Le site de l'ancienne raffinerie "Pétroplus" de Petit Couronne, le long du méandre de la Seine, en plein coeur du port de Rouen est en pleine mutation depuis la fermeture définitive en 2013 de la raffinerie avec un conflit social mené par les ouvriers de la CGT qui ont cru et croient toujours dans la possibilité que le raffinage a toujours un avenir à Rouen:

Un avenir dans la Basse Seine certainement (Port Jérôme ou ND de Gravenchon) mais peut-être plus à proximité d'une métropole de 600000 habitants encaissée dans sa géographie avec une qualité d'air plus que moyenne.

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En outre, la conjoncture du marché international pétrolier est trop incertaine (en quelques années on passe d'un baril de brut à plus de 100 dollars il y a trois ans à moins de 30 aujourd'hui). Tous les acteurs de la filière du pétrole sont en difficuté: on pensera notamment à Vallourec à Rouen  et nos vrais élus normands doivent se battre pour empêcher que les 470 millions fléchés par le gouvernement pour préserver le site rouennais de Vallourec n'aillent dans les poches du lobby nordiste du canal Seine Nord Europe!!!

Sur l'Etoile de Normandie, nous avions fait pas mal de billets rendant compte de la lutte des ouvriers de Pétroplus mais force est de constater qu'il faudrait tourner la page sachant que les projets en cours, par leur diversité et leur qualité pourront permettre une requalification et une reconversion réussies du site qui puissent tenir davantage compte des réalités de l'économie maritime et logistique du dernier grand port de fond d'estuaire d'Europe.

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L’ancienne raffinerie Petroplus, près de Rouen, s’engage vers de nouveaux horizons industriels

Publié le 15/02/2016 á 22H49
L’ancienne raffinerie Petroplus, près de Rouen, s’engage vers de nouveaux horizons industriels
 

Nouvel avenir. Bolloré Énergie pour du stockage et la commercialisation d’hydrocarbures, Eiffage pour la construction d’entrepôts logistiques dédiés aux opérateurs portuaires, Valgo pour un bio centre et un parc d’activités.... L’ancienne raffinerie Petroplus, à Petit-Couronne, cède progressivement la place à des projets industriels et tertiaires qui devraient générer 150 emplois d’ici5 à 7 ans, et jusqu’à 400 en 2020. Mais il faut d’abord accélérer la déconstruction et la dépollution du site, sous la conduite de Valgo devenu le propriétaire des lieux. Survol des lieux.

Le projet de reconversion de l’ex-raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, au sud de Rouen, «a franchi une nouvelle étape» qui va permettre le démarrage de l’activité de stockage d’hydrocarbures par Bolloré Energie. Annonce faite vendredi 5 février par la préfète de la Seine-Maritime, préfète de Normandie, Nicole Klein. Elle a elle-même signé l’autorisation d’exploiter le parc de stockage dit « du Milthuit ».

Le site de l’ancienne raffinerie est donc en pleine mutation. Et l’arrêt définitif de l’activité, en avril 2013 - laissant sur le carreau 449 salariés du groupe pétrolier suisse - semble presque lointain. Chacun se souvient cependant d’un conflit majeur dans la région rouennaise, menée depuis 2012, prenant une tournure nationale avec la venue des candidats à la présidentielle, puis du président élu, François Hollande. À noter toutefois que des militants de la CGT, croyant toujours à une reprise possible des installations par des groupes pétroliers non européens, maintiennent leur lutte sur le terrain judiciaire pour contester la reconversion. Ayant perdu en appel leur procès de contestation de la vente du site à Valgo, ils se sont pourvus en cassation en septembre 2014.

Plate-forme logistique

Quoi qu’il en soit, la reconversion industrielle du site a démarré il y a plus d’un an avec une opération de déconstruction des installations menée par le groupe Valgo, spécialisé dans la dépollution. L’entreprise a été choisie en avril 2014 par le tribunal de commerce de Rouen, dans le cadre d’un projet mené en partenariat avec Bolloré Énergie et Eiffage construction. «Sur la zone dévolue à Bolloré Énergie, on avance, on démolit les cuves, on les nettoie. Il s’agit, le plus souvent, de cuves qui contenaient du pétrole brut. Pétrole qui était stocké, traversait le site pour être raffiné, repassait sous la départementale pour être de nouveau stocké, décrit Vincent Bouché, PDG de Valgo. Bolloré Énergie commence pour sa part les travaux de remise en état du site, pour être opérationnel en 2017. De toute évidence, les produits arriveront par bateau, seront déchargés par le biais de quais à remettre aux normes, tout comme la gare routière où les produits seront redistribués par camions». Ils prendront ensuite la direction (notamment) de l’Ile-de-France.

