La renaissance culturelle normande est en cours...

Nouvelle et belle illustration que nous saluons chaleureusement et que nous devons au travail formidable effectué par l'association Magène emmenée par l'infatigable Rémi PEZERIL qui lutte pour sauver la langue normande dans ses diverses expressions comme d'autres luttent pour sauver la biodiversité menacée...

(source: OF Caen, 11/05/16)

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A signaler aussi pour ce dimanche 15 mai 2016, jour de la Pentecôte, cette fête normande qui aura lieu à Dozulé dans le Pays d'Auge et dont la maire est Sophie Gaugain, l'actuelle première vice-président du conseil régional de Normandie

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La nouvelle majorité régionale normande a bien compris l'enjeu de faire connaître beaucoup mieux qu'auparavant les richesses de la matière normande, notamment auprès des jeunes...

Voir ci-après, à partir de la feuille d'information Normandie XXL, la réflexion d'une autre vice-présidente du Conseil Régional, Catherine Morin-Desailly:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1481

Catherine Morin-Desailly : la pugnace veut « donner aux jeunes les moyens de s’approprier l’identité normande »

 « Une culture familiale de l’engagement »

People. Cela fait plus de 20 ans que la rouennaise Catherine Morin-Desailly, œuvre pour la politique culturelle prise en son sens le plus extensif. Omniprésente par ses actes, ses rapports, ses études, elle n’en reste pas moins un personnage assez secret. Nous la rencontrons dans le petit bureau de sa permanence à Rouen. Grande, carrée comme un viking, son œil d’un bleu aigu transperce l’interlocuteur mais elle n’est pas avare de sourires et amène en douceur l’interlocuteur dans ses rets.

Si Astérix est tombé petit dans la potion magique qui donne la force, Catherine Morin-Desailly est tombée dans le chaudron de la politique. Une vocation héréditaire en quelque sorte : il y eut un grand père maire d’une commune de l’agglomération rouennaise, un grand oncle maire adjoint de Rouen vers 1920, il y avait également un oncle engagé en politique dans l’Eure. Et puis aussi et surtout insiste-t-elle : « une culture familiale de l’engagement. »

Un parcours sans faute

A l’enseignement de l’anglais, elle ajoute très vite l’implication dans la vie associative et dès 1995, à 35 ans, elle devient adjointe au maire de Bois-Guillaume. René Seille (DVD) lui avait demandé de le rejoindre pour être son adjointe à l'Education. Elle reconnaît que : « c'est là qu’elle a tout appris de l'exigence du rôle d'élu local ». Rappelons le credo de ce maire: "travailler sérieusement sans se prendre au sérieux " qu’on aimerait voir plus souvent mis en pratique.

Dès 2000 Pierre Albertini (UDF), lui demande de le rejoindre pour constituer une liste contre le socialiste Yvon Robert. C’était une mise en pratique de la parité bien avant la loi, il avait aussi su repérer la combativité de la jeune femme originaire de Rouen. La mairie sera gagnée pour la mandature 2001 / 2008 pour Pierre Albertini, mais Catherine Morin-Desailly continuera à être une élue municipale de Rouen jusqu’à maintenant.

C’est encore Pierre Albertini, alors député, qui la mettra en piste pour les sénatoriales qu’elle remportera en octobre 2004. Soucieuse d’élargir le champ de ses compétences, elle s’inscrit à l’Institut des Hautes Etudes de l’Entreprise (IHEE) dont elle sera diplômée en 2007.

Catherine Morin-Desailly on le voit est une bonne élève en politique, c’est la fiabilité assurée en quelque sorte mais elle sait aussi être une élève reconnaissante car elle n’hésite pas à dire : « qu’elle doit beaucoup à celui qui a maintenant décidé après son échec aux municipales de 2008 de se retirer de la vie politique. »

« Il faut une éducation artistique, culturelle, humaniste pour aborder les choses avec une vision critique  »

Toujours prête pour le combat

Pour notre héroïne, les conquêtes n’étaient pas finies, lors des élections régionales de 2015, Hervé Morin, député de l’Eure, lui a demandé de rejoindre la liste de Seine-Maritime menée par la LR Françoise Guégot et où Catherine Morin-Desailly représente l’UDI. Pari gagnant.

