Après le serment d'Epaignes, voici l'accord du Mont Saint Michel... Manuel VALLS a fait le déplacement pour humer un bon bol d'air marin plus pur que l'air parisien vicié en ce moment par des flatulences macronesques à répétition...

http://www.tendanceouest.com/actualite-136558-appel-de-manuel-valls-a-ses-camarades-socialistes-au-mont-saint-michel.html

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Et c'est un moment historique pour la Normandie consacré dans le plus historique des monuments normands: le Mont Saint Michel ...en l'absence de son archange parti en vacances se faire dorer la tranche dans le Périgord.

Le Normand Morin a donc dû se débrouiller seul pour maîtriser le dragon, à savoir la SNCF d'un Etat central jacobin sans moyens réels pour agir: on nous assure qu'il ne s'agit pas d'un marché de dupes de plus. Des précautions ont donc été prises.

L'ambition est de retour en Normandie: pendant 40 ans nous ne faisions que la gestion prudente et sans imagination d'un déclin régional. Désormais, la Normandie décide de prendre son destin en mains car on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Comme l'a indiqué lui-même Hervé Morin, le 25 avril 2016 au journal TV régional, cet accord historique avec l'Etat va permettre de mettre en oeuvre un vrai schéma régional normand des transports: l'arrivée de la LNPN sera donc préparée dès 2020. Parmi les éléments importants de cet accord, alors que ce 26 avril 2016, les salariés de la SNCF sont en grève une nouvelle fois pour protester contre le délabrement profond de la maison cheminote nationale avant l'ouverture à la concurrence privée en 2020 du trafic voyageurs, on notera le transfert en Normandie de la maintenance des trains normands sur les sites de Sotteville-lès-Rouen, Caen et Granville.

La Normandie est donc en train de préparer le passage de la SNCF à la Société Normande des Chemins de Fer, non pas par excès de girondinisme néo-libéral à l'anglo-saxonne mais en conséquence de la faillite de l'état central jacobin désormais incapable d'assumer seul le respect le plus élémentaire du pacte territorial d'égalité républicaine.


 

Publié le 25/04/2016 á 22H49

Signature. Lors de son déplacement au Mont-Saint-Michel hier, le Premier ministre a officialisé le transfert des trains Intercités à la Normandie. En échange, l’État paiera 720 millions d’euros pour de nouvelles rames qui entreront en circulation en 2019 ou, au pire, en 2020 en fonction du constructeur qui sera retenu par la SNCF pour « offrir » aux usagers normands des trains dignes du XXIe siècle. Comme aime à la préciser Hervé Morin depuis des semaines, il s’agit d’un protocole d’accord. Si le président de la Région Normandie devait découvrir que la SNCF ne lui a pas communiqué les bons chiffres concernant l’exploitation des lignes, l’accord du Mont pourrait être cassé.

Accord signé entre l’Etat et la Région pour un transfert des Intercités à partir de 2020

 

Après avoir signé l’accord hier, Hervé Morin a offert à Manuel Valls un rail, ou plus exactement un morceau de la voie ferrée qui assurait jadis la liaison entre le Mont Saint-Michel et la petite ville voisine de Pontorson.

C’est une première en France ! Et pour le symbole, le Premier ministre lui-même a fait le déplacement hier après-midi au Mont-Saint-Michel. Le sujet est d’importance nationale : pour la première fois, l’État accepte le transfert de cinq grandes lignes ferroviaires nationales, dites « Trains d’équilibre du territoire » (TET), aussi appelés trains Intercités, à une région, en l’occurrence la Normandie. Cette dernière était demandeuse depuis l’arrivée d’Hervé Morin à la tête de nouvelle région, en décembre dernier. «Nous allions de déception en déception. Le train est en péril depuis plus de trente ans. Il fallait trouver une solution innovante et audacieuse», a voulu rappeler, devant Manuel Valls, le président de la Normandie, tout en mentionnant les nombreux déboires vécus par les voyageurs au quotidien.

«Nous voulons voir les comptes»

Face à la situation et aux spécificités normandes, le chef du gouvernement a voulu apporter sa solution. «En signe de confiance et de maturité, je salue cette capacité à travailler ensemble dans le cadre d’un partenariat que j’ai voulu redynamiser avec les régions», a souligné le Premier ministre. Pour acter ce transfert, une convention, nouvelle et inédite, a été signée dans la salle de la Belle chaise de l’abbaye entre l’État et la région.

