Alors qu'un projet de loi va venir à l'Assemblée Nationale en première lecture pour développer "l'économie bleue" à partir du potentiel de la France qui dispose, à la fois, d'une position de carrefour portuaire et logistique en Europe et du second domaine océanique mondial après celui des USA, on dirait que ça bouge enfin un peu à la passerelle de commandement. Voilà qui est bien. Mais cela ne sert de rien de gueuler des ordres dans le transmetteur si il n'y a plus de carburant en soute et s'il y a une avarie dans la salle des machines...

Afficher l'image d'origine

Après plusieurs mois voire années de roupillon sur le sujet maritime, on se réveille donc enfin du côté de Matignon ou du Château...

  • Lire ci-après, le communiqué d'Alain Vidalies, le secrétaire d'état chargé des transports et donc des affaires maritimes qui annonce la constitution d'une mission parlementaire destiné à la relance de l'économie maritime de la France:

Comme tout l'argent disponible est parti dans le financement de grands projets arbitrés en haut lieu pour les grands barons socialistes de la province (ce qui nous fait penser d'ailleurs que l'aéroport de Notre Dame des Landes ne se fera pas car la Région Pays de la Loire est passée à droite aux dernières élections régionales), on peut craindre que cette agitation parlementaire et gouvernementale ne soit qu'une opération d'enfumage s'il s'agit de s'en tenir aux faibles moyens aloués au CPIER Vallée de la Seine ou au très léonin Schéma stratégique de développement de la vallée de la Seine!


 

Alain VIDALIES, Secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche
Paris, le 1er février 2016
COMMUNIQUE DE PRESSE
 

Attractivité maritime et portuaire de la France :
trois missions parlementaires sont lancées pour le développement des portes maritimes internationales du pays et l'amélioration des connexions avec les axes Seine, Rhône-Saône et Nord

Le Gouvernement fait de la compétitivité des ports français un pilier de notre politique maritime. L'ambition est claire : faire de la France une grande porte d'entrée maritime de l'Europe, valorisant ses places portuaires et ses grands axes fluviaux. C'est le sens notamment de la stratégie nationale portuaire adoptée en 2013, grâce à laquelle chaque grand port français s'est doté d'un projet stratégique fixant son cap pour les 5 ans à venir.

Lors du Comité interministériel de la mer en octobre 2015, le Premier ministre a confirmé la détermination du gouvernement à renforcer l'attractivité de nos ports afin qu'ils trouvent une place de premier plan dans le commerce mondial. Il s'agit de tirer pleinement parti de leur important potentiel de croissance et ainsi de favoriser le développement économique et l'emploi.
 

Dans ce contexte, le Premier ministre a donc décidé de confier trois missions parlementaires pour le développement des principales portes d'entrée maritimes internationales du pays et l'amélioration de leurs connexions avec les axes Seine, Rhône-Saône et Nord. Chaque mission aura pour objectif de fédérer les acteurs économiques et politiques autour de cette ambition, d'identifier les améliorations nécessaires en termes d'infrastructures et de services, et de préparer les stratégies à long terme des ports et des grands axes qui constituent leur zone d'influence.

La députée Valérie Fourneyron (PS) et le sénateur Charles Revet (LR) sont ainsi chargés d'une mission sur le devenir des Ports du Havre et de Rouen en lien avec l'axe Seine, dont le Gouvernement souhaite faire une zone d'excellence économique et logistique de dimension mondiale. Après l'approbation du schéma stratégique d'aménagement et de développement de la vallée de Seine, puis la signature du premier contrat de plan inter-régional dédié à ce territoire, l'enjeu sera pour ces places portuaires d'être pleinement compétitives face à leurs principaux concurrents d'Europe du nord, et d'améliorer les liaisons fluviales et ferroviaires avec leur arrière-pays, en premier lieu le territoire du Grand Paris.

(Commentaire de Florestan: le Gouvernement enferme le port du Havre dans son seul rôle de port du Grand Paris. Attention!)

Les sénateurs Jérôme Bignon (LR) et René Vandierendonck (PS) sont chargés d'une mission concernant le devenir du Port de Dunkerque en lien avec les territoires du nord du pays. L'ambition du gouvernement est de renforcer l'attractivité de cette place portuaire et ses connexions afin d'agrandir sa zone d'influence. Cela passe en particulier par une parfaite cohérence des offres de transport massifié de ce territoire, dans la perspective notamment de la réalisation du Canal Seine-Nord Europe et du développement des autoroutes ferroviaires.

