Puisque nous en débattons en ce moment sur le forum de l'Etoile de Normandie, un numéro de l'émission de France 3 (Basse) Normandie de "La Voix est libre" vient d'être enregistré le 12 février 2016 au sujet de la mise en oeuvre de la nouvelle agence de l'attractivité normande dont Philippe AUGIER, le maire de Deauville vient de prendre la présidence.

La diffusion de cette émission se fera ultérieurement sur l'antenne de FR3 Normandie.

Parmi les invités de l'inénarrable Franck Besnier (qui, espérons-le, a peut-être enfin découvert l'existence de la Normandie...), Chloé Herzhaft de la "Fête des Normands" qui viendra expliquer les objectifs de la Fête des Normands: reconstruire une fierté régionale après plus de quarante années de dénigrement de la Normandie, de défaitisme normand, de résignation normande, de complexe d'infériorité normand entre l'arrogance parisienne à l'Est et l'arrogance bretonne à l'Ouest.

Mais dans ce grand chantier de reconstruction qui s'annonce (la seconde reconstruction normande, 70 ans après 1944) il est urgent de ne pas faire les deux erreurs de perspective suivantes:

1) NE PAS CONFONDRE LES CONSEQUENCES DE 40 ANNEES DE DECLIN NORMAND AVEC LES CAUSES D'UN DEFAUT STRUCTUREL NORMAND POUR LE DYNAMISME, LE RAYONNEMENT, L'IDENTITE REGIONALE

2) NE PAS COMPARER L'IDENTITE NORMANDE A L'IDENTITE BRETONNE: Il y a entre les identités régionales des deux seules vraies régions-provinces désormais sur la carte de la France métropolitaine et continentale qui organisent leurs fêtes, non pas une différence de degrés (l'identité bretonne serait plus forte que la normande) mais une différence de nature.

L'identité normande est "non identitaire" dans le sens qu'elle est d'abord individuelle et existentialiste avant d'être une manifestation communautaire: cela a, au moins un avantage, celui d'éviter le chauvinisme bête et méchant et les dérives communautaristes, essentialistes, différentialistes, mythomaniaques voire séparatistes qui discréditent la belle idée régionale dans une France jacobine centralisée qui peine encore à penser l'idée de région.

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Sur le même sujet, celui de cicatriser une blessure, une division qui n'avait pas lieu d'être et qui a crée des ruptures dans l'espace vécu local et régional, des confins artificiels dans des pays qui se trouvent au coeur ou au centre de la Normandie, voir l'exposition actuellement en cours à l'abbaye aux Dames de Caen jusqu'au 28 février 2016:

http://www.libertebonhomme.fr/2016/01/25/exposition-la-frontiere-des-ex-haute-et-basse-normandie-en-photos/comment-page-1/#comment-3930

Exposition. La frontière des ex-Haute et Basse-Normandie en photos

Du 21 janvier au 28 février 2016 à l’Abbaye-aux-Dames à Caen, Thomas Jouanneau et Thierry Houyel présentent leur projet photographique intitulé « La frontière [s’efface] »

25/01/2016 à 10:42 par muriellebouchard

Thomas Jouanneau et Thierry Houyel.

Thomas Jouanneau et Thierry Houyel.

Cette exposition explore la lisière entre les ex-Haute et Basse-Normandie. A l’occasion de la réunification, la photographie est l’occasion de s’interroger sur la signification de la frontière dans notre inconscient.

Pourquoi avoir tenu à photographier cette frontière entre la Haute et Basse-Normandie ?

Thierry Houyel (découvrez son site internet) :

"Le sujet est celui de la réunification amorcée en janvier 2015, il y a un an. On voulait savoir comment cette notion de frontière se représente sur le terrain. Il s’agit d’un tracé de 160 kilomètres. Il y a beaucoup de changements de nature du sol. Par moments, c’est mal défini. On a choisi de travailler à deux car c’est un travail d’envergures. Thomas a choisi de travailler de nuit. Moi j’ai travaillé sur la gestion du flou. J’ai joué sur le décentrement et la bascule de l’objectif. C’est-à-dire que j’ai décliné l’objectif de manière à jouer avec la zone de netteté. On voulait trouver une traduction visuelle sur un secteur qu’on connaît mal d’où ce flou."

Thomas Jouanneau (découvrez son site internet) :

"Notre envie était de travailler sur l’actualité. On voulait voir de quelle façon intéressante on pourrait en parler (ndrl : de la frontière). La frontière a une réalité administrative, avec de vraies applications. Il y a une réalité culturelle. Elle partage aussi les gens. C’est pourquoi on a voulu travailler sur le paysage. La frontière pour nous ça devient un trait d’union, une couture, une cicatrice."
Commentaire de Florestan:
Une fois de plus on confond les conséquences de 40 années de division administrative avec des causes qui seraient structurelles pour expliquer la division normande, faute d'avoir la culture géographique et historique suffisante pour savoir que la frontière entre Haute et Basse s'est déplacée dans l'Histoire normande selon la volonté de l'Etat central qui l'a créée pour la première fois en 1552.

Photographie Thierry Houyel

Photographie Thierry Houyel

Pourquoi avez-vous travaillé de nuit, à l’inverse de Thierry ?

"T.J : J’ai pris le parti de la nuit parce que je voulais plus explorer ce qu’évoque le mot “frontière”. La nuit, la frontière m’évoque le mystère, la clandestinité, un climat anxiogène. C’est un travail à multiples entrées. J’allais dans des lieux en lisière. La frontière coupe des villes et des villages, des lieux de vie. Il y a un contraste entre ces îlots de lumière et la nuit. Ce sont des lieux mixtes et des lieux structurants."
Commentaire de Florestan: Qui sont les Coréens du Nord ? Les Haut ou les Bas Normands?

Photographie Thomas Jouanneau

Photographie Thomas Jouanneau

Mais vous avez réellement parcouru toute la frontière ?

T.H : On s’est attaché à suivre ce tracé mais, bien sûr, il y a quelques zones de trous. En tout, on a photographié 40 points de vue.

 

Thierry Houyel et Thomas JouanneauThierry Houyel et Thomas Jouanneau

Vous venez du photojournalisme tous les deux, cela a-t-il influencé votre travail ?

T.J : Le photojournalisme nous a donné l’envie de travailler sur l’actualité. Le photojournalisme est un métier d’individualistes où la concurrence règne. Avec Thierry, on avait déjà travaillé tous les deux durant les jeux équestres.
T.H : On a donc les mêmes regards.
T.J : Ou plutôt les mêmes mécanismes. Ce qui était intéressant, c’était de montrer que deux photographes ont deux visions, deux regards différents.

Ce projet est financé par la Région, où pourra-t-on voir l’exposition après le 28 février ?

T.H : On recherche des lieux d’exposition. On n’a pas de date en Haute-Normandie, à Rouen ou au Havre. C’est dommage.
Commentaire de Florestan:
A défaut d'une frontière qui heureusement n'existera plus, il faudrait plutôt parler des enclaves anti-normandes telle que la ... Caserne Jeanne d'Arc à Rouen

Propos recueillis par Laura MEYER

Thierry Houyel et Thomas Jouanneau, “La frontière [s’efface]“. Du 21 janvier au 6 mars, à l’Abbaye aux Dames à Caen

Entrée libre tous les jours.