J'irai revoir ma Normandie, c'est le pays qui m'a donné le jour...

Le 4 janvier 2016, nous serons un certain nombre à fredonner la chanson de Frédéric Bérat dans l'espoir que l'année 2016 soit celle de la Normandie, c'est à dire, une des très très mais vraiment très rare occasion de nous réjouir collectivement et positivement! Entre Daesh et Pôle Emploi, entre climat détraqué (cette anormale et longue douceur qui ne promet rien de bon) et météo politique orageuse (avec, là encore des températures qui ne correspondent plus "aux normales saisonnières"), la construction d'une unité normande solide et solidaire pour tous les Normands est la seule bonne nouvelle!

Plus que jamais l'optimisme de la volonté est nécessaire!

Tiré de la remarquable anthologie des poètes en Normandie du XIe siècle à nos jours proposée par Christophe Dauphin aux éditions Clarisse, l'Etoile de Normandie vous offre ce magnifique et palpitant poème d'amour à la Normandie dû à la plume d'une belle passionnée: Lucie DELARUE-MARDRUS

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L'ODEUR DE MON PAYS

 

L'odeur de mon pays était dans une pomme.

Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme,

Pour me croire debout dans un herbage vert.

L'herbe haute sentait le soleil et la mer,

L'ombre des peupliers y allongeait des raies,

Et j'entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,

Se mêler au retour des vagues de midi.

Je venais de hocher le pommier arrondi,

Et je m'inquiétais d'avoir laissé ouverte

Derrière moi, la porte au toit de chaume mou...

 

Combien de fois, ainsi, l'automne rousse et verte

Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,

Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie

De tes près, copieuse et forte Normandie?

 

Ah! Je ne guérirai jamais de mon pays!

N'est-il pas la douceur des feuillages cueillis

Dans leur fraîcheur, la paix et toute l'innocence?

 

Et qui donc a jamais guéri de son enfance?

 

Lucie Delarue-Mardrus, Occident, 1901

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