Le mouvement d'opposition et de contestation contre la loi dite "Travail" qui réforme le code du travail à partir d'une note de cadrage fermement proposée par la Commission européenne au gouvernement français à l'automne dernier dans le but d'harmoniser le marché du travail dans la zone euro et qui, si l'on en croit une étude que vient de publier le "think tank" d'obédiance libérale "Rexécode", ne pourrait créer, tout au plus, que 50000 emplois de plus, continue de plus bel tant à cause du contenu de la loi elle-même (trop libérale pour la gauche syndicale et politique ou trop sociale pour le lobby patronal) que par l'inepte conduite politique de ce brûlant dossier que nous impose un gouvernement aux abois en passe d'avoir perdu sa majorité sur cette affaire: l'interruption du légitime débat parlementaire, qui plus est dans une démocratie! par l'usage du fameux article 49 alinea 3 et, dans la rue, l'usage de la force répressive au profit d'une véritable stratégie de la tension dont les premières victimes sont les manifestants ET des forces de l'ordre au bout du rouleau après plusieurs semaines d'état d'urgence risquent de mettre le feu aux poudres!

C'est l'arbitrage que semblent assumer, pour l'instant, droits dans leurs paires de bottes respectives MM. Valls/ Hollande...

Ajoutons à cela la tentation chez les sénateurs qui doivent examiner ce projet de loi funeste en seconde lecture de faire de l'obstruction parlementaire à grands coups d'amendements et de "cavaliers législatifs" pour ralentir, le plus possible, le passage de la loi Travail devant le parlement puisque le projet de loi qui va être certainement reprendre son visage libéral d'origine au Sénat doit revenir en seconde lecture à l'Assemblée Nationale... si une session extraordinaire d'été désirée fortement par le gouvernement est approuvée par les parlementaires des deux chambres. Car si le parlement refusait de siéger en session extraordinaire ce mois de juillet, la seconde lecture du projet El Khomry ne pourrait se faire qu'à la... rentrée de septembre 2016! au moment où la pré-campagne des présidentielles 2017 va commencer: stratégie de pompiers pyromanes qui pourrait avoir des adeptes tant à droite qu'à gauche!

En attendant, le pays est de plus en plus troublé. Le port et la ville du Havre sont bloqués ce mardi 17 et mercredi 18 mai 2016 par les routiers et les dockers: après mai 1968, mai 2016?


 

Loi Travail : les syndicats continuent de faire monter la pression

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5807012/newsletters/loi-travail--les-syndicats-continuent-de-faire-monter-la-pression

Social. Manifestation des routiers depuis la nuit dernière sur certains grands axes, opérations de blocage au Havre et sur certaines entrées de Rouen, mobilisation à Evreux, mise à l’arrêt de la Raffinerie de Normandie à Gonfreville-l’Orcher... La semaine qui débute s’annonce fortement marquée par l’actualité sociale et l’opposition au projet de loi Travail adopté la semaine dernière par le biais du 49.3. Pour les organisations syndicales, l’objectif est d’obtenir le retrait du texte. De nouvelles actions sont prévues jeudi.

C’est l’heure de vérité pour les opposants au projet de loi Travail. L’heure de mobiliser massivement les troupes, pour une réponse à la hauteur du bras de fer engagé par le gouvernement et son 49.3. «Une déclaration de guerre», commentaient certains syndicalistes normands, sitôt l’annonce faite la semaine dernière. Conformément au calendrier élaboré jusqu’à présent, de nouvelles mobilisations sont prévues aujourd’hui et jeudi.

Manifestation à Evreux, blocages auHavre et à Rouen

Dans l’Eure, l’intersyndicale FO-CGT-FSU-Solidaires appelle les salariés à la grève, ainsi qu’à une nouvelle manifestation à Évreux, fixée ce mardi matin à 10 h au Bel Ébat. «Étant donné la situation, les quatre organisations syndicales de l’Eure ont décidé de soumettre à la discussion, à la fin de la manifestation, la reconduction de la grève, et de proposer, dans le cadre d’une assemblée générale de grévistes, de reconduire le mouvement le mercredi 18mai et d’organiser des actions de blocage à l’entrée des villes et des zones industrielles dans tout le département, ainsi que des actions de péages gratuits à Incarville et Heudebouville», annonce par ailleurs le communiqué des organisateurs.

Des opérations de blocage devaient démarrer dès ce matin en Seine-Maritime. À Rouen, rive gauche notamment. Des barrages devaient être installés dès 4 h 30 à proximité du pont Guillaume-le-Conquérant et de nombreux salariés pourraient se retrouver deux heures plus tard devant l’usine Chapelle-Darblay pour bloquer, ensuite, plusieurs points stratégiques de la zone industrielle, au Grand-Quevilly, à Grand-Couronne, près du pont Flaubert et devant les stockages Ruby, sur le port.

