En 2017, on fêtera en grandes pompes, la fondation de la ville et port du Havre de Grâce en l'an 1517, création du pouvoir monarchique siégeant à Paris désireux de disposer enfin sur la Manche, d'un grand port de guerre et de commerce. La volonté française d'aménagement du territoire est puissante car elle est centralisée à Paris: c'est sa principale qualité. Mais cette qualité est doublée d'un défaut redoutable: tout dépend du bon plaisir du prince quant à sa continuité et sa persévérance dans le temps (et c'est, malheureusement, rarement le cas en matière de politique maritime) ou sa mise en oeuvre concrète par le biais exclusif d'une administration autoritaire, discrétionnaire, arbitraire.

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Extrait du grand armorial de Normandie (1609)

En 2017, au Havre, on fêtera donc cet anniversaire et on sait déjà que la place d'honneur sera désertée: l'Etat central qui décide de tout pour pour tout le monde n'a plus les moyens concrets de ses volontés.

Le moment, fort symboliquement, est venu, au contraire, de réinvestir des pouvoirs locaux, plus démocratiques et pragmatiques en faisant vivre une maîtrise d'usage efficace: voilà qui serait un beau projet pour le maire d'une ville portuaire qui devrait redevenir comme autrefois (par exemple entre 1820 et 1944) une place portuaire d'où les décisions et les grandes orientations peuvent être prises.

Aujourd'hui, la vision stratégique de la place portuaire havraise et de la région où celle-ci pourrait rayonner est décidée depuis un bureau du palais de Matignon dans le 5ème arrondissement de Paris, par l'intermédiaire d'un obscur préfet aux ordres du Premier ministre qui y pense quand il en a le temps...

Mais pour demain, c'est à dire 2017, beaucoup prêtent l'intention à l'actuel député-maire du Havre, Edouard Philippe, d'occuper non pas son bureau de maire pour essayer d'organiser localement un municipalisme maritime à l'instar de ce qui se fait non sans une redoutable efficacité à Anvers, port directement concurrent de celui du Havre pour la conquête du fret de la région parisienne, mais plutôt de s'asseoir à la place de Manuel Valls si, d'aventure, le bordelais Alain Juppé était élu président de la République.

Car on continue de croire au Havre mais aussi à Rouen, ainsi que dans toute l'ex Haute Normandie (toujours considérée comme un corridor utilitaire de la région parisienne vers la mer), que le pouvoir n'est pas à chercher et à exercer là où on en aurait le plus besoin mais... à Paris! Parce que ce serait plus pratique depuis Paris que depuis Le Havre ou la Normandie!

Le problème c'est que nous ne sommes plus dans les années 1970. Le pouvoir central parisien est devenu obscur, aboulique...

Et Hervé Morin semble être le seul grand élu en Normandie a l'avoir compris. Normal! C'est le président de région!

Edouard_Philippe___Matignon