Une rose coupée finit tristement sa vie fânée dans l'eau croupie d'un vase et tout Normand devrait connaître ce célèbre vers de François Malherbe: "Et rose, elle vécut que ce que vivent les roses. L'espace d'un matin."

Pire est le tragique état d'une rose coupée en deux, tranchée d'un couteau, les pétales dispersées au sol... A moins de considérer que deux roses écloses pourtant dans la même roseraie puissent se faire la guerre: la rouge voulant tacher de sang la blanche. La blanche voulant vider de son sang la rouge...

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On apprend ce jour que la Normandie des roseraies est enfin réunifiée!

Le monde entier sait pourtant que la Normandie est la terre des roses puisqu'elle est la terre natale de la petite Thérèse Martin qui a donné son nom à toutes les roses. La passion normande pour les roses est plus ancienne que celle qu'elle nourrit pourtant depuis quelques siècles pour la pomme. On dit que ce fut la passion même de... Guillaume Le Conquérant qui aimait à les cultiver pour Mathilde la femme de sa vie. On dit que Guillaume et Mathilde se sont mariés sous une pluie de pétales de roses après avoir marché sur un tapis de pétales de roses dans la collégiale d'Eu. On raconte qu'installé à Londres, le nouveau-duc roi, fit venir de Normandie, par navires, des plans d'arbres fruitiers et des rosiers pour ses jardins nouvellement créés en Angleterre. On dit aussi que dans chaque forteresse ducale ou dans chaque abbaye bénédictine, il y avait des roseraies mais aussi des vergers d'arbres fruitiers. Et c'est ainsi que furent créées les fameuses roses anglaises qui plus tard, de Tudor ou de Lancastre, se firent la guerre.

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La Normandie resta longtemps la terre des roses notamment pour des raisons liturgiques avec la cathédrale de Bayeux comme centre de cette roseraie normande. En effet, dans la liturgie très ancienne et très particulière de la cathédrale du Bessin, il y avait l'usage de faire pleuvoir des pétales de roses violines ou rouges depuis les coursives hautes du choeur pendant la messe de la Pentecôte pour figurer la descente du feu du Saint Esprit tandis que le mois de mai consacré à la Vierge Marie à laquelle est consacrée la cathédrale était littéralement un chemin de pétales de roses blanches: pour alimenter le fort besoin de fleurs et de pétales pour cette liturgie florale typique de toutes les grandes églises normandes dont on retrouve les échos sur les trophées sculptés dans le bois de nos chères armoires ou dans la toponymie de nos villages ou de nos hameaux, toute une filière économique de la roseraie prospérait dans les campagnes normandes aux alentours des cathédrales, notamment celle de Bayeux. Avec des couleurs compatibles avec la liturgie: le blanc et, assurément, le fameux "violet de Bayeux".

A partir des années 1820 et 1830, cette vieille tradition médiévale et liturgique fut relayée par celle des horticulteurs amateurs et créateurs de roses dans l'aristocratie et la bourgeoisie normande à l'instar de ce qui se pratiquait aussi en Angleterre: et sous le Second Empire, les roseraies expérimentales normandes publiques (jardins des plantes municipaux) ou privées couvrirent la France entière de plus de 600 variétés de roses nouvelles que l'on appelle aujourd'hui "roses anciennes" pas toujours "remontantes" mais toujours délicates et parfumées.

  • Cette belle histoire, méconnue, de la passion des Normands pour les roses est à découvrir par ici:

http://roseanciennenormande.monsite-orange.fr/

  • Lire aussi:

http://www.arehn.asso.fr/centredoc/livres/redoute/redoute.html

Mais surtout, nous avons le plaisir de vous faire part que les associations des rosiéristes Haut et Bas normandes n'en feront, désormais, plus qu'une!


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5331637/newsletters/de-montchamp-manche-a-offranville-seine-maritime--les-roseraies-normandes-reunifiees

De Montchamp (Manche) à Offranville (Seine-Maritime) : les roseraies normandes réunifiées

Publié le 18/03/2016 á 22H59
De Montchamp (Manche) à Offranville (Seine-Maritime) : les roseraies normandes réunifiées
La roseraie du Grand-Quevilly (photo Boris Maslard)
 

Qu’elles soient publiques ou privées, les roseraies de l’association ont pour point commun de s’ouvrir aux visiteurs ; quasi à temps complet, comme celle du Jardin des plantes de Rouen, ou à des dates précises comme au Bois des Moutiers à Varengeville. Autre point commun des dix membres de l’association : la volonté de promouvoir et mieux faire connaître les roses, chacun présentant la reine des fleurs sous un angle d’intérêt différent. Et pour la reine rose, il ne fallait pas moins qu’un prince pour diriger l’association, en l’occurrence le prince Kayali, propriétaire du château et de la roseraie de Mesnil-Geoffroy à Ermenouville (Seine-Maritime).

Composée exclusivement de roseraies seino-normandes et euroises pendant ses quinze ans d’existence, l’association, réunification oblige, vient d’accueillir deux nouveaux membres venus de la Manche et de l’Orne. Outre l’édition d’une plaquette commune, l’association participe à divers événements, comme le salon « Graines de jardin » (Rouen les 21 et 22 mai prochains), et permet une réflexion en commun sur les animations dans chaque roseraie (cours de taille, soins, visites guidées...).

Les roseraies de l’itinéraire : Ville de Grand-Quevilly, Ville de Notre-Dame-de-Bondeville, Jardin des Plantes de Rouen, Parc William Farcy à Offranville, château de Mesnil-Geoffroy à Ermenouville, Bois des Moutiers à Varengeville, Chasse-Spleen à Bosnormand (Eure), Jardin de Jumaju à Montchamp (Manche), Jardins de la Mansonière à Saint-Cénery-du-Gérei (Orne) et Clos de Chanchore à Fresne-Cauverville (Eure).