Avec la perspective prochaine d'une reprise en main normande que l'on espère la plus vigoureuse possible du dossier d'intérêt national de l'Axe SEINE et de la LNPN par Hervé MORIN (il semble, en tout cas, s'y préparer pour le premier semestre 2017), le dossier de la LNPN semble, à nouveau, vivre dans le débat public au delà de la gestion techno-pépère du comité de pilotage présidé par le préfet Philizot, délégué interministériel à l'Axe Seine et qui se penche sur le dossier à force de vivre courbé dans une sous-pente de l'hôtel de Matignon en plein coeur du VIIème arrondissement de Paris...

On parle, en effet, du comité de pilotage car le président de région de Normandie, Hervé Morin a voulu y prendre enfin la place qui lui revient, à savoir la première notamment en proposant le financement des études nécessaires au fameux Y de débranchement ferroviaire entre Caen et Rouen à situer le plus en aval possible de Mantes La Jolie pour permettre la reconstruction du système ferroviaire normand.

On en parle donc parce que la Normandie est de retour. On en parle aussi de plus en plus au-delà du comité de pilotage et c'est tant mieux car le vrai débat public régional normand sur la LNPN reste encore à faire: celui organisé par la commission nationale du débat public durant l'hiver 2011 n'a pas eu beaucoup d'intérêt car les débats de la CNDP n'ont toujours pas de valeur prescriptive contrairement à l'avis que devra remettre le rapporteur de la future enquête d'utilité publique qui aura lieu, on l'espère, au plus vite (avant 2020: déclaration d'utilité publique?).

Il ne serait d'ailleurs pas idiot que la région Normandie prenne les devants en préparant cette future enquête d'utilité publique en organisant dès l'année prochaine, un grand débat public sur le ferroviaire normand avec toutes les parties prenantes afin de faire émerger une maîtrise d'usage normande, afin d'identifier et de remettre dans la boucle les bonnes idées, sinon les bonnes solutions que la société civile régionale peut suggérer pour que le projet de LNPN soit réellement un projet normand.

La Normandie aurait ainsi beaucoup à gagner en expérimentant une méthode plus démocratique d'instruction des grands projets d'infrastructures pour démontrer qu'une solution existe entre les deux enfers du blocage français: la morgue méprisante et autoritaire du haut-fonctionnaire technocrate jacobin, d'une part et l'irresponsabilité juvénile et idéaliste du zadiste, d'autre part.

Ouvrir, à nouveau, un débat démocratique normand pour co-construire ensemble la LNPN voilà l'enjeu ! (concrètement: importer en Normandie la méthode hollandaise et scandinave du débat public prescriptif permettant de définir, au préalable, la maîtrise d'usage qui doit s'imposer à la maîtrise d'ouvrage et donc au maître d'oeuvre)

C'est urgent, car le dossier de la LNPN est en train de s'ouvrir à nouveau: c'est, bien entendu, l'effet du printemps normand mais dans ce débourrage, on trouvera le meilleur et le pire...

Le meilleur c'est le projet défendu ici par Michel DUVAL d'un franchissement ferroviaire sous-fluvial de l'estuaire de la Seine en aval du pont de Tancarville à l'aide d'un tunnel par caissons préfabriqués immergés (méthode danoise moins coûteuse qu'un tunnel profond, projet qui pourrait intéresser d'ailleurs le fonds souverain d'investissement norvégien...):

Cette idée pleine de bon sens a contre elle le lobby de la CCI du Havre qui est l'esclave du chemin qu'elle a pris depuis près de 60 ans: prélever les espèces sonnantes et trébuchante d'un franchissement routier de l'estuaire avec les ponts de Tancarville et de Normandie. Mais elle a aussi contre elle, le lobby politique fabiusien rouennais qui aimerait situer ce futur franchissement sur la rive gauche de la Seine à Saint Sever (un tunnel profond long de 6 km en raison de l'encaissement du méandre rouennais) pour faire de la métropole de Rouen, le futur carrefour ferroviaire de la Normandie contre toute logique géographique s'il fallait, au contraire, développer le triangle urbain et métropolitain Caen, Rouen, Le Havre, seule solution respectueuse des réalités les plus évidentes de la géographie physique et urbaine de la Normandie!