- Vous voici donc maintenant, sénatrice, conseillère régionale, conseillère municipale et conseillère à la Métropole, n’est ce pas un peu trop ?

Catherine Morin-Desailly rit : bien sûr, je vais démissionner du poste de conseillère municipale et donc de conseillère de la Métropole, j’attends simplement juin / juillet quand sera publié le jugement relatif à la contestation de l’élection régionale.

Côté politique elle reste fidèle à la ligne centriste qu’avait parfaitement incarné Jean Lecanuet (maire de Rouen de 1968 / 1993) en son temps, membre fondatrice de l’UDI elle en est la présidente pour la Seine Maritime depuis juin 2013 et la Vice-Présidente à l’échelon national, tout en ayant rejoint le Nouveau Centre en 2009. Pour la primaire de droite de la présidentielle, elle reste neutre, le parti n’a pas pris position et elle ne se prononce donc pas pour l’instant. La prudence fait aussi partie de ses qualités, elle explique sans doute ce brillant parcours.

Passion sénatoriale

Nous étions venue voir la Conseillère Régionale, présidente de la Commission Culture, tourisme et attractivité du territoire, une fonction qui n’a guère que quelques mois et c’est surtout la Sénatrice que nous rencontrons. Une élue nationale qui s’investit totalement dans son travail tout en considérant : « qu’une telle fonction nécessite de garder un ancrage local ». Classée parmi les 100 premiers sénateurs en termes de présence, son assiduité n’a pas fléchi lors des problèmes de santé qu’elle a rencontrés il y a 3 ans. Par contre les régionales ont bousculé le rythme ces derniers mois. Quant au nombre de rapports, d’études, de commissions, de questions écrites et orales, il atteste d’un goût forcené pour le travail et aussi de la mise sur pied d’une équipe de spécialistes qui l’assistent. On renonce donc à vous donner une vision d’ensemble des 12 années de travail sénatorial pour apporter quelques aperçus des plus récents.

Tête Maori, un exemple emblématique

Dès son arrivée au Palais du Luxembourg, Catherine Morin-Desailly fait partie de la Commission Culture au très vaste champ d’action : patrimoine, école, enseignement supérieur, recherche, action culturelle de la France à l’étranger, sport, jeunesse, communication.

Rappelons néanmoins un des premiers dossiers emblématiques : l’histoire de la tête Maori momifiée du Musée d’Histoire Naturelle de Rouen qu’en 2006, Catherine Morin-Desailly adjointe à la culture de Pierre Albertini propose de rendre à la Nouvelle Zélande qui en a fait la requête. Accord qui va susciter une tempête politico-judiciaire puisque ces têtes momifiées peuvent être considérées comme des œuvres d’art et sont dès lors des propriétés inaliénables de la Nation. L’élue mènera le combat et finalement en 2011 l’ensemble des collections françaises de têtes momifiées Maori furent rendues à leur pays d’origine où elles peuvent reposer en paix. Cette affaire illustre parfaitement l’opiniâtreté dont Catherine Morin-Desailly sait faire preuve pour traiter des affaires d’une complexité extrême puisqu’il ne s’agissait de rien moins que de changer la loi.