(Commentaire de Florestan: quelle cohérence entre l'Axe Seine et le Canal Seine Normand)

La sénatrice Elisabeth Lamure (LR) et le député François-Michel Lambert (Ecologiste) sont chargés d'une mission sur le devenir du Port de Marseille-Fos en lien avec l'axe Rhône-Saône, pour faire de ce grand port essentiel à l'économie de notre pays la principale porte maritime Sud du marché européen. L'enjeu sera ainsi notamment de renforcer ses performances en matière de desserte par les modes ferroviaire et fluvial.

(Commentaire de Florestan: quid de l'impact du projet de tunnel Lyon-Turin sur le port de Marseille?)

Ces missions rendront leurs conclusions et préconisations pour le mois de juin 2016 et un point d'étape sera présenté à l'occasion du Conseil supérieur de l'attractivité qui se tiendra en mars. Alain Vidalies, Secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, réunira prochainement les parlementaires missionnés pour aborder ensemble les enjeux de leurs travaux.

 


 

  • Chose curieuse, alors que les Bretons squattent au Gouvernement, aucune mission parlementaire ne s'intéresse à la valorisation maritime de la Bretagne et de la façade atlantique... Lire ci-après le communiqué éclairant de l'Union Démocratique Bretonne:

"Quand le gouvernement parisien pense à la mer, il pense non pas à ce qui relie la France au monde, mais ce qui relie Paris au monde."

http://www.udb-bzh.net/index.php/fr/communiques/4729-pour-le-gouvernement-les-ports-de-commerce-bretons-ne-comptent-pas

 


 

  • Il y a loin des discours à la réalité. Par exemple, le consternant échec du terminal multi-modal du port du Havre. Le capitaine Haddock-Vidalies a poussé une "gueulante"...

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/le-havre/terminal-multimodal-du-havre-le-secretaire-d-etat-tape-du-poing-sur-la-table-920995.html

 

Terminal multimodal du Havre : le "coup de gueule" du secrétaire d'état à la mer

 

Le terminal multimodal du Havre tourne encore au ralenti depuis le redressement judiciaire, en octobre 2015, de la société qui l'exploite. Une situation qui agace le gouvernement. 

Terminal multimodal du Havre © France 3 Baie de Seine

 

Retour sur la situation 

En 2012, la construction d'une énorme plate-forme, sur le port du Havre se voulait ambitieuse. Objectif : augmenter les volumes traités, en proposant et développant des solutions alternatives au tout routier. Avec une superficie de 60 ha, elle devait être l'une des plus grandes et des plus efficaces plate-forme en Europe a associer tous les modes de transport des marchandises (routier, fluvial et ferroviaire) sur un même lieu. Une sorte d'énorme gare de distribution des marchandises. 
En 2015, lors de sa mise en service, l'exploitation du site est confiée à la société "Le Havre Terminal Exploitation" (LHTE). Plusieurs actionnaires la composent : la SNCF (38%), CMA CGM (31 %) et LogiSeine (31 %). Depuis, ce modèle économique, a prouvé son incapacité à gérer cette structure. 
En octobre 2015 : la société "le Havre terminal exploitation" a été placée en redressement judiciaire et depuis l'activité tourne au ralenti. 
Seuls quelques barges accostent sur les quais. Du côté ferroviaire : rien à l'horizon. La SNCF, acteur majeur pour le fret ferroviaire semble traîner des pieds. 
Février 2016 : le dossier du terminal multimodal repassera devant le tribunal de commerce la semaine prochaine. 

Une situation inacceptable


Mercredi, le secrétaire d'Etat à la Mer et aux Transports a pris la parole à l'Assemblée Nationale, pour évoquer ce sujet. Pour la première fois en public, il a dénoncé la situation et demande qu'une solution soit trouvée rapidement entre les parties. 

VIDEO : le récit de Danilo Commodi avec l’intervention de :

  • Alain Vidalies, secrétaire d'Etat à la Mer et aux Transports

Commentaire de Florestan:

Elle est bien jolie la pétaudière pensée par nos brillants haut-fonctionnaires qui n'ont jamais vu un navire ou un conteneur de près! Quant à la SNCF, cette féodalité en déroute fuit toutes ses responsabilités...


 

  • Les milieux portuaires du Havre sont donc de plus en plus inquiets. Ils réclament à cor et à cri un "plan Marshall" pour sauver le potentiel portuaire français face à la concurrence frontale des ports de la Rangée Nord européenne sur l'isthme logistique européen "Lille- Paris-Lyon- Marseille": le lobby portuaire se réveille enfin et souhaite faire inscrire le potentiel de l'économie maritime française dans les programmes de tous les partis qui seront en lice pour 2017. Pour l'instant, il faut le souligner, seul le Front de Gauche de Jean-Luc Mélanchon a fait cette démarche...

