Une fois de plus, nous voici en face d'un dossier majeur, essentiel pour l'avenir de la Normandie et qui comme tous les grands dossiers normands est devenu une urgence, après plus de 40 années de déclin et de médiocrité dans la division régionale!

Résultat de recherche d'images pour

L'histoire est ainsi faite. De 1432 à la seconde moitié des années 1960, l'université et l'académie en Normandie c'était Caen, l'Alma mater normande, "l'Athènes normande".

Puis vint le traumatisme de 1944: la ville universitaire normande totalement en ruines, ses bibliothèques brûlées et, déjà, le pouvoir central parisien et jacobin prêt à une simplification radicale de la carte universitaire en province avec, il faut le dire, un certain manque de solidarité normande sur fond de clochemerle entre Caen et Rouen. Puis vint les années 1950, celles du sursaut, de la renaissance avec une sympathie internationale pour la Normandie blessée, renaissance de l'université normande à Caen que l'on doit au combat du Préfet Pierre Daure et symbolisée par le palais universitaire Henry Bernard inauguré en 1957 et classé Monument Historique depuis peu... A l'époque l'académie de Caen comportait six départements (les 5 départements normands plus la Sarthe).

Afficher l'image d'origine

L'université de Caen, la plus ancienne, la plus grande et la plus prestigieuse université normande...

Mais cette renaissance universitaire normande à Caen ne fut qu'une illusion car la Normandie pantelante dans ses ruines était reconstruite dans la division administrative entre Haute et Basse et dans la subordination étroite à l'Etat central: en conséquence, l'université de Caen fut répliquée à Rouen en 1966 et au Havre (au grand dam des Rouennais) en 1972. L'académie de Caen, autrefois l'une des plus importantes à l'Ouest de Paris a donc été celle qui aura été la plus démembrée au profit des nouvelles académies de Rouen (1966) et du Mans (1972).

Résultat de recherche d'images pour

Afficher l'image d'origine

L'acropole universitaire rouennaise du Mont Saint Aignan...

Afficher l'image d'origine

L'université du Havre, la plus récente de Normandie mais aussi l'une des plus dynamiques...

Mais autre illusion, en 1971, le ministre de la Recherche de l'époque, Hubert Curien inaugurait les bases de l'actuel plateau scientifique de la "côte de Nacre" au Nord de l'agglomération caennaise (CHU et GANIL) en y accueillant les assises nationales de la recherche organisées par le CNRS: Caen était programmée, disait-on, pour être la "Grenoble de l'Ouest français"...

Maintenant que nous avons enfin obtenu le retour à l'unité de la Normandie, on peut le dire: la division normande nous a fait rater cet objectif notamment en raison d'un sous-investissement chronique et d'un manque de vision globale à la bonne échelle, le poison du localisme et le manque d'ambition faisant le reste.

Pendant que les trois facultés normandes vivotaient malgré de brillantes années 1970 -1980 dans certains enseignements (à Caen, on pensera aux études d'histoire à l'époque de Pierre Chaunu ou à celles de sciences humaines à l'époque de Claude Lefort), la région parisienne augmentait son emprise et d'autres métropoles universitaires montaient en gamme dans l'Ouest, notamment la ville de Rennes qui fit une concurrence assez directe au rayonnement de l'université de Caen.

Dès les années 1980, les universitaires normands furent conscients de cette difficulté et de cette faiblesse en se lançant dans une politique de coopération inter-universitaire qui fut en son temps innovante mais les concurrences politiciennes et de clochemerle ont trop souvent parasité tout approfondissement de ces coopérations (ex: querelle des CHU).

Néanmoins, dans les années 2000 la coopération universitaire normande s'est accélérée et si Laurent Fabius n'avait pas mis son museau dans le panier, ce dernier n'aurait pas  été ce panier de crabes qui a fait des universitaires normands les derniers de la classe pour entrer dans les contractualisations officielles (le PRES en 2011) alors qu'ils avaient le plus d'expérience et de contenus pour le faire!

