Bien entendu, l'identité normande ne se résume pas à la carte postale bien connue, sinon le cliché d'une vache normande bringée à lunettes paissant tranquillement dans l'herbe grasse et verte de son pré sous l'ombrage bienfaisant des pommiers en fleurs...

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"Ceci n'est pas une vache normande" (d'après Magritte)

Mais la crise de la filière laitière est telle que nous risquons d'atteindre le coeur même de l'authenticité de nos terroirs normands et faire basculer complètement l'identité normande vers un idéal n'ayant plus aucune réalité concrète.

Le monde ouvrier vient de subir en pleine face et avec beaucoup de souffrances ces trente dernières années un basculement comparable...

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Les usines quand elles existent encore ne ressemblent plus trop à cela...


 

Voir ci-après le reportage édifiant proposé par FR3 Normandie auprès d'un éleveur laitier cauchois à Criquetot l'Esneval:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/pays-de-caux/criquetot-l-esneval-76-la-reflexion-d-un-eleveur-qui-arrete-la-production-de-lait-983102.html

Criquetot l'Esneval (76) : la réflexion d'un éleveur qui arrête la production de lait

© France 3 Normandie

La dernière traite, la dernière collecte de lait dans une ferme centenaire du pays de Caux.  Bertrand Golain, éleveur, réfléchit sur l'arrêt d'une activité nourrissière emblématique de la Normandie

Dans toute la France, des exploitations laitières familiales cessent leur activité. Entre 2000 et 2010, un tiers des fermes laitières a disparu. Il en reste environ 70.000 en France.

Un autre mouvement est en cours. De grandes exploitations qui avoisinent les 100 hectares. Des contrats avec des laiteries sont mis en vente sur internet. Surprenant ! 

La fin des quotas laitiers entraine la chute des prix. Les éleveurs qui le peuvent changent d'activité agricole. Bertrand Golain s'orientera vers la culture des céréales.

Reportage de Jean-Marc Pitte et Laurent Lagneau


 Commentaire de Florestan:

Faute d'aides suffisantes et surtout suffisamment utiles ou efficaces pour permettre la reconversion majoritaire de la filière laitière dans la certification biologique et la labelisation (le lait de Normandie pourrait être certifié AOC), c'est un pré normand de plus qui va être labouré avec toutes les conséquences néfastes que l'on peut imaginer avec les actuelles techniques agraires et culturales: engrais, pesticides, labours profonds, ruissellement des eaux, pollutions diverses et, à terme, la mort de la terre! Car la crise de l'agriculture conventionnelle ne concerne pas seulement que l'élevage laitier!

 Si la filière laitière normande n'est pas valorisée et sauvegardée dans son ensemble, comment pourra-t-on sauvegarder ce qui suit?

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