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5029830/actualites+economie/le-president-de-l-umep-du-havre-demande-un-plan-marshall-pour-le-port-et-l-axe-seine#

Le président de l’Umep du Havre demande un plan Marshall pour le port et l’axe Seine

Économie. Le président de l’Union maritime et portuaire (Umep) monte en créneau pour plaider la cause du Havre, capitale maritime.

Pour Michel Segain, le port du Havre est la capitale maritime de la France

La France manquerait-elle d’ambitions en termes de politique maritime et portuaire ? C’est en tout cas ce que pense haut et fort Michel Segain, le président de l’Union maritime et portuaire (Umep) du Havre qui appelle de ses vœux un véritable plan Marshall. Pour lui, ce plan permettrait au Havre, premier port à conteneurs français, de jouer pleinement son rôle de capitale maritime et de se hisser encore plus haut à l’international dans un monde très concurrentiel. Autre ambition affichée, positionner l’axe Seine comme un corridor majeur en France et en Europe. Le président de l’Umep souhaite au passage voir se créer un véritable poste de « Ministre de la mer » en lieu et place de la fonction actuelle de secrétaire d’État.

Le privé, élément moteur

Pour Michel Segain, il est tout d’abord indispensable que la gouvernance des grands ports maritimes évolue afin de tenir compte du poids important du secteur privé. « Nous militons pour qu’un comité d’investisseurs soit créé au sein des conseils de développement avec une voix décisionnaire et non consultative... Le privé est un élément plus que moteur dans les ports français... »

Et des investissements sont plus que nécessaires au Havre et plus largement sur l’axe Seine. Il y a urgence selon le président de l’Umep. « Pour survivre, et donc à très courte échéance, nous attendons la construction des 700 mètres de quai à Port 2000 pour prolonger le port vers l’Ouest, mais aussi la décision de créer une chatière pour garantir un accès direct à Port 2000 pour les barges et donc réduire des ruptures de charge insupportables. Autres dossiers importants, l’électrification de l’axe ferroviaire Serqueux-Gisors, le contournement de Paris que nous attendons depuis près de vingt-cinq ans et la concrétisation du corridor Ouest-Est. Des mesures qui permettront au Havre d’élargir son corridor, d’assurer la bonne évacuation de la marchandise et d’avoir des moyens concurrentiels à l’ouverture du canal Seine Nord... »

Chasser en meute

Michel Segain souhaite la tenue d’une réunion d’urgence avec le Président de la République, les représentants de l’État mais aussi et surtout avec le président de la SNCF pour la mise en place de ce plan. Pour défendre les intérêts du Havre mais aussi plus largement de l’axe Seine, le président de l’Umep appelle donc à la mobilisation. « Il en va de notre responsabilité collective d’avoir la volonté de créer le port du futur, d’avoir une vision à trente ans. Cela s’appelle l’ambition... Dans un contexte difficile, nous devons êtres unis et ne pas laisser nos concurrents profiter de notre manque d’ambition ou de ce qui pourrait être perçu comme une désunion. Je l’ai déjà affirmé, nous devons chasser en meute... » souligne-t-il.

Réaction des politiques attendue

Le sujet est d’actualité puisque le député PS Arnaud Leroy est intervenu en première lecture sur la proposition de loi portant sur l’économie bleue à l’Assemblée nationale mardi soir. L’occasion pour la députée PS de la 8e circonscription Catherine Troalic d’insister sur la nécessité de « trouver des outils efficaces » pour développer le port du Havre et l’axe Seine. Autre actualité, Yannick Moreau, le député de Vendée et secrétaire national Les Républicains en charge de la Mer et de la pêche, est également de passage au Havre aujourd’hui pour rencontrer Édouard Philippe et visiter le port. Les politiques seraient-ils donc en train de découvrir ou de redécouvrir les atouts de la France, deuxième espace marin au monde avec ses 11 millions de km² et ses 450 000 emplois ? Une chose est certaine, Michel Segain souhaite que dans la perspective des échéances électorales de 2017, un volet maritime et portuaire soit inscrit dans les programmes des différents candidats.

F. H.


 

  • Du côté du potentiel énergétique, l'économie maritime normande ne demande qu'à exister davantage: ce sera l'un des grands enjeux de la nouvelle région normande:

potentiel_emr