La formation professionnelle des fonctionnaires territoriaux des départements et territoires de l'Outremer français qui se fait depuis plusieurs années à Dieppe dans le cadre de l'IFCASS (Institut de Formation pour les Carrières Administratives Sanitaires et Sociales) contribue au rayonnement de la Normandie au delà d'elle-même!

Or l'existence de  l'IFCASS est sérieusement menacée... La faute au désengagement de l'Etat central. Une bien triste habitude! Le maire de Dieppe et conseiller régional d'opposition Sébastien Jumel exige que l'on évite cette fermeture!


 

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Mobilisation à Dieppe pour sauver l’Ifcass

Publié le 18/01/2016 á 22H17
Mobilisation à Dieppe pour sauver l’Ifcass

Mobilisation. Étudiants et personnels de l’Ifcass, élus et syndicalistes dieppois se sont donné rendez-vous à la sous-préfecture, hier, pour revendiquer une solution de financement pérenne pour l’établissement.

"Inacceptable". Le mot prononcé par le maire de Dieppe Sébastien Jumel a retenti devant les murs de la sous-préfecture lundi. C’est ainsi qu’il qualifie la situation dans laquelle se trouve l’Institut de formation aux carrières administratives, sanitaires et sociales (Ifcass) de Dieppe.

«L’Ifcass est un outil qui fonctionne, qui a fait ses preuves, qui produit 80% de réussite. C’est un outil bien géré et peu coûteux. Il y a nécessité d’obtenir un financement pérenne. Depuis 2011, chaque année, il y a une rallonge budgétaire. Que les personnels, les enseignants, les élèves, ne puissent pas savoir à quelle sauce ils vont être mangés, c’est inacceptable et méprisant», a-t-il déclaré.

À 14 h, ils étaient plus de 80 étudiants, enseignants, personnels de l’Ifcass, syndiqués CGT et élus pour soutenir l’établissement plus que jamais menacé de fermeture. Banderoles, affiches, chants de soutien en créole, personne n’a perdu le sourire et encore moins l’espoir. «Si on est là, c’est qu’on y croit», réaffirme Liah Bonté, représentante des élèves.

200000€ pour sauver l’Ifcass

Elle y croit, car le problème de l’Ifcass se résume à un trou de trésorerie de seulement 200 000 €... En effet, si le déficit est d’un peu plus d’un million d’euros, près de 900 000 € correspondent aux salaires des treize fonctionnaires détachés, rémunérés par l’Ifcass. «Si on ferme l’établissement, les ministères des affaires sociales et de l’éducation nationale devront reprendre à leur charge ces treize fonctionnaires, donc ils ne feront pas d’économie sur le personnel», indique l’élu communiste à la sous-préfète de Dieppe, Martine Laquièze.

Mais cette dernière affichait un discours empreint de pessimisme sur l’avenir de l’école. Elle a commencé son intervention en parlant «d’une hypothèse d’autofinancement de l’établissement comme alternative, avec les recettes des ventes de formation aux Régions notamment».

Une proposition totalement «incompréhensible» pour tous, alors que le président François Hollande annonce un plan national pour soutenir la formation, l’insertion des jeunes et l’apprentissage. «Nous avons une mission de service public, c’est inscrit dans notre convention constitutive. Nous réussissons à réinsérer des jeunes d’Outre-Mer et nous accueillons aussi 25% de Haut-normands, aussi des gens de plus de 40 ans, que nous remettons au travail. Nous sommes une école de lutte contre le chômage», indique un membre de l’intersyndicale.

«Nous n’avons pas vocation à être rentable»

En résumé, impensable pour l’Ifcass de devenir privé. «Nous n’avons pas vocation à être rentable», insiste la syndicaliste. Si l’institut de formation devait augmenter ses recettes, il le ferait aux dépens des élèves. À l’heure actuelle, une chambre d’internat coûte environ 75 € par mois pour un jeune et un repas revient à 3,20 €. «Les jeunes d’Outre-mer qui arrivent à Dieppe sont issus de familles modestes. Si on double les tarifs, ils ne viendront plus. Après on dira que l’Ifcass ne sert à rien car aucun étudiant ne vient», s’indigne les syndicalistes.

Liah Bonté a bien insisté sur ce point. «L’Ifcass, c’est un tout, pas seulement une structure de formation. Au-delà de la fermeture, nous avons très peur qu’on nous ferme l’internat, le restaurant. Ce n’est pas possible», dit-elle à la sous-préfète. C’est le futur de ses camarades qui est en jeu : «garder l’établissement ouvert, c’est assurer un avenir aux jeunes d’Outre-Mer».

Madeline Plard

Un Entretien avec le ministre

Le maire de Dieppe Sébastien Jumel a été très clair avec la sous-préfète de Dieppe Martine Laquièze. «Le sens de notre mobilisation aujourd’hui, c’est de faire du bruit. On sait que l’avenir de l’Ifcass se décide à Matignon, c’est une décision politique qu’on attend», a-t-il expliqué.

Il exige du Premier ministre Manuel Valls un arbitrage positif. Il a réclamé aux services de l’Etat qu’une délégation soit reçue à Matignon pour avoir « enfin le courage d’une réponse claire, plutôt que ce flou artistique ». Et si ce n’est pas une menace, il a assuré que les défenseurs de l’établissement n’hésiteront pas à se remobiliser comme hier, mais devant l’hôtel du chef du gouvernement français.

Martine Laquièze a assuré que dès hier soir, « toutes les positions, qu’elles soient techniques ou de principe », seraient remontées aux autorités compétentes. « La décision ne se prend pas au niveau local, vous le savez bien, je ne peux que relayer», a-t-elle précisé.


 

Commentaire de Florestan:

Hervé MORIN doit faire aussi valser le Premier ministre à Dieppe!