conduit à la création d’une université au Havre. Avant 1984, les jeunes Havrais devaient quitter leur ville s’ils voulaient suivre des études supérieures longues. C’est le même processus qui avait mené, à partir du milieu des années quatre-vingt à la création d’IUT (Instituts universitaires de technologie) à Évreux ou à Alençon dans l’Orne.

Si les chances d’emprunter l’ascenseur social sont les plus fortes pour les enfants d’Ile-de-France, elles se sont mêmes renforcées entre les deux générations. À l’opposé, plusieurs territoires voient leur position se dégrader d’une génération à l’autre. C’est le cas dans les trois régions du Nord (Picardie, Nord-Pas-de-Calais et Champagne-Ardennes). La Picardie est la région où les chances de mobilité sociale ascendante sont les plus faibles. «Ces vingt-cinq dernières années, les enfants des classes populaires ne semblent pas y avoir tiré profit de la proximité géographique de l’Ile-de-France», constate l’étude.

Milieu de tableau

En Haute-Normandie, le taux de mobilité ascendante - de fils d’ouvrier à professions intermédiaires ou cadres et professions intellectuelles supérieures - est passé de 21,5 % pour la génération 1950-1964 à 30,6 % pour la génération 1965-1979. En Basse-Normandie, ces taux sont, respectivement, de 22,7 % et 28,2 %. Ce qui place la nouvelle Normandie au niveau des Pays de la Loire pour la génération 1950-1965 et, pour la suivante, entre le Languedoc-Roussillon et le Nord. Loin derrière Midi-Pyrénées (37,5 %), la Bretagne (37 %) et Rhône-Alpes (35,1 %).

ST. S.

s.siret@presse-normande.com

jean-louis louvel, le fils d’ouvrier sans diplôme devenu p.d.-g

À lui seul, il est le symbole de la réussite et la preuve que l’ascenseur social peut fonctionner. À force de travail et de détermination. Fils d’ouvrier, Jean-Louis Louvel est à la tête d’une des plus belles « success story » de Normandie : PGS, autrement dit Palettes gestion services. Un groupe fondé il y a vingt-deux ans et qui compte aujourd’hui 1 300 collaborateurs avec des implantations en Belgique, en Espagne, aux Maroc et dans les Émirats arabes unis.

Ni diplômé de HEC ou d’une autre grande école, ce fils d’ouvrier, sorti de l’école à 16 ans sans bagage, a bâti son empire à la force du poignet. A 20 ans, il réparait lui-même des palettes dans un petit atelier de Saint-Étienne-du-Rouvray ouvert avec deux de ses amis. Près de trente ans plus tard, il est devenu le leader des supports de manutention « palettes bois », neuves et reconditionnées, palettes moulées et du sciage à palettes. Il est l’un des partenaires logistiques majeurs du secteur de l’emballage. En 2014, son groupe, qui multiplie les opérations de croissance externe, a réalisé près de 212 millions d’euros de chiffres d’affaires (+ 27 % par rapport à 2013). Il possède aujourd’hui huit scieries, treize sites de fabrication de palettes et vingt-huit centres de reconditionnement. Le tout lui permet d’assurer une capacité de production annuelle de 695 000 m3 de sciages, 24,8 millions de palettes neuves et 14 millions de palettes reconditionnées.