Mais comme le sujet est plutôt scabreux on restera dans les limites d'une certaine pudeur... qu'autorisent les volutes opaques d'une magnifique opération d'enfumage!

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Le poulpe en fuite lache son fameux nuage d'encre... En Normandie, poulpe se dit "pieuvre" qui était aussi le surnom de Laurent Fabius à Rouen.

Le gouvernement Valls a bien fait les choses: un rapport partagé par un sénateur de droite, spécialiste reconnu de la question puisqu'il avait déjà pointé dans un précédent rapport le déclin des ports français faute d'être réellement efficace dans la maîtrise logistique des hinterlands (encore et toujours la question du fret ferroviaire) et une députée socialiste ancienne maire fabiusienne de Rouen qui voudrait ainsi démontrer, sur ce sujet essentiel pour l'avenir même de la Normandie, qu'elle n'est pas une potiche et encore moins une péniche remontant péniblement la Seine jusqu'au quai d'Orsay où, il y a peu, se trouvait un Laurent Fabius ministre des affaires totalement étrangères à la Normandie.

Pas d'allusion pornographique donc dans ce billet pour fustiger ces deux parlementaires qui vont faire un rapport ensemble: qui sera lu par qui d'ailleurs? Et pour quoi faire?

  • Voir, à ce sujet, le texte de la lettre de mission adressée à Valérie Fourneyron par le Premier ministre:

http://www.valerie-fourneyron.fr/wp-content/uploads/2016/02/lettre-de-mission-REVET_FOURNEYRON_Axe-Seine.pdf

En revanche, on ne peut échapper à la brutalité des chiffres, à l'urgence des besoins et encore moins, semble-t-il, aux pénibles réalités des rapports de force partisans: les ports normands n'ont jamais vraiment intéressé Laurent Fabius, le baron socialiste du coin... Pire! C'est un sujet "sarko-compatible", tendance Rufenacht.

Pour le dire plus simplement: un truc de Havrais indigne d'intéresser un fabiusien rouennais. Alors d'autres arbitrages ont été fait au "château" qui ont bénéficié aux grands féodaux de province plus entreprenants que Monsieur Fabius. L'argent disponible a été distribué. Circulez! Il n'y a plus rien à voir! Silence ! On vous enfume!

Pour mémoire, on rappelera que la "Commission Mobilités 21" présidée par le député PS du Calvados Philippe DURON en juin 2013 avait chiffré à plus de 10 MILLIARDS (euros valeur 2012)  les besoins de la Vallée de la Seine (LNPN, ligne fret Serqueux-Gisors à brancher sur la petite ceinture de Paris qui est désaffectée, contournement Est de Rouen qui n'est pas inscrit dans le CPIER et que les con-tribuables Normands paieront).

On nous dit de nous contenter de ce soit-disant UN milliard distribué dans ce fameux CPIER Vallée de la Seine qui est surtout financé par ceux qui devraient recevoir un financement sur le mode de: "donne moi ta montre et je te dirai l'heure!"


 

  • Voir le blog de Valérie FOURNEYRON:

http://www.valerie-fourneyron.fr/actualites/en-mission-parlementaire-pour-renforcer-lattractivite-des-ports-de-laxe-seine.html

En mission parlementaire pour renforcer l'attractivité des ports de l'Axe Seine

En mission parlementaire pour renforcer l'attractivité des ports de l'Axe Seine

Le Premier ministre m’a confié une mission parlementaire temporaire visant à renforcer l’attractivité et la compétitivité des places portuaires de l’Axe Seine. Cette mission, placée auprès d’Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche, sera réalisée conjointement avec le Sénateur du Havre Charles Revet, auteur en 2011 d’un rapport sur les ports français. Étant moi-même Vice-Présidente du Conseil de Surveillance du Grand Port Maritime de Rouen et investie de longue date dans les sujets portuaires et HAROPA, je crois que nous formerons un binôme complémentaire et efficace pour réaliser notre tâche.