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La Salle de la Belle Chaise où a été signé l'accord historique permettant la sortie de la Normandie du "Moyen-âge ferroviaire" (sic!)

Désormais, la Normandie aura la gouvernance de ses propres trains, devenant ainsi la seule Autorité organisatrice des transports (AOT). À elle de piloter, demain (le texte sera effectif au 1er janvier 2020), les lignes nationales, telles que le Paris-Caen-Cherbourg, le Paris-Rouen-LeHavre ou le Paris-Granville.

«Là, on va devenir les patrons et sortir enfin du Moyen Âge. Ce sera plus performant et moins coûteux. La Région va pouvoir rebâtir un schéma de transport complet», s’enthousiasme déjà le président normand. Mais en échange de ce transfert, «et pour solde de tout compte», selon l’expression d’Hervé Morin, l’État s’engage, à hauteur de 720 millions d’euros (la somme a été âprement négociée jusqu’à jeudi dernier), à renouveler les matériels roulants sur deux de ces lignes (Paris-Le Havre et Paris-Cherbourg). Les nouvelles rames sont attendues désormais pour 2019 ou 2020.

Guillaume Pépy: «C’est une belle journée»

En attendant, d’ici deux à trois ans, des examens préalables seront nécessaires comme celui de l’exact montant des déficits. «Il faut que la SNCF fasse œuvre de transparence car nous voulons voir les comptes très précisément», a prévenu Hervé Morin. Les déficits sur les lignes normandes s’élèveraient aujourd’hui à 32 millions d’euros par an. «C’est une belle journée et une belle décision. Cela nous réjouit. Avant, notre patron, c’était l’État. Maintenant, c’est la Région. C’est une clarification qui permettra de mieux coller aux besoins», s’est félicité Guillaume Pépy, le président de la SNCF, venu accompagner le Premier ministre dans la Manche.

Philippe Legueltel/aprim - caen


 

REACTIONS:

« Une bonne nouvelle »

Le député-maire du Havre, Édouard Philippe (LR) a estimé hier que l’accord trouvé entre l’Etat et la Région «constitue une bonne nouvelle pour les Normands et pour les Havrais. La desserte ferroviaire du Havre est en effet depuis longtemps loin d’être à la hauteur des attentes des passagers et des enjeux du développement économique de notre territoire. Grâce à cet accord, la ligne Paris-Rouen-LeHavre bénéficiera dès 2020 de nouvelles locomotives et de nouveaux wagons permettant plus de confort et un meilleur service». «Cette bonne nouvelle, ajoute-t-il, ne doit pas faire oublier que l’essentiel de l’amélioration de la desserte reposera sur la construction de la LNPN de Paris jusqu’au Havre».

Un trafic fortement perturbé

Depuis hier soir 19h et jusqu’à demain matin 8h, la circulation des trains est très fortement perturbée par un mouvement de grève.

Un train sur deux pour les Intercités Paris-Rouen-LeHavre et Paris-Caen-Cherbourg, deux trains sur dix pour Paris-Gravnville, un train sur deux pour les TER et les lignes de cars, une circulation normale sur le TGV Le Havre-Marseille: à l’appel des syndicats, la grève à la SNCF perturbe fortement le trafic ferroviaire depuis hier soir.

C’est la troisième grève en huit semaines que les syndicats appellent à un mouvement de grève à la SNCF. L’objectif des salariés est de «peser» sur les négociations en cours sur leurs conditions de travail. «Un mouvement plus ferme pourrait être envisagé» en l’absence «d’ouverture de réelles négociations prenant en compte les propositions alternatives des organisations syndicales», a d’ores et déjà prévenu Thierry Nier, porte-parole de la CGT-cheminots.

Ouverture à la concurrence

Ces négociations, menées à l’échelle de la branche et au sein du groupe public, doivent aboutir avant mi-2016 à harmoniser les règles de travail dans le secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé). Objectif : aborder dans de bonnes conditions (de sécurité et sans dumping social) l’ouverture totale à la concurrence. Les échéances se précisent : les lignes TGV devront s’ouvrir à la concurrence à partir de 2020 et TER/Intercités à compter de 2023.

Mayer-Rossignol : « trois points de vigilance »

«Satisfaction et vigilance». C’est le sentiment qui anime Nicolas Mayer-Rossignol, l’ancien président PS de la Haute-Normandie, désormais dans l’opposition au conseil régional de Normandie. «C’est une satisfaction parce qu’en fait, l’État confirme l’engagement qu’il avait pris au mois de juillet sur le renouvellement du matériel», explique Nicolas Mayer-Rossignol. «Mais en même temps, il y a trois points de vigilance».

