On connaît le proverbe: quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage. Et on le laisse crever.

N'allons pas par quatre chemins:

Le gouvernement actuel soi-disant "socialiste" (mais un gouvernement dit de "droite" aurait certainement hélas fait la même chose...) est en train de détruire le pacte de confiance financière qui permettait le fonctionnement d'une certaine décentralisation territoriale et républicaine depuis les années 1980. Depuis trente ans, les collectivités territoriales (régions, départements, intercommunalités rurales et urbaines) ont pris en charge des pans entiers des politiques publiques autrefois du seul ressort de l'Etat central et en contrepartie, ce dernier donnait l'argent de poche aux collectivités pour qu'elles puissent travailler. C'est la fameuse Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) votée par la représentation nationale chaque année lors de la présentation de la loi de finance devant le Parlement.

Et c'est ainsi que la décentralisation républicaine à la française n'était pas une régionalisation ou plutôt un entre-deux entre décentralisation et véritable régionalisation. Mais comme les ressources financières n'ont pas été régionalisées comme certaines politiques publiques l'ont été, lorsque l'Etat central et jacobin devient impécunieux et que l'argent de poche qu'il distribue vient à manquer, cet entre-deux devient alors un piège mortel pour des collectivités qui n'ont pas le droit de voter des budgets en déséquilibre, qui se sont engagées à ne pas augmenter les quelques impôts locaux qu'elles peuvent contrôler et qui ont eu recours massivement à l'emprunt (avec parfois ces fameux produits financiers "toxiques") pour assurer les indispensables investissements pour l'aménagement et le développement local au delà des compétences obligatoires que l'Etat central leur a demandé d'exercer dans le cadre de la décentralisation.

Bref, l'Etat est bien mauvais joueur en décidant de réduire de plus de 27 MILLIARDS la DGF tout en ayant lancé ce grand chantier brouillon des grandes régions sans réels moyens financiers (certains disent que ces grands machins néo-régionaux sont comme de grandes... galettes) avec un embrouillamini qui demeure au niveau des compétences entre le conseil régional et les autres collectivités, notamment les départements dont on ne sait si à terme, ils pourront subsister au noeud coulant financier tiré par Monsieur Valls qui avait souhaité, dans une première mouture de la réforme pseudo régionale présentée au printemps 2014, leur disparition...

Résultat? Des dizaines de départements sont menacés par la faillite. Et paradoxe dans le paradoxe: ces collectivités financièrement étranglées doivent verser l'argent des plus pauvres d'entre nous...

Décidément, le socialisme gouvernemental est une bien triste grimace !

RSA_plus_de_pognon_1

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Dans ces conditions, comment MM. Lecornu et Martin pourraient-ils prétendre relancer la dynamique des grands projets d'intérêt national de la Basse Seine? Leur posture partagée avec leurs collègues des Yvelines et des Hauts-de-Seine sur l'idée de reprendre en main la gouvernance de l'Axe Seine n'est qu'une imposture!

Donc, il n'y a plus de pognon ou presque... Il faut donc apprendre à nous débrouiller seuls. Exemple dans le bocage de l'Ouest normand avec le sauvetage d'une épicerie de village:

S__d_brouiller_tout_seul