La Normandie, région à taille humaine et seule région géo-historique authentique sur la carte de France, est aussi de part l'ampleur de son patrimoine historique et culturel une région humaniste:

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Les valeurs d'un certain libéralisme politique notamment développé en Angleterre et aux Etats-Unis ont pour origine les dispositions de protection de la personne individuelle que l'on trouvait déjà dans la grande coutume de Normandie du XIIe siècle. Ces valeurs se concentrent sur la dignité et la liberté accordées à l'individu humain ainsi qu'à ses droits (l'autonomie d'action, de décision) mais aussi sur la nécessité de résister à l'arbitraire, à la tyrannie.

Ces valeurs vont se trouver tout particulièrement réactivées dans la tragédie collective de la Seconde Guerre Mondiale qui, de 1940 à 1944, a directement mis à l'épreuve les deux pays européens porteurs de cet idéal humaniste: l'Angleterre et la France face à la barbarie totalitaire de l'Allemagne nazie.

Et l'Histoire a voulu que la scène finale de cette tragédie se joue sur la terre normande, l'un des berceaux de ces valeurs qu'il importe toujours de défendre.

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 Hervé Morin, président de la région de Normandie vient d'écrire au directeur du Mémorial de Caen pour exiger la présence permanente du drapeau normand dans le pavoisement du parvis: un mât avec drapeau normand sera donc prochainement installé. Enfin!

Le sacrifice des Normands de 1944 pour la Libération de l'Europe fut comme un sanglant retour aux principes des origines tout en faisant de la Normandie, le pays témoignant pour le Monde entier des horreurs de la guerre (n'oublions jamais que la Normandie a subi un "urbicide" pour sa Libération après quatre années passées dans l'enfer nazi) et de la nécessité de défendre la Paix: au delà du symbole, notamment incarné à Caen par le Mémorial, il faut insister sur l'expérience des populations civiles normandes durement éprouvées après les combats de l'été 1944 et les rudes de condition de survie dans les ruines des villes normandes des années 1945- 1950: cette expérience de "résilience" normande  fait désormais pleinement partie de l'identité normande qui n'en fait pas un chauvinisme régionaliste mais un... humanisme qui porte un nom propre, celui d'une région.


 

La Normandie, un humanisme: une nouvelle preuve vient de nous en être donnée. Lire l'article suivant proposé par Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/region/depuis-caen-un-programme-d-etudes-sur-les-attentats-du-13-novembre-2016-est-lance-NN6096179?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=ff469f06fc-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-ff469f06fc-137315997

Depuis Caen, un programme d’études sur les attentats du 13 novembre 2016 est lancé

Publié 19/06/2016 á 22H48
Le professeur Francis Eustache est neuropsychologue à l’Inserm de Caen dans le Calvados (photo Inserm)
Le professeur Francis Eustache est neuropsychologue à l’Inserm de Caen dans le Calvados (photo Inserm)

Étude. L’historien Denis Peschanski et le neuropsychologue caennais Francis Eustache vont recueillir et analyser les témoignages de 1 000 personnes volontaires interrogées sur dix ans.

Les équipes de chercheurs veulent comprendre comment le souvenir traumatique des attentats du 13 novembre 2015 évolue-t-il dans les mémoires individuelles et la mémoire collective. La science peut-elle prédire, par l’étude des marqueurs cérébraux, quelles victimes développeront un état de stress post-traumatique, et lesquelles se remettront plus facilement ?

Un premier projet d’ampleur mondiale pour les scientifiques du CNRS, de l’Inserm et de l’HéSam Université. 

Directeur de l’unité Inserm-EPHE-UNICAEN U1077 « Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » Pôle des formations et de recherche en santé (PFRS) à Caen, le professeur Francis Eustache explique le déroulement de ces entretiens filmés.

Comment est venue l’idée de ce programme «13-novembre»?

« Ce projet a plusieurs points de départ. Tout d’abord les attentats de Paris avec la volonté de scientifique de répondre à cette situation et d’incompréhension car il s’agit de trouver une réponse. Nous avons aussi reçu une lettre d’Alain Fuchs, le P.-D.G. du CNRS, adressée à la communauté scientifique en lui demandant d’apporter une réponse. Il nous a reçus le 5 janvier avec Denis Peschanski. »

Vous aviez déjà travaillé sur ce type de programme?