Pourtant, il y a un immense prestige normand, notamment patrimonial dans l'aire anglo-saxonne qui est, comme chacun sait, l'aire dominant l'Occident et la mondialisation. Il y a dans les labos des universités normandes de très fortes compétences de niveau mondial: biologie marine (non! tout n'est pas en Bretagne ou à Marseille!) ionisation des métaux, droit normand  et sciences humaines à Caen; motorisations innovantes à Rouen; logistique et commerce maritime international au Havre, pour ne prendre que quelques exemples.

L'avenir d'une région c'est d'abord l'avenir d'une jeunesse et l'avenir de la jeunesse se fixe dans les villes. Si les villes universitaires normandes ne retiennent pas suffisamment les jeunes normands faute d'y trouver, à la fois, les formations pointues et les emplois et salaires en cohérence, alors les esprits chagrins plus morts que vivants qui ne proposent rien, aboient sur tout ce qui bouge notamment en Normandie, parce qu'ils se sont habitués à vivre dans un cimetière... auront raison!

Raison de plus de leur donner tort et de faire preuve de volontarisme et de vitalité pour la renaissance d'une université normande rayonnante!

  • En attendant, nous apprécions beaucoup le titre de l'article de Paris-Normandie à lire ci-dessous:

 

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/5595171/region/l-universite-normande-est-elle-a-la-hauteur-de-la-region#.VxziVnBWFXk

L’université normande est-elle à la hauteur de la région ?

Publié le Il y a 23 Heures

Enseignement. Les trois universités normandes abordent un tournant décisif. Longtemps divisées et peu valorisées, elles veulent profiter de la régionalisation pour améliorer des performances encore inégales. Enseignement. Les trois universités normandes abordent un tournant décisif. Longtemps divisées et peu valorisées, elles veulent profiter de la régionalisation pour améliorer des performances encore inégales.

Des résultats en dessous de la moyenne nationale à quasiment tous les classements nationaux, une lisibilité et une attractivité faibles : le cliché a la vie dure. Dans une grande région normande où la poursuite d’études supérieures n’est pas allée de soi pendant longtemps (1), ses universités - caennaise, rouennaise, havraise - traînent une réputation ambiguë.

« Nous sommes des universités de moyenne taille, de proximité, pluridisciplinaires. On fait de tout et on le fait un peu comme tout le monde. On ne se distingue pas forcément assez», reconnaît volontiers le nouveau président (d’origine havraise) de l’université de Caen, Pierre Denise, depuis ses nouveaux bureaux du Campus 1, au cœur de la cité. « Par exemple, l’Inserm (NDLR : Institut national de la santé et de la recherche médicale) vient de publier une carte de France de la recherche biomédicale sur laquelle ni Caen, ni Rouen n’apparaissent!». Malgré onze laboratoires labellisés...

Une question de taille, de performances ou de communication ? À l’aune de l’insertion professionnelle de ses diplômés (2), Caen et Rouen se situent plutôt au-dessus de la moyenne nationale contrairement au Havre ; au regard du taux de diplômés à l’issue des trois premières années de licence (3), les trois établissements normands sont distancés. Ce qui est encore plus le cas forcément si l’on se penche sur les classements internationaux où l’activité recherche prime, au bénéfice des structures riches, américaines ou anglaises (lire infographie ci-contre).

Une faiblesse que n’a pas manqué de relever le futur président du Conseil régional normand, Hervé Morin (UDI), quand il était en campagne l’année dernière, appelant de ses vœux la création d’une «grande université normande » qui «aura la taille critique pour exister dans les classements internationaux. » Un «rapprochement des trois universités », objectif prioritaire pour peser plus lourd et attirer plus ? « Cela ne touche qu’une minorité d’étudiants. Ce n’est pas un prix Nobel qui va changer la vie des 26000 étudiants de Rouen. On parle de résultats mais l’étudiant coûte le moins cher à l’université et pourtant c’est là que l’on trouve le public le plus hétérogène. Nos universités sont sous-financées d’une façon extraordinaire», nuance Pierre-Emmanuel Berche, maître de conférences en physique, élu FSU au Conseil d’administration de Rouen, attaché aux « missions de service public» des universités. Et, malgré la pénurie de moyens, il juge que les normandes les remplissent «correctement».

