L'association "Générations Futures" fait, en ce moment, beaucoup parler d'elle puisqu'elle diffuse ce 21 avril 2016 une carte de France interactive des témoignages d'exploitants agricoles et de riverains habitant la campagne victimes de l'usage mortifère des pesticides.

Depuis la diffusion récente d'une célèbre émission d'investigation de la télévision publique, le sujet sort enfin sur la place publique!

Il serait temps de faire la lumière sur cette triste réalité qui est comme le suicide chimique de la terre, des plantes, des fleurs, des insectes, des graines, de l'herbe et des feuilles qui accompagne aussi le suicide des exploitants agricoles eux-mêmes dans un système agro-industriel devenu fou: à l'instar du scandale de l'amiante, il y a une co-responsabilité des autorités publiques (préfecture, services du ministère de l'Agriculture, élus locaux) du syndicat agricole encore dominant et majoritaire et des marchands de mort spécialisés dans la "protection des plantes" (sic!) qui a déjà des conséquences judiciaires. Mais il y a aussi et surtout:

Les bureaucrates de Bruxelles, les lobbies de Bruxelles, les élus de Bruxelles...

Bref! la RESPONSABILITE de toute une série de gens ne vivant pas à la campagne et habitués à gueuletonner en ville dans les meilleurs restaurants est engagée au point qu'ils mériteraient que l'on expérimentât sur leurs costumes trois pièces les pulvérisations qu'ils défendent parce qu'ils les vendent encore (?) fort bien!

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Lobbyiste bruxellois de l'industrie agro-chimique en grande tenue de travail... venant d'obtenir le droit de prolonger encore de 7 ans l'utilisation du glyphosate.

Bien entendu, la Normandie n'est pas épargnée, notamment le département de la Manche où l'invasion du bocage par les labours au maïs (pour l'ensilage des stabulations de l'élevage laitier intensif) a fait quelques ravages...

  • Voici les témoignages normands récoltés par l'association "Générations futures": EDIFIANT!

http://victimes-pesticides.fr/

  • Dans le Val de Saire:

Nous constatons que les agriculteurs sont masqués dans leur tracteur et que nous circulons nous sans protection.

"Nous habitons près d’une parcelle qui était cultivée en produits maraichers (carottes, poireaux …) avec traitements phytosanitaires pratiquement tous les quinze jours et ce même par vent assez fort. En 2007 particulièrement, après ces traitements et pendant au moins trois jours, il nous était impossible d’ouvrir les portes et fenêtres et de circuler normalement dans le jardin (forte odeur et picotement dans la gorge et sur la langue). A cette période nous avons même envisagé un déménagement tant les inconvénients et nos craintes étaient grands. Et crainte pour la consommation de nos propres légumes. Nous avons demandé conseil à la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales et il y a certainement eu une enquête auprès de l’exploitant de cette parcelle. Nous ignorons la suite de ce contrôle. Suite à ces événements, les relations avec cet agriculteur ont été rompues. Heureusement pour nous, cette parcelle est depuis trois ans exploitée en agriculture biologique. Dans le Val de Saire, pour circuler en vélo ou à pied, nous constatons que les agriculteurs sont masqués dans leurs tracteurs et que nous circulons nous sans protection et à la merci de tous ces traitements. Inadmissible!
A quand un arrêt total de tous ces produits?"

  • Dans le centre du Cotentin:

