Il est certainement plus facile de définir la Bretagne (une péninsule) ou la région parisienne (la centralité) que la Normandie: seuls les imbéciles ou les ignorants peuvent se permettre de faire de cette difficulté un argument pour dire, sans le dire clairement, que la Normandie ou son identité régionale n'existent pas!

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Michel De Decker, historien médiatique "normand", myope et amateur de... tribus gauloises!

La Normandie, pourtant solidement installée à cheval sur les deux rives de la Seine, est effectivement un défi depuis onze siècles (excusez du peu...) et elle doit aujourd'hui défier deux arrogances:

Le centralisme étouffant du jacobinisme parisien

Le chauvinisme régionaliste identitaire breton

Pour inventer autre chose qui ne soit ni la reproduction à l'échelle régionale du centralisme parisien ni le copier coller du communautarisme identitaire breton, pour faire exister une alternative entre le pire du jacobinisme et le pire du régionalisme...

Une vraie région à taille humaine avec une identité non identitaire de type "existentialiste" et individuelle où il importe moins d'être plus Normand que les autres que d'être plus soi-même en Normandie grâce à la grande qualité du bien public normand passé présent et à venir!

Un laboratoire pour expérimenter un fédéralisme régional coopératif et démocratique d'esprit "girondin" pour faire de la Normandie, seule véritable "région-province", une alternative au centralisme autoritaire, arbitraire et discrétionnaire qui étouffe la démocratie française.

Quant au reste, on regrettera que l'historien Michel De Decker crache ainsi dans la soupe de l'identité normande qui le fait pourtant vivre en confondant la superbe mosaïque normande avec un puzzle en vrac faute d'observer véritablement:

Faut-il croire qu'il soit à ce point myope pour ne pas voir la cohérence et la beauté saisissante de l'ensemble?

On notera, en outre, qu'il est utile à certains de confondre les conséquences négatives de 50 années de division normande, par exemple, la destruction d'un espace vécu normand autrefois commun, avec les causes restant à démontrer qui condamneraient à l'échec toute tentative d'unité normande!

Et on ne sera pas surpris que la presse quotidienne régionale, que cela soit Paris Normandie ou Ouest France, se nourrissant grassement de l'ignorance et de la méfiance entretenue entre Haut ou Bas Normands captifs de deux zones de diffusion antagonistes, qui instrumentalise depuis plusieurs mois le vain match Caen vs Rouen, se fasse l'écho gourmand de quelques défaitistes d'une unité normande dans laquelle ces quotidiens ne veulent pas croire car cela suppose la réorganisation d'un espace médiatique normand cohérent, vaste chantier auquel ni Ouest France ni Paris Normandie ne se sont préparés.

Heureusement qu'il y a Tendance Ouest! La nature ayant horreur du vide!


 VIVE LA NORMANDIE!

VIVE L'UNITE NORMANDE!

FIERS D'ETRE NORMAND!


 

  • L'article de Paris-Normandie qui vient de paraître (9/11/15) et qui suit est pour le moins symptomatique:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/4418906/accueil/a-l-heure-de-la-reunification-l-identite-normande-en-question#.VkB7CytiAaQ

À l’heure de la réunification, l’identité normande en question

À l’heure de la réunification, l’identité normande en question

La Normandie réunifiée unifiera-t-elle les Normands ? Alors que la réforme territoriale offre à la future nouvelle région un retour à son périmètre historique, dans un climat d’approbation quasi-général (du moins politique), les électeurs voteront en décembre prochain pour l’exécutif chargé de bâtir un avenir commun à tous ses habitants. Qu’ils soient eudois, granvillais, ébroïciens, alençonnais ou encore cherbourgeois... Autant de Normands qui, malgré l’apparente évidence de cette réunification, peinent à se caractériser par l’affirmation d’une identité aussi forte qu’unanimement partagée.

Pourtant, « le sentiment d’appartenance à un territoire est une condition essentielle de son développement », estime le géographe de l’Université de Rouen Arnaud Brennetot, à l’heure où certains candidats politiques ont fait de cette identité retrouvée un axe majeur de campagne. La tâche ne sera pas aisée : les crispations sur le choix de la future capitale, la méfiance bas-normande à l’égard d’une Haute-Normandie soupçonnée de concentrer les meilleurs atouts (capitale, Axe Seine...) l’illustrent à leur manière.

«Tout pour faire comme les Bretons»

Si la réunification avait été soumise à un référendum, «je gage que la Basse-Normandie aurait voté non, la Haute oui », affirmait d’ailleurs en mai dernier le célèbre philosophe bas-normand Michel Onfray, dans les colonnes de Paris-Normandie. « Ce qui nous réunit? Un passé commun, ce qui n’est pas rien, mais qui compte pour zéro dans un monde où seuls importent l’instant, le pur présent, l’éternel présent, affirmait-il également. Ce qui nous sépare? L’ignorance que nous avons un passé commun...»

