Triste affaire du bottier Le Chameau. 55 licenciés à grands coups de bottes dans le c... ! Massacre d'un savoir-faire normand de haute qualité et de tradition pour fêter la bienvenue à la toute nouvelle Agence de Développement de Normandie. Mépris des élus de Paris pour les ploucs du bocage de l'Orne (Macron à Condé sur Noireau, l'autre jour, n'a vu ni chameaux ni dromadaires). Délocalisation au Maroc. Mais des bottes pour la chasse à courre pour la famille royale britanniques, il y en aura toujours!

Comme un hommage cynique du vice à la vertu si célébrée par nos temps de chômage de masse, certains salariés du site de Cahan (Orne) ont reçu leurs... médailles du travail en même temps que leurs lettres de licenciement: il y a de sacrés crétins dans les préfectures et cela fait longtemps que l'on se demande si sous la visière d'une casquette de préfet peut encore s'abriter... une humanité!


 

Cruelle fin à Le Chameau: des médailles du travail avec les lettres de licenciement

Le frabriquant de bottes le Chameau va fermer son usine de Cahan mardi prochain. Les salariés se sont vus remettre officiellement ce jeudi leur lettre de licenciement. Certains ont reçu, en plus, la médaille du travail.

Après 36 ans de "boite", Pascal Chapelain a reçu le même jour la médaille du travail et une lettre de licenciement

Après 36 ans de "boite", Pascal Chapelain a reçu le même jour la médaille du travail et une lettre de licenciement

"J'aurais mieux aimé finir mes années, même sans médaille, jusqu'à la retraite". Après 36 ans au sein de l'entreprise Le Chameau, sur le site de Cahan, Pascal Chapelain s'est vu remettre ce jeudi la médaille du travail. Mais celle-ci a un goût amer. Car elle s'accompagne d'une lettre de licenciement. Le 23 octobre dernier, le fond d'investissement britannique Marwyn, propriétaire de l'entreprise, annonçait son intention de délocaliser la production au Maroc. L'usine de Cahan vit ses derniers jours: elle fermera définitivement ses portes ce mardi. Les 55 salariés se sont vus officiellement notifier leur licenciement ce jeudi. Ils partiront avec une prime égale en moyenne à 28 mois de salaire.

Lundi dernier, ils ont profité de la venue du ministre de l'économie dans la région pour l'interpeller sur leur sort. "On va regarder la possibilité de faire venir d'autres investisseurs, de rouvrir l'usine ou d'en faire monter une autre pour que ces savoirs-faire, cette capacité de production soit pérenisés", a déclaré Emmanuel Macron au cours d'une interview qu'il a accordée à la rédaction de France 3 Normandie. Les salariés espèrent que l'Etat va prendre le dossier en main car pour eux le blocage vient de l'actionnaire anglais.

En janvier dernier, le comité de pilotage le comité de pilotage mis en place par les élus locaux évoquait une possible reprise: huit candidats avaient, selon lui, manifesté leur intérêt pour le site de Cahan. Depuis, ces espoirs ne se sont pas concrétisés. La Direction de La chameau affirme pourtant rechercher des repreneurs potentiels et indique que trois entreprises, "pas forcément françaises", se seraient manifestées ces derniers jours.


Reportage de Nicolas Corbard et Damien Migniau
Intervenants:
- Pascal Chapelain, salarié depuis 36 ans à l'entreprise Le Chameau
- Gilbert Feret, salarié depuis 40 ans à l'entreprise Le Chameau
- Jean-Marc Roussel, DRH de la société Le Chameau