Nouvelle séquence de l'hôpital qui se fout de la charité! Celle qui fait de la politique comme d'autres autrefois (officiellement avant 1789) héritaient de leurs charges et privilèges dans le berceau, a l'outrecuidance désinvolte propre à la jeunesse de nous infliger son analyse de la très grave crise de la représentation politique dans laquelle nous sommes collectivement plongés!

Cette fille à son papa qui n'a pas pu expérimenter une solution originale et innovante de refondation démocratique et citoyenne de notre belle République lors des dernières élections municipales, la belle expérience de la "commune en viager" menée à Blangy sur Bresle n'ayant pas eu l'heur de plaire aux électeurs qui ne sont plus dupes de rien, nous assène ses vérités dans un article récent de Paris Normandie...

  • Pour ceux qui auraient loupé les derniers épisodes:

Blangy sur Bresle, une commune en viager au bénéfice de Marie Le Vern?

http://normandie.canalblog.com/archives/2014/03/12/29417439.html

Tentative de népotisme à la métropole de Rouen?

http://normandie.canalblog.com/archives/2015/07/01/32297663.html

S'il y en a quelques uns qui devraient se taire, raser les murs, se faire extrémement discrets, ce seraient les représentants de la camarilla LE VERN-HUREL qui ont honteusement prospéré sur le dos de nos léopards normands des années durant en se fourvoyant dans une inutile maltraitance animale...

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  • Lire ci-après l'excellente enquête proposée par le quotidien normand Paris Normandie sur la question de refonder la vie politique dans notre région:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5494598/newsletters/en-normandie-nos-elus-face-a-la-montee-de-la-defiance-a-l-egard-du-monde-politique

 

En Normandie, nos élus face à la montée de la défiance à l’égard du monde politique

Publié le 09/04/2016 á 23H21

Politique. Abstention, montée sans précédent du vote d’extrême droite : à un an de la présidentielle, les symptômes d’une crise de la représentation politique sont flagrants. Pourtant, l’urgence d’une remise en cause des pratiques et du systèmene s’impose pas forcément. Notre enquête en région.

«Il va bien falloir réformer profondément ce pays. Or, vous ne réglez pas les comptes publics, vous ne demandez pas des sacrifices, si vous gardez à sa tête une classe d’intouchables. » Cinglante, la charge n’émane pas d’un leader d’extrême gauche. C’est le plus jeune patron de Département de France, le Républicain Sébastien Lecornu, qui la sonne. Le bientôt trentenaire président du Conseil départemental de l’Eure sait que le chemin est étroit entre « la démagogie, l’antiparlementarisme et la nécessité de refondre notre système politique sclérosé. On constate un rhumatisme démocratique puissant. Il y a un vrai débat sur ce sentiment qu’ont les gens de ne pas être représentés», juge le proche de Bruno Le Maire, le candidat du « renouveau ».

Obligation de quitter la haute fonction publique pour tout élu national, limitation du cumul des mandats dans le temps, diminution du nombre de parlementaires, véritable statut de l’élu : ces Républicains-là estiment qu’il est temps de changer la donne.

Comme le montre notre enquête auprès d’élus de la région, cette urgence n’est pas toujours partagée. Aux yeux d’un certain nombre d’entre eux, les premiers responsables de cette fatigue démocratique seraient le sentiment que donnent globalement les responsables politiques de ne pas tenir leurs promesses, leur impuissance et la médiatisation des affaires touchant des élus. Mais pas forcément leur propre pratique de la politique.

« La grande majorité des élus font leur travail. Avoir un engagement dans la durée ce n’est pas une mauvaise chose», nuance la députée socialiste de Seine-Maritime, Marie Le Vern, 33 ans, auteure récemment d’un appel à la « génération défiance » (sic! c'est nous qui ajoutons) et d’abord soucieuse de reconquérir ces jeunes « qui n’ont même pas envie de s’investir en politique, même dans leur vote. Il faut qu’ils soient aussi curieux et impertinents avec nous, qu’on nous maltraite un petit peu, cela ne me dérange pas. Au moins, il y a un débat...», se fixe l’élue, fille de l’ancien président de région, et belle-fille de Sandrine Hurel, qu’elle a suppléée à l’Assemblée nationale. (C'est nous qui soulignons!)

