Jeudi 3 mars 2016: les lecteurs de Paris Normandie attentifs et avertis de la question lancinante du ferroviaire normand ont dû être éberlués par un "dossier spécial" pour le moins extraordinaire commandité par la SNCF. Une belle opération de propagande déguisée en "publireportage" qui ne fera pas mentir ce que l'écrivain normand Jules Barbey d'Aurévilly disait déjà à son époque:

"le journalisme, le chemin de fer du mensonge!"

En voici, hélas, une nouvelle preuve avec ce "publireportage" qui s'apparente à de la communication de crise! Qu'on en juge par le petit rappel inopportun suivant:

1) Octobre 2015: dépôt de bilan de la filiale gérant le tout nouveau terminal multimodal ferroviaire/ fluvial du port du Havre avec une ardoise de 53 millions, une grosse colère du ministre et l'obligation pour la direction du port du Havre de reprendre en main ce bel éléphant blanc qui génère une rupture de charge estimée par les opérateurs logistiques portuaires à quelques 65 euros par conteneur... Autant les envoyer sur la route!

2) Le scandale absolu du cimetière ferroviaire de la gare de triage de Sotteville les Rouen hante plus ou moins l'actualité, en fonction des diverses tentatives de vol de matériel ou de cuivre sur les locomotives de... SNCF Fret.

3) A l'ouverture du terminal Port 2000, la SNCF jurait ses grands dieux qu'elle monterait jusqu'à 25% pour "dépoter" les conteneurs du Havre vers l'hinterland parisien. Comptant sur la mémoire courte des vaches normandes qui regardent passer les flottilles de camions de sous-traitants qui bossent pour la... SNCF, on nous rappelle ici avec candeur que faire ... 10% du trafic c'est vraiment très, très bien!

4) Bien entendu, pas un mot sur Jacques Rapoport dans les pages qui suivent, le patron de SNCF Réseaux qui a démissionné le 26 février dernier car il en avait un peu ras sa casquette de chef de gare: convoyer 43 milliards de dettes voilà, en effet, un beau défi de logistique! A moins que, par une extrême prudence pour lui-même, le personnage ait démissionné avant d'avoir à subir les fâcheuses conséquences juridiques du prochain grand accident ferroviaire. L'article ci-dessous du Figaro est, en effet, plutôt inquiétant:

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/03/09/29006-20160309ARTFIG00017-ces-6-chiffres-inquietants-qui-minent-la-sncf.php

5) Et puis arrive le 8 mars 2016 et l'ouverture de l'enquête d'utilité publique pour l'improbable rocade ferroviaire du Serqueux-Gisors au départ du Havre mais dont l'arrivée en région parisienne n'est toujours pas clairement définie: les herbes folles d'une petite ceinture ferroviaire en partie désaffectée et qui servait, il y a peu, de bidonville pour les Gitans de la capitale? Avec un pays de Bray tenté par le Nimbyland, le maire de Gournay prend la tête de la grogne faute d'avoir en France la culture suffisante de la démocratie de la maîtrise d'usage...

6) Enfin, le 22 mars prochain, sous les ors du Château de l'Elysée, un conseil stratégique sur les urgences logistiques et portuaires françaises doit avoir lieu avec la remise du fameux rapport "copier/coller" de M. Revet et Mme. Fourneyron...

Bref! Une belle opération d'enfumage en cours, tant que la question fondamentale du financement comme celle du pilotage prospectif de l'intérêt national de la Basse Seine normande ne seront pas entièrement repensées et confiées à la seule entité qui aurait quelque légitimité réellement démocratique pour le faire: la région Normandie.

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  • Et pendant que les tigres de papier de la SNCF rugissent, les léopards normands grognent du côté de la Pointe de Caux ou du Pays de Bray à propos des projets ferroviaires de la LNPN et du Serqueux-Gisors:

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