Je débute cette mission avec beaucoup d’enthousiasme et une farouche détermination à avancer très rapidement, en instaurant un dialogue avec l’ensemble des acteurs publics et privés concernés. Nous remettrons notre rapport à Alain Vidalies au mois de juin et un premier point d’étape est prévu dès le Conseil Stratégique de l’Attractivité qui se tiendra le 22 mars à l’Élysée.

Pourquoi un tel « Blitzkrieg » pour faire connaître nos conclusions et nos préconisations sur les ports de l’Axe Seine ? Car les tenants et les aboutissants du problème sont relativement bien identifiés : ils ont déjà fait l’objet de nombreuses études, de multiples rapports, de maintes tables rondes. Aujourd’hui, l’enjeu, tel que je le conçois, est moins de dresser un constat ou un énième diagnostic que d’assurer le portage politique des solutions concrètes, pragmatiques qui permettront de faire évoluer rapidement et positivement la situation des ports de l’Axe Seine.

Cette situation, quelle est-elle ?

La France possède la première façade maritime en Europe et la deuxième au monde. Aujourd’hui, 85 % du trafic économique se fait par la mer. L’Axe Seine, est géographiquement, la première porte d’entrée du Nord de l’Europe pour le trafic maritime international de marchandises. Notre territoire semble donc idéalement placé pour être un acteur de tout premier plan dans le domaine des transports de marchandises.

La compétitivité et la qualité de service des places portuaires françaises ont par ailleurs largement progressé grâce à la mise en œuvre de la réforme portuaire de 2008 et aux investissements qui l’ont accompagnée.

La création en 2011 du Commissariat général au développement de la Vallée de la Seine (confié à Antoine Rufenacht, ancien président du conseil régional de Haute-Normandie et ancien maire du Havre) puis, en avril 2012, de la Délégation Interministérielle pour le Développement de la Vallée de la Seine, dirigée par le Préfet François Philizot, a permis d’établir un schéma stratégique d’aménagement et de développement à l’horizon 2030 qui contribue également à une forte dynamique en faveur de notre territoire.

Enfin, HAROPA a été élu « meilleur port européen » en 2014, pour la 4ème année consécutive, par 18 000 professionnels asiatiques du transport et de la logistique devant ses principaux concurrents du range Nord, Rotterdam, Anvers et Hambourg. A travers ce prix, les professionnels du shipping et de la logistique reconnaissent les atouts des solutions HAROPA. Les trois ports de l’Axe Seine touchent plus de 600 ports dans le monde, proposent des temps de dédouanement performants (4 mn 34), des transit-times et des coûts de transport compétitifs notamment avec l’Asie, 1er marché d’HAROPA : les échanges croissants avec ce continent représentent 55% du trafic maritime conteneurisé HAROPA, dont 33% sur la Chine qui compte deux liaisons quotidiennes avec HAROPA-Port du Havre (voir mon article à ce propos ici).

Sur le papier, tous les atouts semblent donc être de notre côté.

Pourtant, la situation reste largement perfectible : l’Axe Seine et ses ports, notamment le Havre, souffrent encore d’un déficit d’attractivité et de compétitivité par rapport à ces mêmes concurrents du range Nord, pourtant moins bien situés géographiquement. Les volumes traités sont largement en-deçà de leur potentiel.

Rotterdam est le 8ème port mondial en termes de volumes, Anvers le 19ème quand Le Havre pointe seulement à la 63ème place (2ème port français après Marseille, mais 1er si on regarde les volumes traités par HAROPA dans son ensemble). Anvers, à lui seul, traite plus de trafic que tous les grands ports maritimes français réunis. Ce constat démontre qu’il reste une marge de manœuvre et que nous n’avons pas su utiliser nos atouts de manière optimale.

Améliorer l’attractivité des ports de l’Axe Seine, c’est stimuler l’activité économique de toute la région

Notre mission sur l’Axe Seine s’inscrit dans une vision nationale. Le Gouvernement fait de la compétitivité des ports français un pilier de notre politique maritime. L’ambition est claire : faire de la France une grande porte d’entrée maritime de l’Europe, valorisant ses places portuaires et ses grands axes fluviaux. C’est le sens notamment de la stratégie nationale portuaire adoptée en 2013, grâce à laquelle chaque grand port français s’est doté d’un projet stratégique fixant son cap pour les 5 ans à venir.