« Oui, il y a autre point de départ plus ancien. Avec Denis, nous travaillons ensemble depuis 7 ans sur un programme transdisciplinaire qui a pour thème les liens entre la mémoire individuelle et collective. Le point de départ est la deuxième guerre mondiale et l’outil de recherche l’Equipex Matrice installé au musée mémorial de Caen. Toutes les méthodologies et conceptualisations que nous avons développées depuis plusieurs années sur cette guerre et aussi sur le 11 septembre 2001 (N.D.L.R. : attentats de New York), nous avons pu les transposer beaucoup plus vite. On est passé de quelque chose qui analysait le passé à quelque chose qui est en train de se produire. Il y a une dimension longitudinale puisque ce programme s’étend sur douze ans. On a conservé la dimension transdiscplinaire, le cadre mémoire individuelle et collective mais on transpose à la mémoire du présent et presque du futur, celle qui est en train de s’écrire. »

Comment avez-vous mis en œuvre le projet?

« C’est un programme dont tous les projets sont coordonnés les uns par rapport aux autres. Nous sommes plusieurs laboratoires et il y en aura d’autres... Il a fallu trouver les moyens financiers et nous avons beaucoup de partenaires. Nous avons le soutien du ministère de la Défense et surtout le secrétariat aux Anciens combattants car c’est lui qui est chargé des victimes. Ensuite, il a fallu mettre en œuvre le protocole, ouvrir les centres et les consultations. »

Actuellement vous êtes dans le recueil des données, quelle est votre méthodologie?

« L’étude 1 000 est au centre du programme. Ce sont 1 000 volontaires avec la notion de quatre cercles. Le premier avec ceux qui ont été directement exposés aux attentats (N.D.L.R. : le Bataclan, les terrasses et Saint-Denis) et celles qui sont intervenues sur les lieux directement ; le cercle 2, les habitants et ceux qui viennent travailler dans ces quartiers ; le cercle 3, les Parisiens et le cercle 4, les villes de province. Les entretiens sont filmés à l’INA avec le concours du service du service de documentation du ministère de la Défense. Ces entretiens deviennent patrimoine de la nation. C’est donc une démarche patrimoniale. Ces entretiens seront répétés en 2018, 1021 et 2026... »

Pourquoi cette cadence?

« Parce que c’est long la construction de la mémoire. Dix ans : on s’est appuyé sur une étude américaine de William Hirst qui avait envoyé des questionnaires papiers. L’idée est proche. Nous avons les captations de l’INA, nous pouvons travailler sur le visage... Ce sera le travail de certaines équipes de chercheurs. Après, en janvier, nous passerons à la phase de l’analyse. »

Cherchez-vous encore des témoins?

« Non. Caen participe à l’étude mais est aussi au centre puisque le projet est piloté depuis mon labo avec le centre Cycéron d’imagerie médicale de Caen. L’étude biomédicale du protocole « 13-novembre » a lieu à Caen. »

Comment les avez-vous choisis?

« Pour Caen, par mon laboratoire. Nous avons déjà des volontaires pour d’autres études. Pour les Parisiens, ça dépend des cercles. Nous sommes passés par les associations de victimes et de familles qui sont partenaires de notre projet, les mairies de Paris de Saint-Denis et des journaux comme le Parisien. »

Il y a un volet réseaux sociaux, pourquoi?

« C’est un projet ou l’ensemble est coordonné. L’idée fondamentale est que la mémoire individuelle est dépendante de la mémoire collective et sociale. Encore plus aujourd’hui qu’hier, nous sommes très dépendants des réseaux et des médias qui sont très présents. Il faut tenir compte de tout cela et voir comment cela se construit. La connaissance que nous voulons avoir tient compte des réseaux sociaux. L’INA fera une captation des journaux, radio, télé, sites Web et tweets pour être stockés et analysé en Big Data. Le but de mettre ensemble à un moment donné les modifications physiologiques dans les cerveaux des personnes et les modifications dans les réseaux sociaux. »

Propos recueillis par Alain Lemarchand

a.lemarchand@presse-normande.com


 

Où etiez vous le 13 novembre 2015 ?

Où étiez-vous les 13 novembre ? Nous avons tous une réponse. Francis Eustache livre la sienne : «C’était assez banal, j’ai regardé un DVD avec ma femme. Je n’ai pas regardé la télévision, sauf au moment de l’éteindre. Il y avait encore le match et j’ai vu une image, la télé devait déjà parler de quelque chose. J’ai vu cette image et on n’a pas compris. Nous sommes partis dormir. En me levant le lendemain, j’avais un premier message d’une collègue américaine, puis plein d’autres messages. Les enfants et tout. Et après j’ai regardé la télé comme tout le monde. Rien d’original. Pour Charlie-Hebdo nous avons été complètement ébranlés. Pourquoi nous n’avons pas lancé une enquête? Cela ne s’est pas fait, nous n’avons pas eu l’énergie. Pour le 13 novembre nous avons dit qu’il fallait faire notre travail de scientifiques... On a notre façon de répondre. Pour les blessés psychiques j’espère qu’on aura des réponses à ce qui peut aider les gens et ce qui permet de construire une résilience.»