La mort d'une prairie et des problèmes cardiaques

"J’habite sur une colline dans la Manche. Ma maison était entourée de prairies qui n’avaient jamais été cultivées, couvertes de fleurs au printemps et bruissantes d’abeilles. Il y avait des arbres centenaires où je m’amusais à grimper quand j’étais enfant, des vaches y broutaient. C’était mon paradis. Il y a 3 ans, apparemment suite à une hausse massive de subventions, on a vu pousser partout des champs de maïs. Un beau matin, le jeune agriculteur qui avait repris le bail de la prairie voisine a décidé lui aussi de « l’exploiter ». En une matinée, tous les arbres ont été passés à la tronçonneuse et la prairie « grillée » par une abondante quantité de Roundup. Depuis ma maison est cernée à l’arrière comme à l’avant par des hectares de maïs et de blé abondamment traités. La semaine suivant l’épandage de Roundup, j’ai atterri aux urgences cardiaques suite à une douleur type infarctus. Les médecins n’en ont pas trouvé l’origine. L’année suivante, rebelote, mêmes douleurs après un nouvel épandage de roundup. Les autres membres de ma famille ont eu aussi des problèmes cardiaques : tachycardie, arythmie… J’ai également des sueurs nocturnes très intenses qui ont commencé depuis l’épandage il y a trois ans. Il semblerait que ce soit hormonal mais les médecins ne comprennent pas (j’ai 30 ans). Moi qui n’étais jamais malade, je passe ma vie chez le médecin. Toutes les abeilles, les insectes, les papillons ont totalement disparu. Il règne au printemps un silence de mort. J’ai essayé de dialoguer avec l’agriculteur, mais c’est impossible et suite à cette « discussion » à sens unique, nous avons trouvé un cadavre de chevreuil dans notre jardin. Mes chats sont tous morts de cancers foudroyants, avec des tumeurs qui ont impressionné le vétérinaire par leur grosseur et leur vélocité. Mon père a développé un cancer de la prostate, nombre de mes voisins sont malades (cancer du cerveau, lymphomes…). Je n’ai plus d’autre choix que de déménager et de quitter définitivement le paysage de mon enfance pour « sauver ma peau ». L’autre jour, dans un cimetière à Rennes, j’ai vu une pancarte « ce cimetière est entretenu sans pesticides ». Ca m’a fait sourire : les morts citadins sont plus en sécurité que les vivants à la campagne. Ma requête aux gouvernants : stoppez les subventions aux agriculteurs qui utilisent des produits chimiques, c’est la seule façon de cesser le massacre de la nature et de ses habitants."

  • Dans les marais du Cotentin:

Animaux: symptômes cutanés, humain: problème neurologique chronique.

"Aucune loi et aucun arrêté préfectoral n’empêche les cultures à ras des zones humides et des lieux de vie des humains et animaux domestiques. Donc les cultures sont à moins de 10 m des êtres vivants humains, faune, flore, eau etc… La culture c’est du maïs et rien que du maïs donc pas de couverture végétale l’hiver. Animaux: symptômes cutanés, humain: problème neurologique chronique. Disparition progressive des abeilles, batraciens, et mort des alevins chaque printemps. Actions: jusqu’à la DREAL, il n’y a pas d’infraction, aucune règle n’interdit d’épandre au ras des zones humides ou des habitations. Autres concernés: toute la nappe phréatique est polluée, eau non potable"

  • Entre Valognes et Carentan:

Je souffre d'hyperthyroïdie depuis l'année dernière.

"Notre maison est à 35 mètres d’un verger de pommiers de 2 hectares. Au moins deux pulvérisations par an. Depuis 2007 année de notre arrivée, mon mari a développé de nombreuses allergies dont les causes ne sont toujours pas identifiées, personne n’a songé aux pesticides. Je souffre d’hyperthyroïdie depuis l’année dernière, sauf que celle ci apparait et disparait, je vais donc étudier le lien avec les pulvérisations (mon voisin utilise des produits interdits, retirés du marché). Mon cheval est mort d’un cancer des intestins et mon chien d’un lymphome à l’âge de 5 ans !!! je viens de d’entendre votre intervention à la radio ce matin (1er mars 2016) et je vais avertir la DDPP afin qu’ils procèdent à un controle."

  • Aux abords du Mont Saint Michel:

Les abeilles ont diminué environ de moitié dans un arbuste près de ma maison.

"J’habite depuis 10 ans une maison avec jardin bordée au nord par une grande prairie qui l’an dernier a été détruite pour semer du maïs. L’herbe est devenue jaune en avril 2015 puis le mais a été planté et récolté en octobre 2015. Cette prairie est distante d’environ 30 mètres de ma maison. Je témoigne que les abeilles ont diminué environ de moitié dans un arbuste près de ma maison. Cet arbuste- feuilles persistantes en forme d’aiguilles, de type conifère, à petites fleurs rouges est un refuge pour abeilles des mois durant. Cette année en 2016 j’ai l’impression que la prairie a été replantée. Mon mari souffre de rhinite persistante mais je suis incapable de dire si cela provient ou non de cet épandage d’herbicide. Je n’ai fait aucune démarche car je crains les réactions de mes voisins paysans"

  • Plaine de Falaise:

Aujourd'hui la région est envahie par beaucoup de céréaliers possédant divers champs qui sont régulièrement traités.

