Nous sommes heureux d'apprendre qu'une des idées que nous avions le plus défendue ici et par d'autres moyens soit enfin considérée avec le sérieux nécessaire et au plus haut niveau.

En 2012, déjà, nous avions vertement critiqué la folie des grandeurs d'un certain... Alain Le Vern en tant que président de l'Opéra de Rouen, alors opéra régional de Haute-Normandie qui caressait l'idée de construire un nouveau théâtre à Rouen sur la rive gauche de la Seine, un projet alors estimé à 150  millions d'euros.

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/PN-531337/quelle-scene-pour-lopera-531337#.VycjJ3pqYaQ

Nous avions fait paraître sur l'Etoile de Normandie, le commentaire suivant:

"La seule justification qui pourrait permettre d'investir plus de 150 millions d'euros dans une nouvelle salle d'opéra à Rouen était l'ambition de créer une SCENE NATIONALE D'OPERA en Normandie entre Lille et Bordeaux: ce qui implique de fait, une coopération structurelle normande entre l'opéra de Rouen et le théâtre de Caen et la création d'un pôle supérieur de musique et danse dans l'un des deux conservatoires régionaux normands. La région Haute-Normandie n'est pas assez grande et on invoquera toujours la trop grande proximité avec Paris. 

Un vrai opéra à Rouen implique que nous ayons enfin une vraie région: la Normandie avec une scène nationale à Rouen et un orchestre symphonique régional à Caen...

Mais par temps de crise, la décentralisation et la diffusion culturelle ne sont pas des priorités!"

http://normandie.canalblog.com/archives/2012/06/07/24445908.html

Depuis, il y a eu l'heureuse idée de réunifier la Normandie avec la perspective d'avoir enfin le périmètre régional pertinent et cohérent pour une vraie politique ambitieuse de l'aménagement culturel du territoire normand: une montée en gamme dans la qualité et les exigences, un financement sécurisé et surtout un fonctionnement en réseau sur le mode coopératif pour exister à côté de Paris. D'où notre idée que nous avions diffusée largement lors de la dernière campagne électorale des régionales auprès de MM. Morin et Mayer-Rossignol d'aller chercher pour la Normandie le label "Scène Nationale" d'Opéra pour faire fonctionner en réseau l'opéra de Rouen, le théâtre lyrique de Caen mais aussi le Volcan du Havre et le Trident de Cherbourg, à l'instar de l'opéra national du Rhin en Alsace qui a réussi à mettre en réseau les scènes de Strasbourg, Colmar et Mulhouse.

Cette belle idée ambitieuse fait donc son chemin: pendant la campagne des régionales, lors d'une réunion publique à Pont Audemer, le candidat fabiusien Nicolas Mayer-Rossignol, pourtant bien placé pour parler d'un tel sujet (puisqu'il était, es qualités, le dernier président de l'opéra de Rouen, Haute-Normandie) nous avait fait part de son scepticisme: le cahier des charges serait trop complexe et les besoins financiers trop importants!

Oui, bien sûr, être ambitieux pour la Normandie c'est aussi décoller son nez de gestionnaire du guidon du réel tel qu'il est: la prudence au quotidien c'est bien mais l'ambition qui est la prudence pour l'après-demain, c'est mieux!

En effet, la grosse contrainte imposée par le cahier des charges est, la montée en gamme de l'exigence artistique et pédagogique dans les enseignements dispensés dans les deux conservatoires régionaux de Caen et de Rouen par la création d'un pôle d'enseignement supérieur de musique et danse.  Et force est de constater que la situation actuelle des conservatoires normands, à commencer par celui de Caen est plutôt dégradée. Seul le conservatoire du Havre semble faire preuve d'un peu de dynamisme. Cette vie routinière de l'enseignement artistique musical en Normandie a des effets désastreux: celui de provoquer une vaste hémorragie des jeunes talents normands vite aspirés par la mégalopole parisienne sans avoir la possibilité réelle de développer suffisamment un solide début de carrière professionnelle en Normandie. 

Disons-le clairement: l'encadrement compétent et spécialisé (notamment sur les répertoires musicaux rares) manque en Normandie. Ou alors se sont des associations spécialisées qui s'en chargent à l'exemple de l'académie internationale de musique ancienne qui a lieu depuis plus de 20 ans à Lisieux...

