Hier soir, le 23 juin 2016 veille d'un jour qui est d'ores et déjà historique, nous écrivions sur l'Etoile de Normandie que la fière Albion n'avait pas été subjuguée depuis le continent européen depuis... 950 ANS, soit depuis l'épopée de Guillaume de Normandie devenu roi d'Angleterre qui a fondé la puissance anglaise à partir de l'éradication de l'ancienne aristocratie saxonne tout en garantissant au peuple anglais la paix, la prospérité et une organisation plus moderne du pays.

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Qu'il nous soit permis ici de rendre hommage à l'origine de cette étrangeté fièrement rappelée par le peuple britannique qui a voté à 52% (avec 72% de participation) pour le retour à la plus stricte souveraineté nationale incarnée par son parlement:

Il est, en effet, en Angleterre, un principe supérieur à celui de la raison d'Etat maîtresse de l'intérêt général, un principe sacré qui s'élève au dessus des plus légitimes, urgentes préoccupations, bien au-delà de l'évidente nécessité de défendre ses intérêts dans des compromis de plus en plus compromis:

Ce principe c'est celui de la Liberté d'individus souverains d'eux-mêmes et qui constituent ensemble une souveraineté collective.

Si l'intérêt général du peuple britannique est devenu trop lointain, arbitraire, réglementaire, bruxellois alors le devoir du peuple britannique est de lui résister.

En Angleterre, l'autorité au nom de l'intérêt général ne suffit pas. Il lui faut obtenir en plus le libre consentement d'un parlement ou d'un peuple.

D'où cela vient-il?

Vers la fin de son règne en tant que duc-roi, Guillaume Le Conquérant, conscient d'avoir rétabli par la contrainte et la force contre l'ancienne aristocratie saxonne déchue une autorité pour l'intérêt général dans son nouveau royaume (retour à la paix, à la sécurité, à la prospérité grâce au formidable réseau des abbayes et des cathédrales mis au service des populations), sachant surtout par son expérience personnelle même combien il était difficile d'accéder au pouvoir suprême et encore plus difficile d'y rester légitime sans être contesté, a fait introduire dans la Grande Coutume de Normandie et d'Angleterre l'extraordinaire principe de "CLAMOR PATRIAE" qui donne le droit aux individus d'une collectivité locale de résister contre le pouvoir princier ou royal si ce dernier tombait aux mains d'étrangers ennemis ou si le prince ou le roi en venaient à perdre toute légitimité morale à l'autorité par excès d'arbitraire...

Un jour... une histoire... 15 juin 1215

Le 15 juin 1215, c'est ce principe qui a été invoqué dans la fameuse Grande Charte par les barons anglais révoltés contre l'arbitraire fiscal de Jean Sans Terre, obligeant ce dernier au principe nouveau de demander le consentement préalable de ses sujets avant de lever un impôt: à terme, il sera fondateur de toute la tradition anglo-américaine du libéralisme politique qui met au dessus de toute autre considération, le devoir sacré de respecter l'intégrité de la personne humaine individuelle et de tout ce qui en dépend directement: son corps physique, sa liberté de conscience et la propriété privée...

Car tous les hommes, et plus encore ceux qui se souviennent d'être les fiers descendants de l'aventure anglo-normande qui avait pourtant commencé par l'asservissement d'une nation par une autre pour finir par l'affirmation d'individus libres, doivent savoir qu'ils peuvent être...

SIRE DE SEI !


 

  • Lire ci-après, le communiqué d'Hubert Dejean De La Bâtie, vice-président du Conseil Régional de Normandie à propos du Brexit:

Sainte-Adresse, le 24 juin 2016

Communiqué

Le Royaume-Uni a tranché.


L'option Brexit l’a donc emporté ! Cela n'est pas vraiment une surprise : le Royaume-Uni n'a jamais été totalement dans l'Europe, refusant notamment l'euro et l'espace Schengen. Cette décision est donc plutôt une clarification qu'une volte-face.

C'est l'occasion pour les Européens que nous sommes de refonder l’Union Européenne sur des bases plus solides : une Europe plus svelte, plus cohérente, plus efficace et surtout plus proche des citoyens.

L’Europe actuelle n'est pas encore celle que nous espérions. Nous ne voulons  pas d'une Europe administrative car trop normative, une Europe trop lente et donc sans efficacité, une Europe sans véritable cap et sans réels moyens d'action.