Lors du Comité interministériel de la mer en octobre 2015, le Premier ministre a confirmé la détermination du gouvernement à renforcer l’attractivité de nos ports afin qu’ils trouvent une place de premier plan dans le commerce mondial. Il s’agit de tirer pleinement parti de leur important potentiel de croissance et ainsi de favoriser le développement économique et l’emploi. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre mission sur l’Axe Seine a été lancée en même temps que deux missions similaires, une sur le port de Marseille en lien avec l’axe Rhône-Saône, et une sur le port de Dunkerque.

L’Axe Seine a une vocation naturelle à devenir une zone d’excellence économique et logistique de tout premier plan et  à être la porte maritime internationale de l’Europe.

Dans cette perspective, le développement de l’Axe et du complexe portuaire HAROPA est un enjeu crucial pour l’économie de notre pays et pour le développement de l’économie normande. Améliorer l’attractivité des ports de l’Axe Seine, c’est stimuler l’activité économique de toute la région.

Selon l’INSEE, les complexes industrialo-portuaires du Havre et de Rouen représentent 49 300 emplois salariés en 2012 : 17 400 maritimes et portuaires et 31 900 industriels ou de services aux industries. Ces emplois représentent 12 % de l’emploi salarié de la région. La richesse dégagée par ces deux complexes est estimée en 2011 à 6,1 milliards d’euros soit le cinquième de la richesse produite en Normandie.

Par ailleurs, il y a un enjeu de calendrier. L’ouverture en 2023 du Canal-Seine-Nord Europe (CSNE) représente une opportunité éventuelle à ne pas rater pour développer l’Hinterland d’HAROPA (c’est-à-dire sa zone d’approvisionnement, d’influence et d’attraction économique  à l’intérieur des terres). Loin de constituer une menace, le CSNE peut être une chance historique pour les ports normands de renforcer leurs positions vers le Nord et l’Est de l’Europe, et d’accroître ainsi significativement leurs parts de marché.

C’est un point de vue que j’ai déjà défendu dans ces pages, quand certains acteurs normands ont manifesté une opposition stérile au CSNE par peur d’une éventuelle fuite de trafic (voir mes derniers articles ici et aussi ici ). Je crois au contraire que le CSNE peut receler des complémentarités avec l’Axe Seine et peut être un formidable accélérateur pour améliorer la compétitivité des ports normands, un tremplin économique réel pour le Nord de la France et pour la Normandie. Mais saisir cette opportunité exige que nous soyons parfaitement compétitifs en 2023 et, pour cela, qu’un certain nombre de freins soient levés très rapidement.

Quelles orientations pour la mission ?

Il est bien sûr trop tôt pour dresser ici la liste exhaustive des recommandations que Charles Revet et moi-même émettrons dans notre rapport. Mais nous savons déjà dans quelles directions doivent se concentrer nos regards :

  • Comment améliorer le report modal et l’intermodalité (c’est-à-dire l’utilisation de plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement) du transport de marchandises, condition d’un développement économique durable et soutenable ? Comment développer significativement la part du fret fluvial et du fret ferroviaire par rapport à la route ? Dans ce questionnement, nous devrons plus spécifiquement nous pencher sur les conditions de réussite de la plateforme multimodale du Havre, qui peine actuellement à lancer son activité.
  • Quelles sont les investissements nécessaires en termes d’infrastructures, pour atteindre une qualité, une diversité et une fiabilité maximale de l’offre de transports massifiés ? Sur ce chapitre, je pense bien sûr à l’impératif absolu de moderniser la ligne Serqueux-Gisors. L’enquête publique s’étendra du 8 mars au 26 avril, et nous la suivrons avec grande attention. Il y a également d’autres initiatives à prendre côté infrastructures, de nature à constituer des leviers efficaces pour renforcer l’attractivité des ports normands, que nous devrons identifier et défendre dans notre rapport.
  • Y a-t-il des simplifications administratives, notamment douanières, à mettre en œuvre ?