Pour le Front national, à qui cette défiance fait gagner toujours plus de voix, ce n’est pas le système qui est cause. « On a trop tendance à vouloir changer les règles, remarque Nicolas Bay, conseiller régional normand et secrétaire national du FN. Moi, je crois que c’est plutôt une question de fond que de forme. Les Français demandent un changement de cap des politiques menées et des pratiques.»

Pourtant, difficile de reprocher aux socialistes leur immobilisme en la matière. Ce sont eux qui sont à l’origine de toutes les lois sur la limitation des mandats, dont la dernière va s’appliquer dès le printemps 2017. Non sans quelques grincements de dents (lire ci-dessous).

Il est vrai qu’à un certain niveau de responsabilité, être élu devient vite un emploi à plein-temps. Or, à l’exception, notamment, de Nicolas Mayer-Rossignol (ex-président de la Région redevenu salarié), à un certain niveau de responsabilité difficile d’enchaîner carrières politique et professionnelle dans le privé (lire page 11).

Sans vouloir renverser la table, les pouvoirs publics tentent, par petites touches, d’y remédier. Le 9 mars, la Secrétaire d’État en charge des collectivités territoriales, la Fécampoise Estelle Grelier, a soutenu devant les députés la proposition de la loi Sueur. Elle met en place un fonds permettant aux élus locaux de disposer d’un droit à 20 heures de formation par année de débat. « Il est important de permettre des passerelles plus importantes entre les deux mondes, privés et publics, et de favoriser l’insertion professionnelle. Tout abandonner pour la vie publique, c’est encore compliqué. Et parfois l’atterrissage des élus est compliqué», argumente vendredi la cumularde, toujours conseillère municipale fécampoise et conseillère régionale normande. «On ne peut pas ne pas voir qu’il existe une défiance croissante à l’égard des élus. Mais on ne dit pas non plus assez qu’objectivement ils travaillent, et beaucoup», défend avec conviction l’adepte elle aussi d’un débat sur la diminution du nombre de députés.

Cette préfiguration d’un véritable statut de l’élu peut ressembler à une goutte d’eau dans un océan de suspicion face à l’urgence d’un réveil démocratique. Sans doute. Comme d’autres. À Rouen, comme ailleurs, «face à la crise de la politique», des citoyens (souvent de gauche), hors parti, tentent de réfléchir eux-mêmes à des projets alternatifs, à l’exemple du mouvement « Nuit debout » ou, à Rouen, du Café démocratie (1) ou du collectif IDees (2). Face à la vague d’indifférence et de fatalisme, c’est toujours ça, non ?

Thierry Delacourt

(1) Ateliers-débats citoyens lancés il y a quelques semaines à l’initiative de Rouennais non cartés. Groupe Facebook: Café-démocratie-de-Rouen

(2) Initiatives et débats économiques, écologiques et sociaux: collectif-idees@laposte.net

Forcément une affaire de professionnels ?

« Honnêtement, oui, la politique c’est forcément un métier et j’en suis l’exemple.» À 27 ans, Pierre Bibet l’assume tout de go. L’ancien consultant en affaires publiques dans une entreprise privée parisienne a sauté le pas. Son engagement politique local - adjoint au maire de Bernay chargé notamment de l’urbanisme - était devenu incompatible avec son activité. « Si j’étais resté dans le privé, il m’était impossible de m’engager sur le territoire. Il faut soit un travail sur place avec des horaires malléables, soit avoir de l’argent de côté...», juge l’élu (Nouveau Centre).

(commentaire de Florestan: belle définition sociale du notable!)

Comme très souvent, la solution est venue du Parlement et du fameux « crédit collaborateur » permettant à chaque député ou sénateur de recruter jusqu’à cinq attachés parlementaires. Pierre Bibet est devenu celui de la sénatrice (LR) de l’Eure, Nicole Duranton...

Un chemin emprunté par de nombreux élus, quelle que soit leur appartenance politique : les maires communistes de Dieppe et Saint-Etienne-du-Rouvray, l’ancien maire centriste de Bernay, le président Les Républicains du département de l’Eure et encore aujourd’hui son vice-président et maire (LR) des Andelys, également directeur de cabinet du député Franck Gilard. Qu’ils soient parlementaires ou pas, les cabinets restent ainsi les antichambres du pouvoir démocratique où l’engagement s’inscrit aussi dans un plan de carrière. De quoi favoriser le sentiment d’un monde à part, d’un entre-soi où l’on se refile postes et mandats, entre amis et même en famille comme c’est encore le cas dans les cabinets, notamment de nos parlementaires. Comme un temps Bruno Le Maire, le sénateur de l’Eure, Hervé Maurey accueille ainsi dans son cabinet sa propre compagne.

