Les récentes déclarations d'Antoine GRUMBACH nous rappellent avec brutalité qu'il ne faudra jamais nous départir de notre vigilance normande: la réalité du rapport de force géo-politique est sévère pour la Normandie.

Après avoir perdu près de 50 années dans une division régionale subordonnée à la région parisienne ou aux métropolisations voisines, la Normandie qui retrouve son unité et son identité en 2015 a seulement 15 ou 20 ans pour réussir, pour démontrer sa pertinence aux haut-fonctionnaires de l'Etat central ou à un Premier ministre duquel les préfets dépendent désormais directement mais aussi pour démontrer que l'on peut gouverner et administrer un territoire autrement (coopération, mutualisation, réseaux avec une maîtrise d'usage démocratique des projets) entre le pire du centralisme (Paris) et le pire du régionalisme (le communautarisme breton).

Dès janvier prochain, la question du qui va faire quoi et du qui va payer quoi dans la mise en oeuvre concrète des projets de l'Axe Seine va se poser.

Nous avons en effet, appris que le 22 janvier 2016 se tiendra une réunion à Rouen, à l'initiative de Pascal MARTIN président du conseil départemental de la Seine Maritime pour lancer un projet de syndicat mixte d'études de l'Axe Seine avec le département de l'Eure (Sébastien LECORNU) mais aussi celui des Yvelines voire les Hauts-de-Seine, à la suite d'une réunion au sommet des présidents de ces départements à Versailles en septembre 2015 où la prétention affichée était de reprendre en main la gouvernance de l'Axe Seine face au désengagement de l'Etat dans un CPIER Vallée de la Seine décevant quant au financement...

Alors que Grumbach nous barre déjà l'horizon, cette intiative localiste voire picrocholine, fait vraiment désordre!

  • Et ce pour trois raisons:

La première, c'est qu'on empile, on empile, on empile les initiatives, les structures, les schémas, les rapports, les colloques, réunions et symposiums... Pendant ce temps-là, le lobby nordiste a bossé et obtenu près de 5 milliards pour le Canal Seine Nord dont la Déclaration d'Utilité Publique est prévue pour avant la fin de l'année (on verra d'ailleurs si le gouvernement socialiste osera offrir ou non cette DUP à Madame Le Pen si cette dernière était élue le 13 décembre prochain). Pendant ce temps-là, les Hollandais du port concurrent de Rotterdam sont capables de réaliser en cinq ans seulement grâce à une maîtrise d'usage pensée comme telle et pratiquée dans un débat public démocratique authentique, l'extension du plus grand port d'Europe (Maasvlakte 2). Pendant ce temps-là, le terminal multi-modal ferroviaire tout neuf du port du Havre (150 millions d'euros...) ne fonctionne toujours pas car les technocrates de la  France du centralisme autoritaire jacobin ne veulent toujours pas savoir ce que peut être une maîtrise d'usage démocratique!

Il est ainsi sidérant d'apprendre que les haut-fonctionnaires parisiens de la délégation interministérielle au développement de la Vallée de la Seine ne se soient informés que maintenant de l'initiative de Quinze géographes universitaires normands de penser dès 2010 l'AXE SEINE au-delà du tube digestif séquanien imaginé par le docteur GRUMBACH: une métropole normande tripolaire, la baie de Seine plutôt qu'un corridor, la globalité normande...

Résultat, aujourd'hui, nous risquons donc d'empiler QUATRE initiatives sur l'Axe Seine sans aucune réelle efficacité:

1) Celle de l'Etat directement pilotée depuis Matignon et sa délégation inter-ministérielle (le préfet Philizot) et son Schéma stratégique à la sauce Delouvrier -Grumbach visant à subordonner une Normandie utile à la région parisienne (c'est la raison pour laquelle l'Orne n'est pas dans les radars de Philizot)

2) Celle des collectivités territoriales de la ci-devant Haute-Normandie "Grande Seine 2015" qui continue de courir...

3) Celle des Chambres de Commerce et d'Industrie qui ont lancé l'initiative de l'espace de projets "Paris Seine Normandie" / "Seine Gateway" R (enregistré au registre du ridicule s'il ne s'agit que d'être les idiots utiles du projet de subordination de la Normandie utile à la région parisienne).