Nous voulons une Europe qui gagne. Nous voulons une Europe industrielle celle d'Airbus ou d’Ariane. Nous voulons une Europe de la jeunesse celle d’Erasmus. Nous voulons une Europe qui soit protectrice, qui sache avec humanité et fermeté s’attaquer aux problèmes des migrations en Europe.

C'est possible et le Brexit nous en offre l'opportunité. En ce sens ce n'est pas une fin de l'idéal européen mais l’occasion d’un nouveau départ.

Hubert Dejean de La Bâtie,
Vice-Président Départemental de l’UDI.


  • La réaction officielle du Conseil Régional de Normandie:

Le 24 juin 2016

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Communiqué de presse de François-Xavier PRIOLLAUD

Vice-Président de la Région Normandie en charge des affaires européennes et internationales

 

Les Européens doivent se ressaisir pour transformer la défiance en espérance

Le peuple britannique a décidé de quitter l’Union européenne à laquelle il avait adhéré il y a 43 ans. On ne peut que prendre acte de ce choix souverain qui marque une rupture historique et lourde de conséquences avec cette « union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe » inscrite à l’article 1er des traités.

L’Union européenne est clairement menacée de dislocation. L’accumulation des crises associée à la montée des extrémismes nous placent au pied du mur : les Européens doivent se ressaisir rapidement pour ne pas céder aux sirènes du populisme et se donner enfin les moyens de transformer la défiance en espérance. La jeunesse britannique, largement favorable au maintien dans l’Union européenne, est aujourd’hui désemparée.

Le Royaume-Uni vient de faire le saut dans l’inconnu, entraînant dans son sillon tout un continent. Plusieurs mois de négociations seront nécessaires pour définir les modalités concrètes du retrait britannique.

La Normandie se trouve directement concernée à travers le programme transfrontalier Interreg V et aussi les nombreux échanges commerciaux qui nous lient au Royaume-Uni.

Le Brexit nous impose d’inventer un nouveau cadre pour les relations transmanche qui tienne compte de notre proximité géographique, historique, culturelle et économique avec le Royaume-Uni.

Une page se tourne, mais le livre ne doit pas se refermer.


 

  • La réaction de Mme. Catherine MORIN DESSAILLY, sénatrice de la Seine-Maritime et vice-présidente du conseil régional de Normandie:

Le 24 juin2016

« BREXIT »

Catherine MORIN-DESAILLY appelle à un sursaut au service d'un nouveau projet européen

Alors que le Royaume-Uni s'est prononcé hier soir à 51,9% en faveur d'une sortie de l'Union européenne, Catherine MORIN-DESAILLY, Vice-Présidente du Mouvement Européen France, se dit « triste, bien que l'on n'ait point à juger la décision des Britanniques dans leur choix souverain ». Selon elle, « un pan de notre histoire commune qui semble se clore: celle construite sur les ruines de deux guerres mondiales, au service de la paix. »

La Présidente de la Commission de la Culture, de l'Education et de la Communication met en garde contre « la tentation populiste d'un repli derrière les frontières, d'une sortie de l'Euro, d'un "chacun chez soi"». Elle estime que « le message envoyé hier soir par les Britanniques ne doit pas nous diriger vers une Europe des populismes, mais au contraire vers une Europe des Peuples ».

Il ne s'agit pas en effet de remettre en question le projet européen, mais plutôt d'avoir une remise en cause sérieuse de cette « Europe technocratique, celle des lobbies, celle de l'opacité et parfois de l'absurde normatif, qui a fini par rebuter les européens. L'Europe ne peut plus continuer à ignorer ses concitoyens ».

Comme nombre de fervents défenseurs de la cause européenne, Catherine MORIN-DESAILLY  appelle à « saisir rapidement cette opportunité historique pour reprendre en main notre destin commun, autour d'un nouveau projet européen », dont la France serait moteur, au côté de l'Allemagne et des six pays fondateurs.

Les défis à relever sont nombreux à ses yeux, et « des plus pressants »: « sur les limites de son modèle d'intégration; sur la défiance des peuples à l'égard d'une UE qui ne répond pas à leurs attentes; sur  son incapacité à agir rapidement et de façon coordonnée pour apporter des solutions aux crises qu'elle traverse et aux défis à relever : économique, migratoire, environnemental, technologique et démocratique».