90% des investissements stratégiques sont déjà planifiés

L’ensemble de nos réflexions sera nourri par l’effort financier majeur national et européen concrétisé, pour la première fois en 2015, dans les Contrats de Plan Etat-Région (CPER) et particulièrement dans le Contrat de Plan Interrégional Vallée de la Seine (CPIER).

Les opérations d’investissement les plus significatives sont en effet d’ores et déjà inscrites dans les CPER et CPIER, et bénéficient à ce titre d’une participation financière de l’État, de la Région Normandie, de la Métropole Rouen Normandie, de l’Union européenne et d’autres collectivités du territoire. Elles représentent d’ores et déjà 90% des investissements stratégiques, souhaités par les acteurs portuaires pour le développement de l’Axe Seine.

Ces opérations représentent près d’un milliard d’euros d’investissements au bénéfice de la Vallée de la Seine !

Dans le CPER :

  • modernisation de l’axe ferroviaire Serqueux-Gisors (mise en service fin 2019), à hauteur de 71 millions,
  • l’amélioration des accès nautiques du Grand Port maritime de Rouen, pour 35 millions,
  • les études sur l’amélioration des accès fluviaux du Grand Port Maritime du Havre, pour 1 million,

Dans le CPIER :

  • le développement des terminaux de containers,
  • le développement des nouveaux terminaux fluviaux,
  • la réfection des écluses par Voies Navigables de France,
  • la réparation navale.

Ces opérations montrent sans ambiguïté à quel point les ports normands sont considérés comme une priorité par le Gouvernement, et combien l’État et les Régions se mobilisent pour leur donner les moyens de faire face à une compétition internationale accrue et pour les aider à tenir leur rôle de porte d’entrée de la France. A ces efforts conséquents s’ajoute une enveloppe supplémentaire de 100 millions d’euros débloquée par Bruxelles pour les projets portés par la Région, dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) visant à améliorer les liaisons en Europe, ainsi que 270 millions planifiés dans le plan stratégique de développement d’HAROPA pour 2014-2019.

Ainsi, nous savons que notre travail ne consistera pas à tirer des plans sur la comète ou à bâtir des châteaux en Espagne, mais bel et bien à donner une impulsion décisive, à traduire l’ambition nationale pour la Vallée de la Seine de manière opérationnelle et pragmatique, à identifier les grains de sable dans la machine, et à préparer dès à présent les organisations et investissements qui prendront le relais de ce qui est d’ores et déjà planifié jusqu’en 2020.

Notre méthode : l’écoute des acteurs

Charles Revet et moi-même prévoyons de rencontrer dans un temps record l’ensemble des acteurs portuaires de l’Axe Seine pour connaître leur retour d’expérience et définir collectivement des orientations de travail autour de l’aménagement et de l’organisation du territoire.

Nous auditionnerons ainsi tous les acteurs institutionnels et les élus, les chargeurs, les intervenants de la chaîne logistique (transports, intervenants immobiliers, prestations de services), les clients d’HAROPA et les entreprises, les établissements publics en charge des infrastructures (ports, SNCF Réseau, SNCF Logistics, Voies Navigables de France), les chambres de commerce des territoires…

Cet échange avec les professionnels sera la base de notre réflexion, pour fédérer le point de vue des acteurs politiques et économiques de l’Axe Seine, autour d’une visions stratégique de son développement pour les années à venir, au service de l’économie normande et de l’attractivité de la France.

Je rendrai compte régulièrement des avancées les plus notables de notre mission sur ce blog.

Voir ici la lettre de mission du Premier ministre : lettre de mission REVET_FOURNEYRON_Axe Seine

Voir ici mon interview en vidéo à Paris-Normandie sur la mission.

 

Pour les organismes qui souhaitent être entendus dans le cadre de la mission ou soumettre une contribution écrite, merci de m’écrire à vfourneyron@assemblée-nationale.fr .