A Trouville, il semble que le maire, Monsieur Christian CARDON par ailleurs magistrat à la cour des comptes depuis 1983 fait son mandat de trop... Nous avions déjà évoqué sur l'Etoile de Normandie cette triste affaire de destruction du magnifique et rare théâtre à l'italienne de l'ancien casino contruit à partir de 1910 par l'architecte Alexandre Durville et dont il reste encore la salle et ses décors d'origine après plus de 17 ans d'abandon... (décidément, un règne municipal est toujours trop long!)

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La salle à l'italienne de l'ancien théâtre Durville construit en 1910: prises de vues réalisées en 2005 par les services de l'Inventaire Régional

Le maire Christian Cardon, lié par un bail de construction au groupe Cofinance chargé de trouver un avenir à l'ancien casino de Trouville, envisage de détruire la partie haute de la salle du théâtre à l'italienne de l'ancien casino en divisant le volume intérieur par un plancher afin de permettre l'extension de l'hôtel de luxe ouvert en 2015 (15 chambres supplémentaires).
Une pétition sur change.org a réuni plus de 4000 soutiens contre ce projet. Il y a deux jours, Mme Shelma principale opposante au maire (34 ans de mandature...) a réussi à faire intervenir Jack Lang pour faire stopper le projet de destruction: une visite d'inspection par la DRAC doit avoir lieu.
Voir sur ce sujet le lien suivant vers un article du Pays d'Auge:
 Mais il y a pire...
Dans l'ancienne salle de baccara désormais incorporée au nouvel hôtel des "cures marines" qui a été réaménagé par Jean-Philippe NUEL (cf. la piscine Molitor à Paris), se trouvaient deux magnifiques toiles peintes marouflées de style art déco signé d'André LAGRANGE et datées de 1927. Or, après 17 années d'abandon du casino et plusieurs années de chantier mené par le groupe Cofinance, ces deux oeuvres magnifiques ont disparu. Pourtant en 2013 le conseil municipal de Trouville avait voté un avenant au bail de Cofinance qui gère désormais le bâtiment du casino pour que ces oeuvres soient conservées.
Bernard Toulier, le commissaire général d'une future grande expo sur l'art balnéaire qui aura lieu en octobre prochain à la cité de l'architecture de Paris ("Tous à la plage, la ville balnéaire du XVIIIe siècle à nos jours")  et désireux de montrer à Paris ce chef d'oeuvre de l'art Déco, nous a révélé que le maire pourtant préfacier en 1992 d'un livre faisant autorité sur le sujet, ne savait pas ou ne voulait pas dire où ces oeuvres pouvaient se trouver ou ce qu'elles étaient devenues.
Or, le 27 mai 2016, en séance du CM de Trouville le maire finit par avouer à demi mot que les toiles marouflées (et non des fresques) avaient été à ce point endommagées par des ballons de basket dans cette salle à l'abandon transformée des années durant en gymnase improvisé qu'on ne pouvait plus les enlever pour les sauvegarder et qu'en conséquence, elles auraient été détruites. L'avenant voté en 2013 n'aurait donc pas été respecté par Cofinance et un procès se prépare: à savoir que l'on pourrait reprocher au maire de Trouville de ne pas aller en justice  contre Cofinance qui devait tout faire pour sauvegarder ces oeuvres dans le cadre de la rénovation du casino de Trouville.
Il semble, néanmoins, qu'une prise de vue totale et numérisée des originaux a été faite ce qui a permis à l'architecte designer d'intérieur Jean-Philippe Nuel chargé de la transformation du casino en hôtel, de placer des posters décoratifs des détails de ces peintures dans les chambres du nouvel établissement des "cures marines" ouvert au printemps 2015.
Bien entendu, une reproduction après numérisation n'est pas équivalente en droit à la conservation et à la restauration d'une oeuvre originale.
Enfin, tout récemment, nous apprenions que ces peintures originales disparues soi-disant détruites pourraient finalement bénéficier d'une restauration financée à l'aide de la fondation du patrimoine... Etrange. On dirait que l'on chercherait à cacher un fait ou une action regrettable contre ces oeuvres: la dépose technique des peintures faite sous la responsabilité du groupe Cofinance aurait-elle été mal réalisée au point d'avoir abîmé des oeuvres qui étaient encore en place et en bon état de conservation en 2005? Et le maire de couvrir, par ses atermoiements, le groupe de BTP dont la ville est financièrement solidaire...
En attendant, le maire refuse toujours de dire si ces oeuvres magnifiques ont été détruites ou non et menace de poursuites judiciaires les gens qui seraient trop curieux!
Voir les deux articles suivants (hebdomadaire Le Pays d'Auge):
En conséquence, nous avons envoyé au titre de la Société protectrice des paysages et esthétique de la France, un courrier à Madame Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la communication pour que les services de l'Etat prennent dans cette consternante affaire toutes leurs responsabilités.
Pour prendre connaissance de ce courrier:

Ci-après, quelques prises de vue de ces magnifiques toiles peintes par André Lagrange en 1927 pour le casino de Trouville par les services de l'Inventaire régional en 2005:

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Commentaire de Florestan:
C'est aux citoyens normands de défendre le patrimoine artistique normand menacé!