«J’ai saisi l’occasion d’en faire mon métier»

André Gautier n’esquive pas l’attaque. La politique, une affaire de pros ? Aux yeux du vice-président (LR) du Conseil départemental de Seine-Maritime, conseiller municipal de Dieppe, vice-président de l’agglomération dieppoise et président du Service départemental d’incendie et de secours du département, «la politique c’est d’abord une profession avant d’être un mandat. Les élus ont besoin de collaborateurs. Moi, avant la fin de mon DESS, j’étais déjà engagé en tant que militant et j’ai travaillé auprès du président du Conseil régional, Antoine Rufenacht (1992-1998). J’ai saisi l’occasion d’en faire mon métier. » Et il aura fallu de nombreuses années de patience dans l’ombre, au gré des vagues politiques, pour que le Dieppois de 51 ans accède à des responsabilités électives. Prudent, il a gardé son poste de « contractuel en CDI » au Conseil régional normand, devenu un emploi à 20 %, chargé de mission rattaché au directeur général des services. Sait-on jamais...

Du côté des socialistes, on reconnaît avec beaucoup plus de difficulté cette « professionnalisation ». Que le directeur de cabinet de la Ville de Canteleu soit aussi le maire de Malaunay, que celui du Grand-Quevilly soit conseiller municipal et conseiller départemental à Rouen, que le maire de Caudebec-lès-Elbeuf soit l’ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius et actuel directeur de Quevilly Habitat ne seraient que pures coïncidences. Ou quasi.

« Je n’étais pas destiné à être collaborateur d’élu, ce n’était pas un plan de carrière. Je suis un agent public (NDLR : contractuel). Moi je ne suis pas un professionnel de la politique car je ne vis pas de mes mandats. Je suis maire, comme je pourrais être président d’un club de foot », argumente avec flamme, depuis Canteleu, Guillaume Coutey, 38 ans, soucieux d’expliquer la complexité et « la patience qu’exige l’action publique.». Au Grand-Quevilly où il officie depuis huit ans, Ludovic Delesque veut parler d’abord d’un « engagement citoyen. Je suis un peu arrivé par hasard au cabinet et d’ailleurs je vais certainement changer dans les prochains mois pour ne plus travailler dans la politique », confie l’élu de 38 ans, peu convaincu de la nécessité de changer les règles du jeu politique, notamment en limitant le nombre de mandats. « Cela n’est pas parce qu’on est élu depuis longtemps qu’on n’a pas de nouvelles idées». Le maire de Rouen, Yvon Robert, qui évoquait en début d’année l’hypothèse d’un nouveau mandat en 2020 à l’âge de 70 ans, appréciera...

(commentaire de Florestan: Rouen, nouvelle commune fabiusienne en viager pour les prochaines municipales?)

« Ici, je ne fais pas de politique, je suis un cadre du privé qui dirige 200 personnes», plante de son côté le maire de Caudebec-lès-Elbeuf, Laurent Bonnaterre, depuis la direction de l’office HLM quevillais présidée par le premier adjoint au maire grand-quevillais. « J’arrive à gérer les deux situations car je maîtrise mon emploi du temps. Si j’étais l’un de mes cadres ce ne serait pas possible».

Gérer son temps dans cette activité si chronophage qu’est la politique, c’est le nœud du problème. Avec le nerf de la guerre, l’argent. Sur les 550.000 élus exerçant en France, seuls 190.000 perçoivent des indemnités de fonction. Et si l’on n’est pas parlementaire européen (8213€ brut mensuel) député ou sénateur (7 100 €), ou président d’un exécutif départemental ou régional ou maire d’une grande ville (5 512,13 €), les indemnités prévues par la loi sont rarement à la hauteur de l’engagement personnel. A moins de cumuler.

Bien sûr, comme le montre le travail de la Haute autorité de la transparence de la vie publique qui analyse depuis 2014 - et l’affaire Cahuzac - les revenus de plus de 10 000 responsables publics, des «bonifications» discrètes existent. Une vice-présidence de ce syndicat intercommunal de gestion de collèges, c’est quelque 350 € par mois ; près de 500 € le même poste dans cet autre syndicat mixte. Ou la participation à un conseil d’administration comme Valérie Fourneyron à la Matmut (170€ par mois + 500€ pour chacun des quatre CA annuels), ou à la société des autoroutes Paris Normandie comme le sénateur Didier Marie (5000€ par an, déclaration de novembre 2014).