4) Celle désormais des quatre présidents départementaux qui veulent faire dans leur coin un syndicat mixte de plus

La seconde c'est que les marges financières de ces collectivités territoriales quelque peu prétentieuses sont plus que limitées: le département de la Seine Maritime est en quasi faillite et du côté de l'Eure les marges de manoeuvre sont très limitées. De plus les compétences et les finances des départements sont très largement obligatoires: la créativité politique est donc très limitée du côté des départements qui sont plus que jamais des agences déconcentrées sur le territoire de la politique sociale qu'un Etat central impécunieux ne veut plus administrer par lui-même. Bref! Monsieur Pascal Martin est un joueur de... pipeau!

La troisième raison c'est qu'un candidat en campagne nous annonce la création d'un G6 NORMAND qui pourrait associer étroitement les cinq départements au futur conseil régional de Normandie dans une unité de vision, de commandement et de... financement!

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CLOCHEMERLE NORMAND: L'Etat a trouvé la solution... Le futur siège du Conseil Régional de Normandie à l'hôtel de MATIGNON?

Alors que la Normandie va être officiellement unifiée le 4 janvier 2016, il devient extrêmement URGENT de mettre FIN à l'éparpillement NORMAND sur un enjeu aussi essentiel que celui du PILOTAGE de l'AXE SEINE qui, pour l'instant, se fait dans un bureau de l'hôtel de Matignon dans le VIe arrondissement de PARIS.

Ce pilotage doit se faire par le Conseil Régional de Normandie et son président et ne doit pas oublier aussi d'associer ce qui n'existe pas encore et qui doit dorénavant émerger au COEUR de la NORMANDIE:

LA METROPOLE NORMANDE EN RESEAU DE VILLES CAEN ROUEN LE HAVRE dont la concertation actuellement en cours menée par les trois agences d'urbanisme concernées doit préparer la venue...

ALORS MESSIEURS ! AU BOULOT!  GRUMBACH NOUS LAISSE 15 ANS (2015 - 2030)

C'est la raison pour laquelle nous appelons à la création d'un ATELIER DU PROJET NORMAND pour reconstruire un LOBBY NORMAND

Le compte rendu qui suit d'un colloque récent qui s'est tenu le 13 octobre 2015 à MANTES LA JOLIE (un de plus...) est assez clair quant aux urgences dont nous parlons (concurrence internationale, autonomie normande ou non, maîtrise d'usage démocratique ou non...)


 

1ère rencontre des Agences d'Urbanisme de la vallée de la Seine

http://www.aurh.fr/actualites/468-1ere-rencontre-des-agences-d-urbanisme-de-la-vallee-de-la-seine.html

 

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L'AURH a participé à la 1ère rencontre des agences d'urbanisme de la vallée de la Seine qui s'est déroulée à Mantes-la-Jolie le 13 octobre 2015 sur le thème du développement portuaire et logistique comme levier du renouveau industriel de la vallée de la Seine.

Près de 150 participants étaient réunis pour cet événement. Parmi eux, des représentants des régions, collectivités locales, services de l'État, CCI, ports, des spécialistes en logistique.

Cette rencontre était organisée dans le cadre de la coopération des six agences d'urbanisme de la vallée de la Seine (AUCAME, AUDAS, APUR, IAU-IDF, AURH) avec le soutien de la Délégation Interministérielle au Développement de la Vallée de la Seine et des régions Ile-de-France, Haute et Basse-Normandie. A cette occasion, les six agences ont partagé les conclusions du rapport élaboré collectivement intitulé Le développement portuaire et logistique au service du renouveau industriel.

Télécharger le communiqué de presse

Télécharger le dépliant édité suite à la rencontre

Retour sur la journée

Les temps forts de la matinée

Présentation par les Directeurs des agences d'urbanisme de la Coopération des Agences d'Urbanisme de la vallée de la Seine  : rétrospective et perspectives.

Dominique Alba (APUR), Valérie Mancret-Taylor (IAU), Patrice Duny (AUCAME), Simon du Moulin (AURH), Christian Bitaud (AUDAS), Laurent Moreno (AURBSE) ont rappelé les grandes étapes du projet de développement de la vallée de la Seine : depuis la proposition d'Antoine Grumbach en 2009 de placer l'axe Le Havre - Rouen - Paris comme support du développement métropolitain de Paris, jusqu'à l'approbation en janvier 2015 du schéma stratégique 2030 pour l'aménagement et le développement de la vallée de la Seine et la signature en juin 2015 par l'État et les régions de contrat de plan interrégional État-Régions (CPIER) 2015-2020 qui constitue le volet opérationnel et financier.

