Comme les Normands ont pris l'habitude respectable, honorable, de ne rien demander à personne, l'Etat considère que les Normands, plus sages et plus légitimistes ou tout simplement, plus respectueux que les... Bretons, peuvent bien se débrouiller seuls.

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Le nécessaire contournement autoroutier de Rouen qui contribue, pourtant, à l'enjeu national d'achever par le Nord-Ouest la rocade d'évitement de la région parisienne (Axe Amiens- Rouen- Orléans) est ignoré par le Contrat Interrégional de Plan Etat Région Vallée de la Seine qui est loin d'assurer en trois tiers égaux la parité de financement entre l'Europe, les collectivités territoriales et l'Etat: c'était pourtant la réclamation bruyamment faite par une Fabiusie réunie au grand complet à Rouen pour une tonitruante conférence de presse en mars 2012... En 2016, quatre années hollandaises plus tard: rien ou presque!

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En raison du maillon faible politique correspondant au "trou normand" entre 1972 et 2016, le contournement Ouest-Nord-Ouest de la région parisienne est envisagé par l'A28 (Rouen-Orléans via Alençon) alors que l'axe Rouen- Orléans via Chartres, la fameuse "route du blé" alimentant pourtant le premier port exportateur de céréales d'Europe, est en déshérence depuis des années!

Le contournement Nord-Est de Rouen (jonction A29 / A13), un projet estimé à plus d'un milliard d'euros sera à la charge presque complète des Normands selon les deux modalités devenues habituelles de la nouvelle féodalité technocratique et financière:

1) Concession de l'ouvrage à une entreprise privée (une filiale de plus pour la SAPN "sangsue aux Normands"?) avec un péage qui ne doit pas être trop cher afin de ne pas dissuader les camions en transit toujours tentés de passer par le centre ville de Rouen

2) Versement régulier d'une subvention d'équilibre par toutes les grandes collectivités territoriales normandes, à commencer par la région Normandie qui grèvera les budgets en conséquence...

A moins qu'Hervé Morin ne s'active pour négocier un fort recours aux fonds européens ou un investissement extérieur spécifique (le fonds souverain norvégien? On peut toujours rêver...), les Normands paieront la majeure part du gros milliard qu'il faudra pour réaliser le contournement Nord-Est de Rouen pourtant déclaré "d'intérêt national" dans le cadre de l'Axe Seine.


 

Publié le 18/05/2016 á 22H45

Transports. La série de réunions publiques sur le projet de contournement Est a été lancée mardi à Rouen. D’où il ressort une certitude : l’axe sera forcément payant ; et une inconnue : combien d’utilisateurs pourront se le permettre ?

S’il restait encore un doute, Philippe Berg, le directeur de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), a clarifié les choses à l’occasion de la première réunion publique (lire notre édition du jeudi 12 mai) consacrée au projet de liaison A 28-A 13 qui s’est déroulée mardi soir à Rouen : «Le choix n’est pas de savoir si le contournement Est sera gratuit ou pas, le choix est de savoir si nous voulons un contournement à péage ou pas de contournement du tout!»

Car oui, les 41,5 km d’autoroute, s’ils voient le jour, seront bien payants. Ce qui ne saute pas aux yeux sur les communications officielles. Pour financer le coût de l’ouvrage, 886 M€ HT («en fait plus d’1milliard d’euros», affirment ses opposants), le concessionnaire retenu devra répercuter une partie de ses investissements sur les utilisateurs. La question évidente qui vient à l’esprit, c’est combien ? «Impossible de le dire précisément», assure le représentant de l’État qui pilote le projet. «Cela fera l’objet des négociations qui auront lieu avec les concessionnaires qui se porteront candidats.» Tout comme d’ailleurs le coût de la redevance versée par les collectivités si d’aventure le trafic était inférieur aux prévisions.

La fréquentation, grande inconnue

La fourchette pourrait osciller entre 0,12 et 0,17 centime du kilomètre selon les sources, soit tout de même un ticket compris entre 6 et 7 euros pour relier Quincampoix, au nord, et Incarville, au Sud. Un peu moins pour rejoindre la rocade sud de Rouen au niveau de Saint-Étienne-du-Rouvray. «Ce coût va conduire (sic) les automobilistes et les poids lourds à éviter cet axe routier pour se reporter sur ceux qui resteront gratuits», assurent les élus Verts. Combien le feront ? Les études de trafic présentées par le maître d’ouvrage, qui table sur 20 000 à 30 000 véhicules au quotidien, n’apportent pas vraiment la réponse. Seule certitude, à ce prix là, il y aura ceux qui pourront se permettre de « contourner » Rouen (soit par ce qu’ils en auront les moyens, soit parce que leur entreprise finance leurs trajets) et ceux qui contourneront le contournement pour des raisons économiques. «Et il faudra des arrêtés pour empêcher les camions d’emprunter le réseau secondaire. Et les contrôles qui vont avec, sinon une majorité des poids lourds l’éviteront», argumentent les élus Verts.

Ces discussions, pas vraiment nouvelles, commencent sérieusement à agacer les partisans de cet axe attendu - au moins - depuis le début des années 70. «Il y a 4000 pages de dossier, soit 100 pages par kilomètres», ironise Pierre-Marie Hébert, de l’Union portuaire rouennaise. «Maintenant, ça suffit. Il est temps d’agir». Une position qui résume bien l’avis des acteurs économiques de l’agglomération. Et de la majorité des politiques... à l’exception notable de nombreux maires dont les communes sont impactées. Il faudra encore un peu de patience puisqu’à l’issue de l’enquête publique, si le projet est déclaré d’utilité publique, les premiers véhicules n’y poseront les roues qu’en 2024. Au mieux...

D’ici là, Jean-Michel Bérégovoy, élu écologiste à Rouen, propose que l’idée même du contournement fasse l’objet d’un référendum, «comme à Notre-Dame-des-Landes! Demandons à la population ce qu’elle pense de ce projet, si elle l’empruntera avec un péage. Donnons-lui tous les éléments pour se faire réellement une opinion.» Une idée qui présente un risque pour les opposants tant la solution « contournement Est » est perçue par les automobilistes rouennais comme la solution « miracle » aux problèmes d’engorgement récurrent de la ville. Vrai ou faux ? Une chose est sûre, une fois construit, on ne reviendra pas en arrière...

Laurent Derouet

l.derouet@presse-normande.com

Consultation

Quatre réunions publiques en mai

Organisées dans le cadre de l’enquête publique qui se déroule jusqu’au 11 juillet prochain, quatre réunions sont programmées en mai à la demande des membres de la commission d’enquête. La prochaine aura lieu à Boos, aujourd’hui jeudi à la salle polyvalente, la troisième à Saint-Étienne-du-Rouvray mardi 24mai à l’Egigelec, et la dernière, à Louviers le jeudi 26 mai au Grand Forum. Le début est fixé à chaque fois à 19h30.

Un site internet dédié

Le site www.liaisonA28A13.com permet de consulter en ligne les différentes pièces du (volumineux) dossier, deconsulter la liste des permanences où seront présents les commissaires enquêteurs et de déposer un avis.


Commentaire de Florestan:
Les Bretons pour défendre un projet ou une urgence d'intérêt national foutent le feu à des sous-préfectures... Et ça marche! Faudra-t-il faire pareil?