Jeudi 31 mars 2016 avec une météo plus favorable que la fois précédente, ce sont près de 45000 manifestants qui se sont mobilisés dans les rues des trois grandes villes normandes: 10000 à Caen, 15000 au Havre et 20000 à Rouen où des incidents avec les forces de l'ordre ont eu lieu...


 

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Images, vidéos. Les manifestations contre la loi travail, en Normandie

La journée de jeudi 31 mars 2016 a été marquée par des mouvements importants, en Normandie, contre la loi travail, et de fortes tensions, notamment à Rouen et Caen. Nos images.

À Caen. (© Philippe Rifflet)

À Caen, une dizaine de milliers de manifestants se sont rassemblés. (© Philippe Rifflet)

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont montré leur désaccord avec le projet de loi El Khomri, portant sur la réforme du code du travail, jeudi 31 mars 2016, en Normandie. Un mouvement national davantage suivi que la semaine précédente. Des rassemblements parfois tendus entre les manifestants et les forces de l’ordre, comme à Rouen et à Caen. Retour en images sur les manifestations en Normandie.

15 000 manifestants au Havre

Jeudi 31 mars 2016, au Havre (Seine-Maritime), la mobilisation contre le projet de loi El Khomri, était encore très importante. 15 000 manifestants auraient pris part au mouvement, selon les syndicats, dont plus de 1 000 étudiants. Un chiffre deux fois supérieur à celui de la manifestation du jeudi 24 mars 2016.
Dès 5h30, l’intersyndicale CGT, FO, Sud, Solidaires et Unef s’organisait pour un blocage total des entrées de ville. Un blocage de l’économie réussi. La circulation est restée quasi nulle jusqu’à 10 heures, dans le centre ville. Les manifestants ont convergé vers midi sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Les dockers, près de 2 000 hommes, venaient gonfler les rangs.

À Rouen, près de 20 000 personnes

À Rouen, le cortège de salariés, lycéens et étudiants est parti du Cours Clémenceau à 10h30. Au plus fort de la mobilisation, 20 000 personnes ont battu le pavé. Les premières tensions sont apparues vers midi, sur le parvis de la préfecture. Des projectiles ont été lancés sur les force de l’ordre, qui ont alors refoulé les manifestants, les éloignant de la préfecture à l’aide de gaz lacrymogène. Le cortège s’est disloqué, avant de reprendre forme devant l’Hôtel de Ville. À l’initiative du collectif Interluttes, un campement a été brièvement installé, avant d’être évacué par les CRS. Le face à face s’est alors poursuivi rue de la République, puis, rive gauche : devant l’hôtel de police et au centre commercial Saint-Sever, qui a baissé le rideau. Au cours de ces tensions, des poubelles ont été brûlées, et la vitre d’un tramway a été brisée.

À Caen, 10 000 manifestants

10 000 personnes ont manifesté à Caen (Calvados). Du point de vue des organisateurs, cette nouvelle mobilisation contre la Loi Travail est une immense réussite. Le préfet du Calvados a lui même tweeté que 7000 à 10 000 personnes avaient été comptabilisées au plus fort de la manifestation. Côté syndical, les chiffres ont poussé jusqu’à « 15 000 » a notamment indiqué un représentant Force ouvrière. Trois heures durant, étudiants et lycéens en tête de cortège ont arpenté les rues du centre-ville de Caen, où un important dispositif de police avait été déployé. Dès hier, la préfecture du Calvados indiquait que  les grands axes de la ville ne pourraient pas être occupés durablement. Les ponts enjambant l’Orne, où de très nombreux CRS avaient pris position, ont ainsi été interdits d’accès aux manifestants.
Peu après 13h, au moment de la dislocation du cortège, quelques centaines de jeunes ont tenté de s’approcher du Boulevard Périphérique. Les forces de l’ordre ont rapidement pris position pour les en empêcher. Le tir de grenades lacrymogènes a dispersé les étudiants qui se sont alors dirigés vers le campus. Cinq jeunes ont été interpellés lors du face à face.
À Caen, le mouvement pourrait se poursuivre en soirée avec un appel à rassemblement à partir de 19h ce jeudi, place Saint-Sauveur, avec un objectif d’occupation toute la nuit.