(commentaire de Florestan: affaire révélée par Médiapart... en attendant d'autres?)

«Cumuler pour apaiser l’inquiétude»

Pour autant, pour beaucoup l’exercice d’équilibriste reste fragile. «Cumuler un travail avec la vice-présidence de la Métropole en charge de l’Environnement, c’est extrêmement éprouvant. Une vice-présidence, c’est 1500€, soit quelque chose comme 750€ net. Je comprends que certaines personnes choisissent des solutions plus faciles. Très souvent, le cumul des mandats permet de garantir le niveau de rémunération, d’apaiser cette inquiétude », soulève avec justesse l’élu écologiste rouennais, Cyrille Moreau, 44 ans, par ailleurs chargé de mission à la Région.

«Il faudrait aussi davantage de proportionnelle avec des scrutins de listes qui permettent de mettre en avant des non-professionnels. Et il faut réellement un statut de l’élu pour sécuriser les parcours», milite à son tour la secrétaire départementale du parti communiste en Seine-Maritime, Céline Brulin. La conseillère municipale de Bolbec et conseillère régionale était architecte de métier mais a choisi elle aussi de passer des concours dans la fonction territoriale pour pouvoir bénéficier d’une disponibilité et faire de la politique.

Un engagement, une activité que Pierre Bibet aimerait tant revaloriser du haut de ses 27 ans. « Vous savez, je discute souvent de la politique. avec mes potes. Ils se rendent compte que je ne m’en mets pas plein les fouilles, que la politique, c’est de l’énergie, des concessions personnelles. Ils me disent: je ne ferais pas ce que tu fais. ».

Thierry Delacourt

Une loi de non-cumul... qui n’évite pas le cumul

« Je ferai voter une loi sur le non-cumul des mandats. » La phrase figurait en page 33 du programme du candidat Hollande à la présidentielle de 2012. Promise « dès le lendemain » de sa victoire, elle a été repoussée au printemps 2013 avant de finalement être adoptée en janvier 2014. Mais face à la fronde de parlementaires, la loi qui devait initialement entrer en vigueur courant 2014 ne sera applicable que le 31 mars 2017. Dans un an.

Cette loi interdit à un député, sénateur ou député européen d’exercer en même temps une fonction de chef ou d’adjoint d’un exécutif local. Il ne pourra donc plus être maire, adjoint au maire, conseiller municipal délégué, président ou vice-président d’un conseil régional, départemental, d’une collectivité territoriale (communauté de communes, d’agglomération ou urbaine, métropole) ou d’un syndicat intercommunal.

Aujourd’hui, près de 80 % des parlementaires français exercent au moins un autre mandat électif. Une exception en Europe à laquelle n’échappe pas la Normandie. Dans la région, plus des deux tiers des parlementaires sont concernés. Et la moitié d’entre eux devront choisir avant un an entre leur mandat de parlementaire et celui d’élu local. Si certains « cumulards » font mine de ne pas avoir encore fait leur choix, comme Joaquim Pueyo ou Luce Pane, respectivement députés-maires socialistes d’Alençon et Sotteville-lès-Rouen, d’autres ont déjà tranché. « Si la loi m’impose de choisir (.../...) je choisirai sans hésiter une seule seconde de rester maire. C’est le plus beau mandat, celui où l’on est le plus utile, et celui qui me passionne le plus! », explique Édouard Philippe, député-maire (Les Républicains) du Havre.

«J’ai promis à mes électeurs...»

Dominique Chauvel, députée-maire de Saint-Valery-en-Caux, ne se représentera pas non plus aux élections législatives. « J’ai promis à mes électeurs que je resterai maire, car je pense que c’est en faisant de la politique au plus près de nos concitoyens qu’on leur redonnera confiance », se justifie la socialiste.