Florian Hurard et Chloé Herzhaft en sont persuadés : cette fierté normande ne demande qu’à s’exprimer, à condition en effet « de faire un travail de dépoussiérage de nos traditions ». Le couple installé près d’Yvetot a lancé en 2013 la Fête des Normands, rendez-vous annuel organisé à l’occasion de la Saint Michel, le « saint patron » des Normands. L’événement, qui porte l’ambition de fédérer toute la population autour d’un programme de festivités à l’échelle de la région entière, sort doucement mais sûrement de la confidentialité. « On sent que les choses changent », se réjouissent Florian Hurard et Chloé Herzhaft, « convaincus que la Normandie sera construite par les Normands, au-delà de la sphère politique et administrative. C’est une nécessité! »

Sylvain Bichicchi sent lui aussi les choses changer. Fondateur et dessinateur de la marque Heula, ce dernier dirige depuis presque dix ans une entreprise au succès inespéré et qui témoigne à lui seul d’un potentiel « esprit normand ». Forte d’une dizaine de salariés répartis sur trois sites (un siège social près de Caen et deux boutiques), la marque Heula propose une large gamme de produits, de la carte postale à l’alimentaire en passant par le textile, sous le signe de l’autodérision et des clichés drôlement revendiqués. Une formule qui a fait ses preuves en Bretagne, ou encore dans le Pays basque. « J’ai toujours reconnu l’inspiration de ces régions, Heula a été créé dans cette perspective-là. On a tout pour faire comme les Bretons: une langue, une histoire, un territoire! » Jusqu’à présent, ce sentiment identitaire « à la bretonne » s’est davantage développé du côté bas-normand. Ce n’est probablement pas un hasard, d’ailleurs, si la marque Heula y reste essentiellement implantée. « Nous avons toujours eu du mal à communiquer en Haute-Normandie, admet Sylvain Bichicchi. Mais de plus en plus, nos commerciaux y reçoivent un bien meilleur accueil. »

Passé industriel

Attention, prévient de son côté Arnaud Brennetot, à ne pas confondre identité et passéisme désuet. « Le risque, avec cette réunification, c’est de s’enfermer dans des clichés: les Vikings, les Impressionnistes... Je reste étonné de voir à quel point on n’a pas pris la mesure du passé industriel, plus présent en Haute-Normandie. Il n’y a pas eu de véritable travail collectif autour de ça.»

Et le géographe de citer à son tour l’exemple breton et son comité d’étude et de liaison des intérêts bretons, une structure qui aurait vocation selon lui à être dupliquée en Normandie. Mais pour affirmer une fierté comparable à celle de leurs voisins de l’ouest, encore faudrait-il que les Normands soient moins « taiseux ». Or, c’est aussi ça leur identité.

Thomas Dubois

t.dubois@presse-normande.com

Les idées des candidats aux régionales

Nicolas Bay (Front national).

« Il y a une vraie identité normande et la réunification de la Normandie est une chance pour la valoriser et permettre le rayonnement de notre région. C’est pour cela que je propose l’idée d’un Puy du Fou normand qui permettrait de faire connaître l’histoire de la Normandie et de la démocratiser avec une cinéscénie, un parc d’attractions, etc. La Normandie a de vrais atouts et son rayonnement propre. Elle ne doit pas être traitée, dans le cadre du Grand Paris, comme une espèce de grande banlieue parisienne. C’est pour cela que je défends l’idée d’installer la préfecture à Caen afin de déplacer le centre de gravité vers l’ouest. »

Nicolas Calbrix (Debout la France).

« La défense de l’identité normande passe d’abord par l’école : il faut réenseigner l’histoire de la Normandie. Nous défendons également l’idée d’un Puy du Fou à la normande : ce projet nous tient à cœur, car il manque un parc à thème dans notre région, et il y a plein de choses à faire autour des Vikings, de Jeanne d’Arc, du Débarquement. Nous soutenons également les organisateurs de la Fête des Normands : si nous sommes élus, nous veillerons à soutenir leur démarche. Enfin, les élus de notre région doivent apprendre à raisonner en Normands, au-delà des petites querelles politiques, lorsque l’intérêt de la Normandie est en jeu. »

Sébastien Jumel (Front de gauche).

« Pour réussir la réunification de la Normandie, il ne suffit pas de faire appel aux grandes figures du passé. Il faut un projet. Le mien prend appui sur ce qui fait la force de la Normandie. D’abord, les habitants qui veulent tirer le meilleur d’eux-mêmes et de ce territoire pour le préserver, le développer et y vivre mieux. Ensuite, nos atouts : une histoire exceptionnelle, des paysages connus du monde entier, une excellence industrielle autour notamment de l’automobile et de l’énergie, un littoral et des ports qui la relient au monde, une qualité de vie et de ville incomparable. C’est ce que j’appelle le Made in Normandie. »

Pascal Le Manach (Lutte ouvrière).