Ces dernières semblent en tout cas s’offrir un nouvel horizon. Perdue au milieu du campus 4 caennais, sans aucune signalisation, la Communauté d’universités et d’établissements (ComUE) Normandie Université se veut l’outil de cet élan. L’établissement public a été créé en 2015 dans l’esprit de la loi du juillet 2013 de plus grande autonomie et synergie au sein de regroupements universitaires. Il rassemble les trois universités régionales et des établissements d’enseignement supérieur. « C’est un modèle intégré. Parfois la ComUE est pilote d’un projet, parfois c’est un établissement s’il est en pointe dans un domaine à partir du moment où il s’engage à le développer pour la collectivité », vante son président, Lamri Adoui.

«Une fusion sans valeur ajoutée»

« Chacun est prêt à aller assez loin dans la coopération. Mais aujourd’hui je ne vois pas la valeur ajoutée d’une fusion», tranche-t-il. Surtout que sans l’attendre la Normandie universitaire avance sur un modèle fédéral. La délivrance des doctorats a déjà été transférée à la ComUE, tous ses membres ont accepté de publier désormais leurs recherches sous la signature commune de « Normandie Université ». Et, après un premier échec, ils viennent de travailler étroitement pour candidater une nouvelle fois à l’appel à projets PIA 2. Enjeu : 75 M€. « Un virage a été pris. Nous sommes dans un moment extrêmement favorable pour se remettre dans la trajectoire», encourage l’universitaire.

Il resterait également une étape à franchir, dans les esprits. Convaincre les Normands eux-mêmes de leur potentiel. Lutter, comme le pointe Pierre Denise, contre un certain « manque d’ambition normand. Le Normand, il est content de ce qu’il a. Après son bac, même s’il a de bonnes notes, il fait un IUT. Le Breton, lui, ses parents lui disent d’aller vers une prépa à Paris ». Un autre cliché qui a la vie dure...

Thierry Delacourt

(1) 39,2% des jeunes de 20 ans poursuivent des études supérieures dans l’académie de Rouen et 37,38% dans celle de Caen contre 45,37% en France (2012/2013).

(2) dans les formations juridiques, économiques et de gestion, diplômés en 2012 ayant trouvé un emploi dix-huit mois après l’obtention de leur diplôme: France 87%, Caen 91%, Rouen 90%, LeHavre 82%.

(3) 41% à Caen, 34% à Rouen, 25% auHavre.

 

Renforcer l’identité régionale ou allouer davantage de moyens

Les universités normandes sont-elles à la hauteur en termes de résultats, d’attractivité et d’insertion professionnelle?

Françoise Guégot: « La Normandie n’a pas à rougir de l’offre de sa formation dans l’enseignement supérieur, ni de sa qualité. Celui ou celle qui veut étudier dans la région va trouver une filière qui lui correspond. Quant aux taux de réussite, ils équivalent largement à ceux des autres régions françaises. Malgré cela, beaucoup d’étudiants quittent la Normandie parce qu’ils ne trouvent pas les entreprises qui répondent à leurs compétences (NDLR : la moitié des diplômés de master 2 de la promotion 2012/2013 de l’Université de Rouen ont trouvé un travail dans une autre région que l’ex Haute-Normandie d’après l’Observatoire de la vie étudiante, des formations et de l’insertion professionnelle). La région rencontre également des difficultés d’attractivité par rapport aux autres régions. Au niveau de la recherche, on possède des pépites d’excellence, comme le Ganil, un centre de recherche en physique nucléaire basé à Caen, mais elles sont méconnues. »

Gabriel Miles: « Il y a un réel problème d’insertion professionnelle en raison du manque de moyens alloués par la Région et l’État dans Normandie Université. Cependant, beaucoup d’étudiants viennent à l’université de Rouen car les cours sont attractifs, mais les moyens ne suivent pas. En effet, il y a beaucoup de TD (NDLR : travaux dirigés) surchargés et des locaux vétustes, notamment en faculté de Lettres et Sciences Humaines. Par exemple, la bibliothèque universitaire de Mont-Saint-Aignan est particulièrement ancienne et n’a pas été rénovée depuis de nombreuses années. »

Comment expliquez-vous ces faiblesses régionales? (NDLR: bravo pour la question!)

