Le ras-le-bol contre le fonctionnement actuel de la 5ème République française semble général...

La démocratie, à force d'être formelle (une élection tous les cinq ans) est tombée dans le formol. Le centralisme jacobin devient étouffant lorsque l'arbitraire, le discrétionnaire ou l'autoritaire se conjuguent dans l'impuissance car un régime politique jacobin de type bonapartiste qui a remplacé il y a deux siècles une monarchie autoritaire de droit divin qui s'est prolongée jusqu'à nous dans le centralisme parisien et administratif ou dans l'actuel monarchisme électif de l'actuelle présidence de la République, perd toute légitimité et devient absurde dès lors que ce régime ne peut plus agir car l'autorité est justifiée par l'action.

Aujourd'hui nous avons perdu de vue la seconde au profit du fantôme de la première, un fantôme fumeux et verbeux pour tout le monde mais qui reste puissant avec les faibles et... faible avec les puissants: la mondialisation financière néo-libérale discrétionnaire, opaque (cf. l'affaire des "Panama papers") et une (dé) construction européenne ouverte à tous les lobbies et à tous les vents sont passées par là en escamotant le gouvernement (responsable devant un souverain) par la gouvernance (les hommes seraient comme les choses: l'admistration technique et rationnelle du réel suffirait...)

A quoi bon d'aller voter puisque nous sommes désormais sur le plateau d'un jeu de société où la règle du jeu définit, à la fois, le jeu et la seule façon d'y jouer?

C'est donc une... tyrannie!

Or, depuis Aristote et Thucydide en passant par Tacite ou Plutarque jusqu'à Bodin ou Montesquieu, on sait que c'est là, la marque d'un régime politique malade, décadent... au bout du rouleau et qu'une révolution (au sens strict du mot) est nécessaire.

La question de la solution est aussi immense que celle du problème: une alumette ayant déjà servi ne pourrait servir une nouvelle fois. "On ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres" disait Jésus, certainement le plus grand révolutionnaire de tous les temps... Les vieilles lunes marxistes ne sauraient revenir tout comme toutes les solutions autoritaires et mortifères expérimentées au XXe siècle sur la base de la fermeture identitaire sur l'idée absurde de la pureté nationale ou ethnique.

"Que faire?" la question posée en 1902 par un certain... Vladimir Oulianov est, de nouveau, d'actualité!

La Nation? Justement, nous y sommes... encore!

Car si nous devions rappeler ce que ce beau nom de "France" pourrait encore signifier en France, en Europe et dans le Monde, un Monde qui plus est "mondialisé", ce serait de rappeler avec force que c'est le peuple français qui fut le premier à expérimenter l'idée qu'une Nation est d'abord et avant tout constituée d'un "peuple souverain" au sens 1789 de l'expression: la République est le but (assurer réellement pour tous en France la Liberté, l'Egalité et la Fraternité), la Démocratie le moyen: faire participer le peuple souverain à l'élaboration et à la prise des décisions.

C'est sur ce dernier point que la maladie politique dans laquelle nous sommes tous collectivement plongés se cristalise tel un gros bouton de fièvre: c'est par ce bout-là qu'il serait possible de penser les solutions qui ne vaudront que par la façon dont elles seront mises en oeuvre.

S'il fallait faire une nouvelle révolution française dans le pays qui a inventé l'Etat-Nation et le Peuple Souverain il faudrait que soient discutés et validés par tous les trois principes suivants:

1) Les moyens justifient la fin (et plus jamais l'inverse...)

2) Démocratiser la démocratie: inventer en France la maîtrise d'usage démocratique pour co-construire et co-décider. Les élu(e)s doivent accepter que leurs mandats soient habités par le peuple souverain qui ne doit plus visiter la démocratie une fois tous les cinq ans comme on visiterait une résidence secondaire...

3) Décentraliser la démocratie: faire de la société civile régionale une cellule de base vivante où s'expérimentent dans le cadre de réseaux coopératifs d'acteurs plus ou moins formels toutes les bonnes solutions sur le "terrain" sans pour autant les généraliser de façon arbitraire et aveugle à tout le territoire national. C'est l'option girondine et... normande qui, ici aura notre faveur!  Et que nous allons présenter à la discussion populaire et citoyenne qui s'organise sur nos places publiques partout en France mais aussi en Normandie!

Refondation démocratique et populaire: Et si on essayait la Normandie?