Au Havre, où les manifestants contre la loi El Khomri ont pris l’habitude de paralyser régulièrement les principaux axes économiques. Cette fois-ci, les syndicats - CGT en tête - ont annoncé le blocage de l’entrée de la ville pour toute la journée, dès 5 h 30, notamment avec le renfort des portuaires et des dockers. Hier, les bacs de Seine étaient à l’arrêt. L’action pourrait même être prolongée trois jours durant, jusqu’à la «grosse manifestation» prévue par les syndicats jeudi. La fédération Ports et Docks CGT a appelé pour sa part à « deux arrêts de travail de 24 heures » aujourd’hui et jeudi. Un rassemblement est prévu aujourd’hui en fin de matinée sur le parvis de l’hôtel de ville.

Les chauffeurs routiers, eux, ont été incités par leurs fédérations FO et CGT à entrer en grève reconductible dès hier soir, lundi. De fait, selon une source syndicale, l’agglomération de Rouen ne devrait pas échapper aux difficultés de circulation ce matin. Luc Gaffet, chauffeur et élu CGT, estime que sa profession sera «directement impactée» par la loi El Khomri. «C’est un milieu sous-syndicalisé, où les gens ne font souvent que se croiser, poursuit-il. Si l’accord d’entreprise prime sur tout le reste, les salariés vont se retrouver à signer tout et n’importe quoi».

Aujourd’hui, les transporteurs profitent d’un accord de branche qui interdit de majorer les heures supplémentaires en deçà de 25 % (cela peut aller jusqu’à 50 % au-delà de 186 heures par mois). «Mais avec la loi Travail, les employeurs pourront négocier des accords d’entreprises ramenant la majoration à 10%», dénonce Luc Gaffet.

Outre les routiers, les portuaires et les dockers, les salariés de l’Énergie et de la Chimie sont également appelés à entrer en grève. Près du Havre, à Gonfreville-l’Orcher, la raffinerie Total va être mise à l’arrêt. Quant aux cheminots, ils sont invités par la CGT à cesser le travail chaque mercredi et jeudi à compter de cette semaine, pour peser sur les négociations en cours, au sein de la branche et du groupe public, sur les conditions de travail.

Nouveau rendez-vous jeudi

«Nous appelons à multiplier, pour les salariés du public et du privé, des réunions, des assemblées générales avec leurs syndicats», affirme le communiqué de l’intersyndicale seinomarine. Ainsi, hormis le cas havrais et un rassemblement prévu aujourd’hui à 12 h devant le Théâtre des Arts à Rouen, le mot d’ordre de ce mardi semble plutôt à la réflexion sur les modalités d’action pour jeudi. Des manifestations sont d’ores et déjà annoncées après-demain à Rouen (10 h 30 Cours Clemenceau) et à Dieppe (10 h 30 devant la Gare) et au Havre. Dans l’Eure aussi, une nouvelle mobilisation a également été actée par l’intersyndicale.

T. D.

t.dubois@presse-normande.com

le texte el khomri toujours en ligne de mire

Sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, l’Unef, l’UNL et Fidl) ont appelé leurs organisations à «construire» deux nouvelles journées de grèves et manifestations les 17 et 19 mai, les sixième et septième en un peu plus de deux mois. Dans leur ligne de mire, le texte de la ministre Myriam El Khomri, adopté sans vote jeudi après le recours à l’article 49-3 et contesté jusque dans les rangs de la majorité.

Les syndicats jugent le texte trop favorable aux entreprises et pas assez protecteur pour les salariés, en particulier parce qu’il instaure la primauté des accords d’entreprises sur les accords de branche. Mais «les salariés sont décidés à s’engager dans un mouvement dur», assure Philippe Martinez, le leader de la CGT.

Des grèves reconductibles sont ainsi prévues chez les routiers, dockers, marins, facteurs, à la SNCF ainsi qu’à Aéroports de Paris, le rejet de la loi travail se greffant parfois sur des revendications propres à chaque secteur. Les routiers ont ouvert le bal dans la nuit, à l’appel des fédérations FO et CGT. Un mouvement qui devrait toucher le Nord, Nantes, Caen, Marseille et surtout Bordeaux, mais pas l’Ile-de-France, selon FO, la CGT prévoyant de bloquer les ports du Havre et de Nantes-Saint-Nazaire.

Côté transports aériens, des débrayages sont attendus dès mardi à Aéroports de Paris à l’appel de la CGT notamment, tandis qu’une grève sera lancée jeudi par l’Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l’Aviation civile, qui représente les contrôleurs aériens, les administratifs ou encore les techniciens.

Les manifestants se retrouveront une nouvelle fois dans la rue dès jeudi. Le cortège parisien défilera cette fois de Nation à place d’Italie. Leur objectif : prouver leur détermination, malgré l’essoufflement constaté lors des dernières manifestations, moins fournies, et les casseurs qui, pour la première fois le 12 mai, s’en sont pris physiquement aux services d’ordre syndicaux.