Malgré ce lourd passif directement lié au passif de la division normande, on se réjouira donc, par principe, que la nouvelle majorité régionale normande conduite par Hervé Morin et Emmanuelle Dormoy (son adjointe à la culture) souhaite porter cette grande ambition de faire de la Normandie, le lieu du rayonnement d'une scène nationale d'Opéra à l'ouest de la région parisienne car, répétons-le, les Bretons peut-être obnubilés par d'autres pratiques culturelles, n'ont pas souhaité obtenir un tel label pour le répertoire lyrique à Rennes et à Nantes: la place est donc à prendre!

Souhaitons donc que la nouvelle présidente de l'opéra de Rouen, Mme Catherine Morin-Desailly (on se félicitera d'ailleurs qu'Hervé Morin ne veuille pas cumuler les fonctions exécutives comme le fit le sinistre Alain Le Vern) ait à coeur de mener cette belle ambition à bien, pour le bien de toute la Normandie.


 

Opéra de Rouen Normandie : Catherine Morin-Desailly affiche des ambitions

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5651710/newsletters/opera-de-rouen-normandie--catherine-morin-desailly-affiche-des-ambitions#.VycqJHpqYaR

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Théâtres lyriques de Rouen et de Caen, un air de ressemblance...

Élection. Nouvelle présidence à l’opéra de Rouen Normandie avec l’arrivée de Catherine Morin-Desailly. Nouvelles exigences aussi...

Sénatrice UDI de la Seine-Maritime et présidente de la Commission de la culture à la Région Normandie, Catherine Morin-Desailly préside depuis vendredi le conseil d’administration de l’opéra de Rouen Normandie. Elle succède à Nicolas Mayer-Rossignol (PS), ancien président de la Haute-Normandie. Elle a été élue à l’unanimité par le conseil d’administration, félicitée autant par sa famille politique que par le maire socialiste de Rouen Yvon Robert et le président de la Métropole, Frédéric Sanchez. Il semble que les salariés de l’EPPC* saluent aussi avec un certain enthousiasme l’arrivée d’une élue, rouennaise, qui fréquente la maison de longue date et qui, sans tacler l’équipe actuelle, confie son désir de voir cet opéra afficher des ambitions à la hauteur des subventions allouées.

En prenant cette présidence, quelle vision avez-vous de l’opéra?

  • Catherine Morin-Desailly : « Je me dis que nous avons là un bel outil. S’il y a eu des difficultés à la fin des années 90, elles ont été surmontées avec notamment le transfert de l’établissement en EPCC*, premier de France. Maintenant, il faut s’inscrire dans le contexte de notre grande région, contexte de la loi NOTRe, portant une nouvelle organisation territoriale qui va affirmer les compétences de chacun. »
  • Et sur le fonctionnement?
  • « L’équilibre des charges reste satisfaisant. On peut se réjouir d’avoir une maison qui depuis 2006, avec ce statut d’EPCC, dispose d’une ligne budgétaire d’investissement qui a permis sa modernisation ».

«On peut viser un label d’opéra national»

  • Cela signifie-t-il qu’il doit voir plus grand?
  • « On peut viser un label d’opéra national. Il faut pour cela un orchestre et un chœur permanents mais aussi des danseurs. C’est un point à travailler avec les centres chorégraphiques de Caen et du Havre. Hervé Morin, lors du conseil d’administration de vendredi matin a été clair, disant qu’il fallait à cet opéra un rayonnement plus ambitieux avec déjà un rayonnement dans les cinq grandes villes de la Région»

Faire mieux sans payer plus. C’est quoi votre recette?

  • « Un label d’opéra national permettrait d’obtenir une aide plus importante de l’État. Mais on peut s’appuyer aussi sur davantage de coproductions. Cela fera partie du cahier des charges que nous allons rédiger avec l’ensemble des partenaires. L’opéra Rouen Normandie devra s’inscrire dans un réseau national et international**. Ce sera une des exigences. »
  • Il s’agirait donc de revenir à davantage de coproductions comme avec le festival lyrique d’Aix en Provence?
  • « C’est effectivement un axe d’échanges que je souhaite développer pour rehausser l’ambition de l’opéra ».

Propos recueillis par P. Bertrand

p.bertrand@presse-normande.com

* Établissement public de coopération culturelle, né en 2006.

** L’opéra est membre du réseau Opera Europa.


 

Commentaire de Florestan:

Précision: le théâtre de Caen vient d'être labélisé "scène lyrique" en 2015. Il va falloir que le journaliste de Paris Normandie s'habitue un peu plus aux réalités normandes!