«La sortie britannique de l'Union doit être un aiguillon: si elle veut survivre, l'Europe doit répondre rapidement et efficacement en clarifiant ses ambitions et la cohérence de son projet. Sans un tel sursaut, elle sera le théâtre d'une dislocation progressive. En tant que citoyenne française et européenne, élue de la République, je me refuse à penser cette issue comme une fatalité et appelle le gouvernement et l'ensemble des élus nationaux et européens à réagir avec force. L'Histoire nous jugera ».

Contact :
Rouen - 02 35 15 38 30 ou  as.deschamps@clb.senat.fr
Paris - 01 42 34 29 95 ou c.morin-desailly@senat.fr

  • Pour prendre connaissance des autres réactions politiques normandes, notamment celle d'Hervé Morin:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1564

L'Europe risque de se déliter si un nouveau chemin n'est pas pris

 


 

  • Pour prendre connaissance de la situation dans les îles anglo-normandes , lire l'article suivant:

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  •  Voir aussi l'analyse de Sophie Poirey proposée au JT de France BN:

 

France 3 Normandie Caen JT de 19h du lundi 27 juin 2016 : Les Iles Anglo-Normandes et le « Brexit » 

 

Interview de Madame Sophie Poirey, juriste spécialiste du dossier à l’Université de Caen (Maître de Conférence) :

les Iles Anglo-Normandes ont un statut à part, l’archipel est sous la souveraineté du Duc de Normandie, titre détenu par la monarchie anglaise depuis la conquête normande de l’Angleterre en 1066 par Guillaume Le Conquérant.

Conséquences du « Brexit » pour les Iles Anglo-Normandes :

« les conséquences seront en matière économique, en matière financière, en matière juridique, en matière étatique mais pour les habitants de Guernesey et de Jersey ils n’ont pas de passeport européen, ils ne font pas partie de Schengen, il n’y a pas d’€, ils ont leur propre monnaie, ils ont une livre guernesiaise, une livre jersiaise, donc concrètement il y aura moins de bouleversements que pour le Royaume Uni. »

Situation du vote dans les Iles Anglo-Normandes quant au « Brexit » :

« elles n’ont pas participé au vote justement parce qu’elles ne font pas partie de l’Europe, cependant et comme elles ont quand même des intérêts, il y a des conséquences de ce « brexit », elles ont fait une pétition, c’est un droit médiéval qui leur appartenait, là aussi, pour demander à participer justement à ce référendum et en Mai le souverain britannique, la Reine d’Angleterre, leur a opposé un refus. »

Nos relations ?

« avec les Iles, depuis plusieurs années, on voit vraiment un rapprochement avec la Normandie, qui va encore, sans doute, s’accentuer, avec eh ! bien, je pense, plus d’échanges, peut-être envoyer des jeunes en Normandie, étudier en Normandie, il y a déjà des rapprochements qui se font avec l’Université de Caen, et on peut peut-être imaginer d’autres développements, également en matière économique, donc tout ça c’est à voir mais pourquoi pas ? »

  • L'inquiétude des promoteurs immobiliers normands qui ont une clientèle britannique:

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  • La Normandie est aux premières loges du Brexit, en terme de conséquences mais les Normands comme les Britanniques seront capables du flegme et du pragmatisme nécessaire...

http://www.normandie-actu.fr/infographies-la-normandie-partenaire-particulier-du-royaume-uni-va-t-elle-faire-les-frais-du-brexit_215409/

Infographies. La Normandie, partenaire particulier du Royaume-Uni, va-t-elle faire les frais du Brexit ?

Commerce, tourisme, monnaie, le Brexit va-t-il transformer durablement les relations entre le Royaume-Uni et la Normandie ? Les îles anglo-normandes sont-elles concernées? Analyse.