Ce serait bien que la Normandie puisse devenir un Pôle d’Enseignement Supérieur de la musique »

L’enjeu culturel, politique et européen du numérique

Parmi les dossiers récents qui l’on passionnée retenons son travail sur les médias et le numérique, notre interlocutrice rappelle : « qu’elle a été la première à tirer le signal d’alarme sur les questions de souveraineté nationale face au numérique comme l’a illustré l’histoire des écoutes d’Angela Merkel par les services secrets américains. »

De 2008 à 2014, elle a présidé le groupe d'études sénatorial « Médias et Nouvelles Technologies » qui a organisé plusieurs tables rondes ayant fait l'objet de rapports dont : « L'avenir de la radio » (5 mai 2010), « La neutralité du net » (26 octobre 2011), « La fiscalité du numérique » (26 janvier 2012), « Les effets sociétaux  de la révolution numérique »(12 juillet 2012) et « La régulation dans le domaine des technologies de l’Information » (16 janvier 2014).

Alors vice-présidente de la commission des Affaires Européennes en charge du numérique (2011-2014), elle a été auteur d’un rapport sur la gouvernance européenne du numérique, publié en 2013, intitulé : « L'union européenne, colonie du monde numérique ».

Au lendemain de l’affaire PRISM et de la révélation du scandale du contrôle et de la surveillance de l’Internet pratiqués par la NSA, Catherine Morin-Desailly a été à l’initiative de la création d’une mission commune d’information sur le thème « Quel nouveau rôle et nouvelle stratégie pour l’Union européenne dans la gouvernance mondiale de l’Internet ? ». Très investie sur ces questions, Catherine Morin-Desailly a été nommée rapporteur de cette mission qui a abouti à la publication le 8 juillet 2014 du rapport d’information intitulé « L’Europe au secours de l’Internet : démocratiser la gouvernance de l’Internet s’appuyant sur une ambition politique et industrielle européenne ».

Et la Normandie dans tout ça ?

La présidente de la Commission Culture, Tourisme et Attractivité du territoire est devenue entre temps présidente de l’Opéra de Rouen Normandie, membre du Conseil Régional du Tourisme …elle mesure l’ampleur de la tâche à accomplir pour que se construise une Normandie réunifiée : « il faut un état des lieux et une harmonisation, on est maintenant sur un budget de transition, les actions ne se concrétiseront vraiment que l’année prochaine » Qu’il s’agisse des pôles image, des agences du livre…il y a à coordonner, harmoniser, jouer des synergies pour une plus grande efficacité. Idem pour l’Opéra, il ne fait pas doute pour l’élue « qu’il faut travailler en partenariat avec la Métropole, la ville de Rouen mais aussi l’ensemble des structures culturelles»

La question qui se pose est celle de la construction d’une identité normande, il faut créer les chemins pour que les jeunes puissent se l’approprier : « cela passe par une prise de conscience des jeunes et pour cela il faut une éducation artistique, culturelle, humaniste pour aborder les choses avec une vision critique » une exigence bien loin des horreurs apparues dans les livres de classes de la rentrée 2016 qui utilisent le langage des textos.

Catherine Morin-Desailly a plus particulièrement travaillé sur le dossier de l’enseignement musical, et revendique pour la Normandie un pôle d’enseignement supérieur, « huit ou neuf ont déjà été attribués, il en reste un, ce serait bien que ce soit pour la Normandie » constate-t-elle. Elle rappelle « l’existence de la loi de 2004 pour l’enseignement artistique qui n’a été appliquée que par le Nord Pas de Calais et le Poitou Charente, ce serait que la Normandie prenne aussi cette option. Le dossier est suivi à la Région par Emmanuelle Dormoy, vice présidente de la culture qui en étudie la faisabilité. »

Pour s’approprier l’identité normande il faut s’appuyer sur les Collectivités Territoriales, la Métropole et l’Education Nationale reste à savoir comment mettre en place une expression régionale dans l’enseignement. Pour que la conscience régionale se renforce, dame du numérique, Catherine Morin Desailly verrait bien un portail culturel donnant des informations sur l’ensemble des manifestations normandes   Comme on le voit les idées ne manquent pas mais en la matière elles obligent à faire bouger quelques mammouths…ce qui doit être possible pour celle qui a su régler le conflit Maori.

G.B.