 

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La Normandie du droit normand qui pose, dès le XIe siècle, le principe de résistance des individus à l'arbitraire, la Normandie de Pierre Le Pesant de Boisguibert qui invente le principe de la justice redistributive et de l'impôt progressif, la Normandie de Charles-Irénée Castel de Saint Pierre qui invente le principe de la sécurité collective internationale pour assurer une paix perpétuelle, la Normandie de Charlotte Corday en révolte contre toutes les violences de l'extrémisme politique, la Normandie d'Alexis de Tocqueville, l'un des plus grands penseurs du libéralisme politique, la Normandie de Léopold Sédar Senghor qui définit la Normandité comme une lucidité individuelle ouverte sur le monde entier... a encore quelque chose à dire!

Les Normandes et les Normands doivent prendre la parole...

Onze Mirage 2000 vont aujourd’hui lâcher dans le ciel normand des micromolécules destructrices de la pollution de l‘air


 

Des Nuits debout s’organisent aussi en Normandie

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/5472936/region/des-nuits-debout-s-organisent-aussi-en-normandie

Contestation. Dans le prolongement de la manifestation contre le projet de loi Travail de la ministre Myriam El Khomri le 31 mars, des « Nuits debout » ont été organisées presque spontanément un peu partout en France, notamment en Normandie. La plus emblématique reste celle de la place de la République, à Paris, où des centaines de militants se réunissent chaque soir pour entretenir ce « mouvement citoyen » : dénoncer cette loi Travail mais aussi le mal-logement, la situation des migrants... Avec le collectif Convergence des luttes, ils avaient promis de ne pas rentrer chez eux pour se tenter de se faire entendre. Ils tiennent parole.

Samedi, selon le calendrier grégorien, nous serons le 9 avril. Selon les militants participant aux Nuit debout dans toute la France - une cinquantaine annoncée -, nous serons le 40 mars : «Nous voulions prolonger le mouvement du mois de mars qui a été dense. On s’est dit que si on passait en avril, c’était comme repartir de zéro», estime Rémi. Il a la vingtaine, étudie l’art au Havre et il fait partie des organisateurs de la Nuit Debout havraise. «C’est un mouvement indépendant, apprécie-t-il. L’objectif est de redonner la parole aux gens, de débattre et de construire ensemble. Tout le monde est bienvenu».

Si le mouvement découle de l’opposition au projet de loi Travail qui cristallise l’attention, il s’est étendu peu à peu à d’autres sujets de société. Léon, lycéen à Rouen et l’un des organisateurs rouennais, voit, lui, ce mouvement «axé autour de la loi Travail - dont nous, nous réclamons le retrait pur et simple - mais aussi autour des années de mandat de François Hollande durant laquelle on se retrouve avec état d’urgence prolongé inutile, une économie en berne, des polémiques autour de la déchéance de nationalité, un pacte de responsabilité dont les trois quarts sont pour les entreprises et une loi Macron en guise de ‘before’de la loi Travail... Ici, sur les Nuits debout, nous avons tous des idées différentes: il y a des anarchistes, des révolutionnaires, des frondeurs, des syndicalistes. Mais nous voulons agir pour réduire les inégalités.»

Au menu, après la «grève générale», les militants en appellent au «rêve général». «Nous voulons trouver des outils de communication pour exprimer l’opinion publique: trouver un nouveau système démocratique», insiste Mathias, militant Nuit debout à Caen. Un peu utopique, le mouvement ? «Non, rétorque Mathias, les solutions de démocratie participative existent pour que le peuple reprenne le pouvoir.»

«Tout est à réinventer, ils ont raison»

Dans l’esprit, cela ressemble aux Indignés, dont l’une des caractéristiques est le désaveu de la classe politique. Une classe politique qui, d’ailleurs, approuve parfois ces mouvements de Nuit debout. «Ils donnent un coup de fouet au mouvement politique, juge le normand David Cormand, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et élu à Canteleu, près de Rouen. C’est une source d’espoir car cela nous sort de la résignation. Tout est à réinventer, ils ont raison, et les corps intermédiaires traditionnels sont depuis trop longtemps incapables d’apporter des réponses aux problèmes structurels de notre société.»

Isabelle Attard, député écologiste (hors parti) du Calvados, suit de près le mouvement. Elle organisait même, hier, un goûter devant le ministère du Travail ! «Je ne suis pas surprise de ce qui se passe aujourd’hui, affirme-t-elle. Et ça me plaît. C’est spontané, un peu nébuleux, pas toujours bien organisé; mais on apprend en marchant! Et je considère que c’est un poumon pour notre future société.» Pour la députée, les Nuits debout montrent que «la France est en ébullition. Cette bulle était en dessous du radar médiatique et politique depuis longtemps. Là, elle se manifeste.»