Mise à jour : 29/06/2016 à 15:28 par Élodie Armand

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Le Royaume-Uni va quitter l'Union européenne. À l'annonce des résultats du référendum, les marchés boursiers se sont effondrés. (© Fotolia)

Le coup de tonnerre du Brexit, vendredi 24 juin 2016, a plongé le monde dans la perplexité. Le référendum organisé par le Royaume-Uni va prochainement initier sa sortie de l’Union européenne, sous la pression de ses membres qui redoutent les conséquences d’une incertitude sur le plan international. L’événement modifiera en profondeur les relations économiques et diplomatiques du pays avec ses habituels partenaires. En attendant, que signifie concrètement le Brexit ? Quels impacts sont perceptibles en Normandie ? Les îles anglo-normandes sont-elles concernées par l’initiative du Royaume-Uni ? Normandie-actu fait le point.

1. La Normandie entretient-elle des liens économiques serrés avec le Royaume-Uni ?

Oui. Selon la dernière étude de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de Normandie (Direccte), parue en avril 2016, la Normandie est la 6e région française dans l’import-export (tous pays confondus). En avril 2016, près de 130 entreprises normandes exportaient et un peu moins d’une trentaine importaient du Royaume-Uni, selon les données de la Chambre de commerce et d’industrie en Normandie.

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L'import et l'export entre le Royaume-Uni et la France ( Capture 2016 © Piktochart)

2. Qu’en est-il des îles anglo-normandes ? Les conséquences du Brexit seront-elles les mêmes ?

En partie. Les îles anglo-normandes (bailliages de Jersey et Guernesey) font partie des « dépendances de la couronne » et appartiennent à la Couronne britannique, sans être rattachées totalement au Royaume-Uni. Elles possèdent leur constitution, leur système de loi, leur monnaie, et sont indépendantes judiciairement. Internationalement, les îles sont représentées par le gouvernement anglais, et sont consultées pour les ratifications de traités internationaux par le Royaume-Uni. Les îles anglo-normandes ont un statut particulier dans l’Union européenne : en tant que pays tiers, elles bénéficient du marché commun des marchandises.

Jersey fait partie de l’Union européenne par le protocole 3 (relatif au traité d’adhésion du Royaume-Uni ratifié en 1972). Nous ne faisons pas partie de l’UE, mais nous pouvons importer et exporter sans limite de quantité. Et cela va perdurer pendant deux ans, jusqu’à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, explique David Walwyn, directeur des relations internationales au gouvernement de Jersey à Normandie-Actu.

Les effets du Brexit sur Guernesey sont infimes. Nous avons un marché commun au niveau des marchandises physiques, mais pour les autres marchés de service, nous avons développé d’autres contrats avec l’Union européenne, explique Jonathan Le Tocq, secrétaire d’État aux affaires étrangères de Guernesey à Normandie-Actu.

Jersey et Guernesey ont réaffirmé leur volonté de maintenir des liens étroits avec la Normandie

Lundi 27 juin 2016, à la suite du référendum au Royaume-Uni, les gouvernements de Guernesey et Jersey ont adressé un courrier à Hervé Morin, président du Conseil régional de Normandie. Les îles anglo-normandes y ont réaffirmé leur volonté de maintenir des liens étroits avec la région. Du point de vue de Jersey, la missive permet aussi de se démarquer de la position du Royaume-Uni.


« Nous avons souligné notre désir de fortifier les liens avec la Normandie, et notre volonté de continuer de développer des contacts, explique Jonathan Le Tocq. Comme je le dis souvent, à Guernesey, nous ne sommes ni anglais, ni français, nous sommes des vieux normands. »

Depuis 2014, les îles anglo-normandes ont multiplié les contacts avec la Normandie. Dans le Calvados, un bureau représente les gouvernements de Jersey et de Guernesey depuis deux ans. « Nous avons aussi signé un accord avec le département de la Manche et les îles concernant les domaines de l’éducation, la culture, le tourisme et quelques entreprises », précise Jonathan Le Tocq.


La Région n’a pas répondu à nos sollicitations.

3. Des effets immédiats sont-ils perceptibles pour les entreprises ?

Oui. L’annonce de la sortie du Royaume-Uni a provoqué un effondrement des marchés dès l’annonce des résultats du référendum. Les agences de notation Standard and Poor’s, Fitch et Moody’s ont rapidement dégradé la note du Royaume-Uni.

Concernant les impacts immédiats, les prix des produits britanniques vont augmenter d’autant que les les livres se cassent la figure. La perte de compétitivité va être immédiate. Cela risque d’engendrer un effondrement de la demande anglaise et le volume des exportations sera certainement revu à la baisse, explique Thierry Achard de la Vente, directeur de CCI international Normandie à Normandie-Actu.