"J’habite à moins de 50 m d’un champ de céréales (blé, orge, lin, colza, maïs). Lorsque nous avons fait construire en 1983, nous étions entourés de prairies et il y avait également davantage de vaches laitières. Aujourd’hui la région est envahie par beaucoup de céréaliers possédant divers champs qui sont régulièrement traités, dès qu’il fait beau ou après une vague de mauvais temps, trop souvent à mon goût ! Je ressens au moment des épandages des irritations et des démangeaisons lorsque je suis sur la route pour aller au village d’à côté. Nous avons des arbres fruitiers et malheureusement, ils sont souvent malades: nous ramassons guère de fruits mais nous ne pouvons certifier que cela provienne des pesticides ! Heureusement pour nous protéger nous sommes entourés de haies. Nous n’avons pas entrepris d’action pour le moment mis à part, quelques coups de gueule sur des blogs et sur facebook qui est lu par bon nombre de gens et je me renseignais sur le net afin de trouver un moyen de lancer une pétition nationale de façon à éradiquer ce fléau qui perdure et qui nous empoisonne tous !"

  • Non loin de Saint Pierre sur Dives:

Epandage à quelques mètres de chez moi !

"Je constate depuis l’arrivée du printemps un ballet incessant d’épandage à proximité de chez moi (et donc de mes voisins). Je n’y étais pas très sensible auparavant mais l’exposition médiatique de ce scandale de santé publique m’a ouvert les yeux sur les dangers que nous courrons. Ma maison est située dans un petit village du Calvados, et seule une toute petite route départementale sépare ma maison du champ d’en face. Voyant l’agriculteur commençant à pulvériser son champ de pesticides, je suis allée directement à sa rencontre afin de lui demander avec courtoisie s’il ne pouvait pas prendre une distance raisonnable avec les habitations proches, par respect pour les riverains. Fin de non recevoir, tant que ce ne sera pas interdit, il ne cessera pas. Il a donc répandu son poison, et croyez moi, si son bras avait pu traverser la route et venir asperger ma cour d’encore plus prés, il l’aurait fait. Ces agriculteurs, qui vivent des temps difficiles et ne cessent de réclamer le soutient indéfectible des citoyens, devraient commencer par les respecter et limiter l’empoisonnement qu’ils nous font subir. Le profit et l’abondance de la récolte sont donc bien plus importants que la santé des riverains proches, tous plus ou moins sensibles à ces produits toxiques (ma femme est enceinte, les enfants de voisins proches jouent dehors régulièrement, des personnes âgées nous entourent, une assistante maternelle également).
– distance entre le champ et les habitations : 10 à 20 mètres.
– culture : colza l’an passé
– déjà un traitement de pesticide (herbicide plus précisément) et un d’engrais en une semaine."

  • Dans le Perche:

Je ressens des difficultés respiratoires juste après les pulvérisations.

"J’habite à moins de 50m d’un champ de céréales (blé, colza). Les épandeurs passent 1 à 2 fois par mois pendant la saison printanière. Je ressens des difficultés respiratoires juste après les pulvérisations. J’ai interpelé le maire et tenté de discuté avec l’agriculteur. Le Perche où j’habite est un pays d’habitat dispersé donc particulièrement touché par les traitements toxiques des paysans. Beaucoup de maisons secondaires sont entourées de champs cultivés intensivement. Le paysan bio est rare."

  • Dans le Pays d'Ouche eurois:

J'ai contracté en 2004 la maladie d'hashimoto auto immune.

"Nous habitons à 2 ou 3 mètres d’un champ où il y a une rotation de culture. Les traitements dépendent de ce qu’il y a de planté. Comme je travaille, je ne peux pas comptabiliser correctement le nombre sur l’année, mais approximativement, j’en ai compté 7 il y a quelques temps. Après ça, nous avons des allergies de plus en plus prononcées surtout moi, j’ai contracté en 2004 la maladie d’hashimoto auto immune, j’ai des crises d’asthme et mes enfants ont des allergies de temps en temps, j’ai des brûlures dans l’œsophage après les traitements et ça me brûle la gorge. J’ai perdu une chienne car elle a bu de l’eau à côté du champ qui venait d’être traité et j’ai eu un lilas mort sans raison il y a quelques années. Dès qu’il y a des traitements, nous essayons de rentrer à la maison pour minimiser et nous avons une haie. Étant dans une région ou les agriculteurs sont majoritaires, ils ne veulent pas entendre quoi que ce soit sur la question des pesticides car le profit est le principal et les questions de santé ne sont pas, pour eux, en rapport avec les pesticides…"

  • Dans la Plaine de Saint André:

Cancer de mon chien

"J’ai fait opéré un de mes chiens d’une tumeur cancéreuse à la narine gauche. Plus chimiothérapie et radiothérapie. A la clinique pour animaux Eiffelvet à Paris spécialisée pour traiter les cancers des animaux m’ont appris que cela pouvait venir de pesticides. Je n’en utilise jamais pour mon jardin ayant 2 chiens et nourrissant les oiseaux de la nature. Par contre j’ai un voisin qui a surélevé son terrain et fait des cultures tomates?… J’avais des limaces escargots et je me demande s’il n’a pas fait usage de pesticides. Comment savoir si il est responsable de la maladie de mon chien?
Je me fais du souci pour mon autre chien et nous humains de la famille. Mon chien est sauvé mais pour combien de temps?"