À Alençon, 800 à 1 500 personnes

Le cortège d’Alençon (Orne) est parti vers 11h du rond-point du boulevard Koutiala. Menée par les lycéens, la manifestation a regroupé 800 personnes selon la police, 1 500 selon les syndicats. Les manifestants sont descendus jusqu’en centre-ville, pour terminer devant l’hôtel de ville, pour quelques prises de paroles.
Les syndicats CGT, Sud, FO, Solidaires et FSU ont lu une lettre qu’ils ont écrit au député de l’Orne, Joaquim Pueyo, lui intimant de ne pas voter le projet de la loi Travail. Les syndicats ont annoncé se réunir lundi prochain, appelant déjà à organiser des manifestations pour les mardi 5 et samedi 9 avril prochains.
En fin de manifestation, une centaine de jeunes s’est réunie pour détruire symboliquement un cercueil de la loi travail en carton, dans le parc des promenades d’Alençon. Certains ont donné des coups de pied dedans, d’autres sont passés à vélo dessus, dans une ambiance plutôt bon enfant.

1 700 manifestants à Évreux

Dans les rues d’Évreux (Eure), entre 1 700 (police) et 5 000 (syndicats) manifestants se sont regroupés, pour un défilé en centre-ville, relatent nos confrères de La Dépêche. Répondant à l’appel des syndicats CGT, Sud, FO, Solidaires et FSU, ils ont notamment manifesté devant l’hôtel de ville et la préfecture.

Près de 3 000 manifestants à Dieppe
La manifestation à Dieppe a été fortement suivie avec 2 000 personnes dans la rue, selon la police, et 3000, selon la CGT.


 

  • Au Havre et à Rouen, les manifestants ont reçu le soutien massif des dockers qui ont bloqué le Pont de Normandie et le Pont Flaubert:

Des centaines de dockers et d'ouvriers portuaires bloquaient des accès du Havre et de Rouen ce matin en prélude aux manifestations syndicales prévues contre la loi Travail.

Au Havre, deuxième port français, la CGT a indiqué que plus de 1500 salariés du port avaient mis en place une dizaine de points de blocage aux différentes entrées de la ville et de la zone industrielle et portuaire. Le blocage le plus spectaculaire est celui du pont de Normandie, important axe routier et autoroutier est-ouest qui enjambe l'estuaire de la Seine. Des centaines de manifestants occupent depuis 06h du matin le rond-point avant le péage, rendant la circulation très difficile, a-t-on indiqué à la Chambre de commerce et d'industrie Seine-estuaire, gestionnaire du pont. A Rouen dockers et ouvriers portuaires sont aussi à la manoeuvre, rendant la circulation difficile sur le grand pont Flaubert, qui est un axe nord-sud important et dont le blocage a immédiatement des répercussions sur la circulation dans toute la ville.

  • Une fois de plus, il y a eu des incidents avec les forces de l'ordre, notamment à Rouen où une charge des CRS a eu lieu devant l'hôtel de ville:

http://www.normandie-actu.fr/manifestation-a-rouen-tensions-avec-la-police-13-interpellations_193693/


Commentaire de Florestan:

On rappellera que ce projet de réforme du code du travail repose sur le principe de l'inversion de la hiérarchie des normes juridiques qui permettrait à un accord local d'entreprise obtenu après un vote majoritaire des salariés concernés, d'échapper à la supériorité juridique du cadre général encore fixé par le code du travail. Sachant que ce droit au référendum d'entreprise pourrait s'appliquer même si 70% des salariés syndiqués sont contre. Sachant, enfin, que, exemples pris parmi beaucoup d'autres, de tels accords locaux d'entreprise pourraient permettre de passer de 10 à 12 heures de travail par jour, de 44 à 46 heures par semaine, de baisser jusqu'à cinq fois moins le taux de départ la rémunération des heures supplémentaires ou de lancer un plan de licenciement sans avoir à se justifier de difficultés économiques précises... A l'avenant!

La Normandie est encore une grande région industrielle: la mobilisation contre ce projet de loi est donc déterminante pour l'avenir économique régional!