F. G.: « Les difficultés d’insertion professionnelle ont plusieurs causes. Ces quinze dernières années, il n’y a pas eu de réelle volonté politique d’investir et de préparer cette identité normande sur des projets d’infrastructure. Et on a mal anticipé l’évolution de certains secteurs économiques en difficulté. Le transport reste également un handicap majeur pour la région. L’enseignement supérieur a, lui, souffert d’un manque de visibilité car, pendant longtemps, les ex-Basse et Haute-Normandie ont eu du mal à travailler ensemble et à se rapprocher. Mais aujourd’hui, ce travail se fait au sein de la Communauté d’universités. »

G. M.: « Dans un contexte de massification et de démocratisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, il est nécessaire de réinjecter des moyens afin que chaque étudiant ait un diplôme de qualité. Cette année, le budget global était en hausse. Cependant, par étudiant, le budget était en baisse car nous en accueillons de plus en plus. S’ajoute à tout cela une libéralisation de l’enseignement supérieur et la recherche, c’est-à-dire une mise en concurrence des universités entre elles, phénomène que nous refusons et combattons. »

Quelles solutions proposez-vous pour y remédier?

F. G.: « La Région doit contribuer à développer l’identité normande pour que la Normandie soit plus visible nationalement et internationalement, et donc plus attractive. Concrètement, plusieurs mesures sont prévues : aide à la mobilité internationale des étudiants normands qui seront nos « ambassadeurs » à l’étranger, accompagnement dans l’insertion professionnelle et l’orientation, investissement dans des bâtiments pour de meilleures conditions de travail, uniformisation des cartes de déplacement entre ex-Basse et Haute-Normandie, aide au logement... Le challenge, c’est de faire en sorte que, dans dix ans, la Normandie soit aussi connue dans le monde pour son histoire que pour ses filières d’excellence et son attractivité économique. »

G.M.: « Il faut davantage de moyens ainsi qu’une meilleure répartition de ceux-ci dans les différentes composantes de l’université. Nous refusons toute sélection à l’université. C’est pourquoi l’UNEF, au niveau local comme au niveau national, mène une campagne pour un réinvestissement de l’État dans l’enseignement supérieur et la recherche. Chaque étudiant se doit d’avoir des moyens pour étudier ainsi qu’un diplôme de qualité ! »

Propos recueillis par Charly Le Gal

 NO COMMENT. Contactés pour livrer leur expertise des forces, faiblesses et perspectives des universités normandes, les deux recteurs des académies de Rouen et de Caen ont décliné l’invitation. Motif invoqué: «les questions de l’attractivité et des résultats des universités» n’entreraient pas dans «le champ de compétences des recteurs-chanceliers des universités». Un peu tout de même, non?

De son côté, la principale organisation étudiante représentée à Rouen, la Feder, n’a pas souhaité non plus s’exprimer sur le sujet. Ni le président de la fédération, ni le vice-président étudiant au sein du conseil d’administration de l’université de Rouen.


 

Commentaires de Florestan:

Comme d'habitude, on constate la DEFAUSSE des représentants officiels de l'Etat jacobin impécunieux... Après les trains, l'université?

Comme d'habitude, on constate que certains parlent de la Normandie et d'autre surtout pas... La Normandie? Un truc trop réactionnaire pour ceux qui sont trop... sectaires!

Le localisme politicien (en clair: la Fabiusie) a plutôt fait des ravages dans la tête de certains universitaires rouennais voire dans la communauté étudiante rouennaise qui peine à prendre conscience de la dimension normande et de toutes les opportunités qu'un plateau universitaire normand peut désormais offrir! Un plus au lieu de n'être qu'un Haut-Normand banlieusard d'une faculté parisienne.

Pour preuve que faire des études en Normandie n'est pas si nul ou ringard: les étudiants franciliens sont de plus en plus nombreux à venir étudier dans les facultés normandes... Car ils y trouvent un cadre plus agréable et moins coûteux qu'en région parisienne!

Bref! Les Normands faute de se connaître assez, ne s'aiment pas, manquent d'ambition, ou pire, se méprisent entre eux! Alors que la Normandie est célébrée dans le Monde entier et appréciée par tous les "horsains" qui s'y installent.

La reconstruction de l'unité normande va donc surtout se passer dans la tête des Normands et après des années de lavage de cerveau anti unité normande, il va falloir être patient!