D’autres élus normands donneront la priorité à leur mandat de parlementaire. C’est le cas d’Agnès Canayer, sénatrice (LR) et adjointe au maire du Havre. « C’est un engagement que j’avais pris lors des élections sénatoriales, explique-t-elle. Mais ça me fendra le cœur de démissionner de mon mandat d’adjoint au maire car pour moi il y a une vraie cohérence à faire les deux. »

Françoise Guégot, députée (LR) de Seine-Maritime et vice-présidente du conseil régional, a elle aussi déjà tranché. « Je serai candidate à ma succession aux législatives de 2017, confirme l’ancienne ingénieure. Mais je peux rester à la Région en tant qu’élue. Je suis investie dans la recherche, l’innovation et l’enseignement supérieur et je n’abandonnerai pas ces sujets. » Nelly Tocqueville, sénatrice (PS), maire de Saint-Pierre-de-Manneville et vice-présidente de la Métropole Rouen Normandie, a fait le même choix. « Je passerai la main de ma fonction de maire en douceur mais je serai toujours conseillère municipale, indique-t-elle. Et si le conseil municipal souhaite que je reste à la Métropole, j’accepterai. »

Autre « bizarrerie » de la loi que soulève Ladislas Poniatowsky, sénateur (LR) de l’Eure (ndlr: encore un fils de son père...) favorable à ce que les parlementaires puissent garder un mandat dans un exécutif local : « Un non-parlementaire pourra continuer à cumuler les fonctions de maire, de vice-président d’une collectivité territoriale,etc.» Ce que l’on appelle le cumul horizontal.

Et dans la région, les exemples ne manquent pas. Frédéric Sanchez, le président (PS) de la Métropole Rouen Normandie, est aussi maire de Petit-Quevilly et conseiller régional. Contacté, il n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Agnès Firmin-Le Bodo, elle, juge légitime de devoir le faire. Adjointe au maire (LR) du Havre, elle est 1re vice-présidente de la communauté d’agglomération havraise et du conseil départemental de Seine-Maritime, ainsi que présidente du bailleur Alcéane. « Être au Département, c’était la suite logique de mon ancrage sur le territoire pour défendre les dossiers locaux, se justifie la pharmacienne. Tout est une question d’organisation. Mais c’est beaucoup de sacrifices personnels et professionnels.»

Pour beaucoup, cette loi, même si elle va dans le bon sens, est loin d’être parfaite. « Être député et maire d’une ville de 4500 habitants, c’est jouable, confie Dominique Chauvel. Pour renouveler la classe politique, il faudrait plutôt limiter le nombre de mandats dans le temps. » C’est l’avis de Joaquim Pueyo, pour qui une « réflexion sur l’âge limite » des élus doit également être menée. Ces avancées seront-elles au programme de candidats à la présidentielle ? C’est la question...

« Il faudrait davantage de contrôles »

Il y a un an, une antenne d’Anticor, association qui lutte contre la corruption et pour l’éthique en politique, a été créée en Seine-Maritime. Son référent local, qui préfère garder l’anonymat, présente des propositions pour moraliser la vie politique.

  •  Limiter le nombre de mandats. « Les femmes et les hommes politiques ne devraient pas pouvoir exercer plus de deux mandats successifs. Il serait également bon que certains élus, les présidents de Région et de Département notamment, n’aient pas d’autres mandats. »
  •  Renforcer les contrôles. « La clef, c’est le contrôle. Les outils existent, mais les services de l’État n’ont pas les moyens de tout vérifier. Il faudrait renforcer les contrôles des déclarations de patrimoine, de la validité des délibérations, de l’utilisation des frais de représentation... »
  • Être plus vigilant. « C’est aussi aux citoyens d’être plus vigilants vis-à-vis des responsables qu’ils élisent. En assistant aux conseils municipaux de leur commune, en consultant les délibérations prises par les différentes assemblées ou en s’informant. »
  • Sensibiliser les élus. « Les élus locaux ne sont pas toujours au fait de la législation et de la règlementation. C’est pourquoi il faut davantage les sensibiliser. Lors des élections régionales, nous avons envoyé une charte avec nos propositions (mandat unique, sanctions financières pour les absents...) aux candidats. Seuls les socialistes, les Verts et Lutte ouvrière ont manifesté leur approbation » (NDLR : la liste de la droite et du centre menée par Hervé Morin a édité sa propre charte d’éthique, beaucoup moins contraignante).
  • Mener des actions. « On constate de plus en plus d’actions citoyennes, comme le Mouvement pour la VIe République ou plus récemment Nuit debout. S’ils se développent, ces mouvements vont faire émerger une nouvelle conscience politique et une réappropriation de la chose politique. »

Propos recueillis par C.L.G.

Contact: GL76@anticor.org GL14@anticor.org

Charly Le GaL