4. Quelles conséquences pour les Normands ?

La chute du cours de la livre sterling est – plutôt – une bonne nouvelle pour les voyageurs de la zone euro puisque leur pouvoir d’achat est, en conséquence, plus fort. La situation fluctue en fonction des marchés et peut à tout moment changer.

Le change des livres sterling est bas. À court terme, visiter les îles va devenir bon marché pour les touristes. La chute des marchés était attendu et nous espérons qu’ils pourront stabiliser le niveau. Nos commerces sont habitués à s’adapter dans ces conditions, commente David Walwyn

5. Et pour les Anglais ?

Les résidents anglais basés en Normandie, comme les retraités britanniques, risquent de moins consommer. Leur pouvoir d’achat va diminuer de 10 à 12%, puisque leur pension est versée en livres sterling, analyse Thierry Achard de la Vente.

Actuellement, il est difficile d’évaluer les répercussions sur le tourisme en Normandie.

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Le tourisme britannique en Normandie (Capture 2016 © Piktochart)

6. D’autres conséquences sont-elles envisageables à plus long terme ?

Visa, douane, échanges universitaires, rien de concret. Si les résultats du référendum sont connus, la procédure de retrait du Royaume-Uni n’est pas activée. Interrogée par Normandie-Actu, la Préfecture du Calvados a précisé que la renégociations des accords frontaliers dans les ports de la Manche ne seront pas immédiats. Concernant les échanges commerciaux, aucun changement majeur prévu « avant 2019 » :

Droit de séjour, droit du travail, douane… il est extrêmement contraignant de revoir le traité de Lisbonne. Cela va nécessiter de grandes tractations. Et le Royaume-Uni va probablement demander un aménagement particulier dans le passage de marchandises, détaille Thierry Achard de la Vente

À Jersey, l’inquiétude est minime :

Il faut se souvenir qu’il n’y aura pas de changement formel avant la ratification de nouveaux traités. Nous faisons encore partie du marché commun des marchandises et nous n’attendons pas de grand changement pour le moment, même si le prix de nos poissons et de nos huîtres va baisser. Nous espérons que dans l’avenir, un nouvel accord sera fait entre l’Union européenne et le Royaume-Uni concernant le commerce, indique David Walwyn.

Le gouvernement de Jersey espère, dans le futur, être habilité à négocier ses propres traités d’investissement, en toute autonomie. À Guernesey, des discussions avec le Royaume-Uni détermineront les liens qui seront établis lors de la sortie officielle de l’Union européenne.

Nous sommes de nationalité britannique, pour nous l’accord avec la couronne britannique est très important. On ne peut pas faire notre propre politique au niveau international, nous devons donc nous accorder sur les textes, explique Jonathan Le Tocq.

 


 Commentaire de Florestan:

Pour les raisons historiques expliquées plus haut mais aussi pour des raisons très pratiques, la Normandie est aux premières loges des conséquences du Brexit: nous allons devoir jouer notre rôle et prendre toutes nos responsabilités en tant que région "between" entre la France et le Royaume-uni. A commencer par faire en sorte de lutter contre l'éclatement du Royaume-uni là où les Normands pourraient agir au nom de notre histoire commune en usant des symboles:

La commémoration du 950ème anniversaire de l'accession de notre duc Guillaume au trône d'Angleterre qui sera célébrée le jour de Noël 2016 à Londres nous donne l'occasion de le faire.

Ensuite, il y aura la préservation de toutes les politiques, accords, échanges privilégiés entre nos collectivités territoriales normandes et celles du Royaume-uni avec l'urgence de gérer les conséquences de la perte du "passeport européen" pour les entreprises anglaises qui opèrent sur le continent. Il faudra aussi rassurer nos amis britanniques qui sont nombreux à résider chez nous. Enfin, du côté des îles, comme nous l'a rappelé ici même "sire de sei", aucun changement à prévoir: mais certainement, le renforcement des liens entre nos cousins des îles et la Normandie continentale pour "retourner à la maison" comme l'avait justement dit le bailli de Guernesey  lors d'une journée mémorable consacrée au droit normand au château de Caen à l'automne 2015...