Néanmoins, l'idée défendue par Michel DUVAL commence à obtenir un certain écho:

https://www.change.org/p/m-le-pr%C3%A9sident-du-conseil-r%C3%A9gional-franchissement-ferroviaire-de-l-estuaire-de-la-seine-dans-une-normandie-r%C3%A9unifi%C3%A9e/u/16747016?tk=XNTHZV0i9E0UCwdNTCMc1zBI9fqAZ6O7S4CaPwA1iew&utm_source=petition_update&utm_medium=email

Autre scénario pour la LNPN... avec franchissement ferroviaire de l'estuaire de la Seine

Michel DUVAL
France

29 mai 2016 — Je viens d'accéder au document d'un think tank, "Infrastructure France", document intitulé "Débloquer la LGV Paris-Normandie : une solution rentable existe".
L'un des co-fondateurs de ce think tank n'est autre que Jean Poulit, membre fondateur du Cercle des ingénieurs économistes, ancien préfet, directeur régional de l'Equipement d'Ile-de-France, ancien directeur général de l'Institut Géographique National.
"Infrastructure France", après étude (*), fondée sur les performances économiques et naturelles, de trois variantes de tracé de la LNPN privilégie la variante "Rive droite", qui, sur son parcours normand, a un point commun avec... le scénario C repoussé lors d'un débat public "biaisé" car caractérisée par le recours à... un franchissement ferroviaire de l'ESTUAIRE de la Seine. Caen serait desservie à partir du Havre, mais aussi de Rouen et Paris au moyen de ce franchissement situé, comme dans le scénario C, à hauteur du pont de Normandie, Mantes et Evreux ayant été desservies par des bretelles directes. Le caractère performant en terme de vitesse/temps de parcours est apporté par le tronçon de vraie LGV sur la presque totalité du tracé.

Voici un extrait de la conclusion de l'étude :
".../...La variante Rive droite (celle comportant un franchissement ferroviaire de l'ESTUAIRE de la Seine) présente de tels avantages qu'on comprend mal comment les collectivités publiques ont pu l'ignorer. .../... La solution Rive droite ressort clairement comme la plus avantageuse économiquement et politiquement. .../..."
(*) Etude réalisée par IGN Conseil et Applications : Date 20/09/2011...

L'intérêt, pour moi, de ce document, est qu'il renforce ma démarche, d'autant plus qu'il n'a probablement pas envisagé le franchissement de l'estuaire de la Seine par le procédé le moins onéreux, celui d'un tunnel composé de caissons immergés... ce qui n'empêche pas ses auteurs d'opter pour une solution incluant ce franchissement...


 

Commentaires de Florestan:

L'inconvénient majeur d'une solution 100% rive droite à partir de laquelle on ferait tous les branchements et franchissement sous la Seine nécessaires vers le reste de la Normandie, c'est que cette solution coûteuse (construction d'une LGV ayant un fort impact foncier et environnemental notamment dans le parc naturel du Vexin) ignore de fait la Normandie au profit de la relation privilégiée avec Paris par réplication ferroviaire sur les plateaux du Vexin et de Caux du corridor séquanien qui a failli tuer notre région depuis 60 ans!

Pour mémoire, les trois scénarios mis au débat public en 2011...

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Le projet cible actuellement en cours d'étude au comité de pilotage... avec franchissement sous-fluvial de la Seine prévu à Rouen: à cet emplacement, le tunnel risque de forer un sacré trou financier car le méandre en aval de Rouen est très encaissé:

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Le pont Flaubert vu du haut de la côte, au dessus de Croisset: les points hauts au dessus du fleuve dépassent les 100 mètres. Ce qui obligerait à forer un tunnel très long et très profond (6 km) en aval de la future gare St Sever rive gauche et pour ressortir en plein plateau cauchois...

