La cathédrale Notre Dame de Rouen est, officiellement, l'église métropolitaine de la province ecclésiastique de Normandie... Et si l'on devait remonter à la Seconde Lyonnaise, on peut dire qu'il en est ainsi depuis le début du... Vème siècle. S'il y a donc un monument d'architecture majeur en Normandie qui pourrait à lui seul symboliser l'unité de la Normandie depuis plusieurs siècles avant que ne soit construit le pont du même nom sur l'estuaire de la Seine, c'est bien la cathédrale de Rouen, qui abrite les tombeaux et les cénotaphes de la plupart des ducs de Normandie, qui est le siège du diocèse du même nom et dont l'archevêque a retrouvé depuis 2004 le titre et la fonction de "Primat de Normandie".

Conscients de l'importance majeure de ce vénérable édifice pour l'identité de la ville de Rouen et de toute la Normandie, l'Etat via la DRAC et, désormais, la toute nouvelle région de Normandie vont investir massivement dans un ambitieux programme de restauration des architectures extérieures mais surtout de restitution d'éléments décoratifs importants qui avaient été soit défigurés ou détruits par les aléas d'une histoire mouvementée: l'incendie de 1822 (destruction de la grande flèche en bois de la fin du XVIe siècle); les terribles bombardements de la "Semaine Rouge" d'avril 1944 qui éventrèrent la cathédrale, détruisirent la tour Saint Romain, et pulvérisèrent toutes les verrières hautes; la grande tempête de 1999 qui arracha de la tour lanterne l'un des quatre clochetons monumentaux pour le précipiter dans le choeur de la cathédrale en perçant la voûte...

Après la grande et longue restauration des années 1950/1980 pour effacer les terribles dommages des bombes de 1944, un nouveau cycle de grandes restaurations s'est ouvert pour se poursuivre jusqu'à l'horizon des années 2020/2023:

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La première tranche, en 1987, consista en la restitution à l'identitique de la magnifique toiture en hache de la tour Saint Romain avec son décor Renaissance:

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Puis ce fut en 2013 la fin de la très longue restauration à l'identique de l'admirable dentelle de pierre flamboyante de la façade occidentale au dessus du grand porche: la galerie du "Viri Galilei"

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Mais aussi, la restauration de la monumentale statue de la Vierge dorée sur son épi de faîtage sur la charpente de la chapelle axiale, tout au bout du chevet...

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En mars 2016, c'est le retour définitif du grand carillon de la cathédrale avec son transfert de la Tour de Beurre vers la Tour Saint Romain: après restauration et augmentation à 64 cloches, le carillon de la cathédrale de Rouen sera le plus grand de France...

http://www.tendanceouest.com/actualite-134584-les-cloches-de-retour-dans-la-cathedrale-de-rouen.html

Les cloches de retour dans la cathédrale de Rouen

Petite histoire du carillon de la cathédrale de Rouen:

http://association-carillon-de-la-cathedrale-de-rouen.e-monsite.com/pages/historique.html

En 1913, Mgr Fuzet, archevêque de Rouen, en vue de la canonisation de Jeanne d'Arc, décida d'installer un bourdon de 12 tonnes, qui porterait le nom de la Sainte, dans la Tour Saint Romain de la cathédrale. On eut alors l’idée d'ajouter dans la Tour de Beurre un carillon de 29 cloches, sorti de la fonderie Paccard, qui fut inauguré le 15 août 1920. Pour l’occasion on invita le Maître néerlandais Sjeff van Balkom à essayer le clavier.
 Le Rouennais Maurice Lenfant  devint le titulaire de ce premier instrument. En 1933, on changea le clavier pour un modèle plus moderne.
Pour donner du relief à l'événement, Maurice Lenfant fit appel à Jef Denyn, carillonneur de Malines, directeur de l' École Royale de Carillon de Belgique.
Jusqu’à la Seconde guerre mondiale, le carillon d’horloge, qui jouait de 6 H à 21 H, était entraîné par un tambour de 14400 trous dont le squelette repose toujours dans la tour de Beurre. L’avant-guerre fut une période faste, marquée par des expériences de retransmission radiophonique, dont une fameuse, durant une représentation du "Vray Mystère de la Passion" sur le parvis de Notre-Dame de "Paris"(sic!)
Durant la Seconde guerre mondiale, le carillon se tut, mais  ne souffrit pas trop lors des bombardements de juin 1944. Le 31 août 1944, le lendemain de la Libération de Rouen, Maurice Lenfant le faisait à nouveau sonner.
A l'occasion des travaux de restauration, Maurice  Lenfant mobilisa les autorités du département, de la ville et de l’archiépiscopat autour d’un projet d’évolution de l’instrument.
 Vingt et une nouvelles cloches Paccard furent ajoutées. 
Maurice Lenfant inaugura lui-même ce nouvel ensemble (50 cloches) en 1954, lors de la réouverture de la cathédrale.
À la mort de Maurice Lenfant en 1979, se sont succédé au clavier Jean-François Claire, son petit-fils, et Patrice Latour, l’actuel carillonneur en titre.  
Les travaux effectués sur la Tour de Beurre au début des années 2000 devaient inclure la restauration du carillon, ce qui, à ce jour, n'a pas été fait. 
La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) reprenait en mains le projet et confiait à l'association du Carillon de la Cathédrale de Rouen le financement du clavier d'étude. Ce financement vient d'être obtenu dans le cadre d'un mécénat bancaire.
Mais deux chantiers encore plus extraordinaires sont en préparation pour les années 2017/2023:
1) La grande restauration de fond de l'immense flèche en fonte de la tour lanterne créée par l'architecte Alavoine en 1874 culminant à 151 mètres d'altitude (qui avait fait de la cathédrale de Rouen, le plus haut édifice de France et l'un des plus hauts d'Europe avant la construction de la tour Eiffel en 1889). Après les dégâts de la tempête de 1999 et la remise en place en 2011 du clocheton qui était tombé, tout restait encore à faire...
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Un budget de plus de 14 millions d'euros vient d'être débloqué avec la participation de la région "Normandie" pour cette restauration totale de la flèche d'Alavoine qui consistera surtout dans la restauration de tous les éléments décoratifs fixés sur la structure, de la restauration de la structure en acier interne et de la remise en couleur de l'ensemble selon les couleurs d'origine "le vert de gris": un chantier exceptionnel et vertigineux qui va durer plusieurs années...
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La flèche d'Alavoine, c'est la tour Eiffel des Normands!
2) La restitution à l'identique de la charpente, de la couverture en plomb et de l'ensemble des décors des crêtes faîtières du choeur de la cathédrale dans son état de 1539 et selon les pentes de toit d'origine après dépose de la charpente provisoire installée après l'incendie de... 1822: une splendeur dorée à l'or fin, notamment les grands soleils pliés de part et d'autre de la faîtière de chaque côté et surtout, la restitution de la célèbre statue du chevalier Saint Georges combattant le dragon et délivrant une jeune fille qui devrait retrouver sa logette au dessus du choeur. Un programme inédit en France de par son ambition de restitution à l'identique de charpentes et de décors anciens de l'époque de la Renaissance.
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Ce décor extraordinaire de plomb doré à l'or fin et couronnant une toiture à plus forte pente viendra remplacer dans le paysage urbain rouennais la toiture en cuivre oxydée de vert posée depuis 1822 sur le choeur de la cathédrale: l'ensemble devrait donc attirer les touristes et étonner les Rouennais eux-mêmes!