Sauf qu’une bulle peut aussi exploser. Le mouvement peut-il changer les choses ? Les militants y croient sincèrement. «Je compare ça à une étape du Tour de France, détaille Isabelle Attard. Il y a des échappés, comme avec les Indignés, puis le peloton revient, puis une autre échappée, comme ce mouvement, puis le peloton revient à nouveau... Et, à la fin, il y a une dernière échappée avec le vainqueur.»

Hier soir, une nouvelle Nuit debout était organisée à Paris, place de la République. Et, après la rencontre entre les organisations de jeunesse et le gouvernement (lire par ailleurs), lever le camp ne semblait pas à l’ordre du jour.

Anthony Quindroit

a.quindroit@presse-normande.com

étudiants-gouvernement : le dialogue dans l’impasse

Les organisations de jeunesse, dont l’Unef, qui a appelé à maintenir la mobilisation contre la loi travail, ont exigé hier du gouvernement des mesures concrètes pour lutter contre la «précarité des jeunes».

Il est «très important que les jeunes restent mobilisés», notamment lors de la manifestation «déterminante» prévue samedi avec les syndicats de salariés, a déclaré à la presse William Martinet, président de l’Unef, syndicat étudiant à la pointe de la contestation contre la loi travail. Car «le désaccord persiste» sur ce projet de réforme du Code du travail, malgré «un cadre de dialogue qui, on l’espère, permettra de faire bouger les choses en positif», a-t-il dit après sa rencontre avec les ministres de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, son collègue chargé de la Jeunesse Patrick Kanner et Myriam El Khomri, l’auteure du projet contesté.

Arrivé à la rencontre avec «des contre-propositions», William Martinet estime avoir été «écouté». Le syndicat étudiant demande l’«accès à un emploi stable» et «aux droits sociaux». Le RSA n’étant pas accessible aux moins de 25 ans, l’Unef plaide pour que les bourses étudiantes continuent à être versées entre la fin du diplôme et l’accès à la vie professionnelle. L’organisation veut également une augmentation du nombre de places de formation professionnelle et l’amélioration des conditions de vie et de travail des apprentis.

Reçu à son tour, Alexandre Leroy, le président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), deuxième organisation étudiante qui ne s’oppose pas, elle, à la nouvelle mouture de la loi travail, plaide pour «une allocation d’un niveau équivalent au RSA» versée aux jeunes diplômés jusqu’au premier emploi.

La Fage a par ailleurs demandé pour la prochaine rentrée universitaire «un geste sur les bourses, notamment les bourses d’un niveau inférieur» et la non-augmentation des frais d’inscription.

Les organisations lycéennes veulent toujours le retrait de la loi travail, ont-elles indiqué après leur entrevue. Mais Samya Mokhtar, la présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL), note «une prise en compte sérieuse des organisations et des lycéens. Il y a certaines pistes qui vont dans le bon sens».

Pour Maayane Pralus, du Syndical général lycéen (SGL), le gouvernement «essaye de nous calmer mais nous ne sommes pas dupes». Et Zoia Guschlbauer, de la Fidl, appelle les lycéens «à aller dans leur lycée organiser des débats, se saisir du concept qui a émergé des Nuits debout, mais au sein des lycées».

Du côté du gouvernement, on rappelle que le projet de loi est déjà à l’étude en commission à l’Assemblée nationale. Est-il trop tard pour éteindre la contestation ou bien des avancées sur d’autres dossiers pourraient-elles calmer le jeu ?

Il faut « apporter une aide financière pour accompagner les jeunes diplômés dans la recherche d’un premier emploi », a répondu la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem à l’issue des premières rencontres, qu’elle a jugées « constructives et agréables ».

« La question de la précarité des jeunes dépasse le seul cadre de la loi travail », il faut « répondre aux difficultés » des jeunes « qui n’ont « aucun filet de sécurité » entre la fin de leurs études et leur premier emploi, a-t-elle ajouté.

Aux côtés de ses homologues du Travail et de la Jeunesse, la ministre de l’Éducation s’est engagée à travailler sur ces propositions pour « proposer des mesures concrètes » au Premier ministre, qui doit rencontrer prochainement les organisations de jeunesse.

Reste à savoir si dans un contexte de crise économique et de restriction budgétaire, l’État pourra disposer d’une enveloppe suffisante pour financer ces mesures.