S'il n'y avait que les retards, l'inconfort de matériels vétustes, les diverses galères aux guichets et sur les quais, les feuilles mortes, les briques datant de Napoléon III qui tombent dans les tunnels ou les vaches errant sur les voies... Ou encore, dans un registre plus tragique, ces désespérés qui semble-t-il, sont nombreux chaque année à vouloir mettre un terme à leur vie en passant sous un train. Il y a pire...

Il y a la négligence calculatrice et cynique de la SNCF et de sa filliale SNCF Réseaux qui consiste à attendre un accident grave, voire un décès, pour faire les travaux de sécurité nécessaires sur un passage à niveau ou sur le quai d'une gare: cette gestion inhumaine par la défausse généralisée des responsabilités sur des usagers qui seraient forcément, toujours, imprudents a atteint ses limites. Car le problème n'est plus conjoncturel comme une vache au milieu des voies mais bien structurel faute d'avoir fait des années durant des arbitrages financiers avec la maintenance et la sécurité comme le répètent à l'envi les lanceurs d'alerte cheminots qui sont les premiers à constater la dégradation de leur outil de travail!

Et d'ailleurs, l'exemple vient toujours d'en haut:

Jacques Rapoport le ci-devant président de SNCF Réseaux a démissionné en toute discrétion de son poste il y a quelques semaines. Avec une moyenne d'âge de 30 ans pour les aiguillages, le poste était devenu juridiquement exposé!

Courage! Fuyons...

Pendant ce temps-là, une mère normande en colère a dû se battre pendant six ans pour faire admettre à la justice de son pays que sa fille de 17 ans quoique très amoureuse de son petit ami qui l'attendait sur le quai d'en face à la gare d'Audrieu (Bessin) n'avait pas couru romantiquement et imprudemment sur les voies pour aller l'embrasser... une dernière fois!

  • A lire non sans ruminer une colère légitime cet article paru dans Ouest-France le 19 avril 2016:

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