Mais les autorités françaises font tout pour qu'il en soit, hélas, ainsi! Ne serait-ce en refusant de dénoncer ou, dumoins, d'amender sérieusement les accords du Touquet de 2003 entre la France et le Royaume-Uni qui autorisent à ce que la police et les douanes françaises soient mises au service des autorités britanniques pour assurer les tâches humainement difficiles et ingrates de filtrer, depuis la côte française, tous les prétendants en règle ou non au rêve britannique (si celui-ci existe...).

Ces accords léonins voire scélérats qui rappellent de bien mauvais souvenirs historiques du côté de Calais ont pour conséquence que les autorités françaises doivent régulièrement, depuis 2003, disperser dans le paysage tous les migrants et réfugiés qui se sont vus signifier le refus des autorités britanniques depuis la côte française, comme on cache la poussière sous le tapis en comptant sur l'appui humanitaire des associations, la compréhension et la générosité des riverains et des collectivités territoriales concernées à qui les préfectures donnent l'ordre de ne point trop en faire pour éviter le fameux "appel d'air".

Résultat? Des jungles, des bidonvilles, des campements indignes, des trafics, de la violence, du désespoir, de la honte mais aussi de la haine ou de la colère... du mauvais côté du Channel!

  • Deux questions:

Combien de temps va-t-on encore se faire ainsi humilier par la Perfide Albion qui s'en lave les mains tout en nous obligeant à salir les nôtres?

Combien de temps va-t-on encore pouvoir détourner le regard?

Car à force de loger la poussière de la misère humaine sous notre beau tapis de France, il y a une bosse qui pourrait maintenant en faire trébucher plus d'un du haut de ses certitudes!

On pensera ce qu'on voudra d'Emmanuel Macron mais ce dernier avait eu l'audace, il y a quelques semaines, de rappeler tout simplement à Messieurs les Anglais que s'ils voulaient vraiment quitter l'Union européenne en juin prochain, la France laisserait passer librement la Manche à tous ces désespérés qui errent sur nos côtes et nos ports depuis plus de...14 ans!


 

http://www.ouest-france.fr/normandie/port-de-dieppe-herve-morin-et-pascal-martin-demandent-levacuation-4118105

Hervé Morin demande l'évacuation du port de Dieppe

Des migrants sur le port de Dieppe.

 

Le président de Région Hervé Morin et celui du Département de la Seine-Maritime, Pascal Martin, demandent l'évacuation « d'urgence des migrants du domaine public ».

Dans un communiqué, les deux élus en appellent « au concours des forces de l'ordre pour mener à bien cette expulsion ».

Le développement du port de Dieppe « impose un environnement sécurisé », poursuivent-ils. « Ce développement est incompatible avec la présence de migrants dont les conditions de vie, dans des logements de fortune, sont par ailleurs intolérables. »

Devant le nombre de migrants « à proximité du terminal transmanche », Hervé Morin et Pascal Martin « souhaitent que l’Etat prenne ses responsabilités pour que Dieppe ne devienne pas le Calais normand ».

 "Fermeté et intransigeance " pour le maire de Dieppe Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe, évoque « environ 150 migrants autour du port, avec une prédominance de la filière albanaise qui représente environ 80 % de ces migrants ». Il explique avoir demandé lui-même à Hervé Morin « en tant que président du port », et à l’Etat, « d’assumer leurs responsabilités ».

L’élu reconnaît : « L’activité du port est mise en difficulté par leur présence, notamment les transporteurs. Les conditions d’hébergement de ces personnes ne sont pas acceptables, ni pour elles, ni pour la population. » Et de justifier : « On agit avec humanité avec les demandeurs d’asile. Mais je demande fermeté et intransigeance sur la filière albanaise, qui n’est pas en situation de demander l’asile et donc de rester. »


 

  • Voir aussi cette analyse de Normandie XXL au sujet d'une indécente partie de ping-pong entre la préfecture et la présidence du conseil régional de Normandie sur fond de misère humaine:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1391

Collectivités. Nous avons évoqué hier la demande Hervé Morin, Président de la Région Normandie et de Pascal Martin, Président du Département de la Seine-Maritime, face à la dégradation de la situation des migrants à Dieppe réclamant  « l’évacuation d’urgence des migrants du domaine portuaire » et sollicitant « le concours des forces de l’ordre pour mener à bien cette expulsion».

