L'Etoile de Normandie, webzine de l'Unité normande, a le plaisir de vous faire découvrir l'intégralité du dernier bulletin (n°7) proposé par le collectif des Quinze géographes universitaires normands: il s'agit du très riche compte rendu du colloque donné au centre international de rencontres culturelles du château de Cerisy la Salle (Manche) en juin 2015 dont un compte-rendu partiel était déjà disponible sur l'Etoile depuis plusieurs mois.

Ce dernier bulletin permet de faire un parcours général de l'ensemble des problématiques de la question régionale normande dans le contexte de la réforme territoriale en cours avec les trois constats suivants:

1) La réforme territoriale initiée par le gouvernement depuis le début de l'année 2014 n'a finalement de "régionale" que le nom: à la demande de la Commission européenne (et sous la menace de nouvelles sanctions financières si la France ne se montrait pas capable de faire une grande réforme structurelle pour faire baisser son déficit public), une réforme territoriale a été totalement improvisée dans le flou artistique de l'idéologie libérale dominante, à savoir la compétivitié de grands territoires régionaux métropolisés. Du point de vue des collectivités territoriales concernées, aucune des conséquences concrètes de cette réforme n'a été réellement anticipée (par exemple: le casse tête de la réorganisation des ressources humaines dans les nouvelles régions fusionnées). Comme d'habitude, nos Napoléons parisiens logocrates ont estimé que l'intendance allait suivre...

2) Cette réforme pourrait mettre un terme à l'expérience de décentralisation réelle menée depuis les années 1980: le pacte de finances entre les collectivités territoriales et l'Etat central se tend au point de se rompre (réduction drastique de la Dotation Globale de Fonctionnement: 28 milliards de moins en 2016 et autant en 2017) sans que de réelles contreparties pour approfondir la décentralisation ne soient accordées aux collectivités (par exemple: une réelle autonomie de finance pour les collectivités et la fin du doublon Préfecture/ collectivités sur l'ensemble des compétences de l'action publique).

Bien au contraire! Sous prétexte de faire des "grandes régions"  par les kilomètres carrés mais sans réelle augmentation du contenu régional, l'Etat central et jacobin renforce son autorité: les préfets devenant, dorénavant, les représentants directs du Premier ministre sur le terrain. Conséquence, la décentralisation à la française montre son vrai visage: une externalisation des responsabilités les plus essentielles de l'Etat central républicain (la politique sociale de péréquation) vers des collectivités sans réelle autonomie et avec de moins en moins de moyens ! Une vraie défausse...

3) Dans cette pétaudière, la Normandie émerge comme la seule vraie région en France métropolitaine où l'on pourrait enfin prendre l'idée régionale au sérieux: le dossier normand, celui de la région fusionnée idéale a servi au gouvernement pour vendre sa triste affaire. Alors que des pans entiers du territoire français risquent d'être stérilisés dans la mise en branle de grands machins technos improbables qui démontrent les limites humaines d'une certaine géographie "fonctionnelle" pour cabinets ministériels (où l'on confond allègrement la carte et le territoire...),la Normandie peut et doit être le laboratoire où l'idée régionale doit être mise en oeuvre afin de la préserver en France... pour des jours meilleurs!


 

 

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