Décidément, les deux académies normandes semblent être mal traitées par l'Education Nationale de Madame Vallaud Belkacem, à croire que notre région soit punie pour avoir mal voté en décembre dernier. Nous sommes bien au regret d'avoir à envisager de telles considérations mais on est obligé de constater que l'aménagement du territoire français se fait par des arbitrages élyséens dont les motivations partisanes semblent évidentes. On objectera que c'est, hélas, une bien mauvaise habitude prise par toutes les majorités présidentielles sous la 5ème République mais sous le règne débonnaire de Hollande, comme jamais, les grands féodaux du régime en place obtiennent ce qu'ils souhaitent...

Pour Martine AUBRY: le canal Seine Nord Europe (plus de 5 MILLIARDS)

Pour Alain ROUSSET: le TGV Bordeaux-Dax (autour de 7 MILLIARDS)

Pour Jean-Yves LE DRIAN: la LGV Paris-Rennes en 1h30 (plus d'1 MILLIARD)

Pour l'ami italien Matteo RENZI (président du conseil d'Italie): le Lyon-Turin qui va engloutir... 50 MILLIARDS

Pour Laurent FABIUS? Tout pour la Métropole de Rouen (ex: la délégation interrégionale des douanes) et rien pour la Normandie (qui a voté à droite)

Si l'on s'en tient à ce mode d'emploi, on peut raisonnablement penser que par exemple, l'aéroport de Notre Dame des Landes ne se fera pas tant que François Hollande sera au pouvoir car la région Pays de la Loire n'a plus de grand baron socialiste à sa tête (la encore, une région qui a mal voté aux dernières élections) et parce qu'un autre grand baron socialiste s'y oppose: Ségolène ROYAL...

Ainsi, dans cette triste géo-politique partisane, la Normandie boudée par Laurent FABIUS semble être punie pour n'avoir pas voté ce qu'il aurait fallu aux dernières élections régionales.

Et la sanction se fait particulièrement mesquine puisqu'elle se déploie sur le terrain essentiel de l'école, de la part d'une majorité qui affirme haut et fort avoir fait de la jeunesse sa priorité...

D'abord, le consternant massacre des classes bilangues dans les deux académies normandes (-95% de baisse dans l'académie de Caen et -77% de baisse dans celle de Rouen qui fait que la Normandie est la région la plus durement touchée et ce à 2h30 de bagnole de Paris où toutes les classes bilangues sont conservées!)

Mais aussi, les fermetures de classes avec de fortes disparités entre deux académies régionales qui doivent être, officiellement coordonées depuis le rectorat de Caen. Etrange! L'argument de la "démographie" a bon dos...

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-140886-carte-scolaire-41-fermetures-envisagees-dans-la-manche-carte-interactive.html

http://www.normandie-actu.fr/en-normandie-les-parents-d-eleves-craignent-des-fermetures-d-ecoles_179634/

  • Sur la question sensible des classes bilangues, la sénatrice et conseillère régionale de Normandie Catherine Morin Desailly vient d'interpeller par écrit Madame la Ministre de l'Education Nationale:

http://www.catherine-morin-desailly.com/

Disparités des suppressions des classes bi-langues sur le territoire national : la ministre saisie

Confrontée aux nombreuses inquiétudes des enseignants, des parents d’élèves et des élus normands, j’ai déposé ce jour une question écrite afin de questionner la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les disparités que connaissent les territoires quant à la suppression des classes bi-langues et européennes dans le cadre de la réforme des collèges pour la rentrée 2016.

Ces classes bi-langues et européennes ont participé depuis leur création en 2004, à la relance de l’enseignement des langues étrangères et notamment de l’allemand, y compris dans les zones rurales et d'éducation prioritaire. Ces classes participent également aux bonnes relations entre les pays concernés et notre pays, et contribuent à l’appropriation de l’identité européenne par nos enfants.

Aujourd’hui, malgré la communication active du gouvernement, l’inquiétude de la communauté éducative, des parents d’élèves et des élus est grande car, il est manifeste que tous les collèges ne sont pas logés à la même enseigne.

Les variations s’avèrent très importantes d'une académie à l'autre car le choix du maintien des classes bi-langues est entre les mains des recteurs. Les suppressions s’observent majoritairement dans les petits collèges de province et en milieu rural. L'académie de Caen passe ainsi d'une soixantaine de classes bi-langues à 3 seulement. Seul Paris semble épargnée.

Avec une telle opacité et de telles inégalités de traitement, le gouvernement nourrit les inégalités territoriales, tout en allant à l'encontre des objectifs nationaux d'intensification de l'apprentissage des langues étrangères.

J’ai donc fermement questionné la ministre sur les actions le Gouvernement entendait entreprendre pour contenir les trop grandes disparités dans la disparition des classes bi-langues, tout en rappelant la nécessité de ne pas pénaliser les élèves de tous les territoires qui souhaitent apprendre une langue étrangère et ainsi s’ouvrir à d’autres cultures.


 

  • Une semaine après les annonces du ministère de l'Education Nationale, les réactions en Normandie se multiplient:

 

r_actions_classes_bilangues