Commentaire de Florestan: voler au secours de la victoire?

Premier point selon l’élu socialiste : «Qui va payer ?». «Je n’ai pas entendu M. Morin dire qu’il allait solliciter l’Ile-de-France. En fait, ce sont les Normands qui vont devoir payer pour tout le monde. Or, ces lignes coûtent extrêmement cher: près de 35millions d’euros de déficit par an! On comprend que l’État soit heureux de s’en débarrasser».

Commentaire de Florestan: Nicolas Mayer Rossignol valse dans la majorité Hollande. Morin est majoritairement... normand!

Deuxième point de «vigilance» aux yeux de Nicolas Mayer-Rossignol, l’avenir même de certaines lignes aujourd’hui exploitées avec des TER, les Trains express régionaux. Dans un entretien paru hier dans nos colonnes, Hervé Morin expliquait que la régionalisation des Intercités allait permettre d’engager une réflexion globale sur l’ensemble du schéma de transport en Normandie... «On voit très bien ce qu’il veut dire, assure « NMR ». Il veut favoriser les lignes parisiennes très déficitaires et faire des économies avec les TER, qui sont des trains de proximité».

Commentaire de Florestan: procès d'intention!

Troisième point, l’ancien président s’interroge sur l’avenir même de la Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN). «Bien sûr, dit-il, tout le monde est content qu’il y ait de nouveaux trains mais ce n’est pas pour cela qu’ils seront à l’heure. Le vrai sujet, c’est le temps de trajet entre Paris et LeHavre ou Paris et Caen. Or, la Normandie est aujourd’hui snobée par l’Ile-de-France, qui ne veut plus rien payer. La LNPN est en grand danger car on ne parle plus d’éléments stratégiques comme la future gare de la Défense». Pour Nicolas Mayer-Rossignol, peu de doutes possibles : «Hervé Morin est en train de mettre la LNPN sur une voie de garage».


Commentaire de Florestan:  Nicolas Mayer Rossignol est singulièrement de mauvaise foi!

Car la voie de garage a été ouverte dès 2012 par le renvoi du commissaire Rufenacht dont la tête était exigée par.. Alain Le Vern,  par son remplacement par le fantôme Philizot par Jean-Marc Ayrault, par l'enfumage de com de Manuel Valls, par l'absence de portage politique normand de Laurent Fabius (aux abonnés absents dès qu'il s'agit de Normandie, contrairement à Martine Aubry qui a obtenu le canal Seine Nord) avec pour résultat, un CPIER Vallée de la Seine anorexique contresigné à Caen, en janvier 2015 par le Haut-normand Nicolas Mayer-Rossignol et Laurent Beauvais, son compère de Basse-Normandie.

On rappellera enfin qu'en mars 2012 les Fabiusiens, au grand complet lors d'une conférence mémorable à Rouen, avaient exigé pour la LNPN un financement en trois tiers: Europe, Etat, Région. Avec ce qui a été fait depuis financièrement et politiquement pour la LNPN par la Fabiusie avec la Hollande, c'est plutôt les... Pays Bas!


 

ST. S.

s.siret@presse-normande.com

Le constat accablant des agents sncf

«Toutes les toilettes de la rame sont hors-service, dans un état déplorable et sans eau. J’ai appelé la touche Confort mais on m’informe qu’à partir du moment où il y a plus de trois voitures sans toilettes, il faut contacter le Centre opérationnel de proximité. J’ai donc avisé la régie». Scène quasi ordinaire dans un train entre la Normandie et Paris-Saint-Lazare. Mais cette fois-ci, le constat - accablant - n’est pas dressé par un usager lassé mais par un membre de la SNCF qui doit faire remonter les informations à sa hiérarchie après chaque voyage.

Dans un document confidentiel que s’est procuré Paris-Normandie, les exemples à l’image de ce trajet Paris-Serquigny de juin 2015, sont nombreux. Plus récemment, en décembre, un membre de l’équipage du train écrit après son trajet LeHavre-Paris-Saint-Lazare: « Le train était en suroccupation car il manquait une voiture de seconde classe. Suite à cet événement, qui nous met vraiment en porte-à-faux avec les usagers, nous avons demandé si nous pouvions ‘déclasser’ les premières classes lorsque le train est vraiment en suroccupation... » A ce jour, l’auteur de ce rapport n’aurait pas reçu de réponse de sa direction.