Outils d'ingénierie au service des territoires, les agences d'urbanisme de la vallée de la Seine travaillent en partenariat depuis 2008 pour accompagner les réflexions et la mise en oeuvre du projet de développement de la vallée de la Seine. Dans le prolongement de cette 1ère rencontre, elles vont mettre en oeuvre dans les prochains mois avec l'État, les régions et les collectivités, un dispositif de suivi des dynamiques territoriales permettant de mesurer l'impact du projet "Axe Seine". Elles réaliseront également des études au plus près des besoins des acteurs et des territoires.

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De gauche à droite : Christian Bitaud, Patrice Duny, Valérie Mancret-Taylor, Simon du Moulin de Labarthète, Dominique Alba / Source : AUDAS

En savoir plus sur la coopération des agences d'urbanisme de la Vallée de la Seine

Intervention d'Antoine Frémont, Directeur de recherche, IFSTTAR

Les propos d'Antoine Frémont ont permis de mettre en avant les enjeux de l'activité logistique pour le développement de la vallée de la Seine. A la croisée d'enjeux globaux et locaux (extension urbaine, consommation foncière, impact sur les paysages, etc.), la logistique constitue un levier de compétitivité du territoire. Parmi les idées développées, Antoine Frémont a notamment insisté sur :

  • L'imbrication logistique / industrie : l'entrepôt s'impose comme un lieu clé de la production industrielle et la chaîne logistique et un enjeu de productivité,
  • Le lien entre développement portuaire et richesse de l'hinterland,
  • L'importance de l'inscription du port dans les réseaux de transport,
  • Le lien entre métropolisation et logistique,
  • La corrélation entre la richesse de l'hinterland, l'efficacité des connexions et la performance portuaire.

Antoine Frémont a également rappelé les enjeux pour HAROPA et la vallée de la Seine, à savoir, le développement de la logistique à l'ouest de la métropole parisienne et la conquête de nouveaux marchés à l'Est.

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Antoine Frémont / Source : AURH

Intervention de Juliette Duszynski, chef de projet économie, logistique, portuaire et projets européens, AURH

La présentation de Juliette Duszynski a permis de démontrer que la Vallée de la Seine était une solution à prioriser pour une desserte européenne vertueuse et efficace. Face aux ports du Nord de l'Europe (Anvers, Rotterdam, Hambourg...) qui continuent à se développer et à structurer leur hinterland, la vallée de la Seine court le risque de se marginaliser dans un contexte européen dont le centre de gravité économique tend à se déplacer vers l'Est. L'avenir du bassin industriel et de la puissance portuaire de la vallée de la Seine est en jeu.


Face à cette menace, Juliette Duszynski a alerté les acteurs du territoire sur le besoin d'agir (favoriser la massification des modes alternatifs à la route, donner corps au corridor Le Havre-Mannheim...), notamment en consolidant la dynamique de mobilisation entre les Régions Normandes et Ile-de-France, l'État, les collectivités territoriales et l'ensemble des acteurs économiques, logistiques et portuaires. Le moment est crucial, entre évolutions institutionnelles nationales, concurrence internationale accrue et opportunités de financements européens.

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Juliette Duszynski / Source : AUDAS

Télécharger la présentation de Juliette Duszynski (pdf, 6 Mo)

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Table ronde sur le thème du développement portuaire et logistique au service du renouveau industriel

  • Antoine Berbain, Directeur général délégué, HAROPA
  • Christophe Chauvin, Chef de projet R&D, Pôle de compétitivité Nov@log
  • Florence Guentcheff, Directrice générale, Logistique Seine Normandie
  • Diana Dizian, Chargée de mission transport de marchandises et logistique, Grand Lyon
  • Antoine Frémont, Directeur de recherche, IFSTTAR

L'objectif de cette table ronde était de mettre en perspective les enjeux logistiques, les outils et les stratégies de développement portuaire et territorial.

Antoine Berbain a rappelé que l'enjeu d'HAROPA était d'améliorer son offre dans tous les domaines : maritime, foncier, douanier et multimodal. Depuis la réforme portuaire, le Port du Havre a progressé et regagné des parts de marché. Les trafics conteneurs et céréales se portent bien et le trafic fluvial est en augmentation. Interrogé sur le Canal Seine Nord Europe, Antoine Berbain précise qu'il s'agissait d'un choix relevant de la stratégie nationale et que l'enjeu était d'être compétitif sur l'Axe Seine dans l'optique de son arrivée.