« Il serait stupide de croire que les travailleurs de Normandie ont quelque chose de particulier à défendre. Une identité, quelle identité ? Une identité qui les préserverait de quoi ? On voudrait pousser les travailleurs à se faire concurrence ! Les travailleurs normands contre les travailleurs bretons, ou contre les travailleurs picards ! En Normandie on produit du cidre plus qu’à Marseille, et il y pleut aussi plus qu’à Marseille. Mais qu’est ce que ça change pour les travailleurs de Renault à Cléon ? Moi je me bats pour établir la solidarité entre les travailleurs et pas la concurrence entre eux d’une région à l’autre. »

Nicolas Mayer-Rossignol (Parti socialiste).

« Parler de la Normandie avec des grandes phrases, c’est bien : mais parler de la Normandie pour tous les Normands, c’est mieux. Que l’on habite au Tréport ou à Alençon, les attentes ne sont pas les mêmes, et il faut être au service de tous. Je me méfie par ailleurs des références bretonnes : la Bretagne, ce sont aussi des problèmes majeurs de pollution, une crise agricole sans précédent... En Normandie, nous devons aller plus loin, plus haut. Il faut marier le patrimoine et la modernité. La Normandie, ce sont certes les Vikings, mais c’est aussi Orelsan, Tony Parker, Valérie Lemercier, Thomas Jolly, Wax Tailor... »

Jean-Christophe Loutre (UPR).

« Si la Normandie fait sens pour une majorité de Normands, ce n’est pas le cas dans de nombreuses régions où une majorité de concitoyens ne se retrouvent pas dans la nouvelle carte de France qui sera dessinée au 1er janvier 2016. Imaginez que des régions vont regrouper douze départements et auront la taille de l’Autriche. Normalement, une réforme de cette importance aurait du être tranchée par un référendum, mais en juillet 2013, un amendement (dit Gaymard) signé par nos parlementaires a effacé cette disposition du code général des territorialités. Ce déni de démocratie, à l’UPR, nous le refusons. »

Hervé Morin (UDI-MoDem-Les Républicains).

« Ce rapport à l’identité reste le fil directeur de ma campagne. Il faut s’inspirer de la Bretagne, construire une stratégie d’attractivité du territoire. Nous avons dans l’idée de créer une agence dédiée à cela, pour que l’on redevienne fier d’être normands. Cela impose que l’on se réapproprie notre culture, notre patrimoine ; non pas par nostalgie, mais pour en faire nos racines et nos ailes. Il faut infuser la société normande : cela passe notamment par la large diffusion de notre drapeau régional sur les édifices. Il faudra également opérer une stratégie marketing pour que notre industrie agroalimentaire puisse utiliser la marque Normandie. »

Yanic Soubien (Normandie Écologie).

« L’identité de la Normandie n’est pas réductible à une image figée dans le passé. La Normandie, ce sont bien sûr des atouts uniques en termes de littoral et d’environnement, de par son architecture et son histoire, mais c’est d’abord toute la diversité des hommes et femmes qui ont choisi de s’y épanouir. Être normand, c’est vivre, s’engager, travailler, étudier dans notre région, contribuer à notre patrimoine commun qui continue de s’écrire. L’identité normande n’est pas à chercher avant ou à comparer à d’autres, c’est aujourd’hui, dans les cinq départements, qu’ensemble nous bâtissons plus qu’une région, la Normandie ! »

Michel De Decker : « Une illusion »

Historien pointu et médiatique (Secrets d’histoire, France Bleu), mais aussi amoureux inconditionnel de la Normandie où il réside (près de Vernon), Michel de Decker risque de faire beaucoup de déçus chez tous les promoteurs d’une identité normande comparable à celle de nos voisins bretons.

« C’est une illusion, tranche ce dernier. Ce n’est pas du tout la même histoire, la Bretagne a eu d’abord une très grande histoire en solitaire avant d’être rattachée à la France. La Normandie, elle, reste un patchwork, un superbe puzzle. Elle a été créée au forceps: à l’origine, elle était peuplée de tribus gauloises... Et c’est toujours le cas aujourd’hui! Il existe au moins cinquante Normandie: que ce soit le Vexin, le pays de Caux ou encore le pays de Bray, chaque paysage conserve sa mentalité. Mais ce n’est pas grave: ce sont toutes ces différences qui font son charme et sa richesse!»

À l’heure où est invoqué l’héritage des Vikings, de Rollon ou encore de Guillaume le Conquérant, l’historien en profite pour remettre quelques pendules à l’heure. « Les Vikings étaient avant tout des destructeurs, après quatre siècles d’occupation par les Romains, qui eux étaient des bâtisseurs. Ils se sont ensuite assagis en se dispersant dans la population locale, mais il ne reste aucune trace de leur civilisation.»

Michel de Decker enfonce un peu plus le clou : pour lui, la réunification normande n’a rien d’une évidence culturelle. Sur la même ligne que Michel Onfray, l’historien estime qu’il s’agit avant tout d’un « mariage forcé».