  • Dans le Roumois:

Dans le proche voisinage nous dénombrons beaucoup de personnes malades.

"Nous sommes venus habiter à la campagne pensant y trouver oxygène et bien-vivre. Or nous avons à 50 mètres de chez nous de grands terrains utilisés pour la production céréalière, le blé. Nous avons noté au moins 6 traitements par culture, reconnaissables à leur forte odeur. Nous en avons pu en manquer certains, travaillant dans la journée. Notre fils est asthmatique et a déjà dû être hospitalisé. Dans le proche voisinage nous dénombrons beaucoup de personnes malades (leucémies et autres affections graves, et plusieurs asthmatiques), ainsi que plusieurs décès à un âge jeune voire très jeune. Nous souhaiterions prendre part à des tests, ou les financer nous-mêmes mais ne savons pas à qui nous adresser ni combien cela peut coûter.
En espérant que cette carte éveille enfin les consciences et protège les générations à venir."

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  •  Dans le Pays de Caux, près de Dieppe:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5581060/newsletters/quand-la-rampe-de-pesticides-passe-dans-le-champ-voisin-l-air-est-irrespirable-dans-notre-jardin-temoigne-une-famille-de-lintot-les-bois#.Vxom9DHNQow

« Quand la rampe de pesticides passe dans le champ voisin, l’air est irrespirable dans notre jardin », témoigne une famille de Lintot-les-Bois

Ils habitent Lintot-les-Bois, à quinze kilomètres de Dieppe. David et Vessela Renaud font partie des quelque 400 familles, victimes des pesticides, que l’association Générations futures a répertoriées sur sa carte de France. Il y a une quinzaine d’années, quand David et Vessela Renaud ont acheté un terrain dans ce petit village cauchois, le couple avait un espoir : profiter de la tranquillité et de l’air pur de la campagne. Ils ont vite déchanté.

«Quand la rampe passe, l’air est irrespirable»

En 2011, l’herbage, qui bordait leur demeure, a cédé la place à un champ de culture intensive. Blé, maïs, lin, colza s’y succèdent désormais au fil des saisons. Plusieurs fois par an, la famille, qui compte deux enfants de 6 et 8 ans, doit se réfugier dans la maison, pour échapper aux pesticides répandus dans le champ, à quelques mètres de son jardin. « Quand la rampe passe, l’air est irrespirable. On a les yeux et la gorge qui piquent, raconte Vessela Renaud. La première fois, c’était en mai2011. Je buvais du café sur la terrasse. J’ai eu le souffle du brouillard de pesticides sur moi. Pendant un mois, j’ai été malade. J’avais des maux de tête, des vertiges.»

Depuis, Vessela multiplie les précautions : « Les jouets du jardin sont lavés régulièrement. La ventilation de la maison est close. Quand le tracteur passe et que les garçons jouent dehors, je les fais rentrer immédiatement à l’intérieur. Ou alors, on part, je prends la voiture et on va faire un tour à Dieppe.»

David et Vessela Renaud ont même effectué des analyses sur des poussières recueillies dans leur aspirateur. Onze résidus de pesticides y ont été retrouvés, dont certains interdits.

Ils ont aussi tenté de discuter avec l’agriculteur. En vain. «On n’est pas fâchés avec lui, précise Vessela. Mais dans sa tête, il ne peut pas faire autre chose que de la culture intensive. C’est comme ça qu’il gagne son pain. Il dit que c’est de la responsabilité des parents de faire rentrer les enfants quand il traite son champ.»

Certes, le cultivateur a fait un geste. «Depuis un reportage diffusé sur nous, en mars, l’agriculteur prévient mon mari par SMS avant de traiter son champ. Mais David est souvent en déplacement à l’étranger.»

« Il est souvent difficile de se faire entendre des élus locaux et des agriculteurs, reconnaît Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations futures. La France est le premier pays consommateur de pesticides en Europe.» Quelle solution pour la famille de Lintot-les-Bois ? « On voudrait vivre sans chimie, qui modifie à long terme le génome de nos enfants», insiste David. « On ne va pas subir ça toute notre vie, conclut Vessela. A long terme, on envisage de partir et de s’installer ailleurs.»

« Quand la rampe de pesticides passe dans le champ voisin, l’air est irrespirable dans notre jardin », témoigne une famille de Lintot-les-Bois