Christophe Chauvin a expliqué que le Pôle de Compétitivité Novalog avait pour rôle de faire émerger l'innovation par les projets. La vision de Novalog est d'être une « usine à produits ». Les activités soutenues par Novalog sont variées : déconstruction automobile, valorisation des déchets, robotisation, optimisation des flux, logistique collaborative, optimisation logistique dans les filières céréales, Ro/Ro, cosmétique, grande distribution.... Pour toutes ces innovations, les territoires sont souvent utilisés comme des territoires d'expérimentation (LivingLab, démonstrateur).

Florence Guentcheff, après avoir rappelé les missions de LSN (promotion de l'excellence logistique, accompagnement de l'entrepreunariat, expertise territoriale, lobbying) insiste sur le fait que la logistique est à la fois vecteur de croissance et une source de différenciation. La logistique est un facteur de compétitivité de l'industrie, créatrice d'emplois et de richesse... Des marchandises qui ne traversent pas n'arrivent pas sur un territoire et ne peuvent donc pas y créer de richesse.

L'intervention de Diana Dizian a permis de comprendre comment le territoire du Grand Lyon avait appréhendé la question logistique. Le Grand Lyon a mis en place un schéma de cohérence logistique sur la région urbaine de Lyon, positionnant la logistique comme une fonction support de première importance pour le tissu industriel et accompagnant son assise territoriale notamment par un portefeuille de sites fonciers réservés aux implantations logistiques de tous types.

Antoine Frémont a conclu la table ronde en rappelant que « nos concurrents » ont des stratégies « hyper volontaristes » qui leur donne un avantage compétitif. Il a également insisté sur la nécessité d'organiser des points de massification en Ile-de-France pour accompagner le développement portuaire.

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De gauche à droite : Antoine Frémont, Christophe Chauvin, Antoine Berbain, Florence Guentcheff, Diana Dizian / Source : AUDAS

Conclusions de la matinée

Jean Lemaire, Vice-Président de la CA Mantes en Yvelines et François Philizot ont tous les deux conclu la matinée.


Le Délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine, François Philizot a affirmé que cette rencontre était le démarrage d'un nouveau cycle de rencontres, après la parution du Schéma Stratégique pour la Vallée de la Seine et la signature du CPIER. Chaque année une nouvelle rencontre des agences d'urbanisme de la Vallée de la Seine aura lieu sur un thème précis. M. Philizot a  de nouveau manifesté son intérêt pour les travaux des agences d'urbanisme qu'il souhaite inscrire dans la durée notamment via le CPIER.

Concernant le sujet qui rassemblait les six agences d'urbanisme de la vallée de la Seine, les enjeux de la logistique sont à considérer dans leur complétude (offre foncière et immobilière jusqu'à la police des transports). Il a salué la richesse du partenariat de la Vallée de la Seine et a appelé à consolider avec l'ensemble des acteurs de la Vallée de la Seine « quitte à les faire évoluer dans leurs cheminements ». Enfin M. Philizot a insisté sur la double échelle de développement de la Vallée de la Seine :

  • le bassin de proximité, du Havre à la région Ile-de-France, est le cœur de cible, l'échelle support d'une ambition à un horizon rapproché,
  • l'ambition d'inscription de la Vallée de la Seine dans les corridors européens est le 2ème horizon, celui qui permet d'ancrer la vallée dans une démarche de développement économique plus globale et connectée au continent Européen.

Après-midi : trois ateliers visite en Seine Aval

(Commentaire de Florestan: "Seine Aval" le futur nom officiel de la Normandie avalée en 2030?)

  • Le développement portuaire en Seine Aval, des projets structurants pour la vallée de la Seine : visite du port de Limay organisée avec les ports de Paris et la ville de Limay,
  • L'enjeu de la performance logistique pour la compétitivité de la filière automobile : visite de l'usine PSA Peugeot Citroën de Poissy organisée avec PSA Poissy et la CCI Versailles-Yvelines,
  • La création d'un port urbain comme appui à un projet économique local : visite de la Fabrique 21 - Écopole de Carrières-sous-Poissy, organisée avec la communauté d'agglomérations des 2 Rives de Seine et l'EPAMSA.