Et en janvier dernier, sur le Cherbourg-Paris-Saint-Lazare : « Pas d’eau dans neuf voitures sur dix. Dans une voiture, les toilettes sont cassées, les vitres sont tombées et les câbles sont visibles. Quant à l’agencement de la rame, il est original avec des voitures mélangées ».

ST. S.

s.siret@pressse-normande.com

Le clin d’œil d’un lecteur

Didier Duval, un abonné «plein d’espoir» de Paris-Normandie, nous a adressé hier une coupure de l’édition de Paris-Normandie, datant de juin1956. Le jour où l’Intercités de 6h47 n’est jamais parti de la gare de Rouen car le «train était en panne», Didier Duval nous rappelle qu’en ce mois de juin 1956, le «rapide Paris-LeHavre» avait eu 52 minutes... d’avance!

« À tous les utilisateurs grincheux » de la ligne Paris-LeHavre, il est faux de dire qu’il y a toujours des retards sur cette ligne, sachez que le 3juin 1956, le Rapide Paris-LeHavre a eu 52 minutes d’avance. C’était il y a 60 ans c’est vrai mais il faut quand même le souligner! Si mes calculs sont exacts, estime Didier Duval, la prochaine fois devrait avoir lieu le 3 juin 2076! »


Commentaire de Florestan: le Normand est flegmatique. Mais il ne faut pas pousser!


http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5597915/actualites+politique/regionalisation-des-intercites--nous-allons-enfin-sortir-du-moyen-age-ferroviaire-selon-herve-morin#.Vx8t_UDSN-M

Régionalisation des Intercités : « Nous allons enfin sortir du Moyen Âge ferroviaire », selon Hervé Morin

 

Interview. Le Premier ministre et le président de la Région Normandie signent ce lundi soir au Mont-Saint-Michel une convention de transfert des trains Intercités au conseil régional. Une première en France, qui sera accompagnée, d’ici 2020, de l’achat de trains neufs pour en finir, enfin, avec la galère quotidienne subie par des milliers de Normands.

Régionalisation des Intercités : « Nous allons enfin sortir du Moyen Âge ferroviaire », selon Hervé Morin

Quel est l’intérêt pour la Région Normandie de reprendre la gestion des trains Intercités sur les cinq lignes normandes?

 Hervé Morin. « Sortir du Moyen Âge ferroviaire dans lequel nous sommes. J’avais dit durant la campagne qu’il fallait un Plan Marshall pour le train, pour au moins deux raisons : chaque jour, plusieurs dizaines de milliers de Normands effectuent le trajet vers Paris pour aller travailler et vivent des conditions de transport absolument abominables ; par ailleurs, comment voulez-vous construire l’attractivité d’un territoire et d’une région lorsque, quand vous montez dans un train, vous avez le sentiment de faire un retour cinquante ans en arrière ! J’ai vu des dizaines de chefs d’entreprise en Normandie qui m’ont expliqué que lorsqu’ils ont un client qui arrive à Paris, ils lui offrent un taxi pour aller le chercher à l’aéroport et qu’il ne prenne surtout pas le train. La solution est simple : soit on continue à sauter sur sa chaise comme un cabri et en disant « ce n’est pas acceptable, ce n’est pas acceptable» et rien ne change, soit on se décide à faire preuve d’audace et d’innovation en proposant un accord avec l’État. C’est le choix que j’avais annoncé durant la campagne électorale ».

La régionalisation des lignes, c’est pour 2020?

« Dans l’hypothèse où nous trouverons un accord, car il y a encore quelques points à vérifier, comme la question des comptes de la SNCF - on nous annonce un déficit entre 30 et 35 millions d’euros et j’ai demandé que la SNCF nous livre des comptes très précis ligne par ligne - et, bien sûr, l’engagement de l’État, la Région deviendra autorité organisatrice des transports au 1er janvier 2020, au moment où les trains neufs arriveront ».

Est-il exact que la Région prendra en charge les déficits des lignes Intercités en2018 et2019?

« Lors de l’entretien que j’ai eu avec Manuel Valls jeudi après-midi, il a été convenu que la Région prenne l’équivalent des deux années de déficit en investissement. En 2018 et 2019, ce sera, en fait, la participation de la Région à l’achat des trains ».

