Que l'on ne nous fasse aucun procès d'intention anti-breton! L'expression "grosse mécanique qui tourne à plein régime" est celle utilisée par l'un des organisateurs de la fête de la Bretagne au coeur du quartier Saint François du Havre depuis 1875.

La question posée ne concerne pas la fête elle-même: c'est une belle tradition et elle honore la mémoire des ouvriers bretons du port du Havre qui sont venus travailler durement ici pour fuir une misère noire.

Non, le problème est, une fois de plus, dans ce qu'une culture régionale sinon régionaliste exacerbée peut devenir si elle demeure dans l'entre-soi: la curiosité pour soi-même et rien d'autre ou presque. Avec pour conséquence cet aveu à lire ci-dessous dans l'article de Paris-Normandie:


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5807512/newsletters/le-quartier-saint-francois-au-havre-s-apprete-a-vivre-a-l-heure-bretonne#.Vzs5tCGW6XV

Le quartier Saint-François au Havre s’apprête à vivre à l’heure bretonne

Publié le 16/05/2016 á 23H06

 Animation. Durant deux jours, les samedi 21 et dimanche 22 mai avec la fête de la Saint-Yves, le quartier Saint-François va vivre à l’heure bretonne. Une tradition bien ancrée dans le paysage havrais depuis 29 ans.

http://www.paris-normandie.fr/documents/10157/0/image_content_general_20551224_20160516213605.jpg

Le quartier Saint-François s’apprête à renouer avec la tradition bretonne l’espace d’un week-end, les samedi et dimanche 21 et 22 mai. Une animation populaire bien ancrée dans le paysage culturel et religieux havrais depuis plusieurs décennies. Pas tout à fait victime de son succès, pour Christophe Lemonnier, président de l’association des Bretons du Havre : «Il est difficile d’apporter des nouveautés lorsqu’une grosse mécanique tourne à plein régime». Au risque même de décevoir.

Toutefois, l’équipe organisatrice n’est pas à court d’idée pour amener sa touche personnelle avec le succès tant escompté. « Cette année, en plus du marché breton, des bagadoù et des danses en costumes traditionnels, une chanteuse à voix havraise, Lætitia Sauvage, de son nom de scène Nange, viendra se produire sur scène. C’est une habituée des radios-crochets et elle bosse sur la fête de la Saint-Yves depuis 8 mois. Nous avons d’ailleurs choisi ensemble les chansonsqu’elle interprétera.» Un répertoire en langue bretonne et celtique, ça coule de source ! «On l’a entendue récemment en répétition avec notre bagad, ça va être bouillonnant!»,promet-il. Mais la fête de la Saint-Yves, c’est aussi « 126 bénévoles le temps d’un week-end dont 24 alloués à la surveillance».

Messe en Breton dimanche matin

Des festivités où binious, cornemuses et bombardes vont s’en donner à cœur joie dans des effluves de kouign-amann. Une fête populaire à plus d’un titre mais aussi religieuse avec le Pardon de la Saint-Yves qui a lieu à Saint-François depuis 1875.

Point d’orgue de ces deux journées, la messe dans l’église Saint-François donnée en Breton le dimanche matin suivie dans l’après-midi de la procession rue Jean-de-la-Fontaine. Sans oublier le très attendu « Triomphe » où tous les acteurs de la fête, soit environ 80 personnes en costumes traditionnels, vont défiler au départ de la passerelle du bassin du Commerce. Quant au marché breton, cette année, trente-cinq stands d’exposants, mêlant vêtements et alimentaire, sont attendus.

Comme à l’habitude, certaines rues de Saint-François vont être rendues aux piétons (voir infographie). Prudence donc aux automobilistes tête en l’air de ne pas oublier, la veille du jour J, de bien stationner leur véhicule hors périmètre.

Stéphane Gouël

s.gouel@presse-normande.com


Commentaire de Florestan:

« Il est difficile d’apporter des nouveautés lorsqu’une grosse mécanique tourne à plein régime » Mon dieu quel aveu! Quand on fait du breton on ne peut faire que du breton au risque de la caricature...

Le 100% pur breton ou le 100% pur normand d'ailleurs ce n'est pas bon pour la santé: je propose que l'on fasse de la diversité et de la rencontre. Par exemple, les Bretons en Normandie: que pensent-ils de la Normandie? Ou mieux: une fête de la Normandie ... en Bretagne! A l'instar de la fête de la Bretagne au Japon: les Japonais apprécient. Par contre on ne sait ce que pensent les Bretons du Japon.

Un Breton sans Bretagne peut-il être Breton? Il nous est souvent demandé d'être curieux de la Bretagne et des Bretons. L'inverse, qui serait logique et attendu, est-il si certain?

« Il est difficile d’apporter des nouveautés lorsqu’une grosse mécanique tourne à plein régime » nous assure-t-on... En clair: les gens sont habitués à consommer ce dont ils ont l'habitude. C'est bien là le problème: la promotion de l'identité normande ne doit surtout pas devenir une industrie identitaire de l'entre-soi.