La solution véritablement normande n'est pas sur la rive droite mais bien sur la rive gauche de la Seine avec le fameux " Y  normand" de débranchement vers Caen ou Rouen placé le plus près possible de l'estuaire en provenance d'une boucle ferroviaire sur la rive sud du méandre rouennais et un franchissement sous fluvial dans l'estuaire Rouen, sachant que l'on pourrait utiliser la solution proposée par Michel Duval pour limiter sérieusement les coûts et utiliser la réserve foncière de l'A13 pour tracer la LGV traversant le plateau du Lieuvin en amont de Pont Audemer... afin de limiter l'impact foncier qui inquiète tant les agriculteurs. Bref! il s'agit bien du fameux scénario C qui a été snobé lors du débat public de 2011

Si le scénario "cible" actuel était confirmé (car les Fabiusiens rouennais veulent à tout prix leur tunnel dans le méandre rouennais) il n'interdirait pas néanmoins, ultérieurement et dans le cadre d'un autre projet que celui de la LNPN, un second franchissement sous-fluvial de la Seine situé dans l'estuaire: ce cadre pourrait être le futur schéma métropolitain normand des transports pour une boucle ferroviaire complète entre Caen, Rouen et Le Havre. Avec la technologie du caisson immergé, le coût de cette infrastructure complémentaire serait accessible à un montage financier original et spécifique entre la Région Normandie et un grand fonds d'investissement: on pensera, bien évidemment, au fonds souverain de l'Etat de Norvège.

http://www.latribune.fr/economie/international/norvege-le-plus-gros-fonds-souverain-du-monde-a-double-de-taille-en-3-ans-460791.html

Pourquoi?

Parce que c'est le plus gros fonds souverain du monde. Parce que sa politique financière est strictement régie par des valeurs éthiques (notamment la question environnementale et climatique) et parce que notre Rollon était ... norvégien.


 Mais, hélas, il y a aussi le pire!

Et ce pire risque de prospérer tant que les Normands ne se seront pas mis fermement d'accord sur leur LNPN, selon l'adage que "charité bien ordonnée commence par soi-même!"

En effet, lors du récent "global forum estuaries" de Deauville, le vice-président de la région Ile de France Jérôme CHARTIER rebattait des cartes qui ne lui appartiennent pas en ressortant des limbes le coûteux et improbable projet "sarkozyste" d'une LGV  Paris Le Havre par la rive droite via le plateau du Vexin à partir de laquelle on pourrait brancher les dessertes normandes, à commencer, le fameux franchissement de l'estuaire: nous l'avons déjà dit,  cette vision est celle d'un élu parisien qui méconnait la Normandie puisqu'il ne la voit que depuis Paris... C'est l'effet "corridor séquanien" qui est pour la Normandie une sorte de "couloir de la mort".

Voir ci-après pour en savoir plus:

http://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-lnpn-quand-lile-de-france-rebat-les-cartes-4240178

Et notre réaction sur l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2016/05/21/33844947.html

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Mais, il y a encore pire... A savoir, les déclarations de Jean-François CARENCO, l'actuel préfet d'Ile de France sur l'utilité même du projet de LNPN d'intérêt national! A en croire Marc-Antoine Jamet, élu fabiusien au conseil régional de Normandie, les décideurs franciliens se ficheraient de la LNPN comme de la dernière gigne, à commencer par le préfet de région lui-même qui aurait déclaré que la LNPN est un projet inutile puisque les Normands pourront se contenter de l'arrivée d'EOLE à Mantes la Jolie qui va permettre de libérer les sillons nécessaires en aval de la gare Saint Lazare...

Voir les réflexions du nouveau préfet de région Ile de France sur le Grand Paris: elles sont plutôt pertinentes...

http://gpmetropole.fr/blog/jean-francois-carenco-le-grand-paris-nest-pas-un-territoire-cest-un-projet/