Soit deux fois 35 millions d’euros?

« On verra lorsque nous aurons les comptes de la SNCF ligne par ligne mais c’est entre 50 et 70 millions d’euros. Ce sera notre participation à l’achat des trains neufs, soit environ 10 % d’un investissement absolument considérable ».

Compte tenu des délais d’appels d’offres, est-il raisonnable d’annoncer que des trains neufs circuleront en Normandie en 2020?

« Soit nous rentrons dans le cadre d’un appel d’offres que la SNCF a déjà et qui est ouvert ; cela permet de dresser un bon de commande immédiat chez Bombardier ou chez Alstom. Soit on constate que le prix n’est pas raisonnable et, dans ce cas, j’ai déjà indiqué que je préfère prendre un an de plus et faire un appel d’offres. Si Bombardier, par exemple, est dans les prix du marché, nous aurons les premières rames au second semestre 2019. Mais on ne va pas simplement mettre des trains neufs, on va réaménager l’ensemble du schéma de transport. Nous allons profiter d’avoir des trains neufs, plus efficaces et avec de grandes capacités, pour tout réaménager même s’il est encore tôt pour faire des annonces. Nous avons eu une inflation sur le TER ces dernières années avec, parfois, des trains qui sont vides. L’arrivée des bus Macron nous amènera probablement à revoir un certain nombre d’éléments sur les liaisons ferroviaires. On va aller vers l’efficacité, qui, globalement, nous permettra de faire des économies. On peut espérer, par ailleurs, que des trains ponctuels et confortables nous amènent à retrouver une clientèle que nous avons perdue ».

Et donc diminuer le déficit? Mais n’y a-t-il pas le risque que cela devienne un deuxième Transmanche où la collectivité, en l’occurrence le Département de la Seine-Maritime, doit verser chaque année des sommes importantes? (NDLR: la liaison ferry Dieppe-Newhaven)

« Le rapport Duron préconise le transfert d’un certain nombre de lignes Intercités vers les Régions. Il propose par exemple que le Caen-Tours soit régional, comme le Caen-Cherbourg, voire le Paris-Granville. On risquait donc de se trouver un jour avec une situation simple : l’État transférant aux Régions des lignes sans avoir fait de gros investissements. Nous, on prend notre destin en main. Cela fait quinze ans que tout le monde hurle en disant que la situation n’est pas acceptable sans que rien ne se fasse ! Nous aurons un très bon accord avec le gouvernement ».

On parle de nouveaux matériels mais un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les usagers, c’est la ponctualité, la régularité.

« La régularité est très liée à la vétusté du matériel ferroviaire. Quand nous aurons trois ateliers de maintenance [Sotteville-lès-Rouen, Caen et Granville, NDLR] qui vont nous permettre de sortir de celui de Clichy, ce seront les Normands qui seront responsables des trains normands. Dans notre accord, l’engagement de l’État est aussi de financer les travaux sur les lignes, soit 800 millions d’euros d’investissement. On aura donc des ateliers de maintenance sortis de Clichy, un réseau modernisé et du matériel ferroviaire neuf. Avec Serqueux-Gisors d’une part, et la ligne Eole d’autre part, on va progressivement désencombrer le Mantois qui le sera définitivement avec la Ligne nouvelle Paris-Normandie ».

Ce projet de régionalisation ne signe-t-il pas la fin du projet LNPN ?

« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage ! La LNPN fera partie de l’accord avec l’État. Elle doit continuer son chemin et je le redirai au Premier ministre ».

La régionalisation des lignes Intercités a provoqué des doutes à gauche. Que répondez-vous?

« J’attends que les socialistes aillent maintenant distribuer des tracts sur les lignes Rouen-Paris ou Caen-Paris en disant que c’est un scandale d’avoir des trains neufs ! Moi, j’ai d’excellentes relations avec Manuel Valls et l’État fait un effort considérable qui va lui permettre d’avoir un effet de levier majeur sur les autres régions. La Normandie servira d’exemple».

Vous aviez évoqué des portiques pour lutter contre la fraude. Où en est le dossier?

« Les premiers portiques seront installés début 2018 à Saint-Lazare. La SNCF nous promet janvier 2018 ».

