Le 26 mai dernier à Rouen, lors de la seconde partie de la dernière plénière du conseil régional, avait eu lieu la première véritable discussion autour du tout premier budget de la région Normandie.

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Le slogan "la Normandie, région la mieux gérée de France" aura été beaucoup entendu pendant la récente campagne des élections régionales: c' était même la devise de la majorité fabiusienne sortante qui avait fait de la maîtrise de la dette une finalité en soi. Il fallait peut-être aussi démontrer idéologiquement que la gauche réputée "cigale" savait aussi bien gérer que la droite réputée "fourmi".

Sauf qu'Alain Le Vern n'avait franchement rien à voir avec les cigales: c'était même plutôt une vraie fourmi qui se disait de gauche afin de justifier son refus de partager sa moitié de Normandie avec les autres Normands trop à l'Ouest pour voter à gauche!

L'enfermement idéologique de la Haute-Normandie dans la Fabiusie (ou l'inverse) a eu pour conséquence de développer des politiques de coopération financières et de projets entre collectivités amies (accord dit "276"): ce fut d'ailleurs une politique plutôt efficace voire utile nonobstant le fait que le socialisme fabiusien était aussi une idée trop généreuse pour devoir la gaspiller avec des gens qui ne sauraient l'apprécier vraiment...

Et c'est ainsi que toutes les grandes questions d'intérêt général nécessitant une vision large à la seule échelle pertinente, à savoir la Normandie, furent mises de côté pendant les 15 années que durèrent la satrapie autarcique Le Vern... laissant les Bas-Normands se débrouiller seuls avec l'idée normande!

On rappelera pour mémoire qu'en mai 2009 en guise de conclusion de l'audit interne organisé en catimini par Le Vern en guise de réception du fameux rapport commandé aux cabinets d'audit INEUM et EDATER sur les avantages et inconvénients d'une fusion normande, rapport largement favorable à la réunification, ledit Le Vern avait déclaré qu'en cas de réunification, les impôts des contribuables Haut-Normands (qui votent à gauche) risqueraient d'augmenter afin de financer le rattrapage de Bas-Normands attardés (qui votent à droite).

Avec de telles sottises en tête et une demi-région haut-normande gérée comme un gros département s'identifiant comme le prolongement naturel de la région parisienne, l'idée du début d'un commencement d'une politique d'investissement ambitieuse pour l'espace normand était une idée saugrenue: dans ces conditions, pas étonnant que "la" Normandie (qui n'avait jamais existé comme telle dans la cervelle des fabiusiens avant que Hollande ne leur impose l'unité normande la veille du 6 juin 2014), soit "la région la mieux gérée de France"!

C'est pourquoi, le moment est enfin venu de présenter un VRAI budget régional en Normandie, à savoir, un budget d'investissements !

Lire ci-après la présentation de ce premier budget normand proposée par la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1523

collectivités


Budget 2016 : on honore le passé, on investit sur l’avenir…et on va vite

Dernière mise à jour 31/05/2016

Budget 2016 - tableau établi par normandiexxl à partir des documents de la Région

Collectivités. L’objectif d’Hervé Morin pour favoriser le développement de la Région, pour lutter contre le chômage c’est de mettre l’accent sur l’investissement. Il annonce : « un budget offensif » dans lequel 441 millions d’euros sont consacrés à l’investissement, sans compter le remboursement de la dette ! « C’est 41 millions d’euros de plus par rapport aux  budgétaires adoptées en mars» proclame-t-il. Les investissements essentiels concernent :

- 7 millions d’euros qui seront immédiatement mobilisés pour le capital de Normandie Participation.

- le soutien à l’agriculture : 21,2 millions d’euros seront dévolus à la modernisation de l’agriculture normande dont 3 millions d’euros spécialement dédiés aux Mesures Agro-environnementales et climatiques.

Le budget global s’élève à 1,5 milliard d’euros (1,9 milliard en consolidé) et il ne s’agit en aucun cas d’un budget de rupture car il s’agit d’honorer les anciens engagements, aussi la répartition des grandes masses du budget de fonctionnement n’est elle pas bousculée.

