Il est curieux de constater que les évidences nécessitent souvent plus d'explications et de démonstrations que des vérités plus difficiles ou plus cachées.

La Normandie et, tout particulièrement, la ville de Caen qui doit tant à la Normandie et au fondateur de l'unité normande, illustrent jusqu'à la caricature ce paradoxe.

Caen est le cas d'école:

La friche identitaire ou mémorielle concernant la Normandie et Guillaume Le Conquérant et, plus encore, l'histoire de la ville elle-même entre 1066 et 1944 est patente.

Il y a 70 ans, dans le traumatisme des bombes de la Libération qui a détruit les centres villes surchargés d'art de culture et d'histoire des principales villes normandes, qui autrefois étaient si belles, une certaine forme d'identité normande a été ébranlée, détruite avec les villes qui la faisait vivre.

Avec le retour historique à l'unité de la Normandie, 70 ans après, c'est peut-être une seconde Reconstruction qu'il faut désormais entreprendre: la reconstruction mentale, spirituelle et identitaire d'un espace vécu commun normand. Reconstruire une fierté d'être Normand pour vivre et créer en Normandie et pour poursuivre cette belle aventure normande commencée il y a plus de onze siècles.

Justement, après le sabotage du Onzième centenaire de la Normandie en 2011 par qui vous savez et l'occasion de fêter en 2016, année historique du retour à l'unité normande, le 950ème anniversaire de l'accession de notre Duc Guillaume de Normandie au trône d'Angleterre, l'occasion nous est donnée de réfléchir à l'identité normande et à ce que nous pourrions, à nouveau, faire de grand ensemble...

L'hebdomadaire caennais Liberté Bonhomme propose justement depuis le 28 janvier 2018 un dossier spécial particulièrement bien documenté pour nourrir une réflexion collective de qualité sur cette question de l'identité normande à partir du plus illustre des Normands, Guillaume Le Conquérant, fondateur de la ville de Caen (1051) et, partant, de l'unité normande dont on célèbre le retour en 2016.

Caen, rasée à plus de 70% en juin et juillet 1944 présente, en effet, une double friche mémorielle:

1) Toute l'histoire de la ville de Caen, entre 1066 et 1944 semble avoir sombré dans une certaine forme d'oubli institutionnel: Non! Tout n'a pas été détruit à Caen le 6 juin 1944. Caen pourrait être encore une très belle ville "d'art et d'histoire" mais ne s'en donne pas les moyens et ne prend pas assez au sérieux la valorisation de son patrimoine artistique et architectural comme le fait enfin la métropole rouennaise (cf. l'Historial Jeanne d'Arc ou le futur quartier des musées) . Ainsi, malgré de nombreuses richesses épargnées du ravage de 1944, Caen ne dispose toujours pas de son musée de ville...

2) Depuis l'ouverture du Mémorial en 1986, l'identité de la ville de Caen s'est refondée sur la résilience de l'après 1944 au point que Caen est devenue l'une des capitales mondiales de la Paix.

Que 2016, année "Guillaume" soit enfin l'occasion d'en finir avec les dernières friches héritées des bombes du terrible été 1944 afin que nous sortions définitivement de l'Après Guerre.


 

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Voir enfin cet article paru récemment dans l'édition caennaise de Ouest-France à propos de la Tapisserie de Bayeux qui fait actuellement l'objet d'études scientifiques prélude à une refonte complète de sa présentation muséographique dans le cadre d'un futur centre européen d'interprétation de l'histoire médiévale. Contrairement à Caen, Bayeux fait preuve d'une vraie ambition...

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  •  La cathédrale de Bayeux va se parer de belles lumières pour l'année "Guillaume":

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