Propos recueillis par Stéphane Siret

s.siret@presse-normande.com


Du côté syndical:

« L’équilibre du territoire, un ressort de l’État »

À la veille de la grève, les syndicats de la SNCF ont actuellement d’autres soucis en tête. «Notre organisation n’a pas encore émis de position officielle sur ce sujet», admet Frédéric Vauquier, délégué Sud Rail Normandie. Mais le syndicaliste ne voit pas d’un bon œil la régionalisation des trains Intercités, symbole à ses yeux d’un recul de l’État sur ses missions fondamentales. «Les trains Intercités sont censés participer à l’équilibre du territoire national. Et cet équilibre, il est du ressort de l’État.» Quant à la mise en service de nouveaux trains, Frédéric Vauquier questionne: «Comment fera-t-on, dans dix ou quinze ans, une fois ce matériel usé?»

« Faire pression sur la SNCF »

Résidant dans la Manche, Daniel Grébouval, le responsable de la Fnaut Normandie, s’y connaît en matière de «territoires périphériques» peu ou mal desservis.

« La prise de gouvernance de la Région sur les trains Intercités est un point positif, car aujourd’hui l’État ne joue plus son rôle d’autorité organisatrice, affirme le président de la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) Normandie. En prenant la main, la Région pourra faire pression sur la SNCF pour exiger un meilleur service. On voit bien qu’il existe un décalage entre la qualité des trains TER et des Intercités.»

La Fnaut n’en sera pas moins vigilante :

« Cet engagement sur les Intercités ne doit pas se faire au détriment des autres dessertes régionales, note Daniel Grébouval. On sait que le déficit cumulé des lignes Intercités approche les 30millions d’euros. La grande question, c’est de connaître la situation exacte de l’équilibre économique sur chacune de ces lignes. Qu’est-ce qui génère précisément leur déficit?»

Parallèlement, cette nouvelle donne fixée à l’horizon 2020 doit également s’accompagner d’une réflexion globale sur l’organisation ferroviaire normande, estime le représentant régional de la Fnaut.

« C’est l’opportunité d’envisager de nouveaux schémas: il est impératif de maintenir un certain équilibre, y compris dans les territoires périphériques. Sur certaines lignes, il est possible aujourd’hui de faire mieux avec les mêmes moyens.»

T. D.


 

Des usagers favorables, mais perplexes:

« Enfin nous saurons à qui envoyer nos demandes et remonter les problèmes!» Alors que la semaine dernière fut encore riche en péripéties pour les usagers de la ligne Paris-Rouen-Le Havre, Nicolas Catteau, vice-président de l’association Vernon train de vie (VTV), accueille avec un a priori positif l’accord aujourd’hui scellé entre Manuel Valls et Hervé Morin.

« On peut imaginer que la Région sera un interlocuteur plus proche des attentes des passagers, des territoires. La situation actuelle est bien le fruit d’une absence de gouvernance de la part de l’État.»

« Depuis quinze jours, c’est à nouveau très compliqué», témoigne de son côté Stéphane, voyageur rouennais et membre du collectif des Usagers SNCF LeHavre-Rouen-Paris. « Je doute que la gouvernance de la Région change grand-chose, affirme-t-il. Car le problème principal, c’est la saturation du tronçon Paris-Mantes.»

Nicolas Catteau se montre perplexe, lui, face à la charge financière que représente la gestion des lignes Intercités normandes. À cet égard, le désengagement enthousiaste du gouvernement a de quoi éveiller les soupçons. « Il faut avoir les reins très solides! Si c’est pour que la Région soit contrainte, au final, de réduire la voilure...», note Nicolas Catteau.

Sur la question du futur matériel neuf, le vice-président de VTV et Stéphane partagent le même avis : « Des nouveaux trains, c’est bien, mais encore faut-il qu’ils soient adaptés... J’espère que nous serons consultés», lance le voyageur rouennais, qui met en cause l’inconfort des derniers modèles mis en service il y a quelques années.

« D’ici 2020, en attendant le renouvellement des Intercités, nous attendons de la Région qu’elle se montre très ferme à l’égard de la SNCF sur les problèmes de disponibilité du matériel roulant, complète Nicolas Catteau. Continuellement, nous devons supporter des trains courts, des mises à quai tardives... La semaine dernière, les problèmes étaient quotidiens. À Vernon, les gens sont épuisés, ils n’en peuvent plus. »

Thomas Dubois

t.dubois@presse-normande.com


 

Commentaire de Florestan:

Déboucher le Mantois avec la LNPN doit rester l'objectif majeur final et la base d'une nouvelle coopération plus équilibrée avec la région parisienne dans le cadre de l'Axe Seine.