Enseignement la part du lion

Dans les grandes masses du budget on constate que l’enseignement avec ses 366 millions d’euros compte pour 27%, les lycées sont de la responsabilité de la Région qui toutefois ne règle pas les enseignants mais assure la rémunération des personnels techniques. Ce chiffre inclut 92 millions d’investissements soit une progression de 16% par rapport au budget précédent. Pour le président Morin c’est un choix « fondamental car le lycée, c’est l’antichambre de la réussite de nos jeunes. La Région a donc le devoir de se doter d’un véritable programme d’actions qui dépasse la question, certes importante, des bâtiments et de leur entretien ». Un travail de consultation a été entrepris par Bertrand Deniaud comme pour l’apprentissage pour élaborer une co-construction avec les proviseurs et les enseignants. Une grande rénovation énergétique est au programme et nous citons pour mémoire règlement du contentieux avec l’enseignement privé que nous avons déjà évoqué.

Formation professionnelle, l’autre gros lion

L’apprentissage c’est le grand chantier par lequel a démarré l’action régionale avec le lancement du Grenelle de l’Apprentissage mené par David Margueritte, sur un budget de 358 millions pour la formation professionnelle et l’apprentissage l’investissement de 17 millions d’euros affiche une progression de 3%. A ces chiffres vont s’ajouter les dotations des actions menées avec l’Etat.

L’action s’appuie aussi sur la mise en œuvre du plan gouvernemental « 500 000 formations supplémentaires » pour les personnes à la recherche d’un emploi,  l’objectif pour la Normandie est d’atteindre d’ici la fin de l’année 2016 plus de 45 000 entrées en formation, soit 15 000 entrées en formation supplémentaires par rapport à 2015. Dans cette perspective, la Normandie sera dotée par l’État d’une enveloppe financière de plus de 45 millions d’euros. Ce financement de l’État sera complété par une enveloppe de 10,7 millions d’euros du Fond paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

Transports la plus forte progression des investissements

Dans les 264 millions d’euros du budget des transports on trouve 113 millions d’investissements ce qui constitue la plus forte progression (hors les affaires financières). Avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe, les transports routiers ont retrouvé droit de cité (chantiers routiers à Flers, à Gournay-en Bray, au port de Caen…) et le train prend de l’avance au lieu d’attendre passivement la mise en place d’une arlésienne nommée LNPN, une nouvelle approche est annoncée avec la rénovation des trains intercités.

Actions économiques

Avec 166 millions d’euros ce budget progresse aussi très fortement avec une croissance de 19%, on y trouve bien entendu Agence de Développement de la Normandie et son bras armé Normandie Participation qui bénéficiera de 7 millions d’euros qui seront immédiatement mobilisés pour son capital. Autre grand projet qui trouve d’ores et déjà une traduction budgétaire, le soutien à l’agriculture : 21,2 millions d’euros seront dévolus à la modernisation de l’agriculture normande dont 3 millions d’euros spécialement dédiés aux Mesures Agro-environnementales et climatiques.

La culture n’a pas été oubliée, son budget de 81 millions d’euros progresse de 4%, les actions en seront présentées à la rentrée mais le président a souligné l’importance qu’il accorde à ce poste, les actions en faveur de l’environnement progressent de 3% quant aux postes « affaires financières » il inclut principalement la charge de la dette (capital et intérêts) et les mouvements liés aux crédits revolving.

Le vote

Si l’opposition s’est ralliée à la « Résolution unique » pour le vote du budget les positions ont été plus clivées, ce choix de la continuité d’Hervé Morin a été raillé par le socialiste Marc-Antoine Jamet, au demeurant président de la commission finances qui l’a accusé d’avoir fait des copier / coller par rapport au précédent budget, malgré cette ligne proche du passé le groupe socialiste s’est abstenu, le groupe FN de Nicolas  Bay s’est plaint de l’absence d’économie et a voté contre ainsi que le groupe des écologistes.

Progression des investissements - doc CRN