Le colbertisme à la française qui prend ses désirs pour des réalités continue d'exister, comme la belle marine que pouvait admirer Louis XV sur les peintures de Vernet faute d'en avoir une en vraie...

Le peintre Claude- Joseph Vernet en 1753 a donc peint, sur ordre du Roi, une série devant représenter les ports français...

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Bordeaux: le quai de la "Lune" depuis les jardins du château Trompette.

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Le bassin du Vieux port de Marseille

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Le port de Dieppe depuis le Grand quai: en face, le quartier du Pollet...

Vernet n'a pas peint le port du Havre mais la Cour des comptes vient de tirer le portrait du GPM du Havre dans les années 2015: pas fameux!

  • A lire sur le site d'information Filfax:
Investissements et trafics mal évalués
Le port du Havre “trop ambitieux“ et “trop optimiste“ selon la Cour des Comptes
La réforme portuaire de 2008 a été "menée à bien, sur fond de crise économique et de conflit social", selon la Cour des comptes qui a rendu public ce 30 mars un rapport sur la gestion du port du Havre pour les exercices 2008 à 2013. Mais la Cour a pointé son coût élevé, estimé le projet stratégique 2009-2013 “trop ambitieux en matière d’investissement et trop optimiste en ce qui concerne les trafics”, comme celui de 2014-2019 et jugé indispensable l’appui de l’Etat à renforcer le fret ferroviaire.
En 119 pages, la septième chambre de la Cour des comptes a tout décortiqué, du trafic du port à l’importance et au peu de maîtrise des primes liées aux heures supplémentaires via la gestion du domaine. Côté bilan de la réforme portuaire (transfert au privé des personnels et exploitation des terminaux), le rapport note qu’elle a entraîné des pertes de trafic importantes, dûes aux nombreuses grèves (38 jours en 2008, 51 en 2010…). De 2008 à 2014, 1.487 escales ont été annulées ou retardées, essentiellement pour les porte-conteneurs. Entre 2011 et 2016, « le coût de l’accompagnement du personnel transféré et de l’accompagnement social n’est pas compensé par la réduction des pertes d’exploitation, selon le rapport, avec un impact négatif de 4 M! en moyenne par an sur les comptes; le solde redevient positif à partir de 2017, du fait de la baisse des dépenses liées au congé de fin de carrière et aux personnels transférés. »
Mais la productivité sur les terminaux s’est améliorée de 20% depuis 2012, tout comme l’image du port.
Autre sujet, Haropa. La création en 2012 du GIE qui regroupe les ports de l’axe Seine (Le Havre-Rouen-Paris) a apportéun vrai succès d’image, une stratégie des ports mieux articulée et une offre commune en construction”, mais les sages de la rue Cambon estiment qu’il est trop tôt pour dresser
un bilan. Par contre, ils estiment trop ambitieux” le projet stratégique 2009 – 2013 qui prévoyait 696 M! d’investissements mais dont « seulement 35 % ont été réalisés ».
Le nouveau projet pour 2014 – 2019 doit « éviter une vision trop optimiste de l’évolution des trafics et un manque de priorisation des investissements ». Il prévoit 203,8 M! de subventions pour 419 M! d’investissements, note le rapport, soit un taux de subvention moyen de 48,6% alors que « le taux de subvention moyen constaté sur la période 2008-2013 n’était que de 20% ».
Côté concurrence, le port du Havre a deux atouts : une réserve foncière suffisante et un coût de passage portuaire « légèrement inférieur » à ceux des ports néerlandais dans la configuration « hub». Mais il ne dispose que de 21 kilomètres de quai contre 89 à Rotterdam.
Et il doit surtout développer sa desserte ferroviaire, un enjeu majeur pout l’avenir du port, pour lequel « l’appui de l’État demeure fondamental”.
Le rapport formule quelques recommandations, telles qu’une meilleure transparence dans l’attribution de postes à quai, un suivi de la valeur ajoutée du GIE Haropa pour le port du Havre, une définition des investissements envisagés, l’adaptation du programme d’investissement au niveau de ses ressources et subventions, le suivi du temps de travail fiable et articulé avec l’outil de paye, le suivi des ressources humaines et la formalisation des pratiques de contrôle de la paye. Le président du directoire du GPMH, Hervé Martel a répondu le 3 mars « partager le contenu » des recommandations. Il assure que « certaines ont d’ores et déjà été prises en compte ou ont trouvé un début de mise en œuvre », comme l’adaptation du programme d’investissement du projet stratégique à sa capacité de financement.
  • Voir aussi dans l'édition du 1er avril 2016 de la lettre d'information Econormandie:

cour_des_comptes_GPM_Le_Havre


Commentaire de Florestan:
Le haut-fonctionnaire grand ingénieur Hervé Martel a un gros problème. C'est qu'à Paris il n'y a plus de ministre de la Marine (qu'elle soit de guerre ou marchande). Tandis qu'à Anvers, le maire de la ville s'occupe, lui, plutôt activement et concrètement de sa politique maritime... Et le maire d'Anvers n'a pas une vision localiste de sa politique maritime et il s'en donne les moyens!