«Avec ce transfert, la société Bolloré Énergie est maintenant l’exploitant légal de ces installations, avec les obligations en termes de sécurité associées. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le redéveloppement économique du site», insiste la préfète.

Les autres projets à l’étude, portés par Valgo, concernent notamment une plate-forme logistique sur 65 hectares. «Elle servira pour les ports de Rouen et duHavre, entre céréales et produits chimiques, précise François Bouché. Il s’agit d’aménager de grands bâtiments, pour lesquels il y a déjà beaucoup de demandes». Valgo lui-même n’est pas en reste, avec une zone « bio centre » mitoyenne avec Bolloré Énergie, sur quatorze hectares, dont l’exploitation est prévue dès le second semestre 2017. «Nous ferons du traitement de terres polluées, pas seulement celles de la raffinerie, mais que nous irons chercher en Seine-Maritime, dans le Grand-Paris...»

En perspective également, le transfert des activités recherches et développement du groupe Valgo dans les laboratoires existants, la création d’un cluster de PME environnementales. «Axipem fait de l’analyse sanitaire de produits agroalimentaires; BJL Normandie analyse, vérifie la présence d’amiante, liste François Bouché. Nous aurons aussi une entreprise d’électricité industrielle, une société de diagnostic amiante, une autre qui fait de la formation... On crée une sorte d’hôtel d’entreprises. Sans oublier le développement de projets en partenariat avec des écoles d’ingénieurs comme l’Insa Rouen». Son directeur, Jean-Louis Billoët, confirme d’ailleurs la présence de sept étudiants en master pour une formation unique en France appréhendant aussi bien le démantèlement que la réhabilitation de sites industriels.

Pompage dans la nappe

En termes d’emploi, Valgo compte parvenir « bout à bout » à 150 emplois, puis atteindre les 400 en 2020 quand les plateformes logistiques multimodales d’Eiffage seront en service. Mais en attendant, il faut mener de front la dépollution de la raffinerie. «Nous avons encore trois ans devant nous, en fonction du planning d’Eiffage notamment, précise le dirigeant. Alors, nous installons des systèmes de pompage pour prélever les hydrocarbures dans la nappe phréatique; on aspire, on détruit ensuite. Nous conduisons cependant un programme pour réutiliser certains carburants prélevés sous forme de chauffage, pour nos bâtiments, mais pas pour la revente».

Fuel, gazole, bitume sont présents sous la raffinerie, sans aller trop loin en profondeur. Mais il faut pomper. La configuration des lieux et son histoire mouvementée (y compris pendant la guerre), ajoutées à la présence de la nappe phréatique, rendent la tâche parfois difficile. À noter cependant que la pollution liée à l’ancien propriétaire Shell (fuite d’essence sans plomb et de gazole en 1990) ne relève pas du repreneur Valgo, mais toujours de Shell.

Marc BRAUN

m.braun@presse-normande.com

Un site historiquement pollué

La raffinerie de Petit-Couronne date de 1929 (Société maritime des pétroles), est exploitée par Shell à partir de 1948 avant d’être cédée à Petroplus en 2008. Entre-temps, dès octobre 1940 puis pendant la Seconde Guerre mondiale, elle constitue un véritable trésor de guerre pour les forces d’occupation allemandes. Un trésor réquisitionné, démonté et éparpillé à travers l’Europe (pas moins de 5 200 tonnes de matériels sont enlevées). De son côté, le personnel de la raffinerie refuse de participer à ces opérations au risque de s’exposer «à des mesures qui sanctionneraient toute insoumission même passive». Les bacs de stockage sont volontairement incendiés en 1940 pour ne pas servir à l’ennemi. De mémoire de Couronnais, on sait que cet épisode a laissé des traces dans les sous-sols. Mais la fuite d’une canalisation de sans plomb en 1990 également. Les pompages opérés alors ont mis à jour d’anciennes pollutions, avec des hydrocarbures plus ou moins raffinés, se mêlant aux nouvelles.


 

Commentaire de Florestan:

L'activité de l'industriel breton Bolloré semble plus pertinente au fond d'un port normand à Pétroplus qu'à... Canal Plus!

Méfité! Méfité co ! Méfité toujou!