En ce 25 mars, la Préfecture procède à une mise au point et rappelle que : « la sécurité du Transmanche fait l’objet d’un suivi attentif de la part des services de l’État[…] qui sont pleinement mobilisés sur le sujet. »

Les chiffres communiqués par la Préfecture donnent une bonne idée de l’ampleur qu’a déjà pris le problème : « en 2015, 178 ressortissants étrangers, notamment albanais, ont été interpellés en zone d’accès restreint et ont fait l’objet d’une mesure d’éloignement conduisant à 168 placements en centre de rétention administrative et 146 reconduites effectives dans le pays d’origine. Pour les trois premiers mois de l’année 2016, 48 procédures ont été diligentées donnant lieu à 41 reconduites effectives. »

Comme nous l’écrivions hier un certain nombre de passeurs ont également été poursuivis et condamnés à des peines d’emprisonnement.

Pour la Préfecture : « face à un accroissement constaté de la pression migratoire sur le port de Dieppe, l’État a adapté son dispositif en délégant des renforts et une présence renforcée » mais aucun chiffre n’est communiqué.

La Préfecture rappelle que : « la sécurité du port de Dieppe est l’affaire de tous les acteurs concernés, et au premier chef, celle du gestionnaire du port et celle de l’exploitant du lien Transmanche »

L’Etat a transféré la propriété du domaine public au syndicat mixte, en 2007, celle-ci inclut les espaces situés en pied de falaise au droit du terminal Transmanche, c’est-à-dire précisément ceux où se trouvent les migrants et la Préfecture de conclure : « c’est au président du syndicat mixte, seul compétent en la matière, qu’il appartient d’engager les procédures judiciaires propres à faire cesser une occupation illicite des lieux. » Comme le président du syndicat mixte est Hervé Morin…la boucle est bouclée, renvoi à l’expéditeur.

Il est vrai, qu’en droit, on est responsable de la protection de ses biens, si vous êtes cambriolé et que votre porte est ouverte, l’assurance n’est pas obligée de vous rembourser…mais jusqu’où doit on la barricader ? Le président du Transmanche, Pascal Martin a déjà investi 250.000 euros pour la sécurisation du site (dispositif anti-franchissement, gardiennage). Le Transmanche coûte 20 millions d’euros à la collectivité, son président doit partir en quête d’un nouvel exploitant pour la ligne, une telle situation ne favorisera pas la signature d’un contrat. Cette forme de comportement de l’Etat n’est pas nouvelle, c’est déjà celle adoptée à Calais où l’exploitant du tunnel réclame les dizaines de millions qu’il a dû investir pour protéger son outil de travail. Il serait dommage que l’Etat transforme le droit en arguties pour esquiver ses responsabilités.

  • La suite du "ping-pong" avec la promesse difficilement tenable de Bernard CAZENEUVE d'empêcher la constitution de campements sauvages aux abords des zones portuaires normandes:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1394

collectivités


Migrants à Dieppe : pour Bernard Cazeneuve le problème relève bien de l’Etat et non de la Région

 Bernard Cazeneuve et Alain Tourret

Collectivités. Phase 1 : Hervé Morin Président de la Région et Pascal Martin Président du Département de Seine-Maritime demandent à la Préfecture « l’évacuation d’urgence des migrants du domaine portuaire et sollicitent le concours des forces de l’ordre pour mener à bien cette expulsion ».

Phase 2 la Préfecture rappelle les actions menées et conclut que : c’est au président du syndicat mixte, seul compétent en la matière, « qu’il appartient d’engager les procédures judiciaires propres à faire cesser une occupation illicite des lieux ».

Phase 3 Alain Tourret député PRG du Calvados, Secrétaire de la Commission des lois de l'Assemblée nationale, fait remarquer qu’il a, dès le 9 mars, interrogé le ministre de l'Intérieur sur les points de pression sur le littoral de la Manche autres que Calais et sur la politique de répression menée à l'encontre des passeurs.

Bernard Cazeneuve a répondu : « la situation n’est pas dramatique mais j’ai donné aux préfets des instructions claires pour qu’ils sécurisent les frontières et les infrastructures portuaires et qu’ils n’acceptent l’implantation d’aucun campement. » (C’est nous qui soulignons).

Les migrants présents relevant du statut de réfugiés doivent bénéficier du dispositif prévu par les Pouvoirs Publics, quant aux passeurs qui relèvent du ministère de la Justice leurs réseaux doivent être démantelés et le ministre rappelle que « 25 réseaux l’ont été avec 700 personnes remises à la justice ».

Le ministre considère donc que le problème des migrants relève bien de l’Etat et ne renvoie pas la balle